Étiquette : Le livre de poche

 

Rebelle par Brandon Sanderson

Fiche de Rebelle

Titre : Rebelle (Tome 4 sur 4 – Skyward)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2023
Traduction :
Editeur : Le livre de poche

Première page de Rebelle

« Cinq heures plus tard je me tenais sur scène, au repos.J’avais survécu à d’innombrables combats spatiaux. J’avais échappé d’une fraction de seconde à la puissance destructrice de la bombe exterminatrice. J’avais voyagé dans le nulle part, pour y extraire les souvenirs et la sagesse des anciens. J’avais regardé droit dans les yeux les fouilleurs – les terribles monstres surnaturels qui vivaient en dehors du temps et de l’espace –, croisé leur regard et refusé de céder. J’étais Spensa Nightshade, la guerrière.J’étais donc, comme j’avais fini par le découvrir, un outil politique important.Ce jour-là, par conséquent, au lieu de me trouver dehors à me battre, il me fallait porter quelque chose de bien moins confortable qu’une bonne combinaison de vol. Ma poitrine était recouverte de médailles – j’étais pratiquement sûre qu’ils en avaient créé quelques-unes rien que pour moi, pour me conférer un air plus impressionnant. Malgré ça, la cérémonie du jour n’avait pas été organisée en mon honneur. Je n’étais qu’un ornement, au même titre que mes médailles. Un moyen d’apporter de la crédibilité à ce qui se déroulait devant moi. »

Extrait de : B. Sanderson. « Rebelle – Skyward. »

Missions stellaires par Brandon Sanderson et Janci Patterson

Fiche de Missions stellaires

Titre : Missions stellaires (Tome 2,5 sur 4 – Skyward)
Auteur : Brandon Sanderson et Janci Patterson
Date de parution : 2022
Traduction : S. Guillot
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Missions stellaires

  • Hélianthe
  • Réaube
  • Rivéternelle

Première page d’Hélianthe

« Le jour de l’arrivée du fouilleur, j’étais en train de contempler les étoiles.Même après tous ces mois, je n’étais pas encore habituée à vivre dans le ciel. J’avais grandi sous terre, dans une caverne si profonde qu’atteindre la surface prenait des heures. Je m’y sentais en sécurité, enfouie sous des kilomètres de roche ; d’autres grottes formaient une zone tampon au-dessus de celle où je vivais, là où rien ne pouvait nous atteindre.À présent tout le monde m’appelait FM, mais mes parents m’avaient choisi le prénom de Freyja, d’après la déesse guerrière de mon héritage antique. Personnellement je n’avais jamais rien eu d’une grande guerrière. Tout le monde s’attendait à ce que je passe le test de pilote, avec l’espoir que j’obtienne mon diplôme, mais après ça je les avais surpris en continuant à voler. En tant que pilote de plein droit, j’aurais pu obtenir n’importe quel boulot de mon choix dans la sécurité des cavernes. »

Extrait de : B. Sanderson et J. Patterson. « Missions stellaires. »

Le Maître de Ballantrae par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le Maître de Ballantrae

Titre : Le Maître de Ballantrae
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1889
Traduction : J.-P. Naugrette
Edition : Le livre de poche

Première page de Le Maître de Ballantrae

« La vérité pleine et entière sur cette étrange affaire, voilà ce que le monde attend depuis longtemps, et que la curiosité publique ne manquera point d’accueillir. Il se trouve que je fus intimement mêlé aux dernières années et à l’histoire de la maison ; et il n’existe personne d’autre que moi capable de rendre compte des faits, ni aussi désireux de les narrer fidèlement. J’ai connu le Maître ; sur bien des étapes secrètes de sa carrière je possède un mémoire authentique ; j’étais sur le même bateau que lui, lors de son dernier voyage, presque seul à bord ; je faisais partie de ce voyage d’hiver à propos duquel on a conté tant d’histoires ; et j’étais là lorsqu’il est mort. Quant à mon défunt lord Durrisdeer, je l’ai servi et aimé pendant près de vingt années ; et l’estimai davantage, à force de le côtoyer. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le Maître de Ballantrae. »

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde par Robert-Louis Stevenson

Fiche de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

Titre : L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction :
Edition : Le livre de poche

Première page de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde

« M. Utterson le notaire était un homme d’une mine renfrognée, qui ne s’éclairait jamais d’un sourire. Il était d’une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment bienveillant jaillissait de son regard, quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s’exprimait non seulement par ce muet symbole de la physionomie d’après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour réfréner son goût des bons crus ; et bien qu’il aimât le théâtre, il n’y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s’émerveillait parfois, presque avec envie, de l’intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu’à les blâmer. « Je penche vers l’hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. Je laisse mes frères aller au diable à leur propre façon. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. »

L’habitude d’aimer par Doris Lessing

Fiche de L’habitude d’aimer

Titre : L’habitude d’aimer
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 1963
Traduction : M. Véron
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de L’habitude d’aimer

  • L’habitude d’aimer
  • La femme
  • Le tunnel
  • Le plaisir
  • Le jour où Staline est mort
  • Le vin
  • Lui
  • L’autre femme
  • L’oeil de Dieu au paradis
  • Une de moins sur la liste
  • Une femme sur un toit
  • Comment j’ai fini par perdre mon coeur
  • Un homme et deux femmes
  • Une chambre
  • Deux potiers
  • Entre deux hommes
  • La chambre 19

Première page de L’habitude d’aimer

« En 1947, George écrivit une nouvelle fois à Myra pour lui suggérer de revenir l’épouser. Maintenant que la guerre était bien finie. Elle répondit d’Australie, où elle était partie en 1943 avec ses deux enfants, parce qu’elle y avait de la famille, qu’à son avis leurs destins avaient suivi des cours différents ; elle n’était plus certaine de vouloir épouser George. Il ne se laissa pas abattre. Il lui envoya l’argent du voyage par avion en lui demandant de venir le voir. Ne pouvant quitter plus longtemps ses enfants, elle vint pour deux semaines. Elle lui expliqua qu’elle aimait l’Australie ; le climat lui plaisait ; le climat anglais n’avait plus d’attrait pour elle ; elle considérait que l’Angleterre avait vraisemblablement fait son temps ; et puis elle s’était habituée à se rappeler Londres avec nostalgie. Et sans doute aussi George Talbot.

Pour George, ce furent deux semaines très douloureuses. Il était convaincu que pour Myra aussi. Ils s’étaient connus en 1938, avaient vécu cinq ans ensemble, et avaient échangé pendant quatre ans des lettres d’amants séparés par le destin. Myra était sans aucun doute le grand amour de sa vie. »

Extrait de : D. Lessing. « L’Habitude d’aimer. »

L’exode par Gene Wolfe

Fiche de L’exode

Titre : L’exode (Tome 4 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1996
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’exode

« Un silence lugubre planait sur les ruines de la villa. Seul le vent gémissait, faisant claquer le drapeau blanc que tenait mater Menthe.
– Phæsdi, ils étaient in situ, fit Rémora. L’Ayuntamiento, hum ?
Ils parvinrent à la hauteur d’un talus mort, les flancs rongés par les flammes et noircis de fumée. L’air empestait l’huile de poisson, en dépit du vent.
– Réparable, remarqua Rémora en repoussant une mèche de cheveux bruns de devant ses yeux. Pas comme nous autres, pauvres êtres biochimiques. Néanmoins, nous adressons leur… esprit à l’Unité Centrale.
– Et s’ils n’en avaient pas ? murmura mater Menthe.
Elle s’était arrêtée pour attendre Rémora et en profitait pour scruter les fenêtres de l’ex-demeure de Sangre. Sa réflexion frisait l’hérésie, toutefois Rémora préféra ne pas s’y attarder  :
– S’ils n’y étaient pas… Loris et les autres ? Est-ce que… Buffle ?
– Bison, rectifia Menthe. Le colonel Bison. »

Extrait de : G. Wolfe. « L’Exode – Le livre du long soleil. »

Caldé, côté cité par Gene Wolfe

Fiche de Caldé, côté cité

Titre : Caldé, côté cité (Tome 3 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Caldé, côté cité

« Pareillement indifférent aux troubles qui agitaient la cité et à l’orage qui menaçait d’abattre ses murs, Sa Connaissance pater Quetzal, prolocuteur du Chapitre de la sainte ville de Viron, examinait son visage flétri et cireux dans le flanc d’une théière d’argent.
Comme chaque jour à la même heure, il tourna la tête des deux côtés afin d’étudier son profil presque sans relief. Il leva le menton, exhibant un cou interminable et notablement ridé. Quoiqu’il accordât chaque matin un soin minutieux à son maquillage, une faille pouvait se faire jour vers les dix heures. D’où cette inspection à la fois complaisante et assidue.
– Je ne suis pas homme à courir des risques, marmonna-t-il en affectant de lisser un de ses minces sourcils neigeux.
Comme il achevait sa phrase, un coup de tonnerre ébranla le palais jusqu’à ses fondations. Une clarté aveuglante emplit la pièce. La pluie et la grêle tambourinèrent de plus belle au carreau. Pater Rémora, le coadjuteur du Chapitre, acquiesça d’un air solennel :
– Certes. Votre Connaissance est des plus… avisées. »

Extrait de : G. Wolfe. « Caldé, côté cité – Le livre du long soleil. »

Côté lac par Gene Wolfe

Fiche de Côté lac

Titre : Côté lac (Tome 2 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1995
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Côté lac

« Le silence s’abattit, aussi brutal qu’un ordre, à l’instant où pater Organsin ouvrit la porte du vieux presbytère à l’angle des rues du Soleil et de l’Argent. Licorne, le plus grand des garçons du palæstra, se tenait très droit sur la chaise la moins confortable de la minuscule sellaria. Organsin devina qu’il s’était laissé tomber dessus en entendant le déclic du loquet.
Le crave nocturne (une fois la porte refermée, Organsin se rappela lui avoir donné le nom d’Oreb) était perché sur le dossier tapissé du fauteuil des «  invités  ».
– Salut, croassa Oreb. Organsin, bon !
– Bonsoir à tous les deux. Que Tartaros vous bénisse !
Licorne s’était levé à son entrée ; il lui fit signe de se rasseoir.
– Mille excuses, Licorne. Mater Rose m’avait annoncé ta visite mais je l’avais oubliée. Il s’est passé tellement… Ô Sphigx ! Sphigx, aie pitié de moi ! »

Extrait de : G. Wolfe. « Côté lac – Le livre du long soleil. »

Côté nuit par Gene Wolfe

Fiche de Côté nuit

Titre : Côté nuit (Tome 1 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Côté nuit

« Pater Organsin reçut l’illumination sur le terrain de jeu. Après ça plus rien ne fut pareil. Plus tard, quand il y repensait à la faveur du silence de la nuit, il se rappelait toujours avoir ressenti une présence jusque-là cachée derrière lui. Après des années d’un mutisme prudent, elle s’était décidée à lui parler à l’oreille. L’équipe des grands venait encore de marquer, Licorne allait s’emparer de la balle quand des voix s’étaient manifestées à Organsin, lui dévoilant des bribes d’invisible.
L’absurde mécanique du temps s’était brusquement enrayée. Licorne allait saisir la balle quand son sourire s’était figé pour l’éternité…
… Le défunt pater Bécard marmonnait des prières en tranchant la gorge d’un lapin moucheté acheté par ses soins…
… Le cadavre d’une femme dans une ruelle et les gens du quartier…
… Un tapis de lumières éparses, pareilles à des villes dans le ciel nocturne (et le sang chaud du lapin qui coulait sur les mains glacées de pater Bécard)… »

Extrait de : G. Wolfe. « Côté nuit – Le livre du long soleil. »

Vera par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Vera

Titre : Vera
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1874
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Vera

  • Les demoiselles de Bienfilâtre
  • Véra
  • Vox populi
  • Le convive des dernières fêtes
  • Le désir d’être un homme
  • Fleurs des ténèbres

Première page de Les demoiselles de Bienfilâtre

« Pascal nous dit qu’au point de vue des faits, le Bien et le Mal sont une question de « latitude ». En effet, tel acte humain s’appelle crime, ici, bonne action, là-bas, et réciproquement. – Ainsi, en Europe, l’on chérit, généralement, ses vieux parents ; – en certaines tribus de l’Amérique on leur persuade de monter sur un arbre ; puis on secoue cet arbre. S’ils tombent, le devoir sacré de tout bon fils est, comme autrefois chez les Messéniens, de les assommer sur-le-champ à grands coups de tomahawk, pour leur épargner les soucis de la décrépitude. S’ils trouvent la force de se cramponner à quelque branche, c’est qu’alors ils sont encore bons à la chasse ou à la pêche, et alors on sursoit à leur immolation. Autre exemple : chez les peuples du Nord, on aime à boire le vin, flot rayonnant où dort le cher soleil. Notre religion nationale nous avertit même que « le bon vin réjouit le cœur ». Chez le mahométan voisin, au sud, le fait est regardé comme un grave délit. – À Sparte, le vol était pratiqué et honoré : c’était une institution hiératique6, un complément indispensable à l’éducation de tout Lacédémonien sérieux. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Vera et autres contes cruels. »