Étiquette : Robert Laffont

 

La sonate hydrogène par Iain M. Banks

Fiche de La sonate hydrogène

Titre : La sonate hydrogène (Tome 10 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2012
Editeur : Robert Laffont

Première page de La sonate hydrogène

« Dans les derniers jours de la civilisation gzilte, avant son élévation préparée de longue date vers quelque chose de meilleur, et avant les fêtes destinées à marquer cette grave, mais joyeuse occasion, l’un de ses derniers vaisseaux survivants fit la rencontre d’un vaisseau aliène dont la seule tâche était d’amener aux festivités un invité très spécial.
Les deux appareils se rencontrèrent dans la zone d’ombre du fragment planétaire connu sous le nom d’Ablate, un bloc de roche étroit et tordu de trois mille kilomètres de long, et dont la forme évoquait l’intérieur d’une tornade. Ablate était tout ce qui restait d’une planète détruite délibérément deux mille ans plus tôt, avant qu’elle ne le soit naturellement par la transformation de son étoile en supernova. Ablate était restée dans l’immense sphère de débris, de gaz et de radiations, telle une pointe de flèche plongeant éternellement dans la chaleur et les étincelles d’un grand brasier.
Ablate elle-même était tout sauf naturelle. Grossièrement taillée, comme découpée dans un gâteau sphérique, sa pointe et les premières centaines de kilomètres de son extrémité étroite avaient à l’origine été constituées du matériau métallique formant le noyau de la petite planète, tandis que l’autre bout, plus large – un cercle approximatif de quelque deux cents kilomètres de diamètre – ressemblait à un dôme faiblement incurvé, et avait fait autrefois partie de la surface rocheuse. »

Extrait de : I.M Banks. « La sonate hydrogène – Culture. »

Les enfers virtuels par Iain M. Banks

Fiche de Les enfers virtuels

Titre : Les enfers virtuels (Tome 9 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2010
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les enfers virtuels

« — Celle-là pourrait nous causer des ennuis.

Elle en entendit un prononcer ces mots, à une dizaine de mètres seulement dans l’obscurité. Même à travers sa peur, sa terreur d’être ainsi traquée, pourchassée, elle ressentit un frisson d’excitation, presque de triomphe, en comprenant qu’il parlait d’elle. Oui, songea-t-elle, elle allait leur causer des ennuis. Elle avait même déjà commencé. Et en plus, ils étaient inquiets. Les chasseurs ressentent aussi une peur qui leur est propre quand ils poursuivent leur gibier. Enfin, c’était le cas pour au moins l’un des deux. L’homme qui avait parlé était Jasken, le principal garde du corps de Veppers et son chef de la sécurité. Jasken. Bien sûr. Qui d’autre cela pourrait-il être ?

— Ah, tu crois, vraiment ? dit un autre.

C’était Veppers en personne. Elle crut sentir quelque chose se tordre en elle en entendant cette voix grave et parfaitement modulée, qui n’était pour l’instant qu’un chuchotement. »

Extrait de : I.M Banks. « La Culture – Les Enfers Virtuels. »

Trames par Iain M. Banks

Fiche de Trames

Titre : Trames (Tome 8 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : P. Dusoulier
Date de parution : 2008
Editeur : Robert Laffont

Première page de Trames

« Une brise légère faisait bruisser sèchement quelques buissons à proximité. Elle soulevait de délicates volutes de poussière des plaques de sable aux alentours, et agitait une mèche de cheveux noirs sur le front de la femme assise sur une chaise de toile. La chaise était posée, légèrement de guingois, sur la roche nue au bord d’une petite crête surplombant les broussailles et le sable du désert. Au loin, tremblant dans la brume de chaleur, on distinguait une route parfaitement rectiligne. Quelques arbres squelettiques, guère plus hauts qu’un homme juché sur les épaules d’un autre, bordaient cette route poussiéreuse. À des dizaines de kilomètres plus loin, des montagnes déchiquetées vibraient dans la chaleur.

Si l’on s’en tenait à la plupart des critères humains, la femme était grande, mince et bien musclée. Ses cheveux noirs et plats étaient coupés court, et sa peau avait la couleur de l’agate pâle. Il n’y avait aucun autre représentant de son espèce particulière à des milliers d’années-lumière de là où elle était assise. S’il y en avait eu, ils auraient pu dire que ce n’était plus tout à fait une jeune femme, mais qu’elle n’en était qu’aux premiers stades de l’âge de la maturité. »

Extrait de : I.M Banks. « Trames – Culture. »

La Terre demeure par George Rippey Stewart

Fiche de La Terre demeure

Titre : La Terre demeure
Auteur : George Rippey Stewart
Traduction : J. Fournier-Pargoire
Date de parution : 1949
Editeur : Robert Laffont

Première page de La Terre demeure

« Et le gouvernement des États-Unis suspend ses activités, excepté dans le district de Columbia où seront concentrés les services de secours. Les fonctionnaires et les officiers des Forces Armées se mettront à la disposition des gouverneurs des différents États ou de toute autre autorité locale encore existante. Par ordre du président par intérim. Dieu sauve le peuple américain.

Voici un avis qui vient d’arriver du Service de secours du Massachusetts : le centre d’hospitalisation de West Oakland est abandonné. Ses fonctions, y compris les immersions des cadavres en mer, sont assurées désormais par le centre de Berkeley.

C’est tout…

Gardez l’écoute de cette station, la seule à présent qui fonctionne en Californie du Nord. Nous vous tiendrons au courant des événements aussi longtemps que nous le pourrons. »

Extrait de : G.R. Stewart – « La Terre demeure. »

Les croque-morts par David J. Skal

Fiche de Les croque-morts

Titre : Les croque-morts
Auteur : David J. Skal
Date de parution : 1980
Traduction par : L. Murail, N. Zimmermann
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les croque-morts

« Il se faisait tard quand il la trouva.
Une certaine distance les séparait, une distance qui, toujours, avait existé entre eux… mais, maintenant, cet espace s’emplissait d’un sentiment d’urgence. La rue était déserte et, sur le terre-plein envahi par les herbes, la silhouette sculptait des ombres dans le brouillard. Oui, c’était elle, sans erreur possible… son corps avait disparu, mais quelque chose subsistait. Une fille vulgaire, bouffie, vêtue d’un manteau dépenaillé. Brièvement, elle se tourna vers la voiture et ses yeux, tels ceux d’un chat, captèrent la lumière des phares. Effarante étincelle de vie.
Il sentit le goût de la peur. Amer, métallique. Comme elle lui semblait étrange, à présent. Pouvait-ce être Kelly ? Vraiment Kelly ? Un vent glacé s’engouffra dans la Volkswagen par la fenêtre brisée et tout lui apparut des plus réel.
Il roula lentement le long de la bordure. Elle ignorait son suiveur, les phares, le monde. Sa tête pivota grotesquement, comme sur une grosse tige, péniblement au début, puis par à-coups, telle celle d’un pantin animé par un marionnettiste maladroit. »

Extrait de : D.J. Skal. « Les Croque-morts. »

Ortog par Kurt Steiner

Fiche de Ortog

Titre : Ortog – l’intégrale
Auteur : Kurt Steiner
Date de parution : 1975
Editeur : Robert Laffont

Sommaire de Ortog

  • Aux armes d’Ortog
  • Ortog et les ténèbres

Première page d’Ortog

« Le soleil venait de disparaître derrière les fougères arborescentes. De l’humus montait une vapeur où tourbillonnaient des mouches dorées, grandes comme la main.

Dâl s’arrêta au pied d’une haute sigillaire. Il regarda le brouillard pernicieux des bas-fonds végétaux et rabattit sur son visage le masque nocturne, le masque aux trois usages. Alors seulement il s’avança vers la combe, dans la direction d’où semblait provenir le barrissement.

Le masque réagissait au moindre photon. Opaque de l’extérieur, sa matière devenait transparente de l’intérieur, et plus que transparente, sensibilisait la rétine en lui envoyant mille particules lumineuses pour une seule reçue – toujours selon la trajectoire initiale. Il faisait de la nuit un crépuscule et du crépuscule un jour ensoleillé. Mais là ne s’arrêtait pas son rôle : le filtre dont il était pourvu détruisait les miasmes. Enfin, il constituait un bouclier contre les mouches. »

Extrait de : K. Steiner. « Ortog – l’intégrale. »

Tunnel par André Ruellan

Fiche de Tunnel

Titre : Tunnel
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1973
Editeur : Robert Laffont

Première page de Tunnel

« Le crucifié entrait en érection.

Carole gifla le montant de la croix, dont l’acier vibra jusqu’au sommet. Elle essuya sa main sanglante sur sa robe chiffonnier coupée par Savard.

— Et on dit qu’ils ne sont bons à rien ?

Elle avait la voix huilée par la fumée du thaber. Et aussi, les yeux légèrement chavirés. Manuel lui adressa un sourire complice, mais il secoua la tête ; ses cheveux bruns volèrent sur ses épaules : depuis peu, on relançait la coiffure de grand-père.

— Ils ne sont bons qu’au meurtre.

Là-haut, le Crâne baissa le menton et tenta de soulager l’un de ses poignets percés par des vis de laiton. Puis il retomba dans sa patience douloureuse. Carole éclata de rire :

— Ils ne se reproduisent que trop !

Elle quitta la croix :

— À propos, je suis enceinte. »

Extrait de : A. Ruellan. « Tunnel. »

La planète des ours par Andre Norton

Fiche de La planète des ours

Titre : La planète des ours
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1974
Traduction : I. Tate
Edition : Robert Laffont

Première page de La planète des ours

«  Que comptes-tu faire de la chatte ? »
« L’envoyer à la Société Protectrice. Nous ne pouvons évidemment pas l’emmener. Et elle attend de nouveau des chatons. »
« Mais tu ne crois pas que Cathy ?… »
« Nous lui avons dit que nous avions trouvé un bon foyer pour Bitsy. Après tout, c’est vrai qu’il leur arrive de caser certains d’entre eux, non ? »
« Une femelle – et sur le point de mettre bas ? »
« De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire. Le fils Hawkins a promis de venir la ramasser. Je le vois justement qui s’engage dans l’allée. Il fera un saut jusqu’à la Société pour l’y déposer. Mais ne dis rien à Cathy. Elle s’attache beaucoup trop aux animaux. Vraiment, je me demande ce que je vais faire de cette petite ! J’ai pris une décision irrévocable – plus de bêtes à la maison ! Heureusement, nous emménageons dans un appartement où le règlement interdit d’en avoir.  »

Extrait de : A. Norton. « La Planète des Ours. »

Et la planète sauta… par B. R. Bruss

Fiche de Et la planète sauta…

Titre : Et la planète sauta…
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1946
Editeur : Robert Laffont

Première page de Et la planète sauta…

« Le 10 novembre 1925, deux jeunes hommes rentraient de la chasse, quelque part en Sologne, à l’heure où le crépuscule commence à pouvoir s’appeler la nuit, lorsqu’ils entendirent dans le ciel un bruit singulier.
Il faisait un temps froid et sec. L’atmosphère était limpide. Le silence quasi total. A trois ou quatre reprises, les chasseurs avaient vu promptement glisser et s’évanouir des étoiles filantes. L’un d’eux s’était même écrié : « Dépêchons-nous de faire un vœu! » Mais ces apparitions célestes sont si promptes et fugaces que personne n’a jamais eu l’esprit assez vif pour former une pensée dans l’instant qu’elles se manifestent. D’où vient, sans doute, que nos vœux les plus chers ne sont presque jamais exaucés.
Puis il y avait eu ce bruit. Un bruit si insolite dans la paix du soir, si aigu et si sourd à la fois, si grondant et si menaçant, et qui s’était enflé avec une rapidité si folle, au point d’emplir tout l’espace, que les deux jeunes hommes, mus par un réflexe des années assez récentes encore qu’ils avaient passées à la guerre, s’étaient jetés à plat ventre au milieu du chemin. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Et la planète sauta. »

La punition par Anne Rice

Fiche de La punition

Titre : La punition (Tome 2 sur 4 – Les infortunes de la Belle au bois dormant)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1984
Traduction : A. Calmevent
Editeur : Robert Laffont

Première page de La punition

« APRÈS un paisible sommeil d’un siècle, la Belle au bois dormant ouvrit les yeux au baiser du Prince, pour découvrir ses vêtements ôtés, et son cœur, et son corps, sous la coupe de celui qui l’avait délivrée. Aussitôt attribuée au Prince, à titre d’esclave nue de ses plaisirs, la Belle devait être emmenée de force dans le Royaume de ce dernier.

Dès lors, avec le consentement reconnaissant de ses parents, éperdue de désir pour le Prince, la Belle fut présentée à la Cour de la Reine Éléonore, la mère du Prince, pour y servir, aux côtés de centaines de Princes et Princesses nus, tous en qualité de jouets de la Cour, jusqu’à ce que vienne, avec leur récompense, le temps de les renvoyer chez eux, dans leur Royaume. »

Extrait de : A. Rice. « La Punition – Les infortunes de la Belle au bois dormant. »