Étiquette : King

 

Rage par S. King (R. Bachman)

Fiche de Rage

Titre : Rage
Auteur : Stephen King (R. Bachman)
Date de parution : 1977
Traduction : E. Châtelain
Editeur : Albin Michel

Première page de Rage

« Le jour où je suis vraiment allé jusqu’au bout, il faisait drôlement beau ; oui, une belle matinée de mai. Ce qui était super, c’est que j’avais gardé mon petit déjeuner dans l’estomac et que j’avais vu un écureuil sur la pelouse pendant le cours d’algèbre.

J’étais assis dans la rangée la plus éloignée de la porte, tout contre la fenêtre, et j’ai vu l’écureuil sur la pelouse. Elle est sacrément belle, la pelouse du lycée de Placerville. Elle plaisante pas. Elle fonce droit jusqu’au bâtiment pour venir vous faire « coucou ». Personne n’a jamais essayé de l’écarter du mur avec des plates-bandes de fleurs, des petits sapins ou ce genre de joyeux merdier, du moins, pas pendant les quatre années que j’ai passées au lycée.

Que ça vous plaise ou non, elle arrive jusqu’aux fondations de béton, et elle pousse tranquillement. »

Extrait de : S. King (R. Brachman). « Rage. »

Plein gaz par S. King et J. Hill

Fiche de Plein gaz

Titre : Plein gaz
Auteur : Stephen King et Joe Hill
Date de parution : 2009
Traduction : A. Chainas
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Plein gaz

« Ils fuirent le lieu du massacre en direction de l’ouest, à travers le désert coloré, et ne s’arrêtèrent qu’après avoir parcouru plus de cent cinquante kilomètres. En début d’après-midi, ils obliquèrent vers un restauroute en stuc blanc. Des pompes à essence trônaient sur des îlots de béton à l’avant du bâtiment. Les grondements conjugués de leurs engins firent trembler les vitres de l’édifice lorsqu’ils passèrent devant. Ils roulèrent jusqu’au parking réservé aux camions, du côté ouest de l’établissement. Ensuite, ils abaissèrent leur béquille et coupèrent le contact.
Race Adamson était resté à leur tête pendant tout le voyage. Sa Harley les devançait parfois de plusieurs centaines de mètres. Le jeune homme avait l’habitude de conduire devant depuis qu’il était revenu parmi eux, après deux ans dans les sables du désert. Il prenait tant d’avance qu’il semblait souvent les défier de le rattraper. À moins qu’il ait juste eu l’intention de les semer. »

Extrait de : S. King et J. Hill. « Plein gaz. »

Peur bleue par S. King

Fiche de Peur bleue

Titre : Peur bleue
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1983
Traduction : M. Darroux, B. Emerich
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Peur bleue

  • La nuit du loup-garou
  • Peur bleue

Première page de La nuit du loup-garou

« Quelque part, tout là-haut, la lune brille, ronde et pleine. Mais de Tarker’s Mills on ne voit plus rien du ciel obstrué par la neige d’un blizzard de janvier. Des bourrasques furieuses s’engouffrent dans l’avenue centrale déserte ; il y a beau temps que les chasse-neige orange de la municipalité ont abandonné la partie.

Arnie Westrum, cheminot aux Chemins de fer du Maine, a été surpris par la tourmente à quinze kilomètres de la ville. La petite draisine à essence dont il use pour aller et venir le long des voies est restée coincée entre deux congères, et il s’est réfugié dans une baraque en planches où les ouvriers du rail entreposent outils et signaux. À présent, il attend une embellie en faisant patience sur patience avec un vieux paquet de cartes graisseuses. Dehors, le hurlement du vent monte soudain dans les aigus. Arnie lève la tête, alarmé, puis il abaisse à nouveau son regard sur les cartes étalées devant lui. Tout compte fait, ce n’était que le vent… »

Extrait de : S. King. « Peur bleue. »

Nuit noire, étoiles mortes par S. King

Fiche de Nuit noire, étoiles mortes

Titre : Nuit noire, étoiles mortes
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2010
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Nuit noire, étoiles mortes

  • 1922
  • Grand chauffeur
  • Extension claire
  • Bon ménage

Première page de 1922

« Je m’appelle Wilfred Leland James et ceci est ma confession. En juin 1922 j’ai assassiné ma femme, Arlette Christina Winters James, et jeté son corps dans un vieux puits. Mon fils, Henry Freeman James, m’a aidé à commettre ce crime, même si, à l’âge de quatorze ans, il n’était pas responsable de ses actes ; je l’y ai amené par la persuasion, en jouant sur ses peurs et en réfutant systématiquement ses objections, somme toute normales, sur une durée de deux mois. C’est une chose que je regrette encore plus amèrement que le meurtre pour des raisons que ce document révélera. »

Extrait de : S. King. « Nuit noire, étoiles mortes. »

Nécro par S. King

Fiche de Nécro

Titre : Nécro
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2015
Traduction : O. Bies, N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Nécro

« Restez clairs et allez droit au but.

C’était l’évangile selon Vern Higgins, directeur du département de journalisme à l’université de Rhode Island, où j’ai obtenu mon diplôme. En règle générale, ce que j’entendais en cours entrait par une oreille et ressortait par l’autre. Mais ça, ça m’est resté, parce que le professeur Higgins le martelait sans cesse. Pour lui, les gens avaient besoin de clarté et de concision pour amorcer le processus de compréhension.

« Votre vrai boulot de journaliste, disait-il à ses étudiants, consiste à transmettre aux gens les faits qui leur permettront de prendre des décisions et d’avancer. Alors, soyez brefs. Évitez chichis et prétention. Commencez par le commencement, exposez la suite clairement – de manière que chaque événement s’enchaîne logiquement avec le suivant –, et terminez par la fin. La fin pour le moment, comme c’est toujours le cas en journalisme, insistait-il. »

Extrait de : S. King. « Nécro. »

Misery par S. King

Fiche de Misery

Titre : Misery
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1987
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Le livre de poche

Première page de Misery

« Mais parfois les sons – comme la douleur – s’estompaient, et il n’y avait plus que le brouillard. Il se souvenait des ténèbres : ténèbres compactes qui avaient précédé la brume. Cela voulait-il dire qu’il faisait des progrès ? Que la lumière soit (même du genre brumeux) car la lumière était bonne et ainsi de suite. Ces sons avaient-ils existé dans les ténèbres ? Il ignorait la réponse à ces questions.

Cela avait-il le moindre sens de les poser ? Même à cela il ne pouvait pas répondre.

La douleur rôdait quelque part en dessous des sons. Elle gisait à l’est du soleil et au sud de ses oreilles. C’était là tout ce qu’il savait.

Pendant une durée de temps qui lui parut très longue (et qui donc l’était car n’existaient rien d’autre que la souffrance et la tempête de brume) ces sons restèrent la seule réalité extérieure. »

Extrait de : S. King. « Misery. »

Minuit 4 par S. King

Fiche de Minuit 4

Titre : Minuit 4
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1990
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Minuit 4

« Le matin du jour où cette histoire a commencé, j’étais à la table du petit déjeuner, avec mon fils Owen. Ma femme était remontée prendre sa douche et s’habiller, et les deux éléments essentiels de nos matines (il était sept heures) venaient d’être partagés : les œufs brouillés et le journal. Willard Scott, qui nous rend visite en moyenne cinq jours sur sept, via les ondes, nous parlait d’une dame du Nebraska qui venait de fêter ses cent quatre ans, et à nous deux, Owen et moi, nous devions bien avoir deux grands yeux ouverts. Jour de semaine typique chez les King, en somme.

Owen s’arracha aux pages sportives juste assez longtemps pour me demander si j’avais l’intention de me rendre au centre commercial aujourd’hui – il voulait que je lui prenne un certain livre dans le cadre d’un travail scolaire. J’ai oublié de quoi il s’agissait, de Johnnie Tremain ou encore de April Morning, le roman de Howard Fast sur la Révolution américaine, mais en tout cas de l’un de ces ouvrages que l’on n’arrive jamais à trouver dans une librairie ; ils sont soit épuisés, soit en réimpression, mais jamais sur les rayonnages.  »

Extrait de : S. King. « Minuit 4. »

Minuit 2 par S. King

Fiche de Minuit 2

Titre : Minuit 2
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1990
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Minuit 2

« Les histoires me viennent n’importe où et n’importe quand – en voiture, sous la douche, pendant une promenade, voire dans la cohue d’une soirée. Deux me sont venues en rêve. Mais il est très rare que je me mette à les écrire sur-le-champ, et je ne garde aucun « carnet de notes à idées ». Ne pas les jeter sur le papier est une méthode pour s’auto-protéger. Les idées me viennent en foule, mais sur le lot, il n’y en a qu’un petit nombre de bonnes ; si bien que je les fourre toutes, indistinctement, dans une sorte de classeur mental où les mauvaises finissent par s’auto-détruire, comme l’enregistrement émanant de Control au début de chaque épisode de Mission impossible. Les bonnes résistent. De temps à autre, lorsque j’ouvre ce classeur pour vérifier ce qui s’y trouve encore, ces quelques bonnes idées restantes m’aguichent de leur brillante image centrale. »

Extrait de : S. King. « Minuit 2. »

Mile 81 par S. King

Fiche de Mile 81

Titre : Mile 81
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2011
Traduction : JM.24
Editeur :

Première page de Mile 81

«  Tu ne peux pas venir ».

George parlait à voix basse à son jeune frère. Le reste de ses amis, (une bande de gamins de douze à treize ans qui se surnommait le « Rip-Ass Raiders », l’attendait impatiemment dans leur coin)

« C’est trop dangereux. »

« J’ai pas peur » lui répondit Pete. Il voulait se montrer courageux, mais en fait il avait peur, enfin juste un peu. George et ses amis se dirigèrent vers la carrière de sable derrière le bowling. Ils jouaient à un jeu que Normie Therriault avait inventé. Normie était le chef des Rip-Ass Raiders, ils avaient appelé ce jeu “ Les parachutistes de l’enfer ”. Une piste défoncée menait au bord du ravin, le but du jeu était de la parcourir en vélo, le plus rapidement possible, en hurlant à pleins poumons « LES MEILLEURS C’EST LES RAIDERS! ». Le fossé était profond d’environ  trois mètres cinquante, peut-être un peu plus. »

Extrait de : S. King. « Mile 81. »

Marche ou crève par S. King (R. Brachman)

Fiche de Marche ou crève

Titre : Marche ou crève
Auteur : Stephen King (R. Brachman)
Date de parution : 1979
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Le livre de poche

Première page de Marche ou crève

« Le gardien appuya sur un bouton et tout disparut, laissant l’écran lisse, vert et vide. Il leur fit signe d’avancer.

— Ils ne rendent pas la carte ? demanda Mrs. Garraty. Ils ne…

— Non, maman, répondit patiemment Garraty.

— Eh bien, je n’aime pas ça, remarqua-t-elle en allant se garer dans un espace libre.

Elle répétait cela depuis qu’ils étaient partis dans la nuit, à 2 heures du matin. Ou plutôt, elle le gémissait.

— Ne te fais pas de souci, dit-il sans même y prêter attention.

Il était occupé à tout observer et absorbé par ses propres sentiments, d’attente et de peur. Il descendit avant même que la voiture eût poussé son dernier soupir. C’était un grand garçon, bien charpenté, portant un blouson militaire fané contre la fraîcheur de ce petit matin de printemps. »

Extrait de : S. King (R. Brachman). « Marche ou crève. »