Étiquette : ORGA
Les clans de l’étang vert par Adam Saint-Moore
Fiche de Les clans de l’étang vert
Titre : Les clans de l’étang vert (Tome 9 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les clans de l’étang vert
« Athyr se demandait quel était l’âge de la Grande Forêt. Depuis qu’elle pénétrait dans ses profondeurs, avec les hommes du clan, et que son immensité paraissait sans limites, elle s’interrogeait sur ses origines. Avait-elle commencé à croître dès les temps primordiaux ? Ou bien avait-elle surgi sur les décombres, après la Grande Désolation, quand la Terre avait été ravagée par la folie des hommes ?
L’ORGA, la Grande Organisation universelle, n’aimait pas les forêts. Elle les avait supprimées à chaque fois qu’elle l’avait pu. La Planification donnait la terre aux Fermes d’État, et district par district, les zones sylvestres avaient disparu, laissant la place aux champs et aux rizières. Le grand État rationnel savait que les rebelles et les déviants vont toujours se cacher dans les ombres et les labyrinthes des forêts, où l’ordre ne pénètre pas. Et les Matriarches, responsables de la loi, savaient que toutes les vieilles magies, les rêves et les puissances irrationnelles, se réfugient et prennent force dans le silence et la lumière tamisée de ses clairières. C’est pourquoi elles avaient fait abattre, impitoyablement, toutes les zones forestières, là où elles l’avaient pu. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Les clans de l’étang vert – ORGA. »
Les ombres de la mégapole par Adam Saint-Moore

Fiche de Les ombres de la mégapole
Titre : Les ombres de la mégapole (Tome 8 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les ombres de la mégapole
« — Par la Matriarche Originelle ! grommela Bourka, une des Miliciennes qui marchait en tête de la colonne. Pourquoi faut-il de nouveaux territoires ?
— Parce que la population s’agrandit, pardi ! répondit la Gradée qui marchait sur le flanc de la colonne.
La Gradée s’appelait Gloka. C’était une dure à cuire qui avait fait presque toute sa carrière dans les Zones d’Insécurité, et qui en avait ramené les cicatrices qui marquaient son visage et ses bras.
— On manque de bonne terre pour implanter de nouvelles Fermes d’État, reprit-elle, sentencieuse comme une maîtresse d’école. Alors, il faut défricher et trouver des terres qui ne soient pas pourries. Et ça n’est pas facile, dans tous les Districts.
Toutes les Miliciennes hochèrent la tête. Toutes conservaient dans leur mémoire, obscurément présente, l’image de la Terre empoisonnée, telle qu’elle était apparue après la Grande Désolation, avant la fondation de l’UMAT, et que l’ORGA instaure son ordre sur la planète dévastée par la folie des hommes. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Les ombres de la mégapole – ORGA. »
L’hérésiarque par Adam Saint-Moore

Fiche de L’hérésiarque
Titre : L’hérésiarque (Tome 7 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’hérésiarque
« Les chèvres commençaient à s’égailler à travers la rocaille semée de plantes odoriférantes. C’était comme si elles avaient compris que le vieil Eti, le vieux mâle à tignasse blanche qui les gardait s’était endormi. Il ronflait à l’ombre d’un buisson, et son chien, assis à côté de lui, se taisait.
Orsa regarda le vieil homme d’un œil indifférent. Elle aurait dû, selon le règlement, le réveiller à coups de fouet et lui infliger une punition, mais elle se souciait de cet Eti comme du lézard en train de se chauffer au soleil, à quelques pas des sabots de son cheval. En fait, elle ne le voyait même pas. Pas plus qu’elle ne voyait le troupeau qui s’égaillait le long des pentes. Elle songeait, en écoutant le vent dans les hautes herbes. Quand elle était ainsi, nul bruit ou voix, ou reflet du monde extérieur ne pouvait l’atteindre. Elle pouvait rester de la sorte, immobile, pendant des heures, à écouter ce que seule elle entendait. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « L’hérésiarque – ORGA. »
La traque d’été par Adam Saint-Moore

Fiche de La traque d’été
Titre : La traque d’été (Tome 6 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de La traque d’été
« Quand le deuxième appel, strident, de la trompette retentit dans la cour, ce fut presque la panique dans la chambrée.
— Magnez-vous les fesses ! gueula la grosse Ghéra, on va encore se démerder pour être les dernières au rassemblement !
Depuis la veille, la grosse Ghéra était sous pression, comme toutes les filles de la patrouille. C’était toujours ainsi, à la fin des stages, à la veille du Grand Rassemblement, quand la Traque allait commencer. Ça mettait les Filumats dans un état d’excitation terrible. Toutes piaillaient et s’agitaient comme une portée de souris ivres.
— Ma dague ? glapit Sekou, une blonde semée de taches de rousseur. Qui m’a piqué ma dague ?
— Elle est là, ta dague ! dit placidement la brune Jova qui la contemplait avec pitié de ses yeux verts. Sur ton pieu ! »
Extrait de : A. Saint-Moore. « La traque d’été – ORGA. »
La vingt-sixième réincarnation par Adam Saint-Moore
Fiche de La vingt-sixième réincarnation
Titre : La vingt-sixième réincarnation (Tome 5 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de La vingt-sixième réincarnation
« Le soleil allait se coucher dans moins d’une heure maintenant – et Blinska savait avec quelle rapidité il baissait et disparaissait dans ces contrées perdues. En quelques minutes à peine, il allongeait soudain des ombres démesurées, rougeoyait, et disparaissait dans ses brumes mauves. Et la nuit était là. Opaque, sauf si la lune montait de derrière ces montagnes pelées.
La nuit allait venir et la vieille continuait de marcher en marmonnant, comme si de rien n’était. Elle continuait sans rien voir, apparemment, comme elle le faisait chaque jour, depuis un mois qu’elles étaient parties.
La jeune Noire soupira en regardant la petite silhouette frêle, engoncée dans sa tunique rose aux teintes défraîchies, de la vieille Matriarche. C’était, certes ! Une sainte femme, une admirable prêtresse et une des plus respectées parmi « les Sœurs de Lumière », mais vivre avec elle et la protéger était un travail éreintant. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « La vingt-sixième réincarnation – ORGA. »
La mémoire de l’archipel par Adam Saint-Moore

Fiche de La mémoire de l’archipel
Titre : La mémoire de l’archipel (Tome 4 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mémoire de l’archipel
« Le vent qui soufflait depuis la veille s’arrêta. Les vagues qui se creusaient et cognaient s’apaisèrent. D’un coup, la mer redevint presque étale et d’un bleu limpide, avec de longues zones pourpres, là où dérivaient les immenses bancs d’algues visqueuses. Il en existait dans plusieurs zones maritimes, où ils déplaçaient, au gré des courants, leurs étendues gluantes, aux millions de ventouses. Malheur aux bancs de poissons, ou aux barques qui y pénétraient ! Ils n’en ressortaient jamais. Ils étaient inexorablement absorbés et dissous par les sucs acides et les milliards de petits tentacules, mi-végétal, mi-animal, qui s’agitaient dans ces espèces de continents flottants. Toutes les flottilles de pêche redoutaient ces îles herbeuses, d’un rouge sombre ; même les grandes unités militaires, les grands galiors et les vedettes de surveillance de l’ORGA les évitaient.
— Regarde cette saloperie ! grommela Kouima, en montrant, à quelques centaines de mètres de la barque, un de ces tapis pourpres qui ondulait mollement. Avec un peu de déveine, on aurait pu y entrer dedans, cette nuit… »
Extrait de : A. Saint-Moore. « La mémoire de l’archipel – ORGA. »
3087 par Adam Saint-Moore

Fiche de 3087
Titre : 3087 (Tome 3 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de 3087
« La chasse durait depuis trois jours.
Ils avaient levé la bête – un solitaire colossal – près des marécages où elle se plaisait. On y retrouvait souvent les bauges empestées où elle avait vautré sa carcasse hirsute. Plusieurs fois, des équipes de bûcherons qui revenaient des coupes l’avaient aperçue qui trottait dans les taillis. Tous la décrivaient sombre de poil et faisant deux fois la taille d’un sangolar normal.
Et puis, sans vraiment la chercher, en promenant ses chiens, à l’aube il y avait deux jours de ça, Mouira l’avait levée, dans cette terre humide, à la limite des grands étangs. Les chiens avaient tout de suite flairé son odeur et s’étaient mis à aboyer furieusement. Alors le vieux mâle s’était dressé hors de son trou fangeux et avait montré sa tête barbue au long groin
corné et la double boucle de ses défenses formidables. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « 3087 – ORGA. »
Les jours de la montagne bleue par Adam Saint-Moore

Fiche de Les jours de la montagne bleue
Titre : Les jours de la montagne bleue (Tome 2 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les jours de la montagne bleue
« La grosse truite paraissait presque immobile à travers la transparence verte de l’eau. On voyait, de temps en temps, sa forme sombre sinuer dans le lent courant glauque qui venait lécher les rives herbeuses, à l’ombre des saules.
Le soleil de l’été dardait à travers les branches et posait des anneaux étincelants sur l’eau. Il faisait chaud, et l’eau elle-même était chaude. Kerval sentait sa caresse jusqu’au ventre, tandis qu’il s’avançait, sans gestes brusques, le long de la rive. Il tenait son harpon à la main et le filet à poissons pendait à son épaule. Il sentait la fraîcheur des corps écailleux des gros poissons-chats et des tanches à travers les mailles. La rivière était poissonneuse et abondait en cabots, en perches et en tanches. Il y avait, aussi, des anguilles énormes et certains silures étaient aussi gros que des brochets géants.
Cette truite saumonée, Kerval ne voulait pas la harponner ; d’abord parce qu’elle était abritée sous la rive et ses racines, ensuite parce qu’il tenait à la capturer à la main. Il avait toujours excellé à ce jeu. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Les jours de la montagne bleue – ORGA. »
Les lois de l’ORGA par Adam Saint-Moore

Fiche de Les lois de l’ORGA
Titre : Les lois de l’ORGA (Tome 1 sur 9 – ORGA)
Auteur : Adam Saint-Moore
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les lois de l’ORGA
« Le soleil commençait à descendre au ras des collines. Il avait salement cogné toute la journée. Pas un nuage dans ce bleu vitrifié, intense et aveuglant. Pas un nuage, d’ailleurs, depuis trois mois. La canicule, la sécheresse, transformaient le sol en une espèce de plaque craquelée. Il fallait arroser depuis plus de cinq semaines pour sauver le maïs, et le niveau d’eau du barrage commençait à baisser le long de la digue de terre.
Kerval se releva et frotta son cou et sa face de sa main calleuse. Malgré son chapeau de paille, il sentait sa peau baignée de sueur et presque aussi craquelée que la terre. Il posa sa bêche contre sa cuisse nue et prit la gourde de peau pendue à sa ceinture. Il la leva et but, juste une gorgée, pas plus. Il avait appris à ne pas gaspiller l’eau ; il savait aussi que trop boire enlève des forces et de la résistance.
Devant lui, le vieux Sekou grattait péniblement le sol. Sa tignasse blanche paraissait étrangement neigeuse sur sa peau presque noire. »
Extrait de : A. Saint-Moore. « Les lois de l’Orga – ORGA. »