Étiquette : Le rayon fantastique
La rosée du soleil par C. Henneberg

Fiche de La rosée du soleil
Titre : La rosée du soleil
Auteur : C. Henneberg
Date de parution : 1959
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de La rosée du soleil
« À mi-chemin entre Neptune et Pluton, l’astronef de reconnaissance RZ2 donna des inquiétudes à son équipage.
Celui-ci se composait d’un commandant, Jérôme Tycho, de deux pilotes de ligne, Walter Angell et Francis Verne, et d’un mécanicien, Bill Ready. Un système de cumuls palliait le manque d’espace à bord : Francis était ingénieur-navigant, et Ready, étudiant en médecine, remplissait les fonctions d’infirmier. Excellente équipe, n’eût été la manie de bricolage de Verne et le fait que, sur le point de prendre sa retraite, Tycho traversait une période de dépression. À son âge – trente-huit ans – la navigation interplanétaire usait son homme.
L’astronef était un bon petit tacot, souple et résistant, où le confort cédait le pas à la vitesse. Avec Angell aux commandes, il enlevait des records impressionnants. »
Extrait de : C. Henneberg. « La rosée du soleil. »
La plaie par N. Henneberg

Fiche de La plaie
Titre : La plaie
Auteur : N. Henneberg
Date de parution : 1964
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de La plaie
« Temps terrestre – 3000.
Sur Sigma, la 18e planète de l’étoile double Arcturus, dans la constellation du Bouvier.
L’homme qui devait mourir fut réveillé à minuit. Il fut aussitôt debout, d’un bond souple de léopard, il portait encore sa cuirasse spatiale, lacérée et ternie dans les combats, et ses poignets étaient soudés par un lien magnétique. Il s’adossa au mur de sa cellule et attendit – cette pose de combattant acculé n’était pas sans noblesse.
Les deux lunes dernières de Sigma qui en avait sept, son charme particulier, – la verte et la mauve – se reflétaient dans le viseur et traçaient sur le sol un carré net. Et dans cette lueur, le condamné vit, sur le seuil, une grande silhouette sous une simarre pourpre, le visage masqué à la mode sigméenne d’une pellicule obscure, souple comme un gant. »
Extrait de : N. Henneberg. « La plaie. »
La forteresse perdue par N. Henneberg

Fiche de La forteresse perdue
Titre : La forteresse perdue
Auteur : N. Henneberg
Date de parution : 1962
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de La forteresse perdue
« 2300 sur la Terre.
La civilisation des Technocrates à son déclin.
Sur la ville d’acier creusée, taraudée comme une ruche, où l’humanité se tenait épaule contre épaule, il pleuvait.
Une pluie grasse de résidus. Un crépuscule gris et morne, reflété par les trottoirs roulants.
Un homme avait quitté l’alvéole appelé Palais de Justice – un garçon insolemment beau, aux yeux clairs et morts. La foule s’écartait sur son passage – les gens éprouvaient le choc du « déjà vu »… (Mais où ? Sur les écrans, bien sûr, au cœur des cosmodromes hurlants – ou sur les bélinos portant « cet homme est dangereux » ?) Il était libre, son procès venait de se terminer par un non-lieu. Un coup d’œil lui avait suffi : personne ne l’attendait aux grilles. Il traversa la voie.
En face, une enseigne au néon écrivait sur le mur : Soyez heureux ! Achetez les Euphoriques Leans !
Le fort spatial de la Légion cosmique était à deux pas, avec son drapeau noir où fusait une comète.
L’homme entra sans hésiter. »
Extrait de : N. Henneberg. « La forteresse perdue. »
Tarrano le Conquérant par R. Cummings

Fiche de Tarrano le Conquérant
Titre : Tarrano le Conquérant
Auteur : R. Cummings
Date de parution : 1930
Traduction : C. Renard
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Tarrano le Conquérant
« JE ME TROUVAIS dans l’entourage immédiat du président de la République des pays anglophones quand fut commis le premier des meurtres qui devait ouvrir cette nouvelle série. Le président tomba presque à mes pieds. Je fus alors absolument sûr que le Vénusien qui se trouvait à côté de moi était le meurtrier. Je ne sais pas pourquoi : de l’intuition, direz-vous. Le Vénusien n’avait pas fait un mouvement. Comme moi, pressé par la foule, il paraissait aussi absorbé que nous tous par les paroles du président.
C’était la fin de l’après-midi. La soleil descendait derrière les falaises, de l’autre côté de la rivière. Il y avait bien cent cinquante mille personnes réunies là, toutes se pénétrant intensément du discours du président. Cela se passait dans le Soixantième Parc. Pour moi, j’avais trouvé une place au dixième niveau. »
Extrait de : R. Cummings. « Tarrano Le Conquérant. »
Le maître du temps par R. Cummings

Fiche de Le maître du temps
Titre : Le maître du temps
Auteur : R. Cummings
Date de parution : 1929
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Le maître du temps
« LE TEMPS ? dit George. Voyons, je peux vous en donner une définition : C’est ce qui empêche tout de se produire à la fois. »
Une vague de rire passa sur le petit groupe d’hommes.
« D’accord, convint le chimiste. Et, messieurs, ce n’est pas aussi drôle que cela en a l’air. En fait, ce n’est vraiment pas une mauvaise définition scientifique. Seuls, le temps et l’espace séparent un événement d’un autre. Tout se produit à un endroit et à un moment.
— Vous sembliez avoir quelque chose d’extrêmement important à nous dire, Rogers, remarqua le gros homme d’affaires. Quelque chose qui nous surprendrait. Un projet que vous étiez sur le point de mettre à exécution. »
Rogers leva la main. »
Extrait de : R. Cummings. « Le maître du temps. »
Passagère clandestine pour Mars par J. Beynon

Fiche de Passagère clandestine pour Mars
Titre : Passagère clandestine pour Mars
Auteur : J. Beynon
Date de parution : 1951
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Passagère clandestine pour Mars
« LE SUSPECT EST MORT
JAKE REILLY, le veilleur de nuit, faisait sa ronde habituelle sans la moindre appréhension. Il bâillait, même, en quittant le laboratoire pour se diriger vers le hangar principal. En atteignant le seuil, il resta immobile, un instant, à contempler la machine en construction.
Il se demanda, vaguement, si l’on progressait beaucoup. Quelle formidable besogne ! Pour autant qu’il fût capable d’en juger, il y avait des mois qu’elle lui paraissait toujours au même point.
À vrai dire, Jake n’en pouvait distinguer grand-chose. D’immenses échafaudages l’emprisonnaient si étroitement qu’entre les madriers, on ne voyait que de vagues reflets de métal poli.
« Doivent maint’nant surtout travailler à l’intérieur, j’suppose », se dit-il.
Il promena le pinceau lumineux de sa lampe électrique pour l’inspection coutumière. La base de la machine était circulaire. Tout autour, on voyait des perceuses et autres outils rangés en ordre, par groupes. »
Extrait de : J. Beynon. « Passagère clandestine pour Mars. »
La machine suprême par J. W. Campbell

Fiche de La machine suprême
Titre : La machine suprême
Auteur : J. W. Campbell
Date de parution : 1936
Traduction : J. Cathelin
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de La machine suprême
« J’ai l’impression, dit Don Carlisle, l’air désapprobateur, que ceci aussi est « la plus récente et la plus formidable réalisation des spécialistes du transport interplanétaire». Ils en sortent une nouvelle et inégalée tous les six mois — c’est-à-dire à peu près à la cadence où ils construisent de nouveaux vaisseaux cosmiques.
— Parlons-en ! s’écria Russ Spencer, riant. L’un des perfectionnements de cet engin est précisément
constitué par les nouveaux rectificateurs d’air Carlisle, qui, assure-t-on, maintiennent la température, l’ionisation, l’oxygénation au niveau voulu, ainsi que le taux d’ozone et d’humidité. N’empêche, poursuivit-il en se tournant vers son ami, qu’il est bien regrettable que vous n’ayez pas fait cette découverte deux ans plus tôt. Mon père a toute sa vie rêvé de construire un vaisseau cosmique à l’épreuve des météores aux Chantiers spatiaux Spencer. Vous, les physiciens, vous ne vous êtes pas pressés en la matière. Certes, vous avez maintenant accompli le miracle — je l’espère —, mais j’aurais souhaité que celui-ci se fût produit plus tôt. »
Extrait de : J. W. Campbell. « La Machine suprême. »
A contre temps par Christine Renard

Fiche de A contre temps
Titre : A contre temps
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 1963
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de A contre temps
« LE SOLEIL était éclatant et le temps d’une douceur inhabituelle pour le mois d’octobre, cependant Marie-Stella s’enlisait dans la tristesse. Elle était rentrée directement chez elle en sortant de l’institut d’astronomie et avait traversé Héliopolis en avicotaxi. Elle souffrait trop pour voir des gens ou aller à un spectacle quelconque. Les distractions lui semblaient dénuées d’intérêt. Autrefois, tout était facile. Autrefois, dans ce passé si récent, et qui lui paraissait plus éloigné que si des millénaires l’en séparaient. Autrefois, il n’y aurait pas eu de problèmes, autrefois Frédéric l’aurait attendue. Ils auraient fait n’importe quoi. Peut-être seraient-ils simplement restés à la bibliothèque de l’institut pour travailler. La soirée, n’importe où, c’était Frédéric, les journées, c’était l’attente des moments »
Extrait de : C. Renard. « A Contre-Temps. »
Embûches dans l’espace par F. Pagery

Fiche de Embûches dans l’espace
Titre : Embûches dans l’espace
Auteur : F. Pagery
Date de parution : 1958
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de Embûches dans l’espace
« STÈVE ROUSSEL était un joueur. Un bon joueur. Il aimait gagner, mais savait perdre. Cependant, à la longue, il ne perdait jamais.
Il ne jouait pas sur un échiquier étroit et suivant des règles limitées : il pouvait créer ses pièces et les détruire, acheter celles de l’adversaire. Son cadre était l’espace.
Le temps aussi.
Ses seules règles étaient celles qu’il imposait. Il jouait à l’échelle d’un univers. Ses pions étaient nombreux et bien cachés. Il les sacrifiait rarement, mais sans hésitation lorsque la situation l’exigeait. Ses ennemis le traitaient de gangster, ses amis d’habile homme. Il se considérait lui-même comme un joueur. Et, à condition de pouvoir tenir plus longtemps que l’adversaire, la chance, dans tout combat, est pour le joueur. »
Extrait de : F. Pagery. « Embûche dans l’espace. »
L’enfant de la science par R. A. Heinlein

Fiche de L’enfant de la science
Titre : L’enfant de la science
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1942
Traduction : A. de Myn
Editeur : Le rayon fantastique
Première page de L’enfant de la science
« HAMILTON FELIX s’arrêta au treizième étage du ministère des Finances, tourna à gauche et s’avança jusqu’à une porte sur laquelle on lisait :
BUREAU DES STATISTIQUES ÉCONOMIQUES
SERVICED’ANALYSE ET DE PRONOSTIC
Directeur
PRIVÉ
Il frappa suivant un signal convenu et attendit le contrôle visuel. L’attente ne fut pas longue ; la porte s’ouvrit et une voix dit :
« Entrez, Felix. »
Il entra dans le bureau, jeta un coup d’œil à son interlocuteur et remarqua :
« Avec vous, cela fait quatre-vingt-dix-huit.
— Quatre-vingt-dix-huit quoi ?
— Quatre-vingt-dix-huit figures d’enterrement que je rencontre depuis vingt minutes. C’est un jeu que je viens d’inventer. »
Extrait de : R. A. Heinlein. « L’enfant de la science. »