Étiquette : Marion des Pierre
La captive de l’hiver par Serge Brussolo
Fiche de La captive de l’hiver
Titre : La captive de l’hiver (Tome 2 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche
Première page de La captive de l’hiver
« Le pressentiment l’avait assaillie tout l’après-midi, lui coupant parfois la respiration. Elle ne savait d’où venait cette peur étrange, cet étouffement qui lui avait fait, à plusieurs reprises, rejeter la tête en arrière pour aspirer un surplus d’air.
Il y avait eu des signes néfastes, depuis le matin. Trois corbeaux perchés sur la statue du saint patron de l’ordre, dans la cour de l’abbaye. Trois corbeaux curieusement sûrs d’eux, et que rien n’avait effrayés, ni les claquements de paumes, ni les cailloux lancés par les frères convers. Indifférents aux menaces, ils étaient restés là, hostiles, entêtés, couvant la population du moutier d’un œil ironique qui semblait dire : « Vous ne savez pas ce qui vous attend ! »
Leur présence avait d’abord agacé, puis inquiété. Marion, elle-même, avait à plusieurs reprises interrompu sa tâche pour regarder par-dessus son épaule. Chaque fois, elle espérait que les sinistres volatiles auraient disparu, chaque fois elle avait été déçue. Au bout d’un moment, elle avait même eu l’impression que les corbeaux la regardaient, elle, tout particulièrement. Étaient-ils venus là pour la surveiller ? Mais pourquoi ?
C’était absurde. »
Extrait de : S. Brussolo. « La Captive de l’Hiver – Marion des Pierre. »
Pèlerins des ténèbres par Serge Brussolo

Fiche de Pèlerins des ténèbres
Titre : Pèlerins des ténèbres (Tome 1 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche
Première page de Pèlerins des ténèbres
« Frère Guillaume fuyait dans la nuit, et l’enfer tout entier courait sur ses talons.
Depuis une semaine qu’il errait dans la montagne, vivant comme une bête aux abois, il avait déchiré son froc de bure et allait presque nu, le corps couvert d’estafilades.
Il dormait le jour et se mettait en marche dès le coucher du soleil, car il aurait été trop dangereux pour lui de s’abandonner au sommeil à l’heure où le Malin règne en maître et s’insinue dans les rêves. Les légions du diable étaient à ses trousses. On ne voulait pas qu’il puisse dire ce qu’il avait vu, là-bas, au-delà des défilés, au bout du labyrinthe des chemins tortueux serpentant à flanc d’abîme. Il était le dernier témoin, le survivant. Il avait contemplé l’horreur… et il avait eu la chance de pouvoir s’échapper. Hélas, les démons avaient retrouvé sa trace, depuis ils ne le lâchaient plus et le traquaient sans relâche, meute infatigable qui prenait la piste dès que la lune hissait son disque farineux dans le ciel obscurci. Jusque-là, frère Guillaume avait réussi à leur glisser entre les griffes, mais cela ne durerait pas, car l’épuisement le gagnait. »
Extrait de : S. Brussolo. « Pèlerins des ténèbres – Marion des Pierre. »