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Quatre hommes pour l’enfer par Pierre Pelot

Fiche de Quatre hommes pour l’enfer

Titre : Quatre hommes pour l’enfer (Tome 1 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1967
Editeur : Bragelonne

Première page de Quatre hommes pour l’enfer

« Juillet 1864. Géorgie.

Droit devant, la vallée jaune de la Snake River éclatait de soleil. Juillet était là, bien présent, et il n’en finissait pas de le dire aux arbres, aux herbes, aux caillasses pâlies des collines. Sur toute la Géorgie, il y avait ce soleil tremblant et clair qui semait des lumières vives dans les plus maigres halliers.

C’était juillet 1864, en Géorgie.

Au bout de la vallée, à plus de deux cents yards, juste derrière le coude de la rivière, la ferme faisait une tache sombre. Les murs gris refusaient le soleil. Devant la porte, un boulet avait éclaté, creusant le sol et balafrant la maison d’une grande flamme de poudre noire. Le toit avait brûlé ; ne subsistaient que quelques poutres noircies s’élançant vers le ciel d’azur. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Quatre hommes pour l’enfer. »

Les conquérants immobiles par Pierre Pelot

Fiche de Les conquérants immobiles

Titre : Les conquérants immobiles (Tome 4 sur 4 – Chromagnon « Z »)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les conquérants immobiles

« Andrew Hill s’écouta respirer un moment et trouva la chose agréable. En somme, rassurante, si tant est qu’il avait besoin d’être rassuré.
En avait-il besoin ? Se posant la question, il se trouva finalement dans l’incapacité d’y répondre, au bout d’un certain temps de réflexion. Et il comprit ceci : ce serait pareil pour un bon nombre d’interrogations à venir. Il comprit ceci : les interrogations ne manqueraient pas de se succéder en chapelets ; elles le laisseraient, les unes après les autres, à chaque fois, un peu plus démuni. Un peu plus ahuri. Cette évidence lui fit l’effet d’un coup de marteau. La combattre était inutile. Quelque peu sonné, un moment, il trouva beaucoup moins agréables les petits bruits chuintants de sa respiration. Il les jugea même parfaitement incongrus… et davantage encore. Comment dire ? Quasiment obscènes. Totalement déplacés. Des gargouillis impudiques. »

Extrait de : P. Pelot. « Les conquérants immobiles – Chromagnon « Z ». »

Les passagers du mirage par Pierre Pelot

Fiche de Les passagers du mirage

Titre : Les passagers du mirage (Tome 3 sur 4 – Chromagnon « Z »)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les passagers du mirage

« Dans la nuit du 2 au 3 juillet de cette année-là, un peu après vingt-deux heures, une voiture franchit les trois barrages protecteurs successifs, puis le portail d’entrée de l’enceinte murée de cette grande et très ancienne propriété qui abritait les effectifs du C.R.E.E.S. Le chauffeur portait l’uniforme kaki de l’Armée (c’est-à-dire de la Milice Corporatiste du C.R.E.E.S. d’Énergies World), et une casquette dont la visière lustrée mangeait totalement son front bas. À chaque barrage, il ralentit et s’arrêta, présenta son laissez-passer. Sur les portières de la voiture était peint le sigle du C.R.E.E.S. – le même que celui, discret, qui surmontait un des piliers de l’entrée de l’enceinte.
La voiture n’eut pas à pénétrer bien loin à l’intérieur de la propriété ; elle roula sur une dizaine de mètres, pas davantage, puis effectua un parfait demi-tour sur l’allée, faisant à peine crisser le gravillon sous ses pneus. »

Extrait de : P. Pelot. « Les passagers du mirage – Chromagnon « Z ». »

Le bruit des autres par Pierre Pelot

Fiche de Le bruit des autres

Titre : Le bruit des autres (Tome 2 sur 4 – Chromagnon « Z »)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le bruit des autres

« Le soleil blanc cassait les ombres, comme s’il avait voulu les réduire en poudre, en faire une cendre épaisse, pour étouffer les grésillements des insectes. Il n’y avait pas seulement des mouches, mais des centaines, des milliers d’autres bestioles invisibles, enterrées, narguant la lumière aveuglante. Des lézards verts et jaunes se coulaient sur les murs pétris de silence, par saccades, ou restaient immobiles comme des excroissances de pierre, des boursouflures de crépi écaillé ; leur gorge palpitait, ils ne faisaient que respirer rapidement.
La rue était muette, depuis longtemps.
Morte.
Comme une espèce de vieux squelette éparpillé, qui n’intéressait plus personne, sinon la vermine vorace. »

Extrait de : P. Pelot. « Le bruit des autres – Chromagnon « Z ». »

Paradis zéro par Pierre Pelot

Fiche de Paradis zéro

Titre : Paradis zéro (Tome 1 sur 4 – Chromagnon « Z »)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Paradis zéro

« À l’image, le paysage était très blanc, trop, avec une lumière qui saturait et bavait dans les zones d’ombre. Ce défaut d’éclairage qui sabotait la photo ne donnait pas le rendu recherché… Mais c’est souvent comme ça. Ils ne fignolent pas ; leur problème est ailleurs, si problème il y a, ce dont je ne suis même pas sûr. J’essaie de construire au mieux un paysage, une ambiance visuelle, je leur donne un maximum d’informations et ils n’en utilisent pas le dixième. Ou alors ils dérapent. Ils composent. Je sais bien qu’ils ne sont pas seuls en cause et qu’ils doivent évoluer dans les créneaux précis de certains barèmes, je sais bien qu’ils ne sont pas maîtres du jeu, évidemment.
C’est une de mes certitudes.
Par contre, je suis bien incapable de dire qui ils sont. »

Extrait de : P. Pelot. « Paradis Zero – Chromagnon « Z ». »

Phénix futur par Sylvie Denis

Fiche de Phénix futur

Titre : Phénix futur
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2009
Editeur : Mango

Première page de Phénix futur

« Mirilh était déjà assis à une table de la cantine quand T’Cha, son meilleur ami, lui envoya un message pour lui demander de lui garder une place. Il était coincé dans la longue file d’élèves qui tapotaient sur leur portable pour choisir leur menu. Encore un problème avec le programme de gestion. Sous prétexte d’obliger les collégiens à manger sainement, il enregistrait tous les repas qu’ils avaient commandés dans la semaine et refusait, par exemple, de vous servir des frites ou des gâteaux. Certains élèves, alors obligés de manger des haricots verts tous les jours, protestaient auprès du personnel de service ; d’autres tentaient d’embrouiller l’ordinateur en lui envoyant plusieurs commandes contradictoires. Résultat, une chaîne fonctionnant en permanence au ralenti. »

Extrait de : S. Denis. « Phénix Futur. »

Pèlerinage par Sylvie Denis

Fiche de Pèlerinage

Titre : Pèlerinage
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2008
Editeur : ActuSF

Sommaire de Pèlerinage

  • Adrénochrome
  • Pèlerinage
  • Le ventre de la mer
  • Le zombie du frère
  • La dame du Wisconsin

Première page de Adrénochrome

« Banlieue parisienne, six heures du matin. Un fin rideau gris perle voile la pâleur de l’aube. Titubant sur le goudron humide, les derniers noctambules quittent le Discovery. Derrière eux, la porte du club se referme, reflet de lettres d’argent sur fond noir.
À l’intérieur, c’est encore la nuit. Les consoles du disc-jockey trouent l’obscurité de leurs lueurs minuscules, rubis et émeraudes de la taille d’une tête d’épingle.
Sur la scène, des anges de quinze centimètres jouent au croquet.
 
Accroupi entre deux projecteurs, Jérémy les observait. Deux équipes s’affrontaient, dont il avait du mal à distinguer les joueurs, qui portaient presque tous les mêmes vêtements. »

Extrait de : S. Denis. « Pèlerinage. »

Les îles dans le ciel par Sylvie Denis

Fiche de Les îles dans le ciel

Titre : Les îles dans le ciel
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2008
Editeur : Mango

Première page de Les îles dans le ciel

« C’est au XXe siècle que les astronomes et les astrophysiciens eurent pour la première fois la preuve que des planètes tournaient autour d’un grand nombre d’étoiles de notre galaxie. Mais l’univers est immense et, faute d’un moyen de transport suffisamment rapide, l’humanité ne pouvait qu’observer ces exoplanètes. Cela dura jusqu’au XXVIe siècle.

Abako Utaki découvrit alors la dimension parallèle qui porte son nom. Pourvus de propulseurs spéciaux, les vaisseaux purent atteindre les étoiles. L’exploration de la galaxie commença. Ces voyages lointains n’étaient cependant pas sans danger. Des ordinateurs extrêmement puissants exécutaient les calculs qui permettaient aux capitaines des vaisseaux d’atteindre leur destination, mais la nature même de cet espace nouveau les rendait difficiles et aléatoires. Parfois, sans qu’on sache pourquoi, un vaisseau ne ressortait pas à l’endroit initialement prévu. »

Extrait de : S. Denis. « Les Îles dans le ciel. »

L’aventure de la cité ultime par Sylvie Denis

Fiche de L’aventure de la cité ultime

Titre : L’aventure de la cité ultime
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial

Première page de L’aventure de la cité ultime

« Même sans consulter mes notes, je me souviens de cet hiver-là. À la mi-janvier, un froid sibérien s’installa sur Londres avec, semblait-il, l’intention de persister jusqu’à ce qu’ours polaires et loups des steppes viennent prendre leurs quartiers dans nos parcs. N’exerçant pas encore, je restais au coin du feu et me réjouissais de ne pas avoir à suivre Sherlock Holmes dans les rues polies par le verglas et récurées par le vent.

Pensée que je ne tardai pas à regretter.

Depuis deux semaines, Holmes installait chaque matin sa longue silhouette dans son fauteuil, devant la table du petit déjeuner, avalait une bouchée d’œufs au bacon et deux gorgées de café, puis lisait les journaux et les jetait loin de lui avec un soupir exaspéré. »

Extrait de : S. Denis. « L’Aventure de la cité ultime. »

L’assassinat de la maison du peuple par S. Denis

Fiche de L’assassinat de la maison du peuple

Titre : L’assassinat de la maison du peuple
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 1999
Editeur : ActuSF

Première page de L’assassinat de la maison du peuple

« J’ai un lézard d’argent qui remue la queue lorsqu’on frappe à la porte sur mon bureau.

Je n’attendais pourtant personne ce matin-là : aucun de mes clients n’avait rendez-vous et le facteur était déjà passé. J’ai donc été contraint de descendre deux étages pour aller ouvrir moi-même.

Debout sur le seuil, le coursier en uniforme a tiré le pli spécial de sa sacoche en cuir et me l’a remis sans un mot. J’ai signé son registre et il est parti pendant que je fixais, abasourdi, le timbre à l’effigie de Napoléon IV et le tampon de la Poste Impériale. Puis ma gorge s’est serrée et mon cœur a commencé à battre plus fort dans ma poitrine. J’ai voulu rappeler l’homme, lui demander qui lui avait confié la missive, mais sa veste vert sombre avait déjà disparu dans la foule, parmi les robes des ménagères que les trottoirs roulants emportaient vers les galeries couvertes. »

Extrait de : S. Denis. « L’Assassinat de la Maison du Peuple. »