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Les oiseaux lents par Ian Watson

Fiche de Les oiseaux lents
Titre : Les oiseaux lents
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Denoël
Sommaire de Les oiseaux lents
- Les oiseaux lents
- L’élargissement du monde
- Les socquettes blanches
- Le conférencier fantôme
- Maîtresse du froid
- Dans le miroir de la Terre
- Croisière
- L’univers sur le retour
- La chair et ses poils
- Le mariage mystique de Salomé
- La révolution du Bloomsday
Première page de Les oiseaux lents
« Ce 1er Mai, c’était au tour de Tuckerton d’accueillir le festival de patin à voile.
En fin de matinée, après que les arbitres furent allés sur le verre baliser le circuit avec des fanions rouges, des cumulus envahirent le ciel, promesses de conditions idéales pour la compétition qui aurait lieu dans l’après-midi. Pas de pluie ; on éviterait les trois centimètres d’eau qui avaient noyé le verre à Atherton l’an dernier. Pas de reflet aveuglant pour étourdir les spectateurs comme à Buckby l’année d’avant. Et la brise vivifiante, qui ne menaçait pas de forcir, gonflerait les voiles des concurrents sans les culbuter, contrairement à ce qui s’était passé à Edgewood où, voici quatre ans, on avait déploré deux chevilles cassées et bon nombre de bleus.
Après la course on rôtirait un cochon, ou plutôt les fruits succulents qui l’accompagnaient, puisque l’animal tournait lentement sur sa broche depuis un jour et demi. On mettrait en perce des tonnelets d’Old Codger Ale. Mais pour l’heure, Jason Babbidge ne se souciait que de ses patins à verre et de la voile à main jaune crocus qu’il entendait vérifier. »
Extrait de : I. Watson. « Les oiseaux lents. »
Le voyage de Tchekhov par Ian Watson

Fiche de Le voyage de Tchekhov
Titre : Le voyage de Tchekhov
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1983
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Denoël
Première page de Le voyage de Tchekhov
« Anton se pelotonna dans sa veste en peau de mouton sous son imperméable en cuir de style militaire. Tandis que le boghei traversait en cahotant la nuit sibérienne, il contemplait, engourdi, les derniers restes d’herbe de l’année précédente qui brûlaient sur les champs gelés.
Des langues de feu tissaient sur le sol un entrelacs d’or et de rouge qui éclairait parfois vaguement un bosquet de bouleaux. La nuit néanmoins absorbait aussitôt toute chaleur. La route était gelée, dure comme fer. La parcourir donnait parfois l’impression de rouler sur un alignement d’armures étalées côte à côte.
Depuis combien de temps voyageaient-ils ? Était-ce cinq heures ? Huit ? Les chevaux progressaient, telles de stupides machines, et Volodya, le cocher, était depuis longtemps tombé en catalepsie. Mais Anton n’avait pas encore pris le coup pour parvenir à dormir à travers ce genre d’épreuve. »
Extrait de : I. Watson. « Le voyage de Tchekhov. »
Le monde divin par Ian Watson

Fiche de Le monde divin
Titre : Le monde divin
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Bakhtadzé
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le monde divin
« CETTE fois, pour faire l’amour, nous découvrons le hublot. Les lumières sont éteintes et nous flottons dans le pâle crépuscule qui a envahi la cabine. Baisers. Caresses.
Dehors, le Haut Espace : un océan de lueurs incertaines, où s’épanouissent et meurent d’imprévisibles volutes brillantes. On pourrait croire aux images distordues d’étoiles aperçues à travers le kaléidoscope du Haut Espace. Mais les instruments du vaisseau n’enregistrent pas la présence d’étoiles. Ce doivent être plutôt les reflets fantomatiques du vaisseau lui-même, d’informes échos de nous-mêmes se répétant à l’infini aux frontières de l’espace normal d’où nous venons et qui nous rappelle.
Ce ne sont peut-être que des atomes détachés de la coque, des particules qui vont s’éparpiller aux confins du Haut Espace ; agglomérées dans notre sillage en monticules de matière solide, elles retournent cascader dans l’hydrogène interstellaire.
« Si loin de la terre, et si proches l’un de l’autre », murmure Peter. »
Extrait de : I. Watson. « Le monde divin. »
Planète à six-coups par John Jakes

Fiche de Planète à six-coups
Titre : Planète à six-coups
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1970
Traduction : A. Zribi
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Planète à six-coups
« La lune était couchée. Ce fut la première chose que remarqua, confusément, Zak Randolf, quand il fut réveillé par un bruit insolite dans le silence de la nuit.
S’étant mis sur son séant, il agita les pieds et poussa quelques ruades de manière à dégager ses jambes bottées entortillées au fond du sac de couchage. Il pouvait maintenant agir vite si nécessaire. Et cela pourrait bien l’être. L’air de la nuit lui picotait l’intérieur des narines et des oreilles.
Il souleva légèrement la fesse droite pour tirer de sous lui son étui à revolver, se remit d’aplomb, rattacha la lanière autour de sa jambe droite. À présent, la crosse de son six-coups émergeait à l’air libre. Toute cette fichue panoplie l’encombrait, le mettait mal à l’aise. Mais il l’avait au moins à portée de la main.
Quelque chose bougeait là-bas, dans les ténèbres. Il discerna les bruits de sabots de plusieurs poneys. Peut-être bien une demi-douzaine. La distance ? Impossible à déterminer, quoique le vent soufflât dans sa direction. »
Extrait de : J. Jakes. « Planète à six coups. »
Le ciel et l’enfer par John Jakes
Fiche de Le ciel et l’enfer
Titre : Le ciel et l’enfer (Tome 3 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1987
Traduction : J. Martinache
Editeur : France Loisirs
Première page de Le ciel et l’enfer
« La pluie tomba sur Washington toute la nuit. Peu avant l’aube du 23 mai, un mardi, George Hazard s’éveilla dans sa suite de l’hôtel Willard, posa la main sur l’épaule chaude de sa femme, Constance, écouta.
Il ne pleuvait plus.
C’était de bon augure en ce jour de fête marquant le début d’une nouvelle ère, une ère de paix, au sein d’une Union préservée.
Alors pourquoi pressentait-il un malheur imminent ?
Il se leva, sortit furtivement de la chambre, la chemise de nuit en flanelle flottant autour de ses mollets poilus. Âgé de quarante et un ans, c’était un homme robuste, aux épaules puissantes, que ses camarades de West Point avaient surnommé Stump à cause de sa corpulence et de sa taille inférieure à la moyenne. Ses cheveux bruns grisonnaient, tout comme la barbe bien taillée qu’il continuait à porter, comme beaucoup d’autres, pour montrer qu’il avait servi dans l’armée. »
Extrait de : J. Jakes. « Le Ciel et l’Enfer – Nord et Sud. »
Guerre et passion par John Jakes

Fiche de Guerre et passion
Titre : Guerre et passion (Tome 2 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1986
Traduction : J. Martinache
Editeur : France Loisirs
Première page de Guerre et passion
« Le feu prit une heure avant minuit, le dernier jour d’avril, et le tocsin lointain des cloches d’incendie réveilla George Hazard. Il descendit en trébuchant le couloir obscur, monta à la tour de la grande maison, sortit sur le balcon étroit. Un vent chaud et fort attisait le brasier. De son perchoir, dominant la petite ville de Lehig Station, il reconnut la bâtisse en flammes – la dernière de quelque importance dans le quartier miteux proche du canal.
Il redescendit quatre à quatre à sa chambre faiblement éclairée, prit des vêtements au hasard en ne leur accordant qu’un vague coup d’œil. Il s’efforça de s’habiller en silence mais réveilla sa femme, Constance. Elle s’était endormie en lisant les Écritures saintes – non dans sa propre bible mais dans une de celles de la famille Hazard. Depuis la chute de Fort Sumter et le début de la guerre, Constance passait plus de temps que d’habitude à lire la Bible. »
Extrait de : J. Jakes. « Guerre et Passion – Nord et Sud. »
Nord et Sud par John Jakes

Fiche de Nord et Sud
Titre : Nord et Sud (Tome 1 sur 3 – Nord et Sud)
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1980
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : France Loisirs
Première page de Nord et Sud
« 1686 : Le garçon du charbonnier
— Il est grand temps que le gosse prenne mon nom, déclara Windom après le souper.
C’était pour lui une obsession, qui revenait quand il avait bu. Près du maigre feu, la mère du gamin, Bess Windom, referma la Bible sur ses genoux. Comme tous les soirs, elle lisait. En regardant remuer ses lèvres, Joe, son fils, observait sa lente progression. Quand Windom lança sa réflexion, elle savourait son verset favori du cinquième chapitre de Saint Matthieu : « Heureux les persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. »
Joe Moffat, assis, adossé à un coin de la cheminée, taillait un petit bateau de bois. Il avait douze ans, la charpente trapue de sa mère, de larges épaules, des cheveux châtain clair et des yeux d’un bleu si pâle qu’ils paraissaient parfois incolores. »
Extrait de : J. Jakes. « Nord et Sud. »
Le modèle Jonas par Ian Watson

Fiche de Le modèle Jonas
Titre : Le modèle Jonas
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1975
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le modèle Jonas
« IL fend les eaux au-dessus d’une chaîne de montagnes. Les sommets en dos-d’âne surgissent brutalement des abysses bourbeux, jalonnant un dédale de gorges sinistres dont chacune abrite peut-être un de ces gigantesques Dix-Bras rusés, aux ventouses meurtrières et aux membres d’acier.
Pourquoi cette allusion à l’acier ?
Lisse et rigide, l’Acier renferme des cavités comme celles qui abritent les intestins, l’estomac, les poumons ; mais là s’arrête le parallèle puisque ces poches vides ne répondent par aucune modification de forme au milieu environnant.
L’Acier n’a aucun rapport avec un Dix-Bras… à moins qu’il en existe une espèce déformable, susceptible de se lover et de se tordre ; mais en tout cas, lui n’en avait encore jamais rencontré ! Résistant comme l’acier est une… métaphore. Une approche de la réalité.
Approche plutôt vague et faussée, d’ailleurs. »
Extrait de : I. Watson. « Le modèle Jonas. »
La mort en cage par Ian Watson

Fiche de La mort en cage
Titre : La mort en cage
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Calmann Lévy
Première page de La mort en cage
« L’unique voiture du monorail de Gracchus laissa brusquement derrière elle l’obscurité du dernier tunnel et fut nimbée par la clarté chaude et dorée de la vallée. Jim Todhunter découvrait Egremont et ce qu’il voyait le comblait de bonheur.
La vallée et la communauté qui y vivait paraissaient aussi idylliques que le voulait leur réputation. Et si Jim regrettait Gracchus et les recherches sur la mort qu’il avait effectuées dans cette ville, il ne pouvait considérer le fait d’être muté à Egremont comme une sanction. Un tel transfert évoquait plutôt un prix de consolation.
Jim déplia la carte que Noël Resnick, le Maître du Mouroir d’Egremont, lui avait fait parvenir juste avant son départ. Pendant que le monorail descendait en soupirant vers les faubourgs, il tenta de faire correspondre les tracés de ce plan avec les détails de la scène qui s’offrait à lui. »
Extrait de : I. Watson. « La Mort en cage. »
L’inca de Mars par Ian Watson

Fiche de L’inca de Mars
Titre : L’inca de Mars
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : D. Neumann
Editeur : Calmann Lévy
Première page de L’inca de Mars
« A trente mille kilomètres de la terre, la sonde Zayits fonçait pour effectuer sa rentrée dans l’atmosphère. Le robot « Lièvre » allait se poser en douceur sur les champs de neige du Kazakhstan. Ses parachutes de freinage s’ouvriraient à six mille mètres. A quatre mille mètres, le parachute principal, de couleur orange, s’ouvrirait à son tour. Sa corolle déployée trancherait sur la neige, qui, bien que le plus fort de l’hiver fût déjà passé, recouvrait encore le sol russe d’un duvet blanc et craquant.
Du flanc du robot « Lièvre » fusa un léger panache d’oxygène et de minuscules débris de métal. Au centre de contrôle de Tyuratam les observateurs aux télémètres, désespérés, annoncèrent l’échec de la dernière et principale correction de trajectoire. Le « Lièvre » était blessé. Ils n’avaient aucun moyen de redresser la course du vaisseau. Ironie du sort : l’angle de plongée était resté le même. L’engin pouvait toujours effectuer sa rentrée dans l’atmosphère sans être totalement carbonisé. Pourtant le « Lièvre » fonçait vers une zone de l’atmosphère à quelques degrés au sud de l’Équateur et se trompait de pays.
Le parachute principal devait toujours s’ouvrir automatiquement à quatre mille mètres. Mais les Andes culminaient plus haut. Et le haut plateau habité – l’Altiplano bolivien – qu’elles entourent s’élève à cette hauteur, dans l’air raréfié, comme un faubourg de l’espace… »
Extrait de : I. Watson. « L’Inca De Mars. »