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Invasion « H » par Max-André Rayjean

Fiche de Invasion « H »

Titre : Invasion « H » (Tome 2 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir

Première page de Invasion « H »

« Il pleuvait et la terre exhalait une odeur d’humus. Une pluie légèrement radio-active, séquelle des expériences atomiques passées, n’affectant pas les hommes dans leur santé fragile comme le verre, mais inspirant néanmoins l’inquiétude.

Cette pluie, des milliers d’yeux braqués derrière les vitres l’observaient avec un soupir de tristesse, avec une consternation dramatique, une grimace d’appréhension.

Sur les écrans de la télé, sur les pages toutes fraîches des journaux, les spécialistes avaient beau affirmer que le danger de contamination n’existait pas. Ils perdaient leur temps. Leurs paroles apaisantes étaient du vent. Chaque fois qu’il pleuvait sur le Nevada, les gens se mettaient en vitesse à l’abri, histoire d’éviter les gouttes du passé, à leur avis gorgées de strontium 90 et d’autres éléments nocifs.

En fait, le coefficient radio-actif n’avait rien d’alarmant. À telle enseigne que les syndicats d’initiatives invitaient les touristes au Nevada pour une somme dérisoire. Généralement, les maisons en étaient pour leurs frais publicitaires. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Invasion « H » – Joë Maubry et Joan Wayle. »

La folie verte par Max-André Rayjean

Fiche de La folie verte

Titre : La folie verte (Tome 1 sur 13 – Joë Maubry et Joan Wayle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de La folie verte

« — Estimer la foule qui se presse dans Garden Square et dans les artères environnantes s’avère matériellement impossible, mes chers auditeurs. Actuellement, penché à la fenêtre du douzième étage, chez le professeur Samelson, j’aperçois une marée humaine, grouillante, exaltée, prête à se déchaîner lorsque viendra le moment de l’extraordinaire expérience.

« Je me demande si les écrans de télévision, installés à la périphérie de Garden Square et dans les principales avenues de la ville, permettront à tous ceux qui ne possèdent pas chez eux un poste récepteur de suivre l’ahurissante démonstration.

« Partout, sur les visages, s’inscrit une curiosité certaine, une impatience fébrile et aussi – pourquoi ne pas l’avouer – une indicible émotion. Oui, une angoisse sourde tenaille les esprits comme à l’approche d’un grand phénomène. Pourtant, tout se passera le plus simplement du monde, affirme le professeur, dans le cadre restreint de ce laboratoire où j’ai eu le privilège de pénétrer avec mes collègues de la Presse. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La folie verte – Joë Maubry et Joan Wayle. »

Retour au néant par Max-André Rayjean

Fiche de Retour au néant

Titre : Retour au néant (Tome 3 sur 3 – Mac Kerreck)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Retour au néant

« Bizarres, étranges, fascinantes, les deux créatures volent lourdement au-dessus des montagnes boisées. Un vol disgracieux, lent, pourtant efficace, puissant. Les ailes qui battent l’air avec une régularité de métronome, arrachent du sol un poids de cinquante kilos et le soutiennent dans l’espace. Sans défaillance.

Oui. Etranges créatures. Amalgame insolite de trois grands ordres zoologiques. La tête appartient à la classification des poissons. Le tronc à l’espèce des mammifères. La paire d’ailes s’insèrent sur le dos musclé et par-devant prennent naissance deux membres semblables à des bras d’homme. La base de cet ensemble hétéroclite est un mélange de nageoires et de pieds. Ce qui fait que la créature nage, vole, ou marche. Sans forcément qu’une de ces trois possibilités domine les autres. Au contraire. Cette association de facultés aussi différentes nuit certainement aux mouvements qui ne parviennent pas à leur amplitude maximale. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Retour au néant – Mac Kerreck. »

Les anti-hommes par Max-André Rayjean

Fiche de Les anti-hommes

Titre : Les anti-hommes (Tome 2 sur 3 – Mac Kerreck)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les anti-hommes

« Un observateur, placé dans l’espace, aurait vainement tenté d’expliquer le phénomène. Même doté d’un système nerveux parfaitement équilibré et d’une intelligence moyenne, il serait devenu fou. Fou, ou alors diablement commotionné. Non. Pour expliquer la chose, pour la comprendre, il aurait fallu que l’observateur en question fût au courant des dernières applications de la science terrestre, de ses conséquences logiques, de ses manifestations.

Fou, c’était le mot. Car il y avait de quoi perdre la raison en voyant l’astronef surgir du néant, se matérialiser avec brusquerie, sans qu’un appareil de détection, sans qu’un symptôme annonciateur, l’eussent prévu.

En réalité, l’engin jaillissait de la quatrième dimension. Son équipage, un peu interloqué par son fantastique bond dans l’espace et le temps, reprenait lentement ses esprits, vérifiait les coordonnées à l’aide de cerveaux électroniques, et admettait enfin qu’il se trouvait à proximité d’Antarès. A des dizaines et des dizaines d’années de lumière de la Terre ! »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Anti-Hommes – Mac Kerreck. »

Le monde de l’éternité par Max-André Rayjean

Fiche de Le monde de l’éternité

Titre : Le monde de l’éternité (Tome 1 sur 3 – Mac Kerreck)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le monde de l’éternité

« Mac Kerreck réprima un imperceptible tressaillement. Les commissures de ses lèvres se pincèrent si peu qu’aucun de ses compagnons de voyage ne s’en aperçut. N’empêche qu’une sourde nervosité agitait le commandant du Firstar, remuant en lui des vagues impondérables d’angoisse et d’anxiété.

Ses yeux gris, d’un éclat métallique, s’orientèrent vers le calendrier électronique du bord. Il atténua la portée de son geste par une expression d’indifférence blasée. Un drôle de bonhomme, ce Mac Kerreck. Un dur, opiniâtre, inflexible envers lui-même comme envers les autres. Un visage buriné par vingt ans de vie spatiale et d’émotions répétées, au front prématurément ridé, au menton volontaire, d’une rare énergie. Une voix plutôt cassante, rude, autoritaire. Et, naturellement, dans sa bouche aux dents saines, un éternel chewing-gum vitaminé qu’il mâchait aussi discrètement que possible, machinalement, sans même s’en rendre compte.

Une carrure athlétique achevait le portrait de cet Américain du Kentucky. Sa combinaison de vol, d’un jaune pâle, collante, sculptait sa musculature et l’avantageait. En fait, à quarante ans, Kerreck était l’un des meilleurs commandants d’astronef de la Confédération des Nations Occidentales. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le monde de l’éternité – Mac Kerreck. »

Citéléem par Max-André Rayjean

Fiche de Citéléem

Titre : Citéléem (Tome 1 sur 1 – Les temps binaires)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Citéléem

« La cuve transparente en forme de parallélépipède arrivait exactement au niveau de mon regard. À travers les épaisses parois de verre, j’observais l’Androx immergé dans un bain biologique de couleur verdâtre.

Il était entièrement nu, couché sur le dos au fond de son milieu cellulaire sans lequel il n’aurait jamais pu se développer. Des bulles montaient de sa bouche, de ses narines, et crevaient à la surface avec des plocs sonores. D’étranges gargouillements naissaient au terminal des électrodes intradermiques et crâniennes. Des pulsations animaient déjà les zones tactiles.

J’avais terminé la Phase 2. La Phase 3 consistait à insuffler l’énergie vitale, opération la plus délicate du stade évolutif.

Je frottai mes yeux fatigués par dix heures de travail consécutif. Je fis le tour complet du bac aquatique et vérifiai tous les appareils. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Citéléem – Les temps binaires. »

Les maîtres de la matière par Max-André Rayjean

Fiche de Les maîtres de la matière

Titre : Les maîtres de la matière (Tome 14 sur 14 – Jé Mox)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les maîtres de la matière

« Le nouveau « Cos-200 » flambait neuf. C’était le troisième de la série, construit selon les mêmes techniques que les deux précédents après l’aventure des Symbios.
Ce type d’engin avait les meilleures performances de toute la flotte spatiale et son équipage était l’un des plus qualifiés. Il possédait une autonomie sans limites lui permettant de se transporter dans n’importe quelle partie de l’Univers, à travers la quatrième dimension.
Il effectuait une mission de routine à la frange de l’Empire Galactique. Sa base était Ter-5. Devant le rapport négatif, Jé Mox programmait déjà l’ordinateur de bord pour un retour accéléré.
Il fut interrompu par la voix de Nadie Gem :
— Attends un peu, Jé. Il me semble que quelque chose ne tourne pas rond.
Le commandant observa l’écran de contrôle placé devant lui et remarqua la gravité de sa collaboratrice penchée sur ses appareils de détection. Il fronça les sourcils. Cet ennui de dernière minute le contrariait. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les maîtres de la matière – Jé Mox. »

La chaîne des Symbios par Max-André Rayjean

Fiche de La chaîne des Symbios

Titre : La chaîne des Symbios (Tome 13 sur 14 – Jé Mox)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de La chaîne des Symbios

« Rod Bradley somnolait. Il était assis devant ses appareils de contrôle, confiant dans l’infaillibilité du système électronique. Sa tête retombait mollement en avant, sur sa poitrine, comme si elle pesait trop lourd.

En fait, le lieutenant de la Force Spéciale s’ennuyait. Il passait son temps confiné dans son P.C. inexpugnable. Il faisait de brèves sorties au-dehors, par routine et pour prendre un peu l’air.

Il s’ennuyait d’ailleurs comme ses camarades de la F.S. expatriés sur ce lointain planétoïde XM.117, appelé encore Horba, où était basée une mission scientifique. Il avait cinq hommes sous ses ordres, tous des volontaires, bien sûr, attirés par l’aventure spatiale et la prime alléchante de séjour.

Or, au bout de quelques semaines, la désillusion s’emparait très vite de l’équipe chargée de la sécurité. Horba était entouré d’une atmosphère raréfiée, respirable si l’on ménageait ses efforts. L’habitude aidait à l’adaptation. Ça ne valait pas les grands bastions comme Ter-7 ou Ter-8, véritables paradis. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « La chaîne des symbios – Jé Mox. »

Le piège de lumière par Max-André Rayjean

Fiche de Le piège de lumière

Titre : Le piège de lumière (Tome 12 sur 14 – Jé Mox)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le piège de lumière

« Métabor, capitale administrative de Ter-8, jouissait d’un climat privilégié. Presque toute l’année régnait un printemps perpétuel avec une température qui oscillait autour de vingt-cinq degrés.
 
Etagée sur des collines dominant la mer, l’agglomération était pratiquement invisible grâce à son architecture d’avant-garde. Il n’y avait pas de buildings, d’usines polluantes, de circulation urbaine. Mais des habitations basses, intégrées au décor, à l’environnement. Des couloirs souterrains reliaient les différents quartiers et de ce fait les échanges ne s’opéraient pas en surface. D’ailleurs, même dans les tunnels, les véhicules étaient entièrement électriques et n’émettaient aucun bruit, aucun gaz toxique. Tout avait été prévu pour le confort, la tranquillité et le bonheur des citadins.
Oui, Métabor était une ville heureuse. Non seulement par sa conception, mais parce que Ter-8 était elle-même un paradis. L’homme ne voulait pas défigurer cette merveilleuse planète, la plus belle de l’Empire. A cent kilomètres, de hautes montagnes s’élevaient, couvertes de neiges éternelles. Des torrents d’eau fraîche bondissaient dans les rochers. Des arbres verts habillaient les pentes. Un air pur oxygénait les poumons. Des oiseaux chantaient. Des animaux en liberté s’ébattaient dans la nature. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le piège de lumière – Jé Mox. »

Les métamorphosés de Spalla par Max-André Rayjean

Fiche de Les métamorphosés de Spalla

Titre : Les métamorphosés de Spalla (Tome 11 sur 14 – Jé Mox)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les métamorphosés de Spalla

« Ter-8, le magnifique bastion conquis par l’Homme à des centaines d’années-lumière de sa planète originelle, resplendissait comme un joyau dans l’écrin noir de l’espace.

La pureté de son atmosphère était sans égale. Dans les zones tempérées, des courants tièdes maintenaient une température équilibrée à longueur d’année. Des sources d’eau fraîche descendues des montagnes alimentaient des torrents, puis des rivières. Des forêts aux verts disparates abritaient des oiseaux chanteurs. Des alpages étonnamment drus habillaient les cimes au-delà des arbres. Des fleurs aux couleurs vives éclataient partout, libérant leurs parfums enivrants.

Enfin, dominant cette généreuse nature encore vierge, l’épaisse carapace des glaciers façonnait des dômes étincelants dans un été perpétuel. Des neiges éternelles figeaient des étendues immaculées.

L’Homme, cet audacieux voyageur venu des profondeurs de l’Univers, ne voulait pas faire de Ter-8 une répétition d’erreurs. Il avait décidé que ce monde enchanteur resterait une oasis de détente, un havre de repos dans le cosmos infini. Il n’amènerait avec lui ni pollution, ni bruit, ni nuisance. »

Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Métamorphosés De Spalla – Jé Mox. »