Étiquette : Le livre du long soleil

 

L’exode par Gene Wolfe

Fiche de L’exode

Titre : L’exode (Tome 4 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1996
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’exode

« Un silence lugubre planait sur les ruines de la villa. Seul le vent gémissait, faisant claquer le drapeau blanc que tenait mater Menthe.
– Phæsdi, ils étaient in situ, fit Rémora. L’Ayuntamiento, hum ?
Ils parvinrent à la hauteur d’un talus mort, les flancs rongés par les flammes et noircis de fumée. L’air empestait l’huile de poisson, en dépit du vent.
– Réparable, remarqua Rémora en repoussant une mèche de cheveux bruns de devant ses yeux. Pas comme nous autres, pauvres êtres biochimiques. Néanmoins, nous adressons leur… esprit à l’Unité Centrale.
– Et s’ils n’en avaient pas ? murmura mater Menthe.
Elle s’était arrêtée pour attendre Rémora et en profitait pour scruter les fenêtres de l’ex-demeure de Sangre. Sa réflexion frisait l’hérésie, toutefois Rémora préféra ne pas s’y attarder  :
– S’ils n’y étaient pas… Loris et les autres ? Est-ce que… Buffle ?
– Bison, rectifia Menthe. Le colonel Bison. »

Extrait de : G. Wolfe. « L’Exode – Le livre du long soleil. »

Caldé, côté cité par Gene Wolfe

Fiche de Caldé, côté cité

Titre : Caldé, côté cité (Tome 3 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Caldé, côté cité

« Pareillement indifférent aux troubles qui agitaient la cité et à l’orage qui menaçait d’abattre ses murs, Sa Connaissance pater Quetzal, prolocuteur du Chapitre de la sainte ville de Viron, examinait son visage flétri et cireux dans le flanc d’une théière d’argent.
Comme chaque jour à la même heure, il tourna la tête des deux côtés afin d’étudier son profil presque sans relief. Il leva le menton, exhibant un cou interminable et notablement ridé. Quoiqu’il accordât chaque matin un soin minutieux à son maquillage, une faille pouvait se faire jour vers les dix heures. D’où cette inspection à la fois complaisante et assidue.
– Je ne suis pas homme à courir des risques, marmonna-t-il en affectant de lisser un de ses minces sourcils neigeux.
Comme il achevait sa phrase, un coup de tonnerre ébranla le palais jusqu’à ses fondations. Une clarté aveuglante emplit la pièce. La pluie et la grêle tambourinèrent de plus belle au carreau. Pater Rémora, le coadjuteur du Chapitre, acquiesça d’un air solennel :
– Certes. Votre Connaissance est des plus… avisées. »

Extrait de : G. Wolfe. « Caldé, côté cité – Le livre du long soleil. »

Côté lac par Gene Wolfe

Fiche de Côté lac

Titre : Côté lac (Tome 2 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1995
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Côté lac

« Le silence s’abattit, aussi brutal qu’un ordre, à l’instant où pater Organsin ouvrit la porte du vieux presbytère à l’angle des rues du Soleil et de l’Argent. Licorne, le plus grand des garçons du palæstra, se tenait très droit sur la chaise la moins confortable de la minuscule sellaria. Organsin devina qu’il s’était laissé tomber dessus en entendant le déclic du loquet.
Le crave nocturne (une fois la porte refermée, Organsin se rappela lui avoir donné le nom d’Oreb) était perché sur le dossier tapissé du fauteuil des «  invités  ».
– Salut, croassa Oreb. Organsin, bon !
– Bonsoir à tous les deux. Que Tartaros vous bénisse !
Licorne s’était levé à son entrée ; il lui fit signe de se rasseoir.
– Mille excuses, Licorne. Mater Rose m’avait annoncé ta visite mais je l’avais oubliée. Il s’est passé tellement… Ô Sphigx ! Sphigx, aie pitié de moi ! »

Extrait de : G. Wolfe. « Côté lac – Le livre du long soleil. »

Côté nuit par Gene Wolfe

Fiche de Côté nuit

Titre : Côté nuit (Tome 1 sur 4 – Le livre du long soleil)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1994
Traduction : N. Serval
Editeur : Le livre de poche

Première page de Côté nuit

« Pater Organsin reçut l’illumination sur le terrain de jeu. Après ça plus rien ne fut pareil. Plus tard, quand il y repensait à la faveur du silence de la nuit, il se rappelait toujours avoir ressenti une présence jusque-là cachée derrière lui. Après des années d’un mutisme prudent, elle s’était décidée à lui parler à l’oreille. L’équipe des grands venait encore de marquer, Licorne allait s’emparer de la balle quand des voix s’étaient manifestées à Organsin, lui dévoilant des bribes d’invisible.
L’absurde mécanique du temps s’était brusquement enrayée. Licorne allait saisir la balle quand son sourire s’était figé pour l’éternité…
… Le défunt pater Bécard marmonnait des prières en tranchant la gorge d’un lapin moucheté acheté par ses soins…
… Le cadavre d’une femme dans une ruelle et les gens du quartier…
… Un tapis de lumières éparses, pareilles à des villes dans le ciel nocturne (et le sang chaud du lapin qui coulait sur les mains glacées de pater Bécard)… »

Extrait de : G. Wolfe. « Côté nuit – Le livre du long soleil. »