Étiquette : livre
Maitre des arts par William Rotsler

Fiche de Maitre des arts
Titre : Maitre des arts
Auteur : William Rotsler
Date de parution : 1974
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Opta
Première page de Maitre des arts
« Elle vous regarde, de son cube presque totalement obscur ; calme, paisible, elle respire avec aisance, et vous contemple, sans plus. Elle est nue jusqu’aux hanches, la taille ceinte d’un flot de joyaux, et elle trône sur une riche montagne de coussins. La cascade de ses cheveux blancs qui miroitent sous le feu d’une lumière invisible noie ses épaules couleur d’abricot.
Comme vous vous rapprochez du sensatron grandeur nature, les vibrations vous atteignent. Comment dire le stupéfiant réalisme de cette image tridimensionnelle ? Fantastique œuvre d’art que ce portrait par Michael Cilento de l’une des plus grandes courtisanes de la société.
À la contemplation du cube, l’image de Diana Snowdragon cesse d’être aussi parfaitement calme et, d’une certaine manière, devient subtilement prédatrice, autoritaire et imposante. Elle n’est pas nue, elle est dénudée. On perçoit presque les nonchalants carillons des musiciens de mélora. Sa personnalité unique déborde de puissance, et il est normal qu’il en soit ainsi, mais cette interprétation artistique offre bien d’autres facettes. »
Extrait de : W. Rostler. « Maître des arts. »
Au clair de la Terre par Christine Renard

Fiche de Au clair de la Terre
Titre : Au clair de la Terre
Auteur : Christine Renard
Date de parution : 2012
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Au clair de la Terre
« Quand Françoise réalisa qu’Anne Vargelonne était morte, elle s’enferma dans sa chambre et se mit à pleurer non pas de peine et de désespoir, mais de douceur, mais de tendresse. Elle était morte, Anne la blonde, Anne la très douce, qui jouait du piano dans une villa blanche au bord de la mer. Elle était morte. Cette fois c’était vrai.
Elle alla baisser le store, car le soleil de ce mois d’août était à peine supportable, sortit de son portefeuille une toute petite photo jaunie et piquée, caressa du bout des doigts le visage à l’ovale parfait, au délicieux sourire. Elle avait à peine huit ans lorsqu’elle avait pris cette photo dans les papiers de son père pour la montrer fièrement à une petite camarade de jeux : « c’est ma mère, elle est morte quand j’avais trois ans. Hein qu’elle était belle ? » « Eh ben ! avait dit un gamin, tu lui ressembles pas ! »
Non, elle ne ressemblait pas à Anne Vargelonne : déjà elle avait des allures de garçons avec ses cheveux raides et ses bras musclés. Elle ne ressemblait pas à Anne Vargelonne, et pour cause ! Anne Vargelonne n’était pas sa mère, Anne Vargelonne ne lui était rien. »
Extrait de : C. Renard. « Au clair de la Terre. »
Veruchia par Edwin Charles Tubb
Fiche de Veruchia
Titre : Veruchia
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : J. Huet
Date de parution : 1973
Editeur : Le masque
Première page de Veruchia
« Le musée avait quelque chose d’une cathédrale, si bien que les visiteurs marchaient à pas feutrés et parlaient en chuchotant, intimidés par la majesté de l’édifice. Il était fait de pierre brute, ses hauts toits en voûte murmurants d’échos lointains, ses vastes salles flanquées de galeries et de fenêtres oblongues en verre de couleur vive. Même les gardiens, discrètement postés près des piliers sculptés, ressemblaient davantage à des pièces de musée qu’à des hommes : créatures soumises à l’art du taxidermiste, simulacres en uniforme chargés de protéger des trésors fabuleux. Il eût été facile d’oublier leur présence.
Dumarest ne l’oubliait pas. Dès son entrée dans le musée, il avait eu conscience de leurs regards attentifs. Ils le suivaient en ce moment même, tandis qu’il déambulait avec une douzaine d’autres personnes, sa tenue gris neutre contrastant violemment avec leurs atours citadins, le désignant comme étranger et, par là, objet d’intérêt. Même les gardiens finissaient par s’ennuyer.
— Un phendrat.
La voix du guide s’éleva par-dessus le bruit étouffé des pas qui bientôt se tut. Il leva le doigt en direction d’une créature ailée hérissée de piquants, suspendue par des fils invisibles. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Veruchia. »
Objectif Pollux par Edwin Charles Tubb
Fiche de Objectif Pollux
Titre : Objectif Pollux
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : G. Camici, M. Averlant
Date de parution : 1955
Editeur : Editions Ditis
Première page de Objectif Pollux
« Jay West, un des plus jeunes officiers de la psycho-police, arriva au quartier général juste à temps pour assister à un procès qui se déroulait devant la Cour suprême du Vaisseau. Comme toujours, c’était Gregson, son chef, qui faisait fonction de juge. Et, à part Kennedy et l’opérateur chargé des télécommunications, le bureau était vide. Jay sourit à l’opérateur, poussa du coude l’autre officier pour se faire une place sur la banquette et pointa son menton vers la glace sans tain qui les séparait de la salle d’audience :
— De quoi s’agit-il ?
—Délit de gaspillage, fit Kennedy sans même détourner les yeux de la scène. Un type du secteur 4. Tu le connais ?
— C’est la première fois que je le vois.
A en juger par son short vert, l’homme était jardinier. Ses membres chétifs et l’apparente fragilité de sa peau indiquaient qu’il avait passé la majeure partie de sa vie dans une zone de faible gravitation. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Objectif Pollux. »
Les maîtres du hasard par Edwin Charles Tubb

Fiche de Les maîtres du hasard
Titre : Les maîtres du hasard
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : J. Huet
Date de parution : 1964
Editeur : Le masque
Première page de Les maîtres du hasard
« Rien ne semblait justifier l’existence d’une telle salle. Elle ouvrait directement sur l’espace par une vaste baie vitrée et, en cela, la station bactériologique britannique était seule de son espèce sur la Lune.
Rien de semblable chez les Russes ou les Américains, et encore moins chez les Chinois.
Tapis dans les galeries blindées de leurs installations souterraines, ils avaient bien trop à faire avec les armes de toute sorte qui les hérissaient pour songer à de telles fioritures. Quant aux Chinois, ils restaient terrés au fond de leur base de la mer de la Fécondité, énigmatiques et inquiétants.
Seuls les Anglais, grâce à leur génie des situations difficiles, avaient décidé que, quitte à s’installer sur la Lune, ils profiteraient au moins du spectacle.
Pour une fois, Sir Ian Macdonald avait l’occasion d’en jouir tranquillement. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Les Maîtres du hasard. »
Le primitif par Edwin Charles Tubb
Fiche de Le primitif
Titre : Le primitif
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : J. Potot
Date de parution : 1977
Editeur : Presses de la cité
Première page de Le primitif
« Il s’appelait Léon Vardis et avait neuf ans lorsqu’il perdit sa mère. Il n’avait pas connu son père qui, lui avait-on laissé entendre, avait trouvé la mort au cours d’une rixe. C’était un garçon élancé, bien bâti, à la chevelure noire, épaisse, lui tombant jusqu’aux épaules, aux yeux bleus enfoncés dans leurs orbites sous la ligne horizontale des sourcils, au menton volontaire et à la bouche dont le dessin généralement doux pouvait avoir une expression cruelle sous l’emprise de la colère. Orphelin de père, il avait rapidement appris à ne compter que sur lui-même ; ses parties de chasse l’amenaient à faire de profondes incursions dans les collines du Nord, et il devint, par nécessité, adepte de la fronde, de l’arc et du couteau.
L’été avait été très chaud et sec, tandis que soufflaient des vents brûlants qui desséchaient tout, et les récoltes avaient triste mine dans les champs ; les tiges des plantes étaient cassantes, et les grains recroquevillés à l’intérieur des épis. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Le Primitif. »
Le navire étoile par Edwin Charles Tubb

Fiche de Le navire étoile
Titre : Le navire étoile
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : A. Audiberti
Date de parution : 1955
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le navire étoile
« Le Psycho-policier Jay West arriva tout juste à temps au quartier général pour assister au jugement d’un cas porté devant la cour de justice du Vaisseau. Comme à l’ordinaire, Gregson, président de la cour, faisait fonction de juge et, à part Kennedy et le préposé aux communications, il n’y avait personne d’autre dans le bureau. Jay sourit à l’employé, poussa du coude son collègue officier pour avoir de la place sur le banc et, avec un signe de tête vers la vitre qui les séparait de la salle du débat, il demanda :
— Que se passe-t-il ?
— Un cas de gaspillage, répondit Kennedy sans détacher son regard de la scène. Secteur quatre. Vous connaissez ?
— Non.
Jay regarda l’accusé qui, comme l’indiquait son short vert, était un jardinier encore célibataire. Ses membres minces et sa peau délicate montraient qu’il avait passé la plus grande partie de sa vie aux étages supérieurs, où la force de gravitation était faible. L’homme était nerveux et il écarquillait les yeux pour regarder l’aménagement de la pièce sommairement meublée. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Le navire étoile. »
Lallia par Edwin Charles Tubb
Fiche de Lallia
Titre : Lallia
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : J. Huet
Date de parution : 1971
Editeur : Le masque
Première page de Lallia
« Sur Aarn, un homme fut assassiné et Dumarest le vit mourir. La chose se passa très vite, dans un endroit proche du champ d’atterrissage : une taverne animée, reluisante de confort, de l’autre côté de la haute clôture périphérique, tout près de l’entrée principale ; un endroit civilisé et feutré, aux éclairages tamisés, douillettement installé sur un monde civilisé. Cette violence bestiale n’en était que plus inattendue.
Dumarest vit toute la scène ; il tournait le dos au décor mural vivant, des femmes nues folâtrant dans une mer d’émeraude parmi des bêtes visqueuses aux proportions obscènes. Devant lui, éparpillés sur les tapis moelleux, les clients de la taverne étaient vautrés dans des fauteuils ou appuyés au long comptoir de bois luminescent. Un assortiment d’officiers, d’hommes d’équipage, d’employés au sol, de commerçants et de voyageurs. Sur cette foule se détachaient les parures voyantes des filles de joie déployant leurs charmes. Du plafond sculpté susurrait une musique douce, et l’air était teinté d’une fumée odorante. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Lallia. »
Kalin par Edwin Charles Tubb
Fiche de Kalin
Titre : Kalin
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : F. Maillet
Date de parution : 1969
Editeur : Opta / Galaxie
Première page de Kalin
« C’était le Temps du Sang sur Logis, et le capitaine fut inébranlable.
— Je suis navré, dit-il, mais je ne prendrai aucun risque. En tant que passagers, vous êtes libres de partir ou de rester, selon votre désir, mais je dois vous mettre en garde : si la clôture périphérique venait à être percée et forcée, je bouclerai le vaisseau hermétiquement. Et, ajouta-t-il d’un ton significatif, il le restera jusqu’à ce que tout danger soit passé.
— Vous nous laisseriez dehors ?
La femme portait des vêtements trop jeunes pour ses traits au maquillage épais, sa voix fêlée, vieillissante.
— Vous nous laisseriez nous faire massacrer ?
— Si nécessaire, oui, madame.
— Incroyable ! Des pierres précieuses étincelèrent à ses doigts tandis que ses mains s’agitaient dans le cône de lumière qui se répandait du sas ouvert. Traiter vos passagers de la sorte !
Son compagnon, un mercenaire balafré, grogna d’une voix de gorge profonde :
— Le capitaine n’a pas le choix, ma chère. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Kalin. »
Fils de l’espace par Edwin Charles Tubb
Fiche de Fils de l’espace
Titre : Fils de l’espace
Auteur : Edwin Charles Tubb
Traduction : N. Gouyé
Date de parution : 1956
Editeur : Presses de la cité
Première page de Fils de l’espace
« JAY WEST, membre de la psych-police, arriva au quartier général juste à temps pour assister à un procès au Tribunal du Vaisseau. Comme d’habitude, c’était Gregson, son chef, qui jugeait l’affaire et mis à part Kennedy et l’officier chargé des communications, la salle était vide. Jay adressa à l’opérateur un large sourire, poussa son collègue du coude pour qu’il lui fasse place sur le banc et pointa le menton vers la glace sans tain qui les séparait de la salle d’audience.
— De quoi s’agit-il ?
— Inculpation de gaspillage. – Kennedy ne détachait pas ses yeux de la scène. – Secteur quatre. Tu le connais ?
— Non.
Jay regarda l’accusé, un jardinier d’après la couleur verte de sa tenue, encore en âge d’être marié ; il avait les membres filiformes et la peau d’un homme qui a passé le plus clair de sa vie dans la faible pesanteur des niveaux supérieurs. Il était nerveux et considérait l’austère aménagement de la pièce avec des yeux immenses. »
Extrait de : E. C. Tubb. « Fils de l’espace. »