Étiquette : Le dernier vivant
Le dernier vivant – Tome II par Paul Féval
Fiche de Le dernier vivant – Tome II
Titre : Le dernier vivant – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1871
Editeur :
Première page de Le dernier vivant – Tome II
« Je ne lisais plus. Mes yeux restaient fixés sur le petit carré de papier qui portait l’estampille de la Conciergerie. Et mes yeux étaient mouillés.
Se peut-il qu’un laissez-passer libellé selon la formule morne des actes de cette sorte, produise ainsi une profonde, une enthousiaste émotion !
Mon âme vibrait, je puis le dire, pendant que je lisais le dernier mot, écrit sur ce pauvre carton :
Défenseur !
Une fois, Lucien me l’avait dit dans le lyrisme de sa tendresse si belle. Il m’avait dit : « Rien n’est pour moi au-dessus de cette fable splendide : Orphée allant chercher sa femme aux enfers ! »
Aussi comme cette grande fable nous fait rire à gorge déployée, nous, le siècle contempteur des géants, nous les impuissants et les railleurs, nous, les pitres de la décadence !
Et Lucien avait ajouté :
« Ma femme était dans l’enfer, je suis allé l’y chercher. »
Extrait de : P. Féval. « Le dernier vivant II. »
Le dernier vivant – Tome I par Paul Féval
Fiche de Le dernier vivant – Tome I
Titre : Le dernier vivant – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1871
Editeur :
Première page de Le dernier vivant – Tome I
« (Juillet 1866.) Je connaissais vaguement, par les journaux et aussi par nos amis communs (qui avaient autant de répugnance à parler que moi à interroger), l’affreux malheur dont la vie de Lucien Thibaut était accablée. Jamais il ne m’en avait entretenu lui-même dans ses lettres, quoiqu’il m’écrivît assez souvent.
Cette réserve, qui pourrait paraître bizarre, car j’étais son meilleur camarade d’enfance, sera expliquée par les faits.
J’étais à Paris depuis plus d’une semaine, cherchant l’adresse de Lucien du matin au soir, et ne faisant pas autre chose. Je m’étais enquis partout, même à la préfecture de police.
Lucien restait pour moi introuvable, lorsqu’on m’indiqua le bureau de M. Louaisot de Méricourt, rue Vivienne.
Je ne fus pas sans demander ce qu’était ce M. Louaisot. On me répondit que le quartier Vivienne produisait une certaine quantité de spécialités ou providences. Il y a le théâtre du Palais-Royal et ses annexes pour les Anglais, Mme Sitt pour les cors aux pieds, le Coq-d’Or pour rassortir les morceaux de soie, etc. »
Extrait de : P. Féval. « Le dernier vivant I. »