Étiquette : Le Masque

 

L’oeil derrière l’épaule par J.-P. Andrevon

Fiche de L’oeil derrière l’épaule

Titre : L’oeil derrière l’épaule
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2001
Editeur : Le Masque

Première page de L’oeil derrière l’épaule

« LE DÉMÉNAGEMENT

Les Woolwright quittèrent définitivement LA pour Harmony le dernier week-end de mai.
L’initiative venait de Pam, bien sûr. Jon avait tenté plusieurs semaines durant une résistance passive dont les bastions s’effondraient à mesure, louvoyant, faisant la sourde oreille, cherchant des prétextes futiles pour retarder l’irréparable. Il avait des raisons pour ça – ou au moins une, qu’il ne pouvait évidemment pas avouer à sa femme.
— On pourrait voir… attendre encore un peu.
— Un peu quoi ? persiflait-elle de sa voix la plus pointue.
— Je ne sais pas… que Veronika entre au lycée, par exemple.
— Mais ce n’est pas un peu, ça. C’est quatre ans ! »

Extrait de : J.-P. Andrevon. « L’oeil derrière l’épaule. »

Via Velpa par Y. Dermèze

Fiche de Via Velpa

Titre : Via Velpa
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1975
Editeur : Le Masque

Première page de Via Velpa

« Lorsque Nel Gavard, bourreau juré d’Altaïr, décida de jouer à l’expérimentateur, il ne se doutait pas des bouleversements qu’il allait apporter dans sa constellation et dans sa galaxie tout entière. Des cerveaux beaucoup plus puissants que le sien n’eussent pas imaginé la millième partie de ce qu’allait entraîner un tout petit geste.
Nel Gavard était une demi-brute. Son front plat s’ornait de six barres verticales indélébiles. Ses yeux bovins saillaient sous ses épais sourcils noirs. Lorsque, dans son adolescence, on avait mesuré son indice intellectuel, on avait ricané avec pitié. Et Nel Gavard avait ricané aussi, incapable qu’il était de comprendre l’ironie ou la pitié. Les tests habituels l’avaient classé bon dernier. Que faire de ce dégénéré ? À partir de la septième catégorie, la loi ordonnait de les supprimer afin qu’ils ne fussent ni une charge, ni un danger pour la civilisation. Nel Gavard avait été sauvé par une toute petite étincelle qui subsistait en lui. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Via velpa. »

Les lumières par Y. Dermèze

Fiche de Les lumières

Titre : Les lumières
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1976
Editeur : Le Masque

Première page de Les lumières

« (Extrait de l’Encyclopédie galactique, volume 3 de SOL)

L’Homme avait à peine colonisé quelques planètes lorsqu’il fut brusquement coupé de ses bases. La Terre ne répondait plus.

Or, si les hardis conquérants de l’espace avaient déjà commencé à se multiplier sur diverses colonies et avaient reçu à peu près tout le matériel nécessaire à la fabrication d’objets manufacturés, ils dépendaient totalement de la planète mère pour le carburant, essentiel pour les astronefs.

Les appareils qui disposaient des réserves suffisantes s’élancèrent aussitôt vers la Terre qui ne répondait plus, mais on n’obtint jamais de leurs nouvelles. Ce n’est que beaucoup plus tard que l’on eût l’explication de ce silence.

Ils avaient atterri sans encombre, mais n’avaient trouvé sur III de Sol que ruines et désolation, et n’avaient découvert aucune goutte de carburant pour repartir. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Les Lumières. »

Le titan de l’espace par Y. Dermèze

Fiche de Le titan de l’espace

Titre : Le titan de l’espace
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1954
Editeur : Le Masque

Première page de Le titan de l’espace

« CHOB

Le corps gigantesque de Chob frémissait à lentes pulsations régulières. Une extrémité s’étendait tout là-bas, vers ß du Cygne, l’autre entourait cette planète Pluton que les Terrestres, pendant longtemps, ont cru terre dernière du système solaire.
Ces pulsations inquiétaient Chob. Il savait fort bien ce qu’elles signifiaient : les atomes extérieurs de son corps nébuleux et sans forme précise commençaient à se désintégrer. Son énergie vitale ne pouvait plus empêcher le processus classique. Vainement il s’était distendu au maximum de façon à se placer à la limite extrême où la matière n’est pas encore de l’énergie et où l’énergie demeure encore de la matière. Dans ces conditions, il couvrait un volume de quelques centaines d’années-lumière au cube et il vivotait d’une misérable existence d’être inférieur. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Le titan de l’espace. »

L’image de l’autre par Y. Dermèze

Fiche de L’image de l’autre

Titre : L’image de l’autre
Auteur : Y. Dermèze
Date de parution : 1974
Editeur : Le Masque

Première page de L’image de l’autre

« Je ne savais pas comment j’étais venu là. J’ignorais pourquoi je m’y trouvais. Peut-être étais-je mort subitement et y avait-il cela après la mort. Bizarre tout de même que j’aie conscience d’être vivant.

Par contre, je savais d’où je venais. Une fraction de seconde plus tôt, je vivais sur la troisième planète qui gravitait autour du Soleil : la Terre. Une fraction de seconde ? Comment pouvais-je être aussi affirmatif ? En fait j’ignorais tout du temps qui s’était écoulé entre mon « départ » de la Terre et mon « arrivée » ici. Cela avait pu être instantané. Mais tout aussi bien il avait pu y avoir un « trou » de plusieurs heures, plusieurs jours… pourquoi pas plusieurs siècles ?

J’étais vivant, soit. Je me sentais physiquement en forme, soit. Qu’est-ce que ça prouvait ? On avait pu me maintenir en état d’hibernation, ou utiliser quelque procédé inconnu des Terriens. »

Extrait de : Y. Dermèze. « L’Image de l’Autre. »

Les planètes meurent aussi par B. J. Bayley

Fiche de Les planètes meurent aussi

Titre : Les planètes meurent aussi
Auteur : B. J. Bayley
Date de parution : 1972
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Le Masque

Première page de Les planètes meurent aussi

« Si les nouvelles qu’apportait Jundrak étaient incertaines, son arrivée, elle, ne laissait nulle place au doute. Il surgit, hurlant de toutes ses tubulures, le long de la glissante à longue portée. À deux années-lumière de Smorn, il coupa les moteurs pour accomplir le reste du parcours galactique à une vitesse transcendantale. Enfin, il inversa le flux énergétique, ce qui eut pour effet de l’immobiliser brutalement.

La manœuvre avait été précise. Stabilisé au-dessus du camp que Peredan avait établi cinquante ans auparavant, il n’eut même pas besoin de modifier sa position d’un mètre. L’atmosphère avait une limpidité de cristal et il distinguait avec une netteté étonnante le minuscule empire du prince-prétendant, qui s’étalait à quelques centaines de mètres au-dessous de lui.

Le spectacle était conforme à son attente : tout était tiré au cordeau, bariolé et témoignait d’une fébrile agitation. »

Extrait de : B. J. Bayley. « Les planètes meurent aussi. »

Les immortels par James E. Gunn

Fiche de Les immortels

Titre : Les immortels
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1962
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Première page de Les immortels

« Le jeune homme était allongé sur la table d’hôpital capitonnée. Son bras gauche nu, musclé et hâlé, était sur la tablette à côté. La bande large et plate d’un sphygmomètre serrait son biceps. La face interne de son coude, où les veines traçaient des méandres bleus, avait été lavée à l’eau et au savon, frottée d’alcool, tachée de brun avec de l’iode.

Du regard, il suivait l’efficacité rapide de la technicienne, dont les mouvements étaient aussi nets que sa blouse blanche.

Elle ouvrit la porte de gauche du vieil et immense réfrigérateur, prit un flacon brun sur la deuxième étagère. Au bas du flacon se trouvait une poignée, fixée par une bande métallique. Maintenant, elle était relevée. Au-dessous de la poignée frémissaient deux centimètres de citrate de soude. Le reste était du vide. »

Extrait de : J. E. Gunn. « Les immortels. »

L’holocauste par James E. Gunn

Fiche de L’holocauste

Titre : L’holocauste
Auteur : James E. Gunn
Date de parution : 1973
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Première page de L’holocauste

« Lorsque le cauchemar commença, il était encore à huit kilomètres du campus. Aussi longtemps qu’il vivrait, ce serait pour lui LE CAUCHEMAR, dont le souvenir l’envahissait dès qu’il n’était plus sur ses gardes. Cependant, à ce moment-là, son espérance de vie était brève.

L’incendie de la faculté de droit donna le signal. Les bâtiments étaient vieux, très secs. Ils brûlèrent avec alacrité ; les flammes bondissaient et dansaient sur la colline comme des démons impitoyables, poignardant la nuit, peignant les autres bâtiments avec des doigts couleur de sang.

Il y a eu un accident, pensa-t-il en accélérant. Le vieux moteur montra de la bonne volonté ; la Ford ’79 avança.

Un instant plus tard il comprit que les autres bâtiments flambaient aussi ; les doigts rougeoyants étaient les leurs.

Lorsqu’il atteignit la ville, la colline était un gigantesque brasier sous lequel elle s’étendait, baignée de lueurs maussades, ponctuées des ombres et des flammes d’un village des Enfers. »

Extrait de : J. E. Gunn. « L’holocauste. »

L’homme du souterrain par Ramsey Campbell

Fiche de L’homme du souterrain

Titre : L’homme du souterrain
Auteur : Ramsey Campbell
Date de parution : 1979
Traduction : D. Mols
Editeur : Le masque

Sommaire de L’homme du souterrain

  • L’homme du souterrain
  • Le petit ami de Jack
  • Le gémissement
  • La cicatrice
  • Coup de foudre
  • Avis de disparition
  • Le cri le plus aigu
  • Feu de joie
  • Les sentinelles
  • Made in Goatswood
  • Le potentiel
  • Le manoir Napier
  • Les mots qui comptent
  • Un cadeau de Noël

Première page de L’homme du souterrain

« Je m’appelle Lynn. J’ai presque onze ans. Je suis née à Liverpool, dans le Tuebrook.

Je vais à l’école primaire du comté de Tuebrook. Depuis cette année, j’emmène avec moi mon petit frère Jim qui va au jardin d’enfants. Chaque matin, nous allons à l’école à pied. Ça ne fait que six cents mètres à marcher. Je le sais parce que, avec la classe, on a dû chercher quelle distance il y avait, comme devoir pour Mme Chandler. Nous traversons une rue, puis nous remontons Buckingham Road. Au bout, nous prenons le souterrain qui passe en dessous de West Derby Road. Mon petit frère dit toujours sous-marin. Et l’école se trouve juste de l’autre côté.

C’est à propos de ce souterrain que j’ai une histoire à vous raconter.

Il n’est pas très haut. La grande sœur de June, qui est ma meilleure amie, arrive à toucher le plafond sans sauter. »

Extrait de : J. R. Campbell. « L’homme du souterrain. »

Le masque par Stanislas Lem

Fiche de Le masque

Titre : Le masque
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1968
Traduction : L. Dyèvre
Editeur : Presses Pocket

Sommaire de Le masque

  • La formule de Lymphater
  • L’invasion aldebaranaise
  • Cent trente-sept secondes
  • La vérité
  • Deux jeunes gens
  • Le masque
  • Journal

Première page de La formule de Lymphater

« PARDON monsieur… Un moment s’il vous plaît. Excusez-moi d’être importun, si, si, je le sais, mon allure… mais je suis contraint de demander… Ah non ! Non, non, pas du tout ! C’est un malentendu. Je vous ai suivi ? Oui, c’est vrai. Depuis la librairie, mais c’est seulement parce que je vous ai vu par la vitrine… Vous étiez en train d’acheter les revues Biophysics et Abstractions… et quand vous vous êtes installé ici, je me suis dit que c’était une occasion extraordinaire… Si vous me permettiez d’y jeter un coup d’œil, aux deux mais surtout à Abstractions. Pour moi, c’est vital mais je ne peux pas me les offrir. D’ailleurs ça se voit, n’est-ce pas ? J’y jette un coup d’œil et je vous les rends tout de suite, ça ne durera pas longtemps. J’ai seulement à vérifier quelque chose, une note bien précise. »

Extrait de : S. Lem. « Le Masque. »