Étiquette : Léourier
Sous le vent de la liberté par Christian Léourier

Fiche de Sous le vent de la liberté
Titre : Sous le vent de la liberté
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2021
Editeur : Argyll
Première page de Sous le vent de la liberté
« Le manoir de Kervadec ne ressemblait en rien aux gracieuses gentilhommières, flanquées d’une chapelle et d’un pigeonnier que, depuis le Grand Siècle, les architectes de Rennes ont accoutumé d’ériger dans notre province. Une tour coiffée d’une poivrière, une autre à demi effondrée, des murs épais à peine égayés par les ouvertures que la Renaissance y avait percées témoignaient de son passé militaire. S’il avait jadis résisté aux assauts des soldats, mon enfance le voyait succomber à ceux du temps. La charpente creusait, le toit fuyait en maints endroits et, les nuits de tempête, le vent s’engouffrait par mille fissures dans les galeries. D’anciennes gravures montrent un parterre aménagé à l’italienne au regard de la façade occidentale. Ce sage ordonnancement, s’il fut jamais réalisé, avait depuis longtemps disparu. »
Extrait de : C. Léourier. « Sous le Vent de la liberté. »
Sitrinjêta par Christian Léourier

Fiche de Sitrinjêta
Titre : Sitrinjêta
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2016
Editeur : Editions Critic
Première page de Sitrinjêta
« Loin dans le futur, dans le fourmillement des étoiles, les humains ne sont plus que des créatures parmi d’autres — pas les plus appréciées, ni les plus importantes. Bien au contraire.
Quand Hénar Log Korson, capitaine terrien sans vaisseau, rencontre le terrifiant Skâatlin pour lui soutirer une astronef, nul ne se doute réellement de ses motivations… à moins que les enjeux de son périple ne soient déjà connus en coulisse ?
Pourvu d’un équipage hétéroclite auquel se greffe une jeune femme imposée par Skâatlin, le Snekkja entreprend alors un long voyage semé d’embûches vers une destination mystérieuse : Sitrinjêta. »
Extrait de : C. Léourier. « Sitrinjeta. »
Mission brume par Christian Léourier

Fiche de Mission brume
Titre : Mission brume
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2003
Editeur : Mango
Première page de Mission brume
« Le Guide, torse bombé, portait sur l’horizon un regard confiant. Sa mâchoire carrée, son front haut, son sourcil froncé, son abondante chevelure rejetée en arrière, tout dans ce portrait évoquait fermeté, noblesse, détermination et justifiait son surnom de Lion des Étoiles. Cependant, Ygerne remarqua que le tableau était accroché de travers. Elle en éprouva une vive contrariété. Non seulement par loyauté envers le Chef suprême de l’Union, qui méritait tout de même plus d’égards, mais surtout parce que cette négligence, impensable sur la Terre, confirmait l’opinion selon laquelle plus on s’éloignait de la planète-mère, moins les fonctionnaires déployaient de zèle. Cela augurait mal du déroulement de sa mission sur Brume. »
Extrait de : C. Léourier. « Mission Brume. »
Mauvais rêve par Christian Léourier

Fiche de Mauvais rêve
Titre : Mauvais rêve
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2006
Editeur : Mango
Première page de Mauvais rêve
« Posé sur l’horizon, un soleil écarlate enflammait la savane. Le sommet enneigé du Kilimandjaro semblait planer au-dessus de la brume qui noyait sa base. Le rhinocéros tourna la tête. Il était si proche qu’on voyait palpiter ses narines.
— On s’en va, dit Bœhl.
— Non, attendez, souffla Simon. Il va charger.
Comme pour confirmer cet avis, le héron pique-bœuf posé sur la croupe du pachyderme s’envola. Avec une surprenante légèreté, le rhino pivota pour se placer dans l’axe. Un nuage de poussière enveloppa sa patte postérieure droite : il grattait le sol, pour mieux assurer son démarrage.
Était-ce vraiment ainsi que se comportaient les rhinocéros ? Simon le pensait, en tout cas. Et Bœhl s’en moquait bien. »
Extrait de : C. Léourier. « Mauvais rêve. »
Les oiseaux d’Argyl par Christian Léourier

Fiche de Les oiseaux d’Argyl
Titre : Les oiseaux d’Argyl
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2024
Editeur : Argyll
Sommaire de Les oiseaux d’Argyl
- La roulotte
- Le mont-de-piété
- Toi, du temps éprise
- Soleil vitre lourde
- Fils de pube
- Point de vue
- L’ouvre-boîte
- Un jour comme les autres
- Le triptyque de Khor
- Le jour de gloire
- La guerre des riches
- Nous entrerons dans la carrière…
- Le dernier métro
- Visages
- La peau bleue
- Les oiseaux d’Argyl
- Les mécaniques de la mémoire
- La sirène
- Blues pour un garçon perdu
- Le syndrome de Fajoles
- Toute chose a un prix
- Les hôtes
- Les rats
- Vues en perspective du jardin des Plantes
- Celui qui parle aux morts
- Une faute de goût
- Ismaël, Elstramadur et la destinée
Première page de La roulotte
« À la lueur de la lampe à carbure, Petit-Pulcher comptait la recette. Pas grand-chose, comme d’habitude. Les gens ne s’intéressent plus aux monstres bicéphales.
Il faisait si bon vivre, là-bas, soupira la tête à rêver. Ce n’est pas à ce train-là qu’on pourra y retourner, répondit la tête à penser.
Petit-Pulcher se leva. Ses deux fronts touchaient presque le plafond de la roulotte. Tu devrais te décider à repeindre, le plafond commence à s’écailler, observa la tête à rêver. À quoi bon, puisque la roulotte pourrira avant qu’on ait de quoi la faire décoller ? maugréa la tête à penser.
Il regarda ses mains, son épiderme parcheminé, gris. Les imbéciles, ils me snobent parce que je ne retire jamais mon maquillage – s’ils savaient seulement qui je suis – tu n’es rien, rien qu’une curiosité de foire qui ne fait pas recette – autrefois j’étais quelqu’un, un pilote de première comète – autrefois, oui, autrefois ; il y a si longtemps – peut-être que Jolie serait moins méchante si elle connaissait la vérité – et on te tuerait ou on t’enfermerait pour savoir d’où tu viens. »
Extrait de : C. Léourier. « Les oiseaux d’Argyl. »
Les montagnes du soleil par Christian Léourier

Fiche de Les montagnes du soleil
Titre : Les montagnes du soleil
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1971
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les montagnes du soleil
« — Je suis Cal, l’homme aux longs cheveux, à la souple cheville ; celui qui pour la chasse manie l’arc rond, et l’arc long pour la pêche. Celui qui peut dans les rochers suivre le chamois aux cornes aiguës et surprendre la marmotte aux yeux prudents. Celui qui connaît les herbes qui guérissent et sait le langage des oiseaux innombrables. Je suis Cal à la main assurée, à l’œil perçant, et je veux ta fille pour compagne !
Sur le visage impassible du vieux chef pas un trait n’a tressailli, mais l’assistance retient son souffle. C’est à lui, Igol le sage, que revient l’honneur de connaître les plantes médicinales et le langage des animaux, fils de la terre et du ciel. Et l’homme aux cheveux longs prétend posséder les secrets des chefs, ces secrets jalousement gardés, transmis de père en fils avec les précautions les plus minutieuses. »
Extrait de : C. Léourier. « Les montagnes du soleil. »
Le réveil des hommes blancs par Christian Léourier

Fiche de Le réveil des hommes blancs
Titre : Le réveil des hommes blancs
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2013
Editeur : Bélial
Première page de Le réveil des hommes blancs
« D’abord, le rythme sourd d’un ressac. Mon cœur s’est remis à battre. Déchirure des écales. Bruit mat de la chair qui glisse au sol. Le sol : une surface molle et froide sous mon dos. Petit à petit je reprends possession de mon corps. Si mes poumons et ma gorge me le permettaient, je pousserais un long hurlement. Toute naissance est douleur.
Edeg aimait entendre le chant du grain ruisselant du silo vers la remorque du fardier. Ce chargement n’était pas programmé. Dahast, constatant qu’il restait de la place dans les cuves de la chenille, avait consenti un détour pour venir en compléter le niveau. En réalité, il s’était donné ce prétexte pour rendre visite à un vieil ami avant de rejoindre la base. Bien que de caractères différents, les deux hommes s’appréciaient. »
Extrait de : C. Léourier. « Le Réveil Des Hommes Blancs. »
La planète inquiète par Christian Léourier

Fiche de La planète inquiète
Titre : La planète inquiète
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1979
Editeur : Robert Laffont
Première page de La planète inquiète
« De la plaine assoiffée s’élève la poussière.
L’air surchauffé racornit narines et gosiers. Des hommes, des femmes luttent. Ils marchent, mécaniques comme ces recrues de fatigue, soldats de la défaite qu’on fait tourner dans l’enceinte barbelée d’un camp disciplinaire. Ils marchent, sans savoir où les mènera tant de souffrance reniée. Sans comprendre ce qui les pousse, ni connaître le but.
De temps en temps, quelqu’un tombe. La horde l’absorbe en une meurtrière phagocytose. Rien ne peut la détourner. Elle a une route à ouvrir, une voie à tracer. Longtemps après que soit tari le flot monotone, la plaine éventrée gardera la cicatrice de son passage. »
Extrait de : C. Léourier. « La planète inquiète. »
La longue patience de la forêt par Christian Léourier

Fiche de La longue patience de la forêt
Titre : La longue patience de la forêt
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2019
Editeur : Bélial
Première page de La longue patience de la forêt
« Oublie, ça vaut mieux », dit Dalken.
Oublier un rêve ? On peut, au pire, y renoncer. Mais oublier !
« À supposer que quelque chose existe au-delà de la terre des morts… »
À supposer ? Pour lui, c’est une certitude. Ils l’ont dit à Erg. Ils lui ont montré des images de l’autre forêt. Les visages d’autres hommes.
«… personne ne l’a jamais franchie.
– Qu’en sais-tu ? se rebiffe Kred. Erg…
– Ton grand-père était un fou, dont les os ont dû blanchir à quelques lancers d’ici.
– Tu n’en sais rien, s’entête le gamin. Peut-être a-t-il réussi.
– Dans ce cas, pourquoi n’est-il pas revenu nous raconter sa découverte ? S’il avait pu passer dans un sens, il pouvait le faire dans l’autre, non ? »
Extrait de : C. Léourier. « La Longue Patience de la forêt. »
L’arbre-miroir par Christian Léourier

Fiche de L’arbre-miroir
Titre : L’arbre-miroir
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2011
Editeur : Voy’el
Première page de L’arbre-miroir
« Soulevant un nuage de poussière, la monture de Gaï dévala la pente. La terre était sèche et poudreuse dans cette parcelle de la plantation, aux confins de la réserve indigène, qui n’avait jamais connu le soc de la charrue. De profondes ravines creusaient la plaine. Gaï se glissa dans l’une d’elles, dans l’espoir d’y trouver un terrain favorable.
Dan sourit. Son compagnon de jeu venait de commettre l’erreur qui lui ferait perdre la course. Certes, le fond du torrent asséché était plat, mais des bancs de cailloutis l’encombraient, quand il ne s’agissait pas de rochers arrachés aux versants par les pluies diluviennes du printemps. Avec un cri de victoire, Dan éperonna son bleidd.
Gaï montait un vrai cheval. Il avait donc l’avantage dans cette course qui l’opposait à Dan, puisque celui-ci ne possédait qu’une monture indigène. En revanche, Dan connaissait mieux le terrain ; c’est du moins ce que son adversaire prétendait. »
Extrait de : C. Léourier. « L’Arbre-Miroir. »