Étiquette : L'Atalante

 

Le chien de guerre par Michaël J. Moorcock

Fiche de Le chien de guerre

Titre : Le chien de guerre et la douleur du monde (Tome 1 sur 4 – Von Bek)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1981
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : L’Atalante

Première page de Le chien de guerre

« C’ÉTAIT en cette année, où la vogue de la cruauté exigeait non seulement la crucifixion des jeunes paysans mais également celle de leurs animaux domestiques, que je fis la connaissance de Lucifer et que je fus conduit en enfer ; car le prince des Ténèbres souhaitait conclure un marché avec moi.
Jusqu’en mai 1631, j’avais commandé une troupe irrégulière d’infanterie, constituée principalement de Polonais, de Suédois et d’Écossais. Nous avions pris part à la destruction et au pillage de la ville de Magdebourg, car nous nous trouvions alors dans l’armée des forces catholiques sous les ordres du comte Johann Tzerclaes Tilly. La poudre à canon emportée par le vent avait transformé la ville en un énorme baril qui avait explosé d’un seul coup, ne  »

Extrait de : M. J. Moorcock. « Von Bek – Le Chien de Guerre et la Douleur du Monde. »

Le glaive et l’étalon par Michaël J. Moorcock

Fiche de Le glaive et l’étalon

Titre : Le glaive et l’étalon (Tome 6 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1973
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Le glaive et l’étalon

« EN QUÊTE D’ACTIONS D’ÉCLAT

Ils arrivèrent donc à Caer Mahlod ; tous sans exception. Des guerriers de haute stature, vêtus de leurs plus beaux atours, puissamment armés, montés sur de robustes destriers. Ils donnaient une impression de splendeur en même temps que d’efficacité. Les environs de Caer Mahlod resplendissaient des couleurs éclatantes des bannières de samit et des étendards brodés, de l’or des bracelets, de l’argent des fibules qui retenaient les capes, du fer poli des casques, de la nacre incrustée dans les coupes ou les malles de voyage. Ces hommes constituaient la fine fleur des Mabdens ; ils en étaient aussi les derniers représentants, ceux des provinces de l’Ouest, les Fils du Soleil, dont les cousins orien- »

Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – Le glaive et l’étalon. »

Le chêne et le bélier par Michaël J. Moorcock

Fiche de Le chêne et le bélier

Titre : Le chêne et le bélier (Tome 5 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1973
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante

Première page de Le chêne et le bélier

« UNE VISITE ROYALE

Donc, Rhalina était morte.
Et Corum avait fait la connaissance de Medhbh, la fille du Roi Mannach ; mais au bout d’une brève existence (selon les normes vadhaghs), elle aussi s’éteindrait. Si son point faible consistait à s’éprendre de femmes mabdens promises à une disparition prématurée, alors autant se résigner à l’idée de survivre à un grand nombre d’amantes, de connaître des deuils répétés, de souffrir à chaque fois le martyre. Pour l’heure, il ne s’attardait pas trop sur la question et préférait autant que possible ignorer les implications de telles pensées. Du reste, ses souvenirs de Rhalina s’estompaient et ce n’était qu’à grand-peine qu’il se rappelait les menus détails  »

Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – Le chêne et le bélier. »

Lavinia par U. Le Guin

Fiche de Lavinia

Titre : Lavinia
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2008
Traduction : M. Surgers
Editeur : L’Atalante

Première page de Lavinia

« JE SUIS ALLÉE aux salines près de l’embouchure du fleuve, au mois de mai de ma dix-neuvième année, afin de récolter du sel pour la farine sacrée. Tita et Maruna m’accompagnaient, et mon père nous avait adjoint, pour ramener le sel, un vieil esclave et un garçon qui menait un âne. Ce n’était qu’à quelques milia au nord, mais nous en avons fait une véritable excursion : le pauvre petit âne portait d’abondantes provisions, nous avons mis la journée entière à atteindre notre destination pour finir par installer notre campement sur une dune herbeuse qui dominait les plages du fleuve et de la mer. Tous les cinq, nous avons soupé autour du feu, raconté des histoires et chanté des chansons alors que le soleil se couchait dans les flots et que le bleu du crépuscule printanier s’assombrissait à vue d’œil. Puis nous avons dormi sous la brise marine.
Je me suis éveillée aux premières lueurs. Les autres dormaient profondément. Les oiseaux entamaient tout juste leur chœur d’aurore. Je me suis levée pour gagner la rive du fleuve. J’ai puisé un peu d’eau dans le creux de ma main et, avant de boire, l’ai laissée couler en offrande, prononçant le nom du fleuve, Tibre, père Tibre, et ses noms anciens, secrets, Albu, Rumon. Puis j’ai bu en savourant l’arrière-goût salé. Le ciel était assez clair pour offrir à mon regard les longues vagues raides de la barre où se rencontraient le courant et la marée montante. »

Extrait de : U. Le Guin. « Lavinia. »

Quatre chemins de pardon par U. Le Guin

Fiche de Quatre chemins de pardon

Titre : Quatre chemins de pardon (Tome 6 sur 7 – Cycle de l’Ekumen)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 1995
Traduction : M. Surgers
Editeur : L’Atalante

Sommaire de Quatre chemins de pardon

  • Trahisons
  • Jour de pardon
  • Un homme du peuple
  • Libération d’une femme

Première page de Trahisons

«  DE GUERRE, la planète O n’en a pas connu depuis cinq mille ans, et il n’y en a jamais eu sur Gethen. » Elle interrompit sa lecture, à la fois pour reposer ses yeux et parce qu’elle voulait s’habituer à lire lentement au lieu de gober les paquets de mots comme Tikuli gobait sa nourriture. « Il n’y en a jamais eu » : ces mots brillaient en elle, noyés dans une incrédulité sombre, immense, douce. Que serait un monde sans guerre ? Il serait vrai. La paix, c’était la vérité, une vie pour travailler, apprendre, élever des enfants qui travaillent et apprennent. La guerre dévorait le travail, la sagesse, les enfants, niait la vérité. Mais mon peuple, se dit-elle, ne sait que nier. Nés dans l’ombre noire du pouvoir dévoyé, nous faisons de la paix une lumière trop lointaine, un but inaccessible. Nous ne savons que combattre. Toute paix que l’un de nous crée ne sert qu’à nier la guerre qui continue, ombre de l’ombre, mensonge échafaudé. »

Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de l’Ekumen – Quatre chemins de pardon. »

Pouvoirs par U. Le Guin

Fiche de Pouvoirs

Titre : Pouvoirs (Tome 3 sur 3 – Chroniques des rivages de l’ouest)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2007
Traduction : M. Cabon
Editeur : L’Atalante

Première page de Pouvoirs

« — N’en parle à personne, me dit Callo.
— Et si ça se produit ? Comme pour la neige ?
— C’est précisément pour cela qu’il ne faut en parler à personne.
Ma sœur glissa un bras autour de mes épaules et nous fit balancer de gauche à droite sur notre banc d’école. La chaleur de son corps, son étreinte, cette douce oscillation m’apaisèrent. Je me joignis à son mouvement, la bousculai un peu. Mais je n’arrivais pas à oublier ma vision, ce terrible tourbillon. Je m’exclamai :
— Il faut que je les prévienne ! C’était une invasion ! Ils pourraient ordonner aux soldats de se tenir prêts !
— Ils te demanderaient : quand ?
J’en fus tout désarçonné.
— Qu’ils se tiennent prêts, c’est tout.
— Et si ça ne se réalisait pas avant longtemps ? Ils t’en voudraient d’avoir déclenché une fausse alerte. À l’inverse, si une armée envahissait effectivement la ville, ils seraient curieux de savoir ce qui t’avait mis au courant.
— Je leur dirais que je m’en étais souvenu ! »

Extrait de : U. Le Guin. « Chroniques des rivages de l’ouest – Pouvoirs. »

Voix par U. Le Guin

Fiche de Voix

Titre : Voix (Tome 2 sur 3 – Chroniques des rivages de l’ouest)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2006
Traduction : M. Cabon
Editeur : L’Atalante

Première page de Voix

« Mon premier vrai souvenir est d’écrire la formule donnant accès à la salle secrète.
Je suis si petite qu’il me faut lever le bras très haut pour tracer les signes où il se doit sur le mur du couloir. La surface est enduite d’un épais plâtre gris qui se craquelle et s’effrite çà et là, laissant affleurer la pierre sous-jacente. Il fait presque noir dans ce passage silencieux à l’odeur de terre et de temps. Mais je n’ai pas peur. Là, je n’ai jamais peur. Je tends le bras et j’écris avec le doigt ainsi que je l’ai appris, au bon endroit, en l’air, sans toucher le revêtement. Une ouverture se ménage dans la paroi. J’entre.
La lumière est douce et claire à l’intérieur. Elle émane de nombreuses lucarnes de verre épais percées dans le haut plafond. Des rayonnages garnis de livres se dressent de part et d’autre de cette salle tout en longueur. Elle est à moi et je l’ai toujours su. Ista, Sosta et Gudit l’ignorent. Ils ne se doutent même pas de son existence. Ils ne s’approchent jamais de ce secteur si reculé, au fond de la maison. Je suis obligée de passer à chaque[…] »

Extrait de : U. Le Guin. « Chroniques des rivages de l’ouest – Voix. »

Dons par U. Le Guin

Fiche de Dons

Titre : Dons (Tome 1 sur 3 – Chroniques des rivages de l’ouest)
Auteur : U. Le Guin
Date de parution : 2004
Traduction : M. Cabon
Editeur : L’Atalante

Première page de Dons

« Il avait dû se perdre pour arriver chez nous et je crains que les cuillers d’argent qu’il nous vola n’aient pas suffi à le sauver une fois qu’il eut gagné les hauts domaines. Pourtant, l’égaré, le fugitif, finit par devenir notre guide.
C’est Gry qui l’avait appelé le fugitif, et ce dès son arrivée. Elle était sûre qu’il avait commis un crime terrible, un meurtre ou une trahison, et qu’il tentait d’échapper à la vengeance. Quelle autre raison aurait conduit un habitant des Basses-Terres parmi nous ?
— L’ignorance, avançai-je. Il ne sait rien de nous. Nous ne lui faisons pas peur.
— À l’entendre, on l’aurait averti, en bas, de ne pas monter chez les sorciers.
— Mais il ne sait rien des dons. Ce ne sont que des mots, pour lui. Des légendes, des mensonges…
Nous avions sûrement tous les deux raison. À l’évidence, Emmon fuyait, ne fût-ce que pour échapper à une réputation méritée de voleur, ou alors par lassitude. Aussi agité, intrépide, curieux et inconséquent qu’un chiot, il ne  »

Extrait de : U. Le Guin. « Chroniques des rivages de l’ouest – Dons. »

Agent de l’Empire Terrien par P. Anderson

Fiche d’Agent de l’Empire Terrien

Titre : Agent de l’Empire Terrien (Tome 1 sur 3 – Dominic Flandry)
Auteur : P. Anderson
Date de parution : 1965
Traduction : F. Straschitz, P. J. Izabelle
Editeur : L’Atalante

Sommaire d’Agent de l’Empire Terrien

  • Le tigre par la queue
  • Les guerriers de nulle part
  • Honorables ennemis
  • Pour la gloire
  • Les chasseurs de la caverne du ciel
  • Message secret
  • Le fléau des maîtres

Première page de Le tigre par la queue

« Le capitaine Flandry ouvrit les yeux et vit un plafond de métal. Dans le même instant, il perçut un vrombissement particulier qui signifiait sans le moindre doute qu’il se trouvait à bord d’un vaisseau spatial en secondaire.
Il se leva avec une violence qui lui fit tourner la tête. Il avait bu la veille et s’était endormi dans une chambre des bas-fonds de Catawrayannis, sans la moindre intention de quitter la ville… et encore moins la planète !
Il se rendit compte avec horreur qu’il ne se trouvait pas à bord d’un vaisseau humain. Certes, la dimension et la forme des objets qui l’entouraient parlaient en faveur d’humanoïdes, mais jamais un  »

Extrait de : P. Anderson. « Dominic Flandry – Agent de l’Empire Terrien. »