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Martyre de Reine par Paul Féval

Fiche de Martyre de Reine

Titre : Martyre de Reine (Tome 2 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Martyre de Reine

« APRÈS LE LION, LE SERPENT

Sous la garde bienveillante et discrète du lieutenant d’Artagnan, la duchesse de Chevreuse s’acheminait sur Saint-Germain-en-Laye.
L’amie d’Aramis portait encore son costume de cavalier, le vêtement sombre de M. Bernard.
Depuis leur départ de Berny, sa prisonnière n’avait plus desserré les lèvres. Il la sentait absorbée par une préoccupation secrète, à laquelle il ne devait pas être étranger, car certains regards, jetés à la dérobée, de son côté, par Mme de Chevreuse n’avaient pas échappé à son œil perspicace.
L’attention de d’Artagnan avait été mise en éveil par deux petits faits. D’abord, il avait surpris la duchesse déchirant un papier (le billet de Mazarin), dont la lecture paraissait lui causer une vive émotion. Puis, il l’avait vue se baisser devant le foyer éteint et s’approcher d’un des pylônes de la porte pour tracer au charbon, sur la muraille, des signes mystérieux. »

Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 2 – Martyre de la Reine. »

Le chevalier mystère par Paul Féval

Fiche de Le chevalier mystère

Titre : Le chevalier mystère (Tome 1 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Le chevalier mystère

« UN NEZ DE… GENTILHOMME

Un matin d’avril de l’an 1641 – le roi Louis Treizième portant la couronne des lys, et Armand Duplessis, Cardinal-Duc de Richelieu tenant le sceptre – les gardes de faction à la Capitainerie du Louvre virent déboucher du quai de l’École un jeune homme, à l’allure militaire, qui se dirigeait de leur côté d’un pas rapide et dégagé.
Le nouvel arrivant portait le pourpoint à collet de buffle, traversé d’un baudrier de cuir, les grandes bottes passant le genou et le haut chapeau à bord relevé piqué d’une seule tête de plume, qui formaient la tenue de campagne des soldats de l’armée des Flandres. Une longue et fine rapière à coquille ronde, suspendue à son baudrier, complétait cet accoutrement martial.
Arrivé près des factionnaires, il porta la main au bord de son feutre en guise de salut et interpella cavalièrement en ces termes :
— Holà ! camarade ! pouvez-vous me dire si M. de Guitaut est au Palais ? »

Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 1 – Le Chevalier Mystère. »

Coeur d’amour – l’intégrale par Paul Féval

Fiche de Coeur d’amour

Titre : Coeur d’amour – l’intégrale
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1923-1925
Editeur : Ebooks gratuits

Sommaire de Coeur d’amour

  • Les mignons du roi
  • La trinité diabolique
  • L’homme au visage volé
  • L’éborgnade

Première page de Les mignons du roi

« LE CHEVALIER D’ESCORTE

Le 30 mars 1577, vers les six heures du soir, la route qui conduisait alors de l’ermitage de Meudon à Paris, en passant par le village de Vaugirard, était suivie par trois groupes de voyageurs qui semblaient n’avoir entre eux aucun lien.
Le premier de ces groupes se composait de quatre personnes à cheval ainsi disposées : en tête un vieil écuyer, au milieu deux dames, en queue une suivante.
Comme celles dont il conduisait la marche, l’écuyer Cortansio, – un homme de soixante ans d’âge, pour le moins, – était couvert du haut en bas d’une épaisse couche de poussière, preuve que le voyage, s’il touchait à son terme, avait été commencé depuis de nombreux jours.
Des deux dames allant côte à côte derrière ce peu redoutable défenseur, l’une se tenait droite et imposante sur sa selle, rehaussant encore, s’il est possible, la majesté d’un buste aux admirables proportions ; l’autre, sans être plus petite, n’avait pas le même port altier.
C’était Mme la marquise de Villeneuve-Marsan et sa fille Solange. »

Extrait de : P. Féval. « Cœur d’amour – l’intégrale. »

Le règne du gorille par Lyon Sprague de camp et P. Schuyler Miller

Fiche de Le règne du gorille

Titre : Le règne du gorille
Auteur : Lyon Sprague de Camp et P. Schuyler Miller
Date de parution : 1941
Traduction : J. Sellers
Editeur : Le rayon fantastique

Première page de Le règne du gorille

« HENLEY BRIDGER s’éveilla. À proximité de ses oreilles, des pierres tombaient avec un fracas de tonnerre sur une surface métallique. Au bout d’un moment, le bruit diminua ; il n’y eut plus qu’un petit ruissellement de gravier, puis le silence.
Le maigre chimiste était étendu, les yeux fermés. Ses idées n’étaient pas encore très claires, mais il reniflait vaguement une insolite odeur de moisi. Il était couché sur le dos, le bras droit replié sous le corps ; quelque chose de mou pesait lourdement sur ses cuisses. Il ouvrit les yeux. Il faisait sombre, mais pas autant qu’il l’aurait cru ; et il vit qu’il était étendu entre une cloison métallique incurvée, et une espèce de scie d’acier qui lui labourait les côtes.
Il voulut bouger son bras droit. Impossible. Il tenta alors de se lever, mais retomba instantanément sur sa couche de métal avec un petit grognement de douleur. Il attendit quelques minutes, puis se souleva avec précaution sur son coude valide, et réussit à dégager son bras. »

Extrait de : L. Sprague de camp. « Le règne du gorille. »

Trois ombres sur Paris par H. J. Magog

Fiche de Trois ombres sur Paris

Titre : Trois ombres sur Paris
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1928
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Trois ombres sur Paris

« L’HOMME DE LA SOIRÉE

— Lequel est-ce ?

— Le vieux souriant, complètement rasé, avec des cheveux blancs… Le voyez-vous ?

— Mal. Il est si entouré !

— Accaparé ! Réellement, on aurait dû nous délivrer des « coupe-file ».

— Il y a des gens d’une taille excessive… Pardon, monsieur, je désirerais jeter un coup d’œil… Ah !…

— Vous l’apercevez ?

— Superbe !

— Une belle tête de savant.

— Infiniment de charme et de dignité.

— Infiniment. »

Extrait de : H.J Magog. « Trois Ombres sur Paris. »

Les buveurs d’océan par H. J. Magog

Fiche de Les buveurs d’océan

Titre : Les buveurs d’océan
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1922
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Les buveurs d’océan

« DEUX REFUS À UNE SEULE DEMANDE
— Si je comprends bien, c’est une demande en mariage que vous m’adressez ?
— Exactement, monsieur le marquis. J’ai l’honneur de solliciter la main de Mlle Suzanne de Glandèves, votre fille.
— Mille regrets, cher monsieur. Mais… ma fille est vouée au blanc.
Ces mots – dont le lecteur va comprendre l’ironie – tombaient des lèvres hautaines d’un gentilhomme grisonnant et dédaigneux, sur un petit homme jaune, aux yeux bridés derrière les cercles d’écaille de ses lunettes. Il les accueillit avec une impassibilité toute japonaise.
— C’est une allusion à ma couleur ? demanda-t-il tranquillement.
— Excusez ce mauvais jeu de mots… qui d’ailleurs exprime à merveille le caractère définitif de ma résolution. J’ai voulu dire que ma fille n’épousera qu’un Européen.
Une flamme jaillit des yeux du petit Japonais. »

Extrait de : H.J Magog. « Les Buveurs d’océan. »

Le testament du fantôme par H. J. Magog

Fiche de Le testament du fantôme

Titre : Le testament du fantôme
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le testament du fantôme

« Debout derrière les rideaux de sa fenêtre, le détective Paddy Wellgone observait une jeune fille blonde, qui s’avançait avec hésitation sur le trottoir d’en face, en étudiant les numéros des maisons.

— Une visite pour moi ! pronostiqua-t-il.

En effet, arrivée à la hauteur de son immeuble, la jeune inconnue se décidait à traverser.

Elle cessa d’être en vue ; mais le détective n’en quitta pas pour cela son poste d’observation ; il surveillait le manège de deux individus, en apparence étrangers l’un à l’autre et qui venaient à quelques mètres derrière la jeune fille. Ni l’un ni l’autre ne dépassèrent l’endroit où elle avait traversé : le premier s’installa à la terrasse d’un petit café ; le second s’en fut se poster sur l’autre trottoir en contemplation devant une devanture voisine de l’entrée du détective.

— On la suit ! remarqua celui-ci. Bon ! je pense que je puis sans inconvénient perdre de vue ces deux messieurs. Je suis bien certain de les retrouver tout à l’heure quand cette jeune fille me quittera. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Testament du Fantôme. »

Le sosie du président par H. J. Magog

Fiche de Le sosie du président

Titre : Le sosie du président
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1944
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le sosie du président

« Ce taxi flânait. Cela ne voulait pas dire que le monsieur préoccupé, qui avançait hors de la portière un grand nez impatient, ne fût point pressé. C’était plutôt que le chauffeur cherchait la porte devant laquelle il devait s’arrêter. Roulant aussi doucement qu’un express aux abords des butoirs, il inspectait les façades des hauts immeubles récemment poussés dans le Faubourg Saint-Jacques. Et les deux grands yeux gris du client rasé cherchaient aussi.

— Stop ! C’est ici, cria-t-il soudain.

Ouvrant la portière avec une brusquerie qui n’indiquait certes pas un irrésolu, il sauta sur le trottoir. Il tenait une petite valise à la main.

Grand et demeuré mince, souple et vigoureux, s’il avait dépassé la trentaine ce ne pouvait être que de bien peu d’années. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Sosie du Président. »

Le masque d’or par H. J. Magog

Fiche de Le masque d’or

Titre : Le masque d’or
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le masque d’or

« UN DRAME DANS L’OMBRE

— Rien ne va plus ! cria le croupier, l’œil fixé sur les mises.

Très froid, en apparence, Jimmy Brooks s’éloigna de la table où sévissait la roulette.

— Rien ne va plus ! se répéta-t-il à lui-même. Cela résume admirablement ma situation. Je suis décavé, moi, Jimmy Brooks !… C’est drôle !

Très drôle, en effet.

Après s’être fait plumer par les aigrefins de d’Hôtel de Transylvanie, le brave Lescaut devait éprouver des impressions à peu près semblables. Car, si Jimmy Brooks n’était pas un professionnel du jeu – quel métier n’avait-il pas fait, pourtant, cet écumeur de la société, tour à tour acteur sans génie, ventriloque, prestidigitateur, magnétiseur et, surtout, aventurier et escroc de haut vol ! – si donc Brooks ne tirait pas uniquement ses ressources de la Dame de Pique, il ne dédaignait pas à l’occasion de faire sauter la coupe.

Alors, pourquoi être venu tenter la fortune à Monte-Carlo, où on ne peut tricher ? S’en remettre à la chance, lui ! Il venait de le dire : c’était infiniment drôle. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Masque d’Or. »

Le masque aux yeux rouges par H. J. Magog

Fiche de Le masque aux yeux rouges

Titre : Le masque aux yeux rouges
Auteur : H. J. Magog
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le masque aux yeux rouges

« Ce matin-là à dix heures trente – heure vraiment ridicule – James Oldsilver – le beau James, comme le nommaient les enthousiastes de l’écran – fit une entrée aussi gauche que grotesque dans le boudoir de miss Perle Rose.

Or, si quelqu’un devait savoir se présenter avec aisance, c’était certainement le plus jeune milliardaire de Chicago devenu, depuis tantôt un an, par un caprice inexplicable, une des gloires du Cinéma, dont miss Perle était l’incontestable reine.

Contre toute vraisemblance, l’actrice se trouvait déjà dans son boudoir, le cinéma lui ayant appris à se lever de bonne heure. James Oldsilver trébucha, pivota sur lui-même comme ébloui et demeura planté au milieu de la pièce, foudroyant de regards farouches un innocent fauteuil, qui contenait, frileusement pelotonnée, la plus mignonne, la plus exquise des blondes. »

Extrait de : H.J Magog. « Le Masque aux yeux rouges. »