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Le mille et deuxième conte de Schéhérazade par Edgar Allan Poe
Fiche de Le mille et deuxième conte de Schéhérazade
Titre : Le mille et deuxième conte de Schéhérazade
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1845
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le mille et deuxième conte de Schéhérazade
« J’eus dernièrement l’occasion dans le cours de mes recherches Orientales, de consulter le Tellmenow Isitsoornot, ouvrage à peu près aussi inconnu, même en Europe, que le Zohar de Siméon Jochaïdes, et qui, à ma connaissance, n’a jamais été cité par aucun auteur américain, excepté peut-être par l’auteur des Curiosités de la Littérature américaine. En parcourant quelques pages de ce très remarquable ouvrage, je ne fus pas peu étonné d’y découvrir que jusqu’ici le monde littéraire avait été dans la plus étrange erreur touchant la destinée de la fille du vizir, Schéhérazade, telle qu’elle est exposée dans les Nuits Arabes, et que le dénouement, s’il ne manque pas totalement d’exactitude dans ce qu’il raconte, a au moins le grand tort de ne pas aller beaucoup plus loin.
Le lecteur, curieux d’être pleinement informé sur cet intéressant sujet, devra recourir à l’Isitsoornot lui-même ; mais on me pardonnera de donner un sommaire de ce que j’y ai découvert. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le Mille et deuxième conte de Schéhérazade. »
Le masque de la mort rouge par Edgar Allan Poe

Fiche de Le masque de la mort rouge
Titre : Le masque de la mort rouge
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1842
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le masque de la mort rouge
« La Mort Rouge avait pendant longtemps dépeuplé la contrée. Jamais peste ne fut si fatale, si horrible. Son avatar, c’était le sang, – la rougeur et la hideur du sang. C’étaient des douleurs aiguës, un vertige soudain, et puis un suintement abondant par les pores, et la dissolution de l’être. Des taches pourpres sur le corps, et spécialement sur le visage de la victime, la mettaient au ban de l’humanité, et lui fermaient tout secours et toute sympathie. L’invasion, le progrès, le résultat de la maladie, tout cela était l’affaire d’une demi-heure.
Mais le prince Prospero était heureux, et intrépide, et sagace. Quand ses domaines furent à moitié dépeuplés, il convoqua un millier d’amis vigoureux et allègres de coeur, choisis parmi les chevaliers et les dames de sa cour, et se fit avec eux une retraite profonde dans une de ses abbayes fortifiées. C’était un vaste et magnifique bâtiment, une création du prince, d’un goût excentrique et cependant grandiose. Un mur épais et haut lui faisait une ceinture. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le masque de la Mort Rouge. »
Le duc de l’Omelette par Edgar Allan Poe
Fiche de Le duc de l’Omelette
Titre : Le duc de l’Omelette
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1832
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le duc de l’Omelette
« Keats est mort d’une critique. Qui donc mourut de l’Andromaque[1] ? Ames pusillanimes ! De l’Omelette mourut d’un ortolan. L’histoire en est brève[2]. Assiste-moi, Esprit d’Apicius ! Une cage d’or apporta le petit vagabond ailé, indolent, languissant, énamouré, du lointain Pérou, sa demeure, à la Chaussée d’Antin. De la part de sa royale maîtresse la Bellissima, six Pairs de l’Empire apportèrent au duc de l’Omelette l’heureux oiseau. Ce soir-là, le duc va souper seul. Dans le secret de son cabinet, il repose languissamment sur cette ottomane pour laquelle il a sacrifié sa loyauté en enchérissant sur son roi, – la fameuse ottomane de Cadet. Il ensevelit sa tête dans le coussin. L’horloge sonne ! Incapable de réprimer ses sentiments, Sa Grâce avale une olive. Au même moment, la porte s’ouvre doucement au son d’une suave musique, et !… le plus délicat des oiseaux se trouve en face du plus énamouré des hommes ! Mais quel malaise inexprimable jette soudain son ombre sur le visage du Duc ? – « Horreur ! – Chien ! Baptiste ! – l’oiseau ! ah, bon Dieu ! cet oiseau modeste que tu as déshabillé de ses plumes, et que tu as servi sans papier ! » Inutile d’en dire davantage – Le Duc expire dans le paroxysme du dégoût…. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le Duc de l’Omelette. »
Le domaine d’Arnheim par Edgar Allan Poe

Fiche de Le domaine d’Arnheim
Titre : Le domaine d’Arnheim
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1847
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le domaine d’Arnheim
« Depuis son berceau jusqu’à son tombeau, mon ami Ellison fut toujours poussé par une brise de prospérité. Et je ne me sers pas ici du mot prospérité dans son sens purement mondain. Je l’emploie comme synonyme de bonheur. La personne dont je parle semblait avoir été créée pour symboliser les doctrines de Turgot, de Price, de Priestley et de Condorcet, pour fournir un exemple individuel de ce que l’on a appelé la chimère des perfectionnistes. Dans la brève existence d’Ellison, il me semble que je vois une réfutation du dogme qui prétend que dans la nature même de l’homme gît un principe mystérieux, ennemi du bonheur. Un examen minutieux de sa carrière m’a fait comprendre que la misère de l’espèce humaine naît, en général, de la violation de quelques simples lois d’humanité ; que nous avons en notre possession, en tant qu’espèce, des éléments de contentement non encore mis en oeuvre, et que même maintenant, dans les présentes ténèbres et l’état délirant de la pensée humaine sur la grande question des conditions sociales, il ne serait pas impossible que l’homme, en tant qu’individu, pût être heureux dans de certaines circonstances insolites et remarquablement fortuites. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le domaine d’Arnheim. »
Le diable dans le beffroi par Edgar Allan Poe

Fiche de Le diable dans le beffroi
Titre : Le diable dans le beffroi
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1839
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le diable dans le beffroi
« Chacun sait d’une manière vague que le plus bel endroit du monde est – ou était, hélas ! – le bourg hollandais de Vondervotteimittiss. Cependant, comme il est à quelque distance de toutes les grandes routes, dans une situation pour ainsi dire extraordinaire, il n’y a peut-être qu’un petit nombre de mes lecteurs qui lui aient rendu visite. Pour l’agrément de ceux qui n’ont pu le faire, je juge donc à propos d’entrer dans quelques détails à son sujet. Et c’est en vérité d’autant plus nécessaire que, si je me propose de donner un récit des événements calamiteux qui ont fondu tout récemment sur son territoire, c’est avec l’espoir de conquérir à ses habitants la sympathie publique. Aucun de ceux qui me connaissent ne doutera que le devoir que je m’impose ne soit exécuté avec tout ce que j’y peux mettre d’habileté, avec cette impartialité rigoureuse, cette scrupuleuse vérification des faits et cette laborieuse collaboration des autorités qui doivent toujours distinguer celui qui aspire au titre d’historien. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le diable dans le beffroi. »
Le démon de la perversité par Edgar Allan Poe

Fiche de Le démon de la perversité
Titre : Le démon de la perversité
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1845
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le démon de la perversité
« Dans l’examen des facultés et des penchants, – des mobiles primordiaux de l’âme humaine, – les phrénologistes ont oublié de faire une part à une tendance qui, bien qu’existant visiblement comme sentiment primitif, radical, irréductible, a été également omise par tous les moralistes qui les ont précédés. Dans la parfaite infatuation de notre raison, nous l’avons tous omise. Nous avons permis que son existence échappât à notre vue, uniquement par manque de croyance, de foi, – que ce soit la foi dans la Révélation ou la foi dans la Cabale. L’idée ne nous en est jamais venue, simplement à cause de sa qualité surérogatoire. Nous n’avons pas senti le besoin de constater cette impulsion, – cette tendance. Nous ne pouvions pas en concevoir la nécessité. Nous ne pouvions pas saisir la notion de ce primum mobile, et, quand même elle se serait introduite de force en nous, nous n’aurions jamais pu comprendre quel rôle il jouait dans l’économie des choses humaines, temporelles ou éternelles. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le démon de la perversité. »
Le cottage Landor par Edgar Allan Poe

Fiche de Le cottage Landor
Titre : Le cottage Landor
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1849
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le cottage Landor
« Pendant un voyage à pied que je fis l’été dernier, à travers un ou deux des comtés riverains de New York, je me trouvai, à la tombée du jour, passablement intrigué relativement à la route que je suivais. Le sol était singulièrement ondulé ; et, depuis une heure, le chemin, comme s’il voulait se maintenir à l’intérieur des vallées, décrivait des sinuosités si compliquées, qu’il m’était actuellement impossible de deviner dans quelle direction était situé le joli village de B…, où j’avais décidé de passer la nuit. Le soleil avait à peine brillé, strictement parlant, pendant la journée, qui pourtant avait été cruellement chaude. Un brouillard fumeux, ressemblant à celui de l’été indien, enveloppait toutes choses et ajoutait naturellement à mon incertitude. À vrai dire, je ne m’inquiétais pas beaucoup de la question. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le cottage Landor. »
Le corbeau par Edgar Allan Poe (S. Mallarmé)
Fiche de Le corbeau
Titre : Le corbeau
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1843
Traduction : S. Mallarmé
Editeur : Ebooksgratuits
Première page de Le corbeau
« Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié – tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque : soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre – cela seul et rien de plus.
Ah ! distinctement je me souviens que c’était en le glacial Décembre : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour – vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin – au chagrin de la Lénore perdue – de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore : – de nom pour elle ici, non, jamais plus ! »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le Corbeau (S. Mallarmé). »
Le coeur révélateur par Edgar Allan Poe

Fiche de Le coeur révélateur
Titre : Le coeur révélateur
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1843
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Le coeur révélateur
« Vrai ! – je suis très nerveux, épouvantablement nerveux, – je l’ai toujours été ; mais pourquoi prétendez-vous que je suis fou ? La maladie a aiguisé mes sens, – elle ne les a pas détruits, – elle ne les a pas émoussés. Plus que tous les autres, j’avais le sens de l’ouïe très fin. J’ai entendu toutes choses du ciel et de la terre. J’ai entendu bien des choses de l’enfer. Comment donc suis-je fou ? Attention ! Et observez avec quelle santé, – avec quel calme je puis vous raconter toute l’histoire.
Il est impossible de dire comment l’idée entra primitivement dans ma cervelle ; mais, une fois conçue, elle me hanta nuit et jour. D’objet, il n’y en avait pas. La passion n’y était pour rien. J’aimais le vieux bonhomme. Il ne m’avait jamais fait de mal. Il ne m’avait jamais insulté. De son or je n’avais aucune envie. Je crois que c’était son oeil ! oui, c’était cela ! Un de ses yeux ressemblait à celui d’un vautour, – un oeil bleu pâle, avec une taie dessus. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le cœur révélateur. »
Le chat noir par Edgar Allan Poe

Fiche de Le chat noir
Titre : Le chat noir
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1843
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Feedbooks
Première page de Le chat noir
« Relativement à la très-étrange et pourtant très-familière histoire que je vais coucher par écrit, je n’attends ni ne sollicite la créance. Vraiment, je serais fou de m’y attendre, dans un cas où mes sens eux-mêmes rejettent leur propre témoignage. Cependant, je ne suis pas fou, – et très-certainement je ne rêve pas. Mais demain je meurs, et aujourd’hui je voudrais décharger mon âme. Mon dessein immédiat est de placer devant le monde, clairement, succinctement et sans commentaires, une série de simples événements domestiques. Dans leurs conséquences, ces événements m’ont terrifié, – m’ont torturé, – m’ont anéanti. – Cependant, je n’essaierai pas de les élucider. Pour moi, ils ne m’ont guère présenté que de l’horreur ; – à beaucoup de personnes ils paraîtront moins terribles que baroques. Plus tard peut-être il se trouvera une intelligence qui réduira mon fantôme à l’état de lieu commun, – quelque intelligence plus calme, plus logique, et beaucoup moins excitable que la mienne, qui ne trouvera dans les circonstances que je raconte avec terreur qu’une succession ordinaire de causes et d’effets très-naturels. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Le Chat noir. »