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Génération alpha par Max-André Rayjean

Fiche de Génération alpha
Titre : Génération alpha
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Génération alpha
« New York s’éveilla sous un épais matelas de brume jaunâtre et pestilentiel.
Capitale administrative de l’Am-Nord, vaste province intégrée depuis un siècle à la Grande Fédération, elle était devenue une énorme agglomération tentaculaire de cent millions d’habitants. Elle avait absorbé les grandes cités de la couronne périphérique et comme une lèpre avait envahi la vallée de l’Hudson, rongeant la plaine jusqu’aux montagnes de Pennsylvanie.
Certes, les architectes avaient aménagé des espaces verts, des parcs, des squares. Mais les arbres attaqués par la pollution perdaient leurs feuilles, s’étiolaient, malgré les traitements chimiques de plus en plus fréquents.
Le soleil se leva sur l’Atlantique, dessinant un rond rougeâtre à travers le brouillard. Les villages avaient disparu peu à peu et les populations se concentraient toutes dans les cités urbaines, laissant ainsi à l’abandon d’immenses territoires où la nature reprenait ses droits.
Mais ce n’était pas la même végétation qu’avant. La forêt mourait lentement, asphyxiée. D’autres essences d’arbres avaient été plantées, plus résistantes. Combien de temps dureraient-elles ? »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Génération Alpha. »
Ere cinquième par Max-André Rayjean
Fiche de Ere cinquième
Titre : Ere cinquième
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ere cinquième
« Une pluie diluvienne tombait sans arrêt depuis des heures, sempiternelle, chaude, elle estompait les détails, bornait l’horizon, lavait les rocs déchiquetés et les plages sableuses. Elle tissait entre le ciel et la terre un voile opaque, répandant partout son humidité malsaine. Elle s’infiltrait dans les moindres interstices avec un bruit immuable, fatigant, prélude à la désolation.
La pluie !
Les nuages la déversaient en grosses et larges gouttes presque tièdes. Il semblait que ce déluge ne s’arrêterait qu’au jour du jugement dernier, et pourtant le jour du jugement dernier était déjà arrivé. Il était même loin dans le passé englouti par l’eau.
A quelques pas de là, dans la grisaille striée de bandes violettes, l’océan battait furieusement les récifs, bavant d’une colère écumeuse, obstinée. Tenu en échec par les rocs ventrus impassibles à son déchaînement, repoussé parfois par une haute bordure de granit ou de porphyre, il ravalait sa rancœur en repliant magistralement ses lames bordées de dentelle sale, en les cachant jalousement au plus profond de lui-même, dans ses abîmes insondables, inviolés aussi. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Ere cinquième. »
Déchéa par Max-André Rayjean

Fiche de Déchéa
Titre : Déchéa
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Déchéa
« Au bout de quelques heures, ils n’eurent plus aucun doute. Le radar montra que personne ne les poursuivait.
Ils avaient réussi !
Ils se congratulèrent. La joie explosait sur leurs visages jusque-là figés. Certes, cela ne signifiait pas obligatoirement la victoire finale mais ils entrevoyaient une issue.
L’exploit qu’ils venaient de réaliser n’était pas à la portée de tout le monde. Dans les annales du Pénitencier, il y avait très peu d’évasions. Hormis quelques exceptions notoires.
Jos Wand, Laura Noll et Mel Boskil se prirent donc pour des exceptions. Ils jouaient les héros. En tout cas ils avaient tout de même de la chance, beaucoup de chance. Une veine insolente !
Bien sûr, ils avaient préparé minutieusement leur coup. Wand avait bénéficié de complicités à l’intérieur même du Bagne. Mais encore une fois, s’échapper d’Embryon II constituait une performance. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Déchéa. »
Dans les griffes du diable par Max-André Rayjean

Fiche de Dans les griffes du diable
Titre : Dans les griffes du diable
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dans les griffes du diable
« Les arbres dénudés du parc gémissent sous le vent glacial des Highlands. Ils se courbent, se rapetissent, se tassent, comme broyés par une force gigantesque. Ils s’aplatissent et s’accrochent au sol par leurs racines. Ils résistent. Ils veulent vivre, et rebourgeonner au printemps. Alors ils fournissent l’effort nécessaire.
Leurs dernières feuilles jaunâtres, arrachées avec brutalité, voltigent dans un tourbillon de folie et s’amoncellent. La belle parure d’automne s’égrène lentement, s’éparpille, irréversible. Triste journée et triste saison.
Dans la nuit froide de novembre, les lumières de la grande bâtisse brillent comme des étoiles en perdition dans l’espace. La massive demeure en pierre, genre manoir, cossue, avec des fenêtres à petits carreaux comme c’est revenu à la mode aujourd’hui, se découpe dans l’ombre noire.
Le plus proche village, un bourg très modeste, se trouve à trente kilomètres. Même la ferme la plus rapprochée est encore à vingt-cinq kilomètres. L’imposante maison isolée baigne dans sa solitude et au-devant d’elle s’étend la lande stérile balayée par le vent. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Dans les griffes du diable. »
Civilisation « Omega » par Max-André Rayjean

Fiche de Civilisation « Omega »
Titre : Civilisation « Omega »
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Civilisation « Omega »
« Mervey appuie sur un bouton. Ce simple geste déclenche deux conséquences différentes. D’abord, un déclic à peine audible. Quelque chose de ténu, d’habituel, de routinier. Puis sur le panoramique, la boule lunaire apparaît, crève l’écran de sa luminosité intense. Une boule gonflée à bloc, à la surface torturée et craquelée de fissures. Une vision routinière, aussi, pour l’équipage de l’astronef BX.14.
N’empêche. Mervey ressent un choc au creux de l’estomac. Un petit coup d’émotion qui l’électrise, s’infiltre dans toutes les fibres de son corps, le transforme momentanément en statue.
— Quelle gueule tu fais ! raille Brice, le commandant. On dirait que tu n’as jamais vu la Lune.
— Je sais, soupire l’électronicien. Chaque fois, c’est pareil. Je ne peux pas m’y soustraire. Pourtant, j’ignore à quel nombre de voyages j’en suis. Je ne les ai pas comptés. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Civilisation « Omega ». »
Chocs en synthèse par Max-André Rayjean

Fiche de Chocs en synthèse
Titre : Chocs en synthèse
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir
Première page de Chocs en synthèse
« — Augmentez le grossissement, Formery, ordonna le professeur Maubrey avec une légère émotion dans la voix, voire même une certaine inquiétude.
L’assistant du célèbre généticien s’exécuta. Il tourna un minuscule volant crénelé et le gigantesque microscope électronique, doublé d’une caméra et d’un appareil de projection, plongea dans l’infiniment petit de la matière organique.
Sur l’écran, dans l’obscurité du laboratoire, la luminosité s’intensifia et les objets se précisèrent avec une netteté incroyable. Mais il fallait toute la science des savants, ces inlassables chercheurs, pour donner une signification à l’extraordinaire spectacle.
Le profane ne découvrait qu’un chaos confus de matière, et pourtant Maubrey guettait anxieusement la préparation projetée sur le carré de toile blanche.
Le célèbre généticien du laboratoire de Chicago était un homme d’une cinquantaine d’années. Ses tempes grisonnaient fortement et il paraissait plus que son âge. Son existence se passait derrière le microscope et son labeur acharné l’avait vieilli prématurément. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Chocs En Synthèse. »
Base spatiale 14 par Max-André Rayjean
Fiche de Base spatiale 14
Titre : Base spatiale 14
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir
Première page de Base spatiale 14
« François Chame hésita un instant avant de heurter discrètement du doigt la porte devant laquelle il venait de s’arrêter.
Il hocha la tête en se demandant s’il était vraiment indispensable de déranger Henry Wayne, le chef de la petite colonie terrienne du Planétoïde Quatorze, gravitant quelque part aux confins du système solaire, entre Neptune et Pluton.
Chame hésitait d’autant plus que sa montre à cadran lumineux indiquait deux heures du matin. Ce n’était évidemment pas une heure à réveiller les gens, surtout Henry Wayne qui n’admettait pas qu’on le dérangeât pour une futilité.
Peut-être Nelton exagérait-il, après tout, l’importance de sa découverte, au point de considérer comme un phénomène inexplicable une simple constatation astronomique… »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Base spatiale 14. »
Attaque sub-terrestre par Max-André Rayjean

Fiche de Attaque sub-terrestre
Titre : Attaque sub-terrestre
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir
Première page de Attaque sub-terrestre
« Mac-Corry, accoudé à la fenêtre de son bureau, plongea son regard distrait dans Spark-Avenue. Du haut de son quinzième étage, la foule lui apparaissait minuscule, semblable à une cohorte de fourmis dociles et disciplinées.
Les automobiles glissaient, silencieuses, souples, sur la chaussée recouverte d’une mince pellicule de caoutchouc synthétique.
Vert. Orange. Rouge. Les feux multicolores se succédaient automatiquement, à une cadence régulière. Un sourire tirailla nerveusement la bouche de Mac-Corry.
Le spectacle, vu du quinzième étage, il le connaissait. Il le connaissait même trop. Cela l’écœurait. Pourtant il venait s’accouder à la fenêtre et plongeait son regard dans Spark-Avenue. Peut-être parce qu’il n’y avait pas d’autre coin, pour distraire l’esprit…
Mac-Corry avait en effet besoin de distraction. Il avait dénoué sans élégance son nœud de cravate et son regard sondait l’abîme. Et dire que les gens se promenaient, insouciants, égoïstes, alors qu’il avait à résoudre un problème indéchiffrable. Oui, indéchiffrable, même pour le plus malin. Inexplicable et déconcertant.
Il faisait chaud en cette après-midi de juin. Dans la pièce, les ventilateurs tournaient à plein régime, à une telle vitesse que Mac-Corry en était pris de vertige ! »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Attaque sub-terrestre. »
Alpha-park par Max-André Rayjean

Fiche de Alpha-park
Titre : Alpha-park
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Alpha-park
« L’hôtesse apparut sur les petits écrans individuels disposés en face de chaque passager. C’était une belle fille aux yeux en amande, au teint café au lait. Race hybride, de plus en plus fréquente sur la Terre. Cheveux noirs, avec une frange sur le front. Son sourire découvrait des dents très blanches. L’uniforme bleu pâle de la Compagnie lui seyait à
ravir.
Sa voix chaude annonça :
— Attachez vos ceintures. Nous arrivons sur Alpha-Park.
Recommandation traditionnelle que les voyageurs suivaient scrupuleusement. Puis une boule légèrement indigo, voire verdâtre, se substitua à l’hôtesse, sur fond d’ébène. Alpha-Park. Ou plutôt Hio-West, dans le système solaire du Centaure.
J’ancrai ma ceinture aux points de fixation. Je sortais comme les autres de l’hibernation totale, après plusieurs mois de traversée spatiale. Installé confortablement sur mon siège-couchette, j’observai mes voisins. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Alpha-Park. »
La onzième dimension par Max-André Rayjean

Fiche de La onzième dimension
Titre : La onzième dimension (Tome 13 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de La onzième dimension
« On l’appelait le village au bout du monde.
Parce qu’il était l’un des plus hauts d’Europe et qu’avec ses deux mille mètres d’altitude, il dominait aisément la vallée. Il n’était pas pour autant perdu, isolé, pendant le long hiver. La route restait ouverte malgré la neige.
Mais l’été, c’était une petite perle dans son écrin d’alpages. Le vert tendre de l’herbe rejoignait le bleu du ciel, un ciel d’une pureté exceptionnelle. Les touristes le savaient bien et ils affluaient dès le retour de la belle saison.
Avec sa poignée d’habitants, ruraux et artisans, Molan faisait des envieux. La pollution n’existait pas. Les gens vivaient tranquilles, paisibles. Ici, dans ce département haut-alpin riche en beauté, seule la télévision apportait des images de l’incroyable effervescence des villes. En bas, vers Briançon, Gap ou Grenoble, ils s’entassaient, ils bougeaient, ils menaient une existence de cinglés. Ils respiraient un air encrassé. Et ils appelaient cela la civilisation !
C’était une merveilleuse matinée de juin. L’orage de la veille avait lavé l’azur. Dans la vallée, la rivière charriait une eau sale. Sur les montagnes, la dernière neige fondait et laissait la place aux pentes herbeuses. Les transhumants ne tarderaient plus. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « La Onzième dimension – Joë Maubry et Joan Wayle. »