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Le flambeau de l’univers par Max-André Rayjean

Fiche de Le flambeau de l’univers

Titre : Le flambeau de l’univers
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le flambeau de l’univers

« Le torride été andin s’abattait sur la cordillère. L’accablante chaleur chauffait à blanc les rochers, au fond des vallées brumeuses. Mais à mesure qu’on s’élevait, le ciel devenait d’un bleu céruléen. Les prestigieux sommets de six mille mètres, ciselés de glace, resplendissaient sur l’horizon limpide, transparent.

Au Titicaca, à 3 854 mètres d’altitude, l’air s’appauvrissait déjà en oxygène. L’immense lac de 6 900 kilomètres carrés, plus de dix fois la surface du Léman, étirait ses eaux froides sous un soleil de feu. Miroir cyclopéen, il reflétait avec une parfaite symétrie les cimes parées de neiges éternelles.

Les balsas des pêcheurs urus ou aymaras ressemblaient à de minuscules insectes. D’un côté, la Bolivie. De l’autre, le Pérou. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le Flambeau De L Univers. »

Le dernier soleil par Max-André Rayjean

Fiche de Le dernier soleil

Titre : Le dernier soleil
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le dernier soleil

« Les deux At-Atchoumazocs n’éternuèrent pas !

D’ailleurs, on se demanderait bien comment ils pourraient éternuer car leur morphologie défiait le genre humanoïde. Ils ne possédaient pas de nez. Leur organe olfactif se présentait plutôt sous la forme d’un orifice cartilagineux, une sorte de vacuole. Vraiment des fausses narines !

Leurs noms s’avéraient imprononçables dans le langage terrestre. Alors, par simplicité, voire par humour, il valait mieux les appeler des At-Atchoumazocs. Parce que, à leur contact, on attraperait sûrement une rhinite allergique !

En tout cas, leur description minutieuse méritait le coup. Imaginez une masse ovale, molle, d’une blancheur neigeuse, d’aspect gélatineux. Quelque chose comme un gros bloc de saindoux. Un At-Atchoumazoc se dandinait constamment sur une sorte de ventouse rigide, bleuâtre, véritable rustine adhésive parfaitement circulaire. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le dernier soleil. »

Le cycle d’Orga par Max-André Rayjean

Fiche de Le cycle d’Orga

Titre : Le cycle d’Orga
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 2006
Editeur : Rivière blanche

Première page de Le cycle d’Orga

« Un premier frémissement agite la Structure.

Une pulsation !

Des giclées de points lumineux imprimèrent aussitôt la Cellule de Contrôle. Ainsi s’ébaucha l’amorce d’un langage codé.

— Phase d’éveil… Phase d’éveil… Tu es Orga… Tu es Orga… Appel… Appel général aux Vingt-quatre Éléments. Appel !

Le contact s’établit avec la Masse Centrale qui se mit à palpiter à son tour. La réponse se matérialisa par le truchement d’autres impulsions lumineuses, identiques aux précédentes.

— Orga ? Orga ? Je suis Orga ?

— Oui. La Structure Orga. Émergence réussie… Émergence réussie… La Vie… La Vie… Tu comprends ce qui t’arrive, Orga ?

— Oui. Je comprends. La Structure est devenue Animée… Mais toi, qui es-tu ?

— Ta Mémoire. Ta Programmation.

— Ma Programmation ? Ai-je donc absolument besoin de Toi ?

— Absolument. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le Cycle d’Orga. »

Le cerveau de Silstar par Max-André Rayjean

Fiche de Le cerveau de Silstar

Titre : Le cerveau de Silstar
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cerveau de Silstar

« Dans l’espace glacé aux proportions affolantes, au milieu de ce ramassis formidable d’étoiles et de soleils, dans le vide noir et sans éclat, la minuscule capsule elliptique, hérissée d’antennes, ressemblait à un grain de poussière en suspension.

Une capsule aux parois extrêmement résistantes, défiant la monstrueuse chaleur des foyers incandescents, le froid du zéro absolu, les acides rongeurs et la radio-activité nocive, sans parler des météorites. Bref. Une prison étroite, exiguë, juste assez large pour trois personnes, sans le moindre confort.

Qu’importait le confort dans une expédition scientifique, un véritable test biologique, même ! Ligotés, ficelés sur leurs couchettes, empilés comme des sardines dans leur boîte, les trois cobayes se contentaient de noter, d’observer et d’étudier passivement. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le Cerveau De Silstar. »

La seconde vie par Max-André Rayjean

Fiche de La seconde vie

Titre : La seconde vie
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de La seconde vie

« Paor tourne son corps ovoïde vers ses trois congénères. Il s’exprime dans un langage qui utilise les infrasons, par conséquent inaudible pour une oreille humaine.

— Vous avez repéré l’épave ?

— Oui, chef, dit Onul, figé.

— Et localisée ?

— Oui, chef, répète un autre Sik, allongeant l’un de ses tentacules vers un bouton.

La ventouse terminant son membre grêle adhère sur l’interrupteur. Un déclic se produit. Un grand écran s’allume, en couleur et en relief. L’image grossit à une allure effrayante.

— Ça va, intime Paor. Je veux simplement me faire une idée. Mais ma conviction est déjà établie.

Il observe l’écran, étudie l’image. Sa masse ressemble à un gros œuf blanchâtre constellé de protubérances plus sombres. Ces saillies forment des boursouflures disgracieuses et leur nombre atteint la vingtaine, au moins. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Seconde Vie. »

La malédiction des vautours par Max-André Rayjean

Fiche de La malédiction des vautours

Titre : La malédiction des vautours
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de La malédiction des vautours

« Ah ! Ah ! Ah !
Hé ! Hé ! Hé !
Il ricane. Il retrousse drôlement ses lèvres, comme un singe qui s’amuse devant des visiteurs. Son visage couturé de rides se plisse et ressemble à un masque de sorcier.
Le gnome n’est pas beau du tout. Il est même franchement laid, avec des traits grossiers, un nez un peu écrasé et des oreilles larges où des touffes de poils sortent comme des racines.
Sur la poitrine, aussi, il doit être velu. Il est petit, bossu. Son infirmité l’oblige à se tenir constamment penché en avant. Pour pallier cet inconvénient, il relève la tête et cela lui donne une allure cassée.
Ah ! Ah !
Hé ! Hé ! »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La malédiction des vautours. »

La loi du cube par Max-André Rayjean

Fiche de La loi du cube

Titre : La loi du cube
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de La loi du cube

« L’espace noir imprègne en totalité l’écran panoramique. Affolé, Mos Cleb tripote en vain des boutons, mais la situation ne s’arrange pas.

Un voile opaque persiste sur le scope central. C’est comme un mur, un obstacle.

Les trois hommes naviguent dans la nuit et ils ont l’impression qu’ils n’arriveront jamais au terme du voyage. Ou, s’ils arrivent quelque part, ils se poseront en catastrophe.

C’est inéluctable après ce qui vient de se passer. Ils ne voient pas très bien comment les choses pourraient se terminer autrement.

L’astronef fonce, aveugle, blessé, sans but. Désemparé, ballotté comme un fétu, il ressemble à un navire perdu dans la tempête sur une mer déchaînée.

Rageur, Cleb se retourne vers les écrans annexes de la cabine. Il essaie de les allumer à leur tour. Pas plus que le panoramique central, les annexes ne renvoient des images. C’est le « trou » noir, le néant. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Loi du cube. »

La guerre des loisirs par Max-André Rayjean

Fiche de La guerre des loisirs

Titre : La guerre des loisirs
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de La guerre des loisirs

« Je fendis la foule agglutinée autour de l’héliport, mon magnéto portatif en bandoulière. J’agitai une carte de presse et ce geste creusa immédiatement un sillon parmi ces gens surchauffés, impatients.

Ils venaient aux nouvelles ou ils attendaient un parent, un ami. L’hélico trapu s’était posé deux minutes auparavant et comme il n’existait plus de frontière officielle entre le Mexique et les États-Unis, à cause de l’Unification des Pays de l’AméricaNord, l’entrée aux U.S.A. se trouvait entièrement libre.

Les passagers étaient l’objet de curiosité, et pourtant c’étaient des passagers tout ce qu’il y avait de plus ordinaires.

Seulement voilà. Ils venaient du Club.

Je choisis la fille un peu au hasard. Je butai sur elle volontairement et je m’excusai. Façon d’engager la conversation.

— Heu… Je suis maladroit, bredouillai-je en tendant mon micro. C’est mon premier reportage, vous comprenez. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La guerre des loisirs. »

La dent du loup par Max-André Rayjean

Fiche de La dent du loup

Titre : La dent du loup
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de La dent du loup

« — Bitounes ! Bitounes !
La nuit tombe lentement, à regret. Le soleil rosit tout l’ouest et ourle de feu la crête de Dorouze. L’accablante chaleur diurne s’atténue.
Les ombres s’allongent et baignent déjà Les Ruyes, la petite rivière qui descend vers la Durance.
Cette journée de juin a été chaude. Très chaude, brûlante. Sans un souffle de mistral. L’été s’annonce sec. C’est presque toujours comme ça en Haute-Provence.
— Bitounes !
Les quatre chèvres obéissent docilement à la voix. Elles trottinent, les mamelles gonflées, l’œil vigilant. Parfois, elles s’arrêtent, inquiétées par un bruit que seules elles perçoivent. Elles ouvrent leurs longues oreilles, dressent la tête et bêlent avec timidité.
— Bêêê…
Elles sont méfiantes. Elles n’aiment pas les chiens, ni les étrangers. Elles ont peur de tout ce qui bouge, de tout ce qui leur paraît anormal. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La dent du loup. »

La bête du néant par Max-André Rayjean

Fiche de La bête du néant

Titre : La bête du néant
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de La bête du néant

« Les derniers feux du soleil couchant entrent à travers la baie. La nuit descend lentement sur les montagnes violettes. La neige persistante se drape de noir. Les ombres s’allongent démesurément.

Le froid tombe en même temps que la nuit et rend l’atmosphère transparente, diaphane. À deux mille mètres, c’est le calme reposant des sommets, la solitude écrasante. Une impression de légèreté, de poésie, se dégage du décor. C’est un bain de nature où trempe Saint-Véran, accroché à la montagne de Beauregard. Saint-Véran, le plus haut village d’Europe…

Au Grand Alpage, le poêle à mazout ronfle, répand une chaleur confortable, régulière, douce. Avril ouvre la période du retour à la vie et desserre l’étreinte du rude hiver. Des plaques verdâtres naissent sur les pentes, crèvent la neige fondante et annoncent le printemps.

Le vieux village perché au bout du monde s’éveille de son long isolement, retrouve une certaine animation.. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La bête du néant. »