Étiquette : livre
La planète des ours par Andre Norton
Fiche de La planète des ours
Titre : La planète des ours
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1974
Traduction : I. Tate
Edition : Robert Laffont
Première page de La planète des ours
« Que comptes-tu faire de la chatte ? »
« L’envoyer à la Société Protectrice. Nous ne pouvons évidemment pas l’emmener. Et elle attend de nouveau des chatons. »
« Mais tu ne crois pas que Cathy ?… »
« Nous lui avons dit que nous avions trouvé un bon foyer pour Bitsy. Après tout, c’est vrai qu’il leur arrive de caser certains d’entre eux, non ? »
« Une femelle – et sur le point de mettre bas ? »
« De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire. Le fils Hawkins a promis de venir la ramasser. Je le vois justement qui s’engage dans l’allée. Il fera un saut jusqu’à la Société pour l’y déposer. Mais ne dis rien à Cathy. Elle s’attache beaucoup trop aux animaux. Vraiment, je me demande ce que je vais faire de cette petite ! J’ai pris une décision irrévocable – plus de bêtes à la maison ! Heureusement, nous emménageons dans un appartement où le règlement interdit d’en avoir. »
Extrait de : A. Norton. « La Planète des Ours. »
La seconde vie par Max-André Rayjean

Fiche de La seconde vie
Titre : La seconde vie
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de La seconde vie
« Paor tourne son corps ovoïde vers ses trois congénères. Il s’exprime dans un langage qui utilise les infrasons, par conséquent inaudible pour une oreille humaine.
— Vous avez repéré l’épave ?
— Oui, chef, dit Onul, figé.
— Et localisée ?
— Oui, chef, répète un autre Sik, allongeant l’un de ses tentacules vers un bouton.
La ventouse terminant son membre grêle adhère sur l’interrupteur. Un déclic se produit. Un grand écran s’allume, en couleur et en relief. L’image grossit à une allure effrayante.
— Ça va, intime Paor. Je veux simplement me faire une idée. Mais ma conviction est déjà établie.
Il observe l’écran, étudie l’image. Sa masse ressemble à un gros œuf blanchâtre constellé de protubérances plus sombres. Ces saillies forment des boursouflures disgracieuses et leur nombre atteint la vingtaine, au moins. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Seconde Vie. »
La malédiction des vautours par Max-André Rayjean

Fiche de La malédiction des vautours
Titre : La malédiction des vautours
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La malédiction des vautours
« Ah ! Ah ! Ah !
Hé ! Hé ! Hé !
Il ricane. Il retrousse drôlement ses lèvres, comme un singe qui s’amuse devant des visiteurs. Son visage couturé de rides se plisse et ressemble à un masque de sorcier.
Le gnome n’est pas beau du tout. Il est même franchement laid, avec des traits grossiers, un nez un peu écrasé et des oreilles larges où des touffes de poils sortent comme des racines.
Sur la poitrine, aussi, il doit être velu. Il est petit, bossu. Son infirmité l’oblige à se tenir constamment penché en avant. Pour pallier cet inconvénient, il relève la tête et cela lui donne une allure cassée.
Ah ! Ah !
Hé ! Hé ! »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La malédiction des vautours. »
La loi du cube par Max-André Rayjean

Fiche de La loi du cube
Titre : La loi du cube
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La loi du cube
« L’espace noir imprègne en totalité l’écran panoramique. Affolé, Mos Cleb tripote en vain des boutons, mais la situation ne s’arrange pas.
Un voile opaque persiste sur le scope central. C’est comme un mur, un obstacle.
Les trois hommes naviguent dans la nuit et ils ont l’impression qu’ils n’arriveront jamais au terme du voyage. Ou, s’ils arrivent quelque part, ils se poseront en catastrophe.
C’est inéluctable après ce qui vient de se passer. Ils ne voient pas très bien comment les choses pourraient se terminer autrement.
L’astronef fonce, aveugle, blessé, sans but. Désemparé, ballotté comme un fétu, il ressemble à un navire perdu dans la tempête sur une mer déchaînée.
Rageur, Cleb se retourne vers les écrans annexes de la cabine. Il essaie de les allumer à leur tour. Pas plus que le panoramique central, les annexes ne renvoient des images. C’est le « trou » noir, le néant. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Loi du cube. »
La guerre des loisirs par Max-André Rayjean

Fiche de La guerre des loisirs
Titre : La guerre des loisirs
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de La guerre des loisirs
« Je fendis la foule agglutinée autour de l’héliport, mon magnéto portatif en bandoulière. J’agitai une carte de presse et ce geste creusa immédiatement un sillon parmi ces gens surchauffés, impatients.
Ils venaient aux nouvelles ou ils attendaient un parent, un ami. L’hélico trapu s’était posé deux minutes auparavant et comme il n’existait plus de frontière officielle entre le Mexique et les États-Unis, à cause de l’Unification des Pays de l’AméricaNord, l’entrée aux U.S.A. se trouvait entièrement libre.
Les passagers étaient l’objet de curiosité, et pourtant c’étaient des passagers tout ce qu’il y avait de plus ordinaires.
Seulement voilà. Ils venaient du Club.
Je choisis la fille un peu au hasard. Je butai sur elle volontairement et je m’excusai. Façon d’engager la conversation.
— Heu… Je suis maladroit, bredouillai-je en tendant mon micro. C’est mon premier reportage, vous comprenez. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La guerre des loisirs. »
La dent du loup par Max-André Rayjean

Fiche de La dent du loup
Titre : La dent du loup
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de La dent du loup
« — Bitounes ! Bitounes !
La nuit tombe lentement, à regret. Le soleil rosit tout l’ouest et ourle de feu la crête de Dorouze. L’accablante chaleur diurne s’atténue.
Les ombres s’allongent et baignent déjà Les Ruyes, la petite rivière qui descend vers la Durance.
Cette journée de juin a été chaude. Très chaude, brûlante. Sans un souffle de mistral. L’été s’annonce sec. C’est presque toujours comme ça en Haute-Provence.
— Bitounes !
Les quatre chèvres obéissent docilement à la voix. Elles trottinent, les mamelles gonflées, l’œil vigilant. Parfois, elles s’arrêtent, inquiétées par un bruit que seules elles perçoivent. Elles ouvrent leurs longues oreilles, dressent la tête et bêlent avec timidité.
— Bêêê…
Elles sont méfiantes. Elles n’aiment pas les chiens, ni les étrangers. Elles ont peur de tout ce qui bouge, de tout ce qui leur paraît anormal. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La dent du loup. »
La bête du néant par Max-André Rayjean

Fiche de La bête du néant
Titre : La bête du néant
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de La bête du néant
« Les derniers feux du soleil couchant entrent à travers la baie. La nuit descend lentement sur les montagnes violettes. La neige persistante se drape de noir. Les ombres s’allongent démesurément.
Le froid tombe en même temps que la nuit et rend l’atmosphère transparente, diaphane. À deux mille mètres, c’est le calme reposant des sommets, la solitude écrasante. Une impression de légèreté, de poésie, se dégage du décor. C’est un bain de nature où trempe Saint-Véran, accroché à la montagne de Beauregard. Saint-Véran, le plus haut village d’Europe…
Au Grand Alpage, le poêle à mazout ronfle, répand une chaleur confortable, régulière, douce. Avril ouvre la période du retour à la vie et desserre l’étreinte du rude hiver. Des plaques verdâtres naissent sur les pentes, crèvent la neige fondante et annoncent le printemps.
Le vieux village perché au bout du monde s’éveille de son long isolement, retrouve une certaine animation.. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La bête du néant. »
L’ordre des vigiles par Max-André Rayjean

Fiche de L’ordre des vigiles
Titre : L’ordre des vigiles
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ordre des vigiles
« Un brouillard jaunâtre et puant traînait sur la ville endormie. Il irritait la gorge, le nez, les yeux. Il suffoquait.
Dans la nuit lugubre, silencieuse, les derniers passants se hâtaient comme des fantômes, épaules courbées, masques respiratoires sur le visage.
Le goudron des rues, des avenues, des trottoirs, luisait d’une humidité sale. Les façades des maisons étaient grises et l’agglomération déserte ressemblait à une cité abandonnée.
Pourtant, dix millions d’habitants s’entassaient dans les immeubles et les tours. Les appartements, les bureaux, les usines, étaient climatisés par un air dépollué en provenance d’une station de filtrage.
Il était onze heures trente du soir. Les gens ne s’attardaient jamais au-dehors à cause de la pollution et rentraient directement chez eux dès leur travail terminé.
Ils regardaient la télévision. Leurs yeux exprimaient la fatalité, le renoncement. Ils acceptaient la Ville telle qu’elle était, avec tous ses défauts, sa laideur. Ils ne connaissaient rien d’autre qu’un horizon bouché, un matelas de nuages bas, un air vicié. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « L’Ordre Des Vigiles. »
L’étoile de Goa par Max-André Rayjean

Fiche de L’étoile de Goa
Titre : L’étoile de Goa
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’étoile de Goa
« — Laissez-moi ! Mais laissez-moi donc, abominable brute !
Zô apparut dans la cabine. Il poussait la fille devant lui et la maintenait solidement, malgré ses véhémentes protestations. Persuadé d’accomplir son devoir avec zèle et intelligence, il comprenait que cette femme n’avait pas sa place à bord du « Cosny ». Sa chair synthétique frémissait de rage à la pensée que depuis la Terre, l’astronef véhiculait un passager clandestin. Son cerveau purement électronique, magnifiquement réglé, évoquait les complications causées par cette présence.
— Allez-vous me lâcher, à la fin ! Vous me faites mal !
Goa fronça les sourcils. Il ne put s’empêcher d’admirer la beauté de la fille cherchant à échapper à la poigne de l’androïde. Elle avait les cheveux en désordre. Des cheveux bruns, fins, longs. Des yeux immenses où se lisaient une volonté farouche et aussi une espèce de pitié. Les muscles de son corps splendide se raidissaient sous le léger vêtement collant, d’un jaune pâle. Sa bouche entrouverte découvrait des dents blanches, prêtes à mordre, à déchirer. C’était une petite tigresse. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « L’Étoile de Goa. »
L’escale des Zuhls par Max-André Rayjean

Fiche de L’escale des Zuhls
Titre : L’escale des Zuhls
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’escale des Zuhls
« Le cargo géant fonçait dans le froid de l’espace, laissant derrière lui une immense traînée lumineuse. Il errait, seul, désespérément seul, au milieu des constellations rutilantes, dans la noire monotonie de l’éther, charriant sa cargaison humaine de condamnés. Des hommes, des femmes, hantés par la perspective de n’arriver nulle part, de rester cloîtrés à jamais dans leur cercueil d’acier.
Pourtant, quelqu’un s’occupait de leur sort avec fébrilité, hargne, courage. L’espoir ne l’abandonnait pas. Son visage parcheminé, sec, glabre, rongé par la responsabilité, était penché sur les feuilles de calcul de l’astronavigraphe. Assis à sa table de travail, depuis des heures, il s’efforçait de résoudre les redoutables problèmes posés par l’aventure commune.
Sa combinaison collante de fibrosynthic dessinait son corps nerveux, musclé. Un serre-tête de même nature dissimulait sa chevelure, ses oreilles, sa nuque. Sous le costume des exilés à vie, des interdits de séjour, des apatrides, son expression restait froide, pratiquement insensible, impersonnelle. Rien ne ressemblait plus à un condamné qu’un autre condamné. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « L’escale des Zulhs. »