Étiquette : Les aventuriers de la mer

 

Les marches du trône par Robin Hobb

Fiche de Les marches du trône

Titre : Les marches du trône (Tome 9 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Les marches du trône

« Le feu de bois flotté qui brûlait dans l’âtre réchauffait tout juste la pièce dégarnie. Il faudrait du temps pour chasser le froid de l’hiver de la grande maison, restée inhabitée de longues semaines : étonnant comme le froid et l’abandon peuvent changer une maison.

Les tâches ménagères sont réconfortantes. Quand on nettoie, qu’on arrange une pièce, on peut affirmer son autorité. On peut même feindre de croire, brièvement, qu’on met pareillement de l’ordre dans la vie. Keffria se leva lentement et lâcha son chiffon dans le seau. Voilà. Elle parcourut sa chambre des yeux en massant sa main douloureuse. Les murs avaient été lessivés avec une décoction d’herbes, le plancher récuré. La poussière humide, le remugle avaient disparu… Ainsi que toute trace de sa vie passée. En rentrant chez elle, elle avait découvert que le lit qu’elle avait partagé avec Kyle, les coffres à linge et sa garde-robe s’étaient volatilisés. »

Extrait de : R. Hobb. « Les marches du trone – Les aventuriers de la mer. »

Ombres et flammes par Robin Hobb

Fiche de Ombres et flammes

Titre : Ombres et flammes (Tome 8 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Ombres et flammes

«  Parangon, Parangon, que faut-il que je fasse avec toi ? »

Le ton de Brashen était très doux. Le bruissement de la pluie qui aspergeait le pont était plus sonore que la voix grave du capitaine. Et, de cette voix la colère semblait absente, ne se devinait que le chagrin. Parangon ne répondit pas. Depuis que Brashen avait interdit qu’on adressât la parole à la figure de proue, elle-même avait gardé le silence. Lavoy était venu à la lisse, une nuit, et avait tenté d’enjôler Parangon pour le faire sortir de son mutisme mais il était resté inébranlable dans sa résolution. Même quand le second était passé des plaisanteries à la compassion. Si Lavoy avait vraiment jugé que Brashen s’était montré injuste, il aurait essayé quelque chose. Qu’il n’ait rien fait prouvait bien qu’il était du côté du capitaine. »

Extrait de : R. Hobb. « Ombres et flammes – Les aventuriers de la mer. »

Le seigneur des Trois Règnes par Robin Hobb

Fiche de Le seigneur des Trois Règnes

Titre : Le seigneur des Trois Règnes (Tome 7 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Le seigneur des Trois Règnes

« Que ressentait-on à être parfait ?

Le jour de son éclosion, elle avait été capturée avant même d’avoir pu se tortiller sur le sable et connaître la fraîche et saline étreinte de la mer. Celle-Qui-Se-Souvient était condamnée à se rappeler cette journée avec netteté, dans le moindre détail. En cela consistait toute sa fonction, sa seule raison d’être. Elle était vaisseau de souvenirs. Depuis sa formation dans l’œuf, s’emboîtaient en elle avec sa propre vie les vies de ceux qui l’avaient précédée. De l’œuf au serpent, du cocon au dragon jusqu’à l’œuf, l’entière mémoire de sa race était sienne. Tous les serpents n’étaient pas ainsi gratifiés ni accablés de ce fardeau. Ils étaient relativement rares, ceux qui portaient, gravé en eux, le passé de l’espèce, mais il suffisait seulement de quelques-uns. »

Extrait de : R. Hobb. « Le seigneur des Trois-regnes – Les aventuriers de la mer. »

L’éveil des eaux dormantes par Robin Hobb

Fiche de L’éveil des eaux dormantes

Titre : L’éveil des eaux dormantes (Tome 6 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de L’éveil des eaux dormantes

« Le nœud s’était agrandi. Maulkin semblait en tirer fierté et satisfaction. Shriver était plus partagée. Si l’effectif élargi de serpents qui voyageait désormais avec eux leur assurait une meilleure protection contre les prédateurs, il en résultait qu’ils devaient se répartir la nourriture. Elle s’en serait trouvée mieux s’ils avaient été plus nombreux à être doués de sensation mais la plupart de ceux qui suivaient le nœud n’étaient que des bêtes sauvages que l’instinct seul poussait à se regrouper.

Durant le déplacement et la chasse, Maulkin observait attentivement les serpents sauvages. Celui qui manifestait des signes prometteurs était capturé quand le nœud faisait halte pour se reposer. D’ordinaire, Kelaro et Sessuréa maîtrisaient la cible choisie, la plaquaient au fond et la laissaient se débattre contre leur poids et leur force conjugués jusqu’à la suffocation. »

Extrait de : R. Hobb. « L’eveil des eaux dormantes – Les aventuriers de la mer. »

Prisons d’eau et de bois par Robin Hobb

Fiche de Prisons d’eau et de bois

Titre : Prisons d’eau et de bois (Tome 5 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Prisons d’eau et de bois

« Il ne s’agit pas d’un véritable nœud, se dit Shriver. Un véritable nœud se rassemble autour de son chef respecté. Ces serpents-ci étaient des égarés qu’ils avaient recueillis, un ou deux à la fois, en suivant le pourvoyeur vers le nord. Les serpents qui nageaient à leurs côtés aujourd’hui ne partageaient aucun lien fraternel avec le nœud de Maulkin. Ils ne faisaient que suivre la même source de provende. Pourtant, leur compagnie était réconfortante. Par moments, certains paraissaient presque lucides. D’autres, avec leur silence et leurs regards vides, ressemblaient à des fantômes. Les pires étaient à peine plus conscients que des animaux, capables d’attaquer avec leur venin ou leurs dents quiconque s’approchait trop de la nourriture qu’ils s’étaient appropriée. Shriver, Maulkin et Sessuréa avaient appris à ignorer ceux qui étaient retournés à cet état bestial. En vérité, ils n’étaient pas les plus pénibles à supporter. »

Extrait de : R. Hobb. « Les aventuriers de la mer – Prisons d’eau et de bois. »

Brumes et tempêtes par Robin Hobb

Fiche de Brumes et tempêtes

Titre : Brumes et tempêtes (Tome 4 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu

Première page de Brumes et tempêtes

« Au-dessous des serpents, des bancs d’algues ondulaient doucement, avec la renverse de la marée. L’eau était tiède, aussi tiède que dans le Sud, avant qu’ils n’aient émigré. Bien que Maulkin eût déclaré qu’ils ne suivraient plus la pourvoyeuse argentée, ils sentaient flotter dans l’eau salée son odeur affolante. Elle n’était pas très loin  –, ils étaient toujours dans son sillage mais gardaient leurs distances. Shriver songea à rappeler à Maulkin ses propres paroles puis renonça. Elle regarda leur chef d’un œil inquiet. Les blessures qu’il avait reçues durant sa brève lutte avec le serpent blanc se refermaient lentement. Les plaies profondes brisaient le dessin de ses écailles. Le long de son corps, les ocelles dorés, qui le désignaient comme leur prophète, étaient ternes, éteints.

Shriver, elle aussi, se sentait terne et éteinte. »

Extrait de : R. Hobb. « Brumes et tempetes – Les aventuriers de la mer. »

La conquête de la liberté par Robin Hobb

Fiche de La conquête de la liberté

Titre : La conquête de la liberté (Tome 3 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1998
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de La conquête de la liberté

« Enfant, Hiémain avait appris une chanson sur les blanches rues de Jamaillia qui brillaient sous le soleil, et il se surprit à la fredonner en avançant à pas pressés dans une venelle jonchée de débris ; de part et d’autre se dressaient de hauts bâtiments en bois qui cachaient le soleil et canalisaient le vent marin. Il avait eu beau la protéger, sa robe de prêtre avait pris l’humidité et la bure mouillée lui irritait les jambes à chaque pas. La journée d’hiver était d’une douceur inhabituelle, même pour Jamaillia, et il n’avait pas vraiment froid : dès que sa robe aurait séché, tout irait bien. Une telle couche de corne s’était formée sous ses pieds à bord du navire que même les tessons de vaisselle et les éclats de bois qui traînaient dans la ruelle ne le gênaient pas. »

Extrait de : R. Hobb. « La conquete de la liberte – Les aventuriers de la mer. »

Le navire aux esclaves par Robin Hobb

Fiche de Le navire aux esclaves

Titre : Le navire aux esclaves (Tome 2 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1998
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de Le navire aux esclaves

« Brashen s’éveilla avec les yeux collés et un torticolis. Le soleil du matin se déversait par les fenêtres en saillie qui prenaient toute une extrémité de la cabine ; c’était une lumière glauque, brouillée par les algues qui recouvraient l’extérieur des vitres, mais de la lumière néanmoins, assez forte pour signaler à l’homme que le jour était levé et qu’il était temps d’en faire autant.

Il descendit de son hamac. Des remords… Il avait des remords… D’avoir dépensé toute sa paye après s’être juré de faire plus attention cette fois ? Certes, mais c’était habituel ; il y avait autre chose, aux dents plus tranchantes. Ah oui ! Althéa ! Elle était présente la veille et le suppliait de la conseiller, ou alors il avait rêvé d’elle, et il lui avait donné ses conseils les plus amers, sans un mot d’espérance ni la moindre proposition d’aide. »

Extrait de : R. Hobb. « Le navire aux esclaves – Les aventuriers de la mer. »

Le vaisseau magique par Robin Hobb

Fiche de Le vaisseau magique

Titre : Le vaisseau magique (Tome 1 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1998
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : J’ai lu

Première page de Le vaisseau magique

« D’un mouvement puissant qui souleva un épais nuage de débris, Maulkin s’éleva de la fange dans laquelle il se vautrait ; des lambeaux de mue s’éloignèrent de lui, emportés par les tourbillons de sable et de boue, tels les vestiges d’un songe au réveil. Paresseusement, son long corps sinueux dessina une boucle et se frotta contre lui-même pour arracher les derniers restes de son ancienne peau. Tandis que la vase retombait lentement, il se tourna vers la vingtaine d’autres serpents étendus dans les sédiments qui les grattaient agréablement. Il secoua la crinière de sa grande tête puis banda son long corps musclé. « Il est temps, trompeta-t-il de sa voix profonde.
L’heure est venue. » Du fond de la mer, tous levèrent dans sa direction leurs grands yeux verts, or et cuivre qui ne cillaient jamais. Shriver, parlant au nom du groupe, demanda : « Pourquoi ? L’eau est chaude, ici, et la nourriture abondante. L’hiver n’est pas venu depuis cent ans. »

Extrait de : R. Hobb. « Le Vaisseau magique – Les aventuriers de la mer. »