Étiquette : Les royaumes d’épines et d’os
La dernière reine par Greg Keyes
Fiche de La dernière reine
Titre : La dernière reine (Tome 4 sur 4 – Les royaumes d’épines et d’os)
Auteur : Greg Keyes
Date de parution : 2008
Traduction par : J. Collin
Editeur : Fleuve noir
Première page de La dernière reine
« Un hurlement de douleur s’éleva dans le ciel nacré et flotta dans le vent au-dessus de Tarnshead comme un oiseau de mer. Roger Harriot ne détourna pas la tête : il avait déjà entendu bien des cris ce matin, et en entendrait beaucoup d’autres avant que la journée ne fût achevée. En lieu de cela, il concentra toute son attention sur le paysage, en grande part constitué par la tour occidentale du château de Fiderech. La pointe en était dirigée vers le couchant, pour l’instant à sa main gauche. Des empilements de pierre blanche saillaient dans l’herbe émeraude, assez hauts pour cacher la mer, dont les vagues gris-vert devinrent néanmoins visibles à mesure qu’ils montaient vers le nord, et la ville. Le long de l’escarpement, des arbres tordus par le vent tendaient tous dans la même direction leur ramure, comme pour arracher quelque récompense au vent. De ces branches difformes pendaient d’étranges fruits. Il se demanda s’il les aurait reconnus, n’eût-il pas déjà su ce qu’ils étaient.
Probablement.
— Tout le monde ne supporte pas la torture, énonça une voix qu’il reconnut pour être celle du sacritor Praecum, en la prosie duquel ils se trouvaient.
— Je la trouve ennuyeuse, répondit Roger en parcourant du regard le village avec ses petites maisons, ses jardinets et ses ruelles.
Des mâts se balançaient doucement derrière les toits. »
Extrait de : G. Keyes. « La dernière reine – Les royaumes d’épines et d’os. »
Le chevalier de sang par Greg Keyes
Fiche de Le chevalier de sang
Titre : Le chevalier de sang (Tome 3 sur 4 – Les royaumes d’épines et d’os)
Auteur : Greg Keyes
Date de parution : 2006
Traduction par : J. Collin
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le chevalier de sang
« En souriant, Robert Dare offrit une rose à Murielle.
— Garde-la, suggéra-t-elle. Elle améliorera peut-être ton odeur.
Robert soupira, en caressant la petite barbe noire qui aiguisait ses traits déjà naturellement fins. Puis la main sur sa poitrine, il fixa son regard ténébreux sur Murielle.
Il paraissait bien plus âgé que les vingt hivers qu’il avait passés dans ce monde, et un infime instant, elle ressentit un lointain élan de sympathie pour cet homme qui avait assassiné son époux et ses filles. Pour ce qu’il était devenu.
Mais quoi que cela pût être, ce n’était pas humain, et sa sympathie fut emportée par une vague de répulsion.
— Aussi charmante qu’à l’habitude, ma chère, dit Robert d’une voix posée. (Son regard se tourna subrepticement vers l’autre femme qui se trouvait avec eux dans la pièce, comme s’il eût été un chat épiant deux souris.) Et comment se porte la belle dame Berrye, aujourd’hui ?
Alis Berrye, la servante et protectrice de Murielle, gratifia Robert d’un sourire cordial.
— Je vais très bien, Altesse.
— Oui, je vois cela, dit Robert.
Il se rapprocha et tendit la main droite pour caresser les boucles brun-roux d’Alis.
La jeune femme ne broncha pas, sauf peut-être pour un léger cillement. De fait, elle était totalement figée. Murielle l’imagina réagissant ainsi à la vue d’une vipère prête à frapper. »
Extrait de : G. Keyes. « Le chevalier de sang – Les royaumes d’épines et d’os. »
Le prince charnel par Greg Keyes
Fiche de Le prince charnel
Titre : Le prince charnel (Tome 2 sur 4 – Les royaumes d’épines et d’os)
Auteur : Greg Keyes
Date de parution : 2004
Traduction par : J. Collin
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le prince charnel
« — J’entends un bruit, murmura Martyn en serrant la bride à son étalon gris pommelé. Et ce n’est pas un bruit naturel.
Le moine plissa ses yeux bleus prédateurs, comme si son regard de braise eût pu dévorer les chênes-fer colossaux et les versants rocheux de la forêt du roi. Ehawk put voir à la position de ses épaules sous sa robe rouge sang que tous les muscles de son corps étaient tendus.
— Sans aucun doute, répondit jovialement sire Oneu. Cette forêt cancane comme une femme rendue moitié folle par l’amour.
Nonobstant son ton, les yeux noirs de sire Oneu étaient sérieux lorsqu’il se tourna pour parler à Ehawk. Comme toujours, Ehawk fut surpris par le visage de son aîné, doux et fuselé, les commissures des yeux creusées par cinquante années de rires. Le chevalier était bien loin de correspondre à sa réputation de guerrier féroce.
— Qu’en dis-tu, mon garçon ? demanda Oneu.
— D’après ce que j’en ai vu, commença Ehawk, frère Martyn peut entendre un serpent respirer de l’autre côté d’une colline. Je n’ai pas une telle ouïe, et pour l’instant n’entends pas grand-chose. Mais sire, c’est en soi étrange. Il devrait y avoir plus de chants d’oiseaux. »
Extrait de : G. Keyes. « Le prince charnel – Les royaumes d’épines et d’os. »
Le roi de bruyère par Greg Keyes
Fiche de Le roi de bruyère
Titre : Le roi de bruyère (Tome 1 sur 4 – Les royaumes d’épines et d’os)
Auteur : Greg Keyes
Date de parution : 2003
Traduction par : J. Collin
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le roi de bruyère
« Le ciel se déchira et la foudre s’abattit à travers ses coutures torses. Avec elle vint une noire neige fondue au goût de fumée, de cuivre et de soufre. Avec elle vint un hurlement comme un souffle des enfers.
Carsek se redressa en tenant ses bandages ensanglantés, en espérant qu’ils suffiraient à maintenir ses entrailles à l’intérieur assez longtemps pour qu’il vît la fin de tout cela, quelle qu’en fût l’issue.
— Il faut qu’elle ordonne très vite la charge, grommela-t-il en se levant, à l’appui du talon de sa lance.
Une main jaillit à la cheville de Carsek :
— Baisse-toi, inconscient, si tu veux vivre jusqu’à la charge.
Carsek jeta un regard à son compagnon, un homme à la cotte de mailles déchirée et sans casque, ses yeux bleus implorant à travers le voile mat de ses cheveux mouillés.
— Toi, reste accroupi, Thaniel, marmonna Carsek. Moi, je me suis accroupi assez longtemps. Quatorze jours que nous croupissons dans ces trous de porcs, à dormir dans notre merde et notre sang. Tu n’entends donc pas ? On se bat, là-devant, et je vais aller voir, j’en serai.
Il se tendit sous la pluie battante, s’efforçant de discerner ce qui se passait. »
Extrait de : G. Keyes. « Le roi de bruyère – Les royaumes d’épines et d’os. »