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Le rêveur illimité par J. G. Ballard

Fiche de Le rêveur illimité

Titre : Le rêveur illimité
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1979
Traduction : R. Louit
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le rêveur illimité

« Et d’abord, pourquoi ai-je volé l’avion ?
Si j’avais su que, dix minutes seulement après avoir décollé de l’aéroport de Londres, l’appareil en flammes irait s’abîmer dans la Tamise, serais-je quand même monté dans le cockpit ? Peut-être, dès ce moment, pressentais-je les étranges événements qui allaient se dérouler dans les heures qui suivirent mon sauvetage.
Je me tiens au centre de cette commune située en bordure du fleuve, et maintenant déserte. En voyant se refléter, dans les vitres d’un proche supermarché, les lambeaux de ma combinaison de pilote, je me rappelle avec précision le moment où j’ai pénétré dans ce hangar non gardé, à l’aéroport. Il y a une semaine, mon esprit était aussi froid et aussi tendu que le plafond métallique au-dessus de ma tête. Tandis que je m’attachais au siège du pilote, je savais que toute une vie d’échecs et de faux départs allait enfin laisser la place au plus simple, au plus mystérieux de tous les actes : le vol ! »

Extrait de : J. G. Ballard. « Le réveur illimité. »

Le livre d’or par J. G. Ballard

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1980
Traduction : R. Louit
Editeur : Presses Pocket

Sommaire de Le livre d’or

  • L’homme subliminal
  • L’homme saturé
  • Treize pour le centaure
  • Chronopolis
  • Fin de partie
  • Demain, dans un million d’années
  • Le jour de toujours
  • Un assassin très comme il faut
  • Le Vinci dispary
  • Perte de temps
  • Le géant noyé
  • La cage de sable
  • Les statues qui chantent
  • Amour et napalm : export USA

Première page de L’homme subliminal

«  Les signaux, docteur ! Avez-vous vu les signaux ? » Le front barré par la contrariété, le docteur Franklin pressa l’allure et se hâta de descendre le perron de l’hôpital pour gagner les files de voitures en stationnement. Il apercevait du coin de l’œil le jeune homme en jean taché de peinture et en sandales effilochées, qui agitait le bras de l’autre côté de l’allée.

« Les signaux, docteur Franklin ! »

Tête baissée, Franklin évita un couple d’âge mur qui s’approchait de la sortie de la consultation. La voiture du médecin était garée à plus de cent mètres de là. Trop fatigué pour se mettre à courir, Franklin se laissa rattraper par le jeune homme. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Le livre d’or de la science-fiction. »

I. G. H. par J. G. Ballard

Fiche de I. G. H.

Titre : I. G. H. (Tome 3 sur 3 – Béton)
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1975
Traduction : R. Louit
Editeur : Presses Pocket

Première page de I. G. H.

« PLUS tard, installé sur son balcon pour manger le chien, le Dr Robert Laing réfléchit aux événements insolites qui s’étaient déroulés à l’intérieur de la gigantesque tour d’habitation au cours des trois derniers mois. Maintenant que les choses avaient repris leur cours normal, il constatait avec surprise l’absence d’un début manifeste, d’un seuil précis au-delà duquel leurs existences avaient pénétré dans une dimension nettement plus inquiétante. Avec ses quarante étages et ses mille appartements, ses piscines et son supermarché, sa banque et son école primaire – tout cela, en fait, livré à l’abandon en plein ciel –, la tour n’offrait que trop de possibilités de violences et d’affrontements. Son propre deux-pièces au vingt-cinquième étage était bien le dernier endroit que Laing eût envisagé comme théâtre d’un premier
accrochage. S’il avait acheté, après son divorce, cette cellule hors de prix, fichée comme à l’aveuglette dans le front de falaise de l’immeuble, c’était précisément à cause de sa tranquillité et de son anonymat. »

Extrait de : J. G. Ballard. « I.G.H. – Béton. »

Extase sanglante par R. Garton

Fiche de Extase sanglante

Titre : Extase sanglante
Auteur : R. Garton
Traduction : J. Guiod
Date de parution : 1987
Editeur : Presses Pocket

Première page de Extase sanglante

« Après son boulot, Vernon Macy demanda au chauffeur de taxi de l’arrêter à quelques pâtés de maison de Times Square, par sécurité. Sa mallette à la main, il fit à pied le reste du chemin, dardant comme une souris ses grands yeux gris de peur que quelqu’un ne le reconnaisse, auquel cas il se serait engouffré dans une bouche de métro, aurait pris la première rame et aurait tout oublié en rentrant chez lui….

Il n’était pas très grand. Il avait un nez plutôt fort, et ses cheveux poivre et sel, aujourd’hui couverts d’une capuche, avaient commencé à se clairsemer sur le sommet de son crâne il y a une quinzaine d’années. Sa peau flasque, couleur de papier mâché, était la conséquence de quarante-sept années passées à éviter le soleil et les exercices physiques. Quand il n’était pas assis a son bureau, au travail, il trônait à son autre bureau, à la maison, occupé à lire, à fumer un cigare, à faire n’importe quoi pour ne pas se trouver dans la même pièce que sa femme, Doris, ou Janice, sa fille de vingt-deux ans »

Extrait de : R. Garton. « Extase sanglante. »

Le livre d’or par J. Verne

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : J. Verne
Date de parution : 1986
Editeur : Presses Pocket

Sommaire de Le livre d’or

  • Dans le labyrinthe
  • Sur le toit du monde
  • Le point de rupture
  • La faim
  • Au fond de l’Amazone
  • Le sphinx des glaces
  • Une fantaisie du Docteur Ox
  • La guerre future
  • Au XXIXe siècle : la journée d’un journaliste américain en 2889
  • Frritt-Flacc
  • M. Ré-dièze et Mlle Mi-Bémol
  • L’ennemi public
  • La nuit des temps
  • Embuches dans l’espace
  • L’éternel Adam

Première page de Dans le labyrinthe

« Le 7 août, nos descentes successives nous avaient amenés à une profondeur de trente lieues, c’est-à-dire qu’il y avait sur notre tête trente lieues de rocs, d’océan, de continents et de villes. Nous devions être alors à deux cents lieues de l’Islande.
Ce jour-là le tunnel suivait un plan peu incliné.
Je marchais en avant. Mon oncle portait l’un des deux appareils de Ruhmkorff, et moi l’autre. J’examinais les couches de granit.
Tout à coup, en me retournant, je m’aperçus que j’étais seul.
« Bon, pensai-je, j’ai marché trop vite, ou bien Hans et mon oncle se sont arrêtés en route. Allons, il faut les rejoindre. Heureusement le chemin ne monte pas sensiblement. »
Je revins sur mes pas. Je marchai pendant un quart d’heure. Je regardai. Personne. J’appelai. Point de réponse. Ma voix se perdit au milieu des caverneux échos qu’elle éveilla soudain. »

Extrait de : J. Verne. « Le livre d’or de la science-fiction. »

Le masque par Stanislas Lem

Fiche de Le masque

Titre : Le masque
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1968
Traduction : L. Dyèvre
Editeur : Presses Pocket

Sommaire de Le masque

  • La formule de Lymphater
  • L’invasion aldebaranaise
  • Cent trente-sept secondes
  • La vérité
  • Deux jeunes gens
  • Le masque
  • Journal

Première page de La formule de Lymphater

« PARDON monsieur… Un moment s’il vous plaît. Excusez-moi d’être importun, si, si, je le sais, mon allure… mais je suis contraint de demander… Ah non ! Non, non, pas du tout ! C’est un malentendu. Je vous ai suivi ? Oui, c’est vrai. Depuis la librairie, mais c’est seulement parce que je vous ai vu par la vitrine… Vous étiez en train d’acheter les revues Biophysics et Abstractions… et quand vous vous êtes installé ici, je me suis dit que c’était une occasion extraordinaire… Si vous me permettiez d’y jeter un coup d’œil, aux deux mais surtout à Abstractions. Pour moi, c’est vital mais je ne peux pas me les offrir. D’ailleurs ça se voit, n’est-ce pas ? J’y jette un coup d’œil et je vous les rends tout de suite, ça ne durera pas longtemps. J’ai seulement à vérifier quelque chose, une note bien précise. »

Extrait de : S. Lem. « Le Masque. »

Les joueurs de Titan par P. K. Dick

Fiche de Les joueurs de Titan

Titre : Les joueurs de Titan
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1963
Traduction : F. Truchaud
Edition : Presses Pocket

Première page de Les joueurs de Titan

« Il venait de connaître une nuit éprouvante, et, quand il voulut rentrer chez lui, il eut une dispute avec sa voiture.
— Mr. Garden, lui dit-elle, vous n’êtes pas en état de conduire. Branchez le pilotage automatique et reposez-vous sur le siège arrière.
Mais Pete Garden s’assit au volant d’un air buté et répliqua d’une voix aussi claire que possible :
— Mais si, je peux conduire ! Un petit verre… ou même plusieurs réveillent au contraire. Cesse de me chercher des histoires !
Il appuya sur le bouton du démarreur, mais il ne se passa rien.
— Tu vas démarrer, bon sang !
— Vous n’avez pas mis la clé de contact, lui fit remarquer sa voiture. »

Extrait de : P. K. Dick. « Les joueurs de Titan. »

Le bal des schizos par P. K. Dick

Fiche de Le bal des schizos

Titre : Le bal des schizos
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Edition : Presses Pocket

Première page de Le bal des schizos

« Nous avions amélioré nos techniques de vente au début des années soixante-dix. Le principe était de passer une annonce dans un journal local.
 
Piano droit, plus orgue électronique, reprise en parfait état, SACRIFIÉS. Paiement au comptant ou bon crédit acceptés dans la région, pour éviter retour matériel en Oregon. Contacter Compagnie des pianos Frauenzimmer, M. Rock, Directeur Commercial, Ontario, Oregon.
 
Nous passions cette annonce depuis des années dans les journaux locaux de toutes les villes, sans exception, de la côte Ouest et même dans le Colorado. Toute l’idée reposait sur une base scientifique et systématique : nous partions des cartes et nous ratissions le territoire de façon qu’aucune agglomération ne nous échappe. Nous avions quatre camions à turbines, un homme par camion, et ils étaient toujours sur la route.
Bref, nous passions l’annonce, disons dans le Journal indépendant de San Rafaël, et très vite les lettres affluaient à notre bureau d’Ontario, en Ore- »

Extrait de : P. K. Dick. « Le bal des schizos. »

Les miroirs de l’esprit par N. Spinrad

Fiche de Les miroirs de l’esprit

Titre : Les miroirs de l’esprit
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1980
Traduction : C. Canet
Editeur : Presses Pocket

Première page de Les miroirs de l’esprit

« LE dos de sa chemise imbibée de sueur collant au siège de la Triumph, les yeux brûlés par le smog de la San Fernando Valley, abruti de fatigue et d’ennui, Jack Weller quitta l’autoroute de Ventura pour s’engager dans Moorpark. Encore une journée de passée, songea-t-il ; dix nouvelles minutes d’Une Vie de singe fixées sur la pellicule : une nouvelle portion de ma vie vendue pour une centaine de dollars et le privilège de voir mon nom figurer quelques secondes sur le petit écran, au générique d’une émission enfantine particulièrement débile. Mais qu’on ne s’y trompe pas, j’adore Hollywood !
Il descendit Moorpark – stations-service, palais du hamburger, supermarchés et drugstores géants –, tourna à gauche, à droite, à gauche et atteignit la rue où il demeurait. Alignement sans fin de villas-ranchs anonymes, imparfaitement dissimulées derrière des arbres et des buissons épais. »

Extrait de : N. Spinrad. « Les miroirs de l’esprit. »

Le chaos final par N. Spinrad

Fiche de Le chaos final

Titre : Le chaos final
Auteur : N. Spinrad
Date de parution : 1967
Traduction : M. Pétris
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le chaos final

« Bart Fraden était assis sur le bord de son bureau, dans une attitude à la fois tendue et nonchalante, tel un grand félin au repos. Après tout, merde, se dit-il en mordant voracement dans la chair succulente de la cuisse de faisan, une planque pareille ne pouvait pas durer éternellement.
Il rejeta avec désinvolture la cuisse entamée dans le précieux plateau d’argent posé sur le bureau en noyer ciré, prit la bouteille de vin du Rhin bien frais à demi pleine et en but une rasade pour faire passer la bouchée de gibier. Le jaja était bon, foutrement bon même – et il avait intérêt à l’être, vu que chaque bouteille de cette gnôle coûtait trente confédollars à l’État de la Ceinture Libre. Le faisan, par contre, était un peu secot. Trop cuit. Mais, admit volontiers Fraden, Ah Ming a encore bien du mérite à se concentrer sur ses fourneaux pendant que ce cher vieil État de la Ceinture Libre se déglingue autour de nous. »

Extrait de : N. Spinrad. « Le chaos final. »