Étiquette : Récits du vieux royaume
Le sentiment du fer par Jean-Philippe Jaworski
Fiche de Le sentiment du fer
Titre : Le sentiment du fer (Tome 3 sur 3 – Récits du vieux royaume)
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Date de parution : 2015
Editeur : Les moutons électriques
Sommaire de Le sentiment du fer
- Le sentiment du fer
- L’elfe et les égorgeurs
- Profanation
- Désolation
- La troisième hypostase
Première page de Le sentiment du fer
« IL Y A UN PAQUET DE BONSHOMMES QUI NE PEUVENT PAS ENCAISSER LES ELFES.
Certains les jalousent, d’autres les méprisent, personne ne les entrave – si toutefois il y a quelque chose à comprendre chez ces écervelés. Beaucoup d’envieux sont tout simplement exaspérés par l’afféterie des mignards. Il n’y a pas à lanterner : les elfes sont trop beaux. Trop gracieux. Trop diserts. Trop adroits. Trop vieux. Trop jeunes. Trop légers. Pour un rombier avec le museau ordinaire, la bedaine qui s’alourdit et l’âme cafardeuse, il y a de quoi grincer des dents.
On trouve aussi pas mal de quidams qui redoutent les elfes – j’en sais quelque chose, j’en étais. C’est bien connu dans les milieux que je fréquente : plus le barbeau est joli, plus la casserole écosse. Car on leur prête une réputation flatteuse : fats, inconscients, cruels, oublieux, sorciers, sans scrupule. Figurez-vous ces artistes avec un couteau dans la main et je vous laisse admirer les tableaux qu’ils peuvent signer. Il y a de quoi trembler dans ses poulaines. »
Extrait de J.P Jaworski. « Le sentiment du fer – Récits du vieux royaume. »
Gagner la guerre par Jean-Philippe Jaworski

Fiche de Gagner la guerre
Titre : Gagner la guerre (Tome 2 sur 3 – Récits du vieux royaume)
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Date de parution : 2009
Editeur : Les moutons électriques
Première page de Gagner la guerre
« À peine le temps de me pencher au-dessus du bastingage : mon dernier repas, arrosé de piquette, a jailli hors de mes lèvres. Il a suivi une trajectoire fétide avant de se perdre dans l’écume et les vagues. Encore convulsé par les hauts-le-cœur, j’ai essuyé les filaments baveux qui me poissaient le menton. Deux toises plus bas, l’océan se soulevait et bouillonnait, cinglé en cadence par les longues rangées de rames.
Je n’ai jamais aimé la mer.
Croyez-moi, les paltoquets qui se gargarisent sur la beauté des flots, ils n’ont jamais posé le pied sur une galère. La mer, ça secoue comme une rosse mal débourrée, ça crache et ça gifle comme une catin acariâtre, ça se soulève et ça retombe comme un tombereau sur une ornière ; et c’est plus gras, c’est plus trouble et plus limoneux que le pot d’aisance de feu ma grand-maman. Beauté des horizons changeants et souffle du grand large ? Foutaises ! La mer, c’est votre cuite la plus calamiteuse, en pire et sans l’ivresse. »
Extrait de : J.P Jaworski. « Gagner la guerre – Récits du vieux royaume. »
Janua vera par Jean-Philippe Jaworski
Fiche de Janua vera
Titre : Janua vera (Tome 1 sur 3 – Récits du vieux royaume)
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Date de parution : 2007
Editeur : Les moutons électriques
Sommaire de Janua vera
- Janua vera
- Montefellone
- Mauvaise donne
- Le service des dames
- Une offrance très précieuse
- Le conte de Suzelle
- Jour de guigne
- Un amour dévorant
- Comment Blandin fut perdu
- Le confident
Première page de Janua vera
« Le voici brutalement dressé, haletant, les yeux écarquillés sur la pénombre des appartements royaux. Dans le sursaut qui l’a arraché au sommeil, il a dispersé les oreillers de plume, les coussins armoriés, il a senti la caresse de la soie glisser au bas de son torse puissant. Ses mains larges sont crispées avec violence sur le satin froissé du drap, les muscles épais de ses épaules et de ses bras sont noués par la tension. Recroquevillée à l’autre bout du lit, il devine la nudité pâle de la favorite, son regard agrandi par la surprise ou par la peur. Derrière les portes aux bas-reliefs d’ivoire, dans le dédale des corridors, des escaliers, des salles de cérémonie, il entend des appels brefs, des cavalcades lourdes, le cliquetis des armes. Il sait qu’une fois de plus, il a hurlé. Sans doute est-ce son propre cri qui l’a éveillé, en même temps qu’il secouait la torpeur du palais. »
Extrait de : J.P Jaworski. « Janua vera – Récits du vieux royaume. »