Étiquette : King
A la dure par S. King

Fiche de A la dure
Titre : A la dure
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2011
Traduction : N. Gassie
Editeur : Le livre de poche
Première page de A la dure
« Ça fait une semaine que je fais le même rêve, mais ce doit être un de ces rêves lucides car j’arrive toujours à me réveiller avant qu’il ne se transforme en cauchemar. Sauf que cette fois, on dirait qu’il m’a suivi au réveil car Ellen et moi ne sommes pas seuls dans la chambre. Il y a quelque chose sous le lit. Je l’entends mâcher.
Vous savez comment c’est quand on a vraiment peur, hein? On dirait que le cœur cesse de battre, la langue se colle au palais, la peau devient froide et tout le corps se couvre de chair de poule. Au lieu de s’engrener, les rouages du cerveau tournent à vide et tout le moteur chauffe. Je me retiens à grand peine de hurler. Je me dis, C’est la chose que je ne veux pas regarder. La chose assise côté hublot.
Puis je vois clairement le ventilateur au plafond, pales tournant au ralenti. Je vois le rai de lumière matinale dans la fente entre les rideaux tirés. Je vois la touffe de laiteron d’argent des cheveux d’Ellen de l’autre côté du lit. »
Extrait de : S. King. « A la dure. »
22/11/63 par S. King

Fiche de 22/11/63
Titre : 22/11/63
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2011
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel
Première page de 22/11/63
« J’ai jamais eu « la larme facile », comme on dit.
Si j’en crois mon ex-épouse, mon « gradient d’émotion inexistant » est la raison principale pour laquelle elle m’a quitté (comme si le mec qu’elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n’y était pour rien). Christy supposait qu’elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l’enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c’était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d’études secondaires, par exemple).
Mais par la suite, quand je n’ai pas versé de larmes à l’enterrement de mes deux parents – ils sont morts à tout juste deux ans d’intervalle, mon père d’un cancer de l’estomac et ma mère d’une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride – elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d’émotion inexistant. J’étais « incapable de ressentir mes sentiments », en jargon AA. »
Extrait de : S. King. « 22/11/63. »
Anatomie de l’horreur par S. King

Fiche de Anatomie de l’horreur
Titre : Anatomie de l’horreur – intégrale
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1981
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Albin Michel
Première page de Anatomie de l’horreur
« Pour moi, la terreur – la véritable terreur, par opposition aux démons et aux croque-mitaines qui pouvaient vivre dans mon esprit – est née un bel après-midi d’octobre 1957. Je venais d’avoir dix ans. Et, circonstance des plus appropriées, je me trouvais dans une salle de cinéma : le Stratford Theater, situé dans le centre-ville de Stratford (Connecticut).
Le film qu’on montrait ce jour-là était et est encore un de mes préférés, et le fait que ce soit lui que j’aie choisi de voir – plutôt qu’un western avec Randolph Scott ou un film de guerre avec John Wayne – n’est pas moins approprié. Ce samedi où naquit la véritable terreur, je regardais Les soucoupes volantes attaquent, avec en vedette Hugh Marlowe, un acteur surtout connu à l’époque pour avoir interprété le fiancé xénophobe que Patricia Neal finissait par larguer dans Le jour où la Terre s’arrêta – un film de science-fiction un peu plus ancien et beaucoup plus rationnel. »
Extrait de : S. King. « Anatomie de l’horreur. »
Territoires par S. King et P. Straub

Fiche de Territoires
Titre : Territoires (Tome 2 sur 2 – Le talisman des territoires)
Auteur : Stephen King et Peter Straub
Date de parution : 2001
Traduction : B. Cohen
Editeur : Pocket
Première page de Territoires
« Ici et maintenant, comme un vieil ami disait souvent, nous sommes dans le présent, le temps qui passe, là où le discernement ne suffit pas à assurer une vision parfaite. « Ici » : à soixante mètres de hauteur environ, l’altitude d’un aigle en vol plané, au-dessus des confins occidentaux de l’État du Wisconsin, à la frontière naturelle qu’établissent les divagations du Mississippi. « Maintenant » : tôt le matin, un vendredi de la mi-juillet, quelques années après le début d’un nouveau siècle et d’un nouveau millénaire, tous deux au cours si capricieux et si secret que même un aveugle a plus de chances que vous d’entrevoir ce qui va arriver. Ici et maintenant, il est un peu plus de 6 heures du matin. Le soleil est bas dans le ciel sans nuages, une grosse boule jaunâtre qui avance vers l’avenir comme si c’était toujours la première fois, laissant derrière elle l’accumulation obstinée du temps passé, lequel s’assombrit en s’estompant et nous frappe tous de cécité. »
Extrait de : S. King et P. Straub. « Territoires – Le talisman des territoires. »
Talisman par S. King et P. Straub

Fiche de Talisman
Titre : Talisman (Tome 1 sur 2 – Le talisman des territoires)
Auteur : Stephen King et Peter Straub
Date de parution : 1984
Traduction : I. Delord, B. Gartenberg
Editeur : Pocket
Première page de Talisman
« Le 15 septembre 1981, le jeune Jack Sawyer, debout à l’endroit où les vagues viennent mourir sur le sable, contemplait l’immuable océan Atlantique, les mains enfoncées dans les poches de son jean. C’était un garçon de douze ans, grand pour son âge. Le vent du large ébouriffant ses cheveux châtains, probablement trop longs, dégageait son grand front pur. Il était immobile, en proie à des sentiments contradictoires et douloureux qui le taraudaient depuis trois mois – depuis le jour où sa mère avait fermé leur maison de Rodeo Drive à Los Angeles et que dans un chambardement de meubles, de chèques et d’agents immobiliers, ils étaient venus à New York où ils avaient loué un appartement à l’ouest de Central Park. De là, ils avaient pris l’avion pour cette calme station balnéaire située quelque part sur la minuscule côte du New Hampshire. L’univers de Jack était dépourvu d’ordre et de régularité. Sa vie semblait aussi instable et mouvante que l’océan houleux qu’il avait devant les yeux. Sa mère lui faisait traverser le pays, le trimbalant d’un endroit à l’autre ; mais qu’est-ce qui faisait courir sa mère ?
Car elle n’arrêtait pas de courir, de courir. »
Extrait de : S. King et P. Straub. « Talisman – Le Talisman des territoires. »
Docteur Sleep par S. King

Fiche de Docteur Sleep
Titre : Docteur Sleep (Tome 2 sur 2 – Shining)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2013
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel
Première page de Docteur Sleep
« Le deuxième jour du mois de décembre d’une année où un planteur de cacahuètes de Géorgie était aux affaires à la Maison-Blanche, l’un des plus grands hôtels de villégiature du Colorado brûla de fond en comble. L’Overlook fut déclaré perte totale. Après enquête, le chef du service des incendies du comté de Jicarilla attribua la cause de l’incendie au mauvais fonctionnement d’une chaudière. L’hôtel était fermé pour l’hiver lorsque l’accident se produisit et seules quatre personnes étaient présentes sur les lieux. Trois d’entre elles en réchappèrent. John Torrance, le gardien de l’hôtel, trouva la mort en tentant vainement (et héroïquement) de faire tomber la pression de la vapeur qui avait atteint un niveau anormalement élevé dans la chaudière en raison d’une soupape de sécurité défectueuse. »
Extrait de : S. King. « Docteur Sleep – Shining. »
Shining par S. King

Fiche de Shining
Titre : Shining (Tome 1 sur 2 – Shining)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1977
Traduction : J. Bernard
Editeur : Le livre de poche
Première page de Shining
« Petit con prétentieux, pensa Jack Torrance. Ullman mesurait tout juste un mètre soixante et il avait les gestes brusques et secs des hommes petits et gros. La raie de ses cheveux était impeccable, son complet sombre strict mais rassurant. Tout en lui disait au client : «Je suis à vous, je vous écoute», et aux employés, plus sèchement : «Attention, je vous ai à l’oeil.» Il avait piqué un oeillet rouge à sa boutonnière, peut-être pour éviter qu’on ne le prenne pour un croque-mort.
L’écoutant parler, Jack se disait que de toute façon, vu les circonstances, il aurait eu du mal à éprouver de la sympathie pour quiconque se fût trouvé de l’autre côté de ce bureau. »
Extrait de : S. King. « Shining. »
La clé des vents par S. King

Fiche de La clé des vents
Titre : La clé des vents (Tome 8 sur 8 – La tour sombre)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2012
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : J’ai lu
Première page de La clé des vents
« Durant les jours qui suivirent leur départ du Palais Vert – qui n’était pas Oz après tout, mais qui servait désormais de tombe au type désagréable que le ka-tet de Roland connaissait sous l’appellation d’Homme Tic-Tac –, le jeune Jake partit de plus en plus souvent en avant-garde, s’éloignant de Roland, d’Eddie et de Susannah.
— Ça ne t’inquiète pas ? demanda celle-ci à Roland. De le savoir tout seul là-bas ?
— Ote est avec lui, répondit Eddie, faisant référence au bafou-bafouilleux qui avait fait de Jake son meilleur ami. Monsieur Ote s’entend bien avec les gentils, mais il a une gueule pleine de crocs pour les méchants. Ainsi que Gasher l’a appris à ses dépens. »
Extrait de : S. King. « La clé des vents – La tour sombre. »
La tour sombre par S. King

Fiche de La tour sombre
Titre : La tour sombre (Tome 7 sur 8 – La tour sombre)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2004
Traduction : M. de Prémonville
Editeur : J’ai lu
Première page de La tour sombre
« Autrefois, le Père Don Callahan avait été prêtre catholique dans une ville du nom de ’Salem’s Lot, une ville qui n’existait plus sur aucune carte. Il s’en moquait. Les concepts tels que le réel n’avaient plus d’importance pour lui.
Cet ancien prêtre tenait à présent dans sa main un objet bien païen, une figurine d’ivoire en forme de tortue. Elle avait une entaille dans le bec et une éraflure en point d’interrogation, sur le dos, mais hormis ces petites imperfections, c’était un objet magnifique.
Magnifique et puissant. Il en sentait la force dans sa main, comme des volts qui lui auraient parcouru les doigts.
— Comme elle est jolie, dit-il dans un souffle au garçon qui se tenait à ses côtés. C’est Maturin la Tortue ? C’est elle, n’est-ce pas ?
Ce garçon, c’était Jake Chambers, et il avait fait une grande boucle, avant de revenir quasiment à la case départ, ici, à Manhattan. »
Extrait de : S. King. « La Tour Sombre – La tour sombre. »
Le chant de Susannah par S. King

Fiche de Le chant de Susannah
Titre : Le chant de Susannah (Tome 6 sur 8 – La tour sombre)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2004
Traduction : M. de Prémonville
Editeur : J’ai lu
Première page de Le chant de Susannah
« — Combien de temps la magie durera-t-elle ?
Personne ne répondit à la question de Roland, aussi la répéta-t-il. Cette fois-ci, il balaya du regard le salon du presbytère, dans lequel était assis Henchick le Manni, en compagnie de Cantab, qui avait épousé l’une des nombreuses petites-filles du patriarche. Les deux hommes se tenaient la main, comme il était d’usage chez les Manni. Le plus âgé venait de perdre une petite-fille, mais nulle trace de douleur ne se lisait sur son visage de marbre, à l’expression posée.
À côté de Roland, ne tenant la main de personne, livide et silencieux, se trouvait Eddie Dean. Et près de lui, assis en tailleur sur le sol, Jake Chambers. »
Extrait de : S. King. « Le chant de Susannah – La tour sombre. »