Étiquette : Le jeu des sabliers

 

Le temple d’os par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Le temple d’os

Titre : Le temple d’os (Tome 2 sur 2 – Le jeu des sabliers)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le temple d’os

« Depuis l’aube, la caravane serpentait parmi les arêtes de roche fondue et les cuvettes de sable rouge. Entre les aiguilles prismatiques couronnant les rochers, jaillissait par instants un arc-en-ciel qui s’évanouissait à son approche comme le linteau d’une porte interdite. Une multitude de lézards, dérangés par son passage, s’enfuyaient vers les rares zones d’ombre, leur corps iridescent accrochant de brefs éclairs qui se perdaient dans le reflet des quartz. Le silence n’était empli que de leurs crissements et du heurt régulier des pattes des montures, avec, de temps en temps, le cri d’un rapace invisible. A l’horizon, des tourbillons brûlants regroupaient les dunes en troupeaux pour les conduire vers de nouveaux pâturages de silice et d’oxyde. 
Jern cheminait en arrière-garde, obéissant à l’ordre strict d’Olym de se tenir sans cesse à l’écart des caravaniers. Ses yeux protégés par des coquilles-miroirs lui donnaient un regard d’insecte. En proie à l’une de ses crises coutumières, il s’était peu à peu laissé distancer et luttait contre la tension de l’invisible fil qui s’étirait, à travers l’espace, jusqu’à sa terre natale. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Le temple d’os – Le jeu des sabliers. »

Le temple de chair par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Le temple de chair

Titre : Le temple de chair (Tome 1 sur 2 – Le jeu des sabliers)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le temple de chair

« Les billes de verre dansaient dans la lumière crue de l’après-midi, projetant des éclairs de couleur sur les murs de la ruelle. Jern jonglait distraitement, les yeux fixés sur le sol inégal pour éviter les flaques boueuses qui risquaient d’éclabousser son costume de scène. Les doigts de sa main gauche effectuaient leur ronde avec une habileté presque surnaturelle, indifférents à son humeur du moment. Sur ses épaules recouvertes de velours noir, les deux griffes d’argent des outre-mondiers luisaient comme des larmes gelées. Les rares passants détournaient la tête à son approche.

En quelques minutes, il atteignit le canal principal qui séparait la ville en deux comme un coup d’épée, traversa le pont de pierre et s’arrêta un instant près des péniches amarrées le long du quai. La rumeur monotone des canaux enveloppait les rues étroites, mêlée aux cris des marchands de poissons et d’algues séchées. L’air était chargé d’odeurs fortes, remugles de goudron, de saumure et d’épices. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Le temple de chair – Le jeu des sabliers. »