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L’ève future par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de L’ève future
Titre : L’ève future
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1886
Editeur : Gallimard
Première page de L’ève future
« A vingt-cinq lieues de New York, au centre d’un réseau de fils électriques, apparaît une habitation qu’entourent de profonds jardins solitaires. La façade regarde une riche pelouse traversée d’allées sablées qui conduit à une sorte de grand pavillon isolé. Au sud et à l’ouest, deux longues avenues de très vieux arbres projettent leurs ombrages supérieurs vers ce pavillon. C’est le n° 1 de la cité de Menlo Park.–Là demeure Thomas Alva Edison, l’homme qui a fait prisonnier l’écho.
Edison est un homme de quarante-deux ans. Sa physionomie rappelait, il y a quelques années, d’une manière frappante, celle d’un illustre Français, Gustave Doré. C’était presque le visage de l’artiste traduit en un visage de savant. Aptitudes congénères, applications différentes. Mystérieux jumeaux. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « L’ève future. »
L’amour suprême par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de L’amour suprême
Titre : L’amour suprême
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1886
Editeur : FB Editions
Sommaire de L’amour suprême
- L’amour suprême
- Sagacité d’Aspasie
- Le secret de l’échafaud
- L’instant de Dieu
- Une profession nouvelle
- L’agence du chandelier d’or
- La légende de l’éléphant blanc
- Catalina
- Les expériences du Dr Crookes
- Le droit du passé
- Le Tzar et les grands ducs
- L’aventure de Tsë-i-la
- Akëdysseril
Première page de L’amour suprême
« Ainsi l’humanité, subissant, à travers les âges, l’enchantement du mystérieux Amour, palpite à son seul nom sacré.
Toujours elle en divinisa l’immuable essence, transparue sous le voile de la vie, – car les espoirs inapaisés ou déçus que laissent au cœur humain les fugitives illusions de l’amour terrestre, lui font toujours pressentir que nul ne peut posséder son réel idéal sinon dans la lumière créatrice d’où il émane.
Et c’est aussi pourquoi bien des amants – oh ! les prédestinés ! – ont su, dès ici-bas, au dédain de leurs sens mortels, sacrifier les baisers, renoncer aux étreintes et, les yeux perdus en une lointaine extase
nuptiale, projeter, ensemble, la dualité même de leur être dans les mystiques flammes du Ciel. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « L’amour suprême. »
Isis par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Isis
Titre : Isis
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1862
Editeur :
Première page de Isis
« Il y avait eu soirée au palais Pitti.
La duchesse d’Esperia, belle dame de la plus gracieuse distinction, avait présenté à tout Florence le comte de Strally-d’Anthas.
Il annonçait de dix-huit à vingt ans au plus. Il voyageait et venait d’Allemagne. Sa mère était de l’une des plus illustres maisons d’Italie ; on le savait. Il se trouvait donc allié aux plus hautes noblesses du pays ; la duchesse était même un peu sa cousine ; qu’il fût présenté par elle, ne souffrait aucune difficulté.
Le prince Forsiani, nommé, depuis la veille, ambassadeur de Toscane en Sicile, avait paru s’intéresser à lui. C’était un vieux courtisan, fin et froid, mais solidement estimé de tous. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Isis. »
Histoires insolites par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Histoires insolites
Titre : Histoires insolites
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1888
Editeur : Gallimard
Sommaire de Histoires insolites
- La céleste aventure
- Un singulier chelem !
- Le jeu des grâces
- Le secret de la belle Ardiane
- L’héroïsme du docteur Hallidonhill
- Les phantasmes de M. Redoux
- Ce Mahoin !
- La maison du bonheur
- Les amants de Tolède
- Le sadisme anglais
- La légende moderne
- Le navigateur sauvage
- Aux chrétiens les lions !
- L’agrément inattendu
- Une entrevue à Solesmes
- Les délices d’une bonne oeuvre
- L’inquiéteur
- Conte de fin d’été
- L’Etna chez soi
Première page de La céleste aventure
« Maintenant que sœur Euphrasie, cette enfant divine, s’est enfuie dans la Lumière, pourquoi garder encore le mot terrestre du « miracle » dont elle fut l’éblouie ? Certes, la noble sainte3 – qui vient de s’endormir, à vingt-huit ans, supérieure d’un ordre de Petites-Sœurs des pauvres, fondé par elle, en Provence – n’eût pas été scandalisée d’apprendre le secret physique de sa soudaine vocation : la voyance de son humilité n’en eût pas été troublée un seul instant ; – toutefois, il sera mieux que je n’aie parlé qu’aujourd’hui.
À près d’un kilomètre d’Avignon s’élevait, en 1860, non loin d’atterrages verdoyants, en amont du Rhône, une bicoque isolée, d’aspect sordide ; ajourée, à son unique étage, d’une seule fenêtre à contrevents ferrés, elle s’accusait, bien en vue d’une protectrice caserne de gendarmerie – sise aux confins des faubourgs, sur la route. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Histoires insolites. »
Elën par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Elën
Titre : Elën
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1865
Editeur : BnF
Première page de Elën
« Au sortir de ce bal, nous suivîmes les grèves :
Vers notre toit d’exil, au hasard du chemin,
Nous allions ; une fleur se fanait dans sa main ;
C’était par un minuit d’étoiles et de rêves !…
Dans l’ombre, autour de nous, tombaient des flots foncés
Vers les lointains d’opale et d’or, sur l’Atlantique,
L’outremer épandait sa lumière mystique :
Les algues parfumaient les espaces glacés ;
Les vieux échos sonnaient dans la falaise entière,
Et les nappes de l’onde aux volutes sans frein
Ecumaient lourdement contre les rocs d’airain ;
Sur la dune brillaient les croix d’un cimetière. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Elën. »
Contes cruels par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Contes cruels
Titre : Contes cruels
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1893
Editeur :
Sommaire de Contes cruels
- Les demoiselles de Bienfilâtre
- Véra
- Vox populi
- Deux augures
- L’affichage céleste
- Antonie
- La machine à gloire
- Duke of Portland
- Virginie et Paul
- Le convive des dernières fêtes
- A s’y méprendre
- Impatience de la foule
- Le secret de l’ancienne musique
- Sentimentalisme
- Le plus beau dîner du monde
- Le désir d’être un homme
- Fleurs de ténèbres
- L’appareil pour l’analyse chimique du dernier soupir
- Les brigands
- La reine Ysabeau
- Sombre récit, conteur plus sombre
- L’intersigne
- L’inconnue
- Maryelle
- Le traitement du docteur Tristan
- Conte d’amour
- Souvenirs occultes
- L’Annonciateur
Première page de Les demoiselles de Bienfilâtre
« Pascal nous dit qu’au point de vue des faits, le Bien et le Mal sont une question de « latitude ». En effet, tel acte humain s’appelle crime, ici, bonne action, là-bas, et réciproquement. — Ainsi, en Europe,
l’on chérit, généralement, ses vieux parents ; — en certaines tribus de l’Amérique on leur persuade de monter sur un arbre ; puis on secoue cet arbre. S’ils tombent, le devoir sacré de tout bon fils est, comme autrefois chez les Messéniens, de les assommer sur-le-champ à grands coups de tomahawk, pour leur épargner les soucis de la décrépitude. S’ils trouvent la force de se cramponner à quelque branche, c’est qu’alors ils sont encore bons à la chasse ou à la pêche, et alors on sursoit à leur immolation. Autre exemple : chez les peuples du Nord, on aime à boire le vin, flot rayonnant où dort le cher soleil. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Contes cruels. »
Chez les passants de Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Chez les passants
Titre : Chez les passants
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Sommaire de Chez les passants
- L’étonnant couple Moutonnet
- Une soirée chez Nina de Villard
- Notre Seigneur Jésus-Christ sur les planches
- Souvenir
- Hamlet
- Augusta Holmès
- Lettre sur un livre
- La suggestion devant la loi
- Le réalisme dans la peine de mort
- Le candidat
- Peintures décoratives du foyer de l’Opéra
- La tentation de Saint Antoine
- Le cas extraordinaire de M. Francisque Sarcey
- Le socle de la statue
- La couronne présidentielle
- Au gendre insigne
Première page de L’étonnant couple Moutonnet
« Ce qui cause la réelle félicité amoureuse, chez certains êtres, ce qui fait le secret de leur tendresse, ce qui explique l’union fidèle de certains couples, est, entre toutes choses, un mystère dont le comique terrifierait si l’étonnement permettait de l’analyser. Les bizarreries sensuelles de l’Homme sont une roue de paon, dont les yeux ne s’allument qu’au-dedans de l’âme, et, seul, chacun connaît son désir.
Par une radieuse matinée de mars 1793, le célèbre citoyen Fouquier-Tinville, en son cabinet de travail de la rue des Prouvaires, assis devant sa table, l’œil errant sur maints dossiers, venait de signer la liste d’une fournée de ci-devants dont la suppression devait avoir lieu le lendemain même, entre onze heures et midi. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Chez les passants. »
Axël par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Axël
Titre : Axël
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Première page de Axël
« Le chœur claustral dans la chapelle d’une vieille abbaye.
Au fond, grande fenêtre à vitrail. – À gauche, les quatre rangs des stalles. Elles s’élèvent insensiblement, en hémicycle, contre la haute grille circulaire fermée et voilée de draperies. Au fond, près de la grille, porte basse, aux degrés de pierre, communiquant au cloître.
À droite, faisant face aux stalles, les sept marches et le parvis du maître-autel invisible. – Le tapis se prolonge jusqu’au milieu du chœur, au bord des dalles tumulaires. Sur la deuxième marche, clochette et encensoirs d’or. Plus haut, corbeilles de fleurs. La lampe du sanctuaire éclaire seule l’édifice, entre les grands piliers, chargés d’ex-voto, qui supportent l’abside principale : là, s’élève, sur des ailes, la chaire de marbre blanc. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Axël. »
Akëdysséril par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Akëdysséril
Titre : Akëdysséril
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1885
Editeur : FB Editions
Première page de Akëdysséril
« La ville sainte apparaissait, violette, au fond des brumes d’or : c’était un soir des vieux âges : la mort de l’astre Souryâ, phénix du monde, arrachait des myriades de pierreries aux dômes de Bénarès.
Sur les hauteurs, à l’est occidental, de longues forêts de palmiers-palmyres mouvaient les bleuissements dorés de leurs ombrages sur les vallées du Habad : — à leurs versants opposés s’alternaient, dans les flammes du crépuscule, de mystiques palais séparés par des étendues de roses, aux corolles par milliers ondulantes sous l’étouffante brise. Là, dans ces jardins, s’élançaient des fontaines dont les jets retombaient en gouttes d’une neige couleur de feu. »
Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Akëdysséril. »
Trente et Quarante par Edmond About

Fiche de Trente et Quarante
Titre : Trente et Quarante
Auteur : Edmond About
Date de parution : 1859
Editeur : BnF
Première page de Trente et Quarante
« Lorsqu’on lui présenta les dernières listes de recensement, il y écrivit lui-même, d’une petite écriture sèche et hérissée comme un chaume :
« Jean-Pierre Bitterlin, de Lunéville ; 60 ans d’âge, 35 ans de services effectifs, 11 campagnes, 2 blessures ; capitaine de 1834, chevalier de 1836, retraité en 1847, médaillé de Sainte-Hélène. »
Sa personne courte et compacte semblait roidie par l’habitude du commandement plus encore que par les années. Il n’avait jamais été ce que les couturières appellent un bel homme ; mais en 1858 il lui manquait un millimètre ou deux pour avoir la taille réglementaire du soldat. Tout me porte à croire que son corps s’était tassé peu à peu sur les grandes routes, à force de mettre un pied devant l’autre : une, deux ! Ses pieds étaient courts et ses mains larges. »
Extrait de : E. About. « Trente et Quarante. »