Étiquette : livre

 

L’ombre de Claudia par Gilbert Gallerne

Fiche de L’ombre de Claudia

Titre : L’ombre de Claudia
Auteur : Gilbert Gallerne
Date de parution : 2011
Editeur : City

Première page de L’ombre de Claudia

« Gisèle Moinot se tordait les mains à s’en faire mal. Son petit visage de musaraigne avait pris un teint de cendre depuis que le docteur Baron lui avait annoncé son intention.

— Vous ne pouvez pas faire ça !

— C’est trop grave, Gisèle. Je ne peux pas fermer les yeux.

Elle tenta de s’immiscer entre lui et la porte qu’il refermait, comme pour le retenir à l’intérieur, mais il la repoussa et sortit sa clef. Ils se retrouvèrent sur le palier et elle baissa la voix de crainte d’alerter le seul autre occupant de l’immeuble.

— Docteur, je vous en supplie !

Gisèle jeta autour d’elle un regard affolé. L’escalier de bois sombre semblait devenu un puits obscur et elle ne voyait même plus la lueur du jour qui filtrait par les petites lucarnes à chaque étage.

Il n’y avait personne pour intervenir et entamer la résolution du médecin. De très loin, à l’extérieur, lui parvint le son de la cloche de la collégiale Notre-Dame, mais elle l’entendit à peine.

Le vieil homme bougonnait, peinait à faire entrer sa clef dans la serrure tant ses mains tremblaient. »

Extrait de : G. Gallerne. « L’Ombre De Claudia. »

Au pays des ombres par Gilbert Gallerne

Fiche de Au pays des ombres

Titre : Au pays des ombres
Auteur : Gilbert Gallerne
Date de parution : 2009
Editeur : Fayard

Première page de Au pays des ombres

« Vincent Brémont s’écarta du mur contre lequel il s’était adossé pour fumer une dernière cigarette. Il lui avait semblé entendre les échos d’une dispute lointaine. Était-ce un effet des vapeurs de whisky qui noyaient son cerveau ? Le bruit ne se répéta pas. Il avait dû se tromper, ou bien confondre avec une émission de télévision. La nuit, les sons portent loin. Et ce soir particulièrement, tandis que Cabourg dormait, se remettant de la chaleur inhabituelle de cette journée d’avril. Au moins sa fille profiterait-elle de leurs vacances !

Il tira sur sa cigarette dont le bout grésilla dans l’obscurité, et regarda sans la voir la petite maison achetée cinq ans plus tôt avec Alexandra. Ne ferait-il pas mieux de la revendre maintenant qu’elle n’était plus là ? Revenir ici était peut-être une erreur. Un an après, Julia se remettait à peine du suicide de sa mère. Elle commençait seulement à s’accoutumer à ne plus entendre le son de sa voix, à ne plus la croiser dans les couloirs de leur grande maison de Nanterre… »

Extrait de : G. Gallerne. « Au pays des ombres. »

Les griffes de la mort par Michael Wolfitt

Fiche de Les griffes de la mort

Titre : Les griffes de la mort
Auteur : Michael Wolfitt
Date de parution : 1983
Traduction : J. Lassard
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Les griffes de la mort

« La soirée avait été excellente. Il est vrai qu’ils passaient toujours de bons moments avec Steve et Sue. Tous les quatre étaient devenus d’excellents amis. Roger avait rencontré Steve lorsqu’il était entré chez Joy Publicité quatre ans auparavant. Ils avaient tout de suite sympathisé et six mois plus tard, on leur avait confié l’un des plus gros budgets de l’agence, avec le titre d’Équipe de Conception et de Direction Artistique.

La chance avait voulu que leurs femmes se lient d’amitié, elles aussi. Elles se retrouvaient souvent pour prendre une tasse de café ou faire du lèche-vitrines. Roger était heureux pour Hilary. Sa famille était des plus réduites. Il ne lui restait qu’une tante qui vivait à Brighton. Et bien que proches parentes, elles ne se voyaient pas beaucoup, car tante Joan s’était mise à voyager dans tout le pays pour le compte de la Croix-Rouge.

Roger jeta un coup d’œil sur son compteur et ralentit un peu son allure. Il avait intérêt à se montrer prudent. »

Extrait de : M. Wolfitt. « Les griffes de la mort. »

Sabat n°1 par Guy N. Smith

Fiche de Sabat n°1

Titre : Sabat n°1 (Le cimetière des vautours)
Auteur : Guy N. Smith
Date de parution : 1982
Traduction : S. Dalle
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Sabat n°1

« Depuis plus d’une heure, déjà, Mark Sabat humait le Mal : une odeur de moisi dominait l’arôme des pins, et la fraîcheur humide trompait la douceur promise par cette fin de printemps. Le silence régnait. Le murmure de la brise s’était tu ; pas un chant d’oiseau, pas un bruissement de feuille. C’était un peu comme si le monde, sur le qui-vive, retenait son souffle.
Au prix d’un effort certain, le grand homme brun en costume fripé chassa la sensation de malaise qui l’envahissait. Il s’arrêta un instant sur le chemin escarpé pour essuyer son front moite de transpiration. De sa langue asséchée, il effleura la frange d’une moustache noir de jais, tandis que ses yeux, étroits et très enfoncés, scrutaient les ombres du crépuscule. Mais rien ne bougeait. Sur sa joue gauche, une balafre vieille d’une dizaine d’années striait son teint blafard.
Souple et agile, il pouvait avoir cinquante ans comme trente-cinq. Ses mouvements étaient rapides, mais son regard reflétait la maturité, et peut-être un soupçon de peur. En effet, Mark Sabat arrivait au bout d’un long parcours, un parcours qui l’avait entraîné à travers trois continents. »

Extrait de : G. N. Smith. « Sabat n°1 (Le cimetière des vautours). »

Le spectre insatiable par Guy N. Smith

Fiche de Le spectre insatiable

Titre : Le spectre insatiable
Auteur : Guy N. Smith
Date de parution : 1983
Traduction : B. Blanc
Editeur : Fleuve noir / Gore

Première page de Le spectre insatiable

« Les voilà  !

L’homme tendit la bouche sombre de son fusil en direction des deux points minuscules qui, au loin, couraient sur le flanc de la montagne.

— Bémorra  ! Et Isabelle est avec lui  ! cria-t-il. Elle est encore en vie  ! Que le Tout-Puissant en soit remercié  ! La nuit va bientôt tomber, et il nous reste bien peu de temps  ! Lâche les chiens, Colgarth  !

Le dresseur fit «  non  » de la tête et tira avec violence sur la longue laisse que tendaient trois fauves grondants, au pedigree incertain.

— Pas question, Odell  ! Une fois qu’ils auront pris la piste, on ne pourra plus les arrêter… Et ils boufferont la gamine. Il vaut mieux continuer jusqu’à ce que le Vieux se fatigue, en priant pour que la petite soit toujours vivante quand nous coincerons ce fils de pute  !

Les mâchoires d’Odell se serrèrent  ; ses yeux légèrement globuleux semblèrent jeter des éclairs. »

Extrait de : G. N. Smith. « Le spectre insatiable. »

Zombie blues par Gilles Bergal

Fiche de Zombie blues

Titre : Zombie blues
Auteur : Gilles Bergal
Date de parution : 2007
Editeur : Objectif noir

Sommaire de Zombie blues

  • Le hachoir
  • Histoire d’eau
  • Les gens du rail
  • L’inconnu du bar
  • Le désespoir
  • Loup y es-tu ?
  • Pris sur le vif
  • La descente aux enfers de Roger Jousbin
  • Les trois voeux
  • Crépuscule
  • Black bayou
  • Véronique
  • Cendres
  • Le père prodigue
  • Le lien
  • L’oublié éternel
  • Planche contact
  • Dominique

Première page de Le hachoir

« Depuis le jour où nous l’avons acheté, le hachoir me fascine.

C’est une belle pièce. Pesant son demi-kilo avec une lame large de huit centimètres et longue de trente, on l’a bien en main. Il suffit presque de le laisser tomber pour trancher.

Quand je vois Françoise, ma femme, démembrer un lapin, quand je vois cette lame d’acier pénétrer les chairs et faire craquer les os, séparant la bête en deux parties d’un seul coup, je ressens l’envie de prendre le hachoir à mon tour et de frapper, frapper…

L’autre jour, je l’ai saisi. Françoise n’était pas là. Je suis entré dans la cuisine pour prendre un verre d’eau que je n’ai pas bu, et le hachoir était là, accroché au mur parmi les autres couteaux de cuisine. Je l’ai pris. Il était lourd dans ma main. Bien équilibré, il semblait se mettre de lui-même dans la meilleure position pour trancher.

Une fois, deux fois, je l’ai soulevé et j’ai frappé dans le vide. »

Extrait de : G. Bergal. « Zombie Blues. »

La nuit des hommes-loups par Gilles Bergal

Fiche de La nuit des hommes-loups

Titre : La nuit des hommes-loups
Auteur : Gilles Bergal
Date de parution : 2008
Editeur : Objectif noir

Première page de La nuit des hommes-loups

« L’enfant releva la tête, le front plissé par l’attention sous ses cheveux blonds.

— Tu as entendu ?

De l’autre côté du feu de bois, son père détourna les yeux du lapin qui roussissait et le regarda avec surprise.

— Entendu quoi ?

— Ce cri.

— Tu as dû rêv…

Cette fois, il l’entendit. Il s’agissait bien d’un hurlement. Il n’y avait pas à s’y tromper.

Malgré lui, l’adulte frissonna. C’était à vous donner la chair de poule. La première pensée qui lui vint fut que, quelque part, un chien hurlait à la mort. Mais c’était pire que ça. C’était… comme dans ces films d’épouvante, quand la carriole amenant le visiteur au château de Dracula traverse les landes désertes où s’effiloche la brume.

— C’est un loup ? demanda le garçon.

Son père haussa les épaules, plus pour le rassurer que par réelle conviction.

— Il n’y a plus de loups dans la région depuis des années. »

Extrait de : G. Bergal. « La nuit des hommes-loups. »

Gore story par Gilles Bergal

Fiche de Gore story

Titre : Gore story
Auteur : Gilles Bergal
Date de parution : 2015
Editeur : Objectif noir

Première page de Gore story

« Bloody Marie empoigna les cheveux de l’homme ligoté sur la chaise et tira d’un coup sec. La tête se décolla du tronc. Bloody Marie réalisa trop tard que la situation s’était renversée en son absence. La tête qu’elle tenait à la main était celle d’une des momies de sa collection, et non pas celle du commandant Fontanel.

Elle n’eut que le temps d’esquisser le geste de se retourner avant que la pointe de la hallebarde ne la percute dans le dos. Mais ce mouvement avait eu pour effet de faire pivoter son corps et la pointe ripa sur son omoplate, emportant avec elle un large morceau de chair sans pour autant que la blessure ne soit fatale comme l’avait espéré son vieil ennemi.

Bloody Marie poussa un hurlement de rage et de douleur mêlées. Elle trébucha en arrière, vit enfin son adversaire.

Le commandant était dans un piteux état. Il n’avait plus de chemise ni de pantalon : il les avait utilisés pour habiller la momie et mieux la tromper. »

Extrait de : G. Bergal. « Gore Story. »

Dérive par Gilles Bergal

Fiche de Dérive

Titre : Dérive
Auteur : Gilles Bergal
Date de parution : 1988
Editeur : Objectif noir

Sommaire de Dérive

  • Le clone triste
  • Le rire du klone

Première page de Le clone triste

« RoyD Ghurdal jeta un regard inquiet autour de lui. La rue était déserte.

Il traversa la pelouse de la villa. L’air était pur, comme toujours, et dans un arbre proche un oiseau chantait.

Rien ne semblait avoir changé. Le clone sentit une nausée lui chavirer le cœur. Quelque chose avait changé, pourtant. Quelque chose de fondamental. Roy était là, dans cette villa. Il gisait sur le sol, le crâne fracassé. À côté de lui se trouvait la statuette de bronze qui avait servi à le tuer.

Roy était mort, son clone était à présent orphelin.

Le clone leva les yeux. Loin au-dessus de lui, le soleil brillait au sein d’un ciel artificiellement bleu. Des deux côtés de l’immense baie vitrée, les deux autres vallées d’Eden se distinguaient à peine. C’était un jour à nuages. »

Extrait de : G. Bergal. « Dérive. »

Créatures des ténèbres par Gilles Bergal

Fiche de Créatures des ténèbres

Titre : Créatures des ténèbres
Auteur : Gilles Bergal
Date de parution : 1985
Editeur : Objectif noir

Sommaire de Créatures des ténèbres

  • Les profanateurs
  • Tu viens, chéri ?
  • L’île sous le brouillard
  • Le voyageur de la nuit
  • L’homme entre deux mondes
  • Play it again, Sam
  • Entre chien et loup
  • Un sifflet d’or
  • Le chat
  • L’étincelle
  • Gros bébé
  • Les hordes du brouillard
  • L’appel de la Banshee
  • Print : magie noire
  • Le masque de la haine
  • Le mort aux dents dignes d’un don
  • La statuette

Première page de Les profanateurs

« La jungle frémissait sous le souffle des explosions. L’Enfer Vert. Je ne savais pas encore à quel point ce surnom pouvait être juste.

Encore une rude journée qui tirait à sa fin. Inexorable, mon bull taillait de larges coupes au sein des arbres abattus. Encore une heure tout au plus, et ce serait l’arrêt pour la nuit. Le grondement des moteurs s’apaiserait. Les hommes en sueur descendraient des monstres métalliques, exténués, mais heureux du trajet parcouru aujourd’hui. Les dernières journées n’avaient pas été aisées. Nous étions en terrain défavorable, le sol était inégal, et la nature s’opposait farouchement à notre avance. Depuis ce matin pourtant, tout semblait reparti du bon pied.

Les lames mordaient allègrement dans le sol, et les explosifs faisaient disparaître les rocs les plus rétifs. Je n’avais donc pas lieu de m’inquiéter le moins du monde, lorsque mon bull fut brutalement déporté sur la gauche. La chenille gauche patina tandis que le monstre tournait autour de l’obstacle sur lequel butait la lame. Je m’arrêtai, fis machine arrière. »

Extrait de : G. Bergal. « Créatures des ténèbres. »