Étiquette : Richard-Bessière

 

Zone Spatiale Interdite par François Richard-Bessière

Fiche de Zone Spatiale Interdite

Titre : Zone Spatiale Interdite
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Zone Spatiale Interdite

« L’homme vivait sa dernière nuit. Bientôt deux ans qu’il était enfermé dans cette obscure et lugubre cellule rongée par l’humidité. Deux ans, déjà !

Il savait que dans quelques heures tout serait fini. Les atomiseurs désintégreraient complètement son corps dans une fraction de seconde, et il ne resterait plus rien de lui-même, à part peut-être cette énigmatique substance que l’on nomme esprit et au sujet duquel les avis sont bien partagés, malgré la civilisation du XXVe siècle.

Alors peut-être il connaîtrait la Grande Vérité, le Pourquoi et le Comment des choses, à moins que tout cela ne soit qu’un vaste bluff, une immense fumisterie imaginée pour satisfaire la curiosité humaine. Le monde pouvait être une ridicule plaisanterie, le reflet d’une chose inconnue qui n’avait pas de sens pour les humains. Il avait lu un article dans ce goût-là dans un magazine, et il s’en souvenait. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Zone spatiale interdite. »

Visa pour Antarès par François Richard-Bessière

Fiche de Visa pour Antarès

Titre : Visa pour Antarès
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir

Première page de Visa pour Antarès

« Scott Brady n’était pas de ce monde. Il faisait partie de ceux que l’émigration terrienne du siècle précédent avait engendrés dans les lointaines colonies de l’Espace, à des centaines où même des milliers d’années-lumière de la Terre patrie.

Il était un de ces spécimens issus de plusieurs croisements de races et pour qui le mot couleur perd toute signification lorsqu’il s’applique à l’épiderme humain.

Il constituait à la fois un mélange intime de jaune, de rouge, de noir et de blanc, comme si le bronze était devenu le trait d’union racial pour la nouvelle humanité de l’Espace.

Brady était un garçon jeune encore, d’une taille au-dessus de la moyenne et dont les qualités physiques n’avaient d’égales que celles de l’esprit. C’était un « homme conditionné », selon le terme cher aux manuels, dont pouvaient s’enorgueillir les services de la Sécurité Galactique. Et le lieutenant Brady, malgré son jeune âge, comptait déjà près de quinze années de fidèles et loyaux services dans les rangs de la Section Solaire. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Visa pour Antarès. »

Vingt pas dans l’inconnu par François Richard-Bessière

Fiche de Vingt pas dans l’inconnu

Titre : Vingt pas dans l’inconnu
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1955
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vingt pas dans l’inconnu

« Mourir aussi stupidement d’une flèche dans le dos ! Comme la vie est bizarre. Une simple flèche, un projectile vieux comme le monde. Et c’est à cause de cela que je vais terminer ma chienne de vie. La faute en incombe à cet écervelé de Roland qui ne va certainement pas tarder à subir un sort identique au mien.

Ce serait bête à pleurer. Dire que je vais crever au milieu de ce sentier, d’une façon aussi ridicule. Tout ce sang qui coule et que je ne peux pas arrêter. Mon Dieu, ayez pitié de moi. Faites vite, je vous en prie, abrégez mon agonie.

Pourquoi tout cela est-il arrivé ? Pourquoi ? Voilà… je me souviens des moindres détails, et de tous les événements que je viens de vivre avec mes compagnons. Pourquoi n’ai-je pas refusé de les suivre ? Est-ce l’approche de la mort qui fait renaître dans mon esprit chaque seconde de cette inconcevable aventure qu’aucun être humain n’aurait même pu imaginer ?

Je ne sais pas. Pourtant, je me souviens de tout, surtout de cette journée du 1er juin où j’aurais mieux fait de ne pas entrer chez ce brave Jimmy. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Vingt pas dans l’inconnu. »

Un futur pour M. Smith par François Richard-Bessière

Fiche de Un futur pour M. Smith

Titre : Un futur pour M. Smith
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un futur pour M. Smith

« Mon premier geste fut de regarder autour de moi.

J’avais « atterri » (et ce fut là ma première impression) dans une sorte de jardin envahi de plantes et de fleurs multicolores.

Je distinguai des bouquets de magnolias, des lauriers, des sassafras, des palmiers nains, et tout cela composait un assez agréable et reposant décor sylvestre, d’autant plus que le ciel était d’un bleu magnifique et que le soleil brillait joyeusement.

L’air était doux, calme, parfumé, léger et vivifiant. Cela me réconforta un peu et j’oubliai vite toutes les frayeurs que j’avais endurées pendant ce sacré voyage.

L’horizon, devant moi, était bouché par une longue rangée de bâtiments comportant le minimum de lignes droites et qui semblaient s’empiler les uns sur les autres dans une esthétique assez douteuse. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Un futur pour M. Smith. »

Silence… on meurt ! par François Richard-Bessière

Fiche de Silence… on meurt !

Titre : Silence… on meurt !
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Silence… on meurt !

« Il faisait beau.
Inlassablement, de gros nuages noirs tournaient dans le ciel. Ronko sortit de chez lui, détendu et serein. Il décida de déambuler au hasard pour profiter de la douceur de cette journée printanière.
C’était un homme de trente à trente-cinq ans, grand, le poil fauve, les yeux verts. Un homme de nulle part, ou plus exactement de n’importe où.
La ville s’animait. Ses grandes avenues au revêtement noir profond, ses trottoirs rouge vif aux bordures blanches, ses maisons multicolores, tout cela formait un kaléidoscope plein de vie. Les coqs de trottoirs sautillaient autour des passants, quémandant des graines. Ronko reconnut Petro, un volatile superbe qui « régnait » sur le quartier. Il le siffla et le coq accourut pour recevoir sa ration. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Silence… on meurt !. »

Relais Minos III par Richard-Bessière

Fiche de Relais Minos III

Titre : Relais Minos III
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Relais Minos III

« L’homme avait entendu à plusieurs reprises les chiens grogner dans la cour, mais il n’y avait pas trop prêté attention, affairé qu’il était à écouter les dernières informations du soir, débitées sur un ton neutre par un speaker chauve au visage inexpressif.

Il coupa bientôt le contact de son televista et s’apprêtait à bourrer sa pipe lorsque les chiens grognèrent à nouveau, dans le silence de la nuit. Ils allaient finir par réveiller sa femme qui était déjà couchée. Alors l’homme reposa sa pipe de bruyère avant de se diriger vers la grande baie vitrée surplombant le jardin.

La nuit était noire, et une légère brise secouait les grands arbres que l’hiver avait dépouillés, et qui formaient une masse compacte dans la direction de l’autoroute. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Relais Minos III. »

Réaction déluge par François Richard-Bessière

Fiche de Réaction déluge

Titre : Réaction déluge
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir

Première page de Réaction déluge

« J’avais accepté de passer la soirée chez des amis dans les environs de Chicago, ma ville natale. Réception très simple, très amicale, chez de vieilles connaissances où, pour une fois, il n’avait été nullement question de discuter littérature ou philosophie. J’ai toujours eu horreur des gens qui se croient obligés de parler maladie dès qu’ils se trouvent en présence d’un médecin, politique avec un ministre ou agriculture avec un fermier de l’Ouest.

Or, bien que je sois un auteur de science-fiction, et que j’écrive volontiers des opéras cosmiques, néologisme dont je revendique la paternité, nul n’avait cru bon de mettre la conversation sur ce sujet, et j’en avais été heureux.

Non, pour une fois, les sujets avaient été variés, et je n’insisterai pas outre-mesure sur cette soirée, sinon pour dire qu’elle fut d’une part très agréable pour moi, et d’autre part qu’elle constitua le point de départ de ma… enfin de mon histoire.

Car, en effet, c’est en quittant mes amis que tout a commencé. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Réaction déluge. »

Planète de mort par François Richard-Bessière

Fiche de Planète de mort

Titre : Planète de mort
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Planète de mort

« John Dixley émergea en coup de vent de l’ascenseur électromagnétique qui venait en l’espace de quelques secondes de le conduire dans l’immense abri souterrain encore occupé par la Cosmic Society.

John avait toujours éprouvé un certain malaise chaque fois qu’il avait été obligé de se rendre dans le blockhaus de la compagnie, situé à près de quatre cents mètres au-dessous de la surface terrestre, il ne manquait jamais d’éprouver cette sorte d’oppression due sans doute à une claustrophobie très développée chez lui. Mais bientôt tout cela ne serait plus qu’un mauvais souvenir, et la Cosmic Society reprendrait sa place dans un immense building actuellement en construction à Long-Island.

La guerre était passée par là, plus meurtrière que jamais, et les hommes de l’an 2080 avaient dû en toute hâte se décider à se réfugier dans les entrailles du globe, afin d’échapper à une destruction totale. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Planète de mort. »

Pas de gonia pour les Gharkandes par François Richard-Bessière

Fiche de Pas de gonia pour les Gharkandes

Titre : Pas de gonia pour les Gharkandes
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pas de gonia pour les Gharkandes

« Vous avez ouvert ce livre, intrigué probablement par deux mots de son titre, qui sont « gonia » et « gharkandes ». Mille regrets, mais vous ne les trouverez dans aucun dictionnaire ni dans aucune encyclopédie du XXe siècle.

La sémantique évolue avec les siècles, elle s’enrichit constamment de néologismes et de mots nouveaux, si bien qu’autobus et whisky n’auraient eu aucune signification pour le vaillant légionnaire de César.

Eh bien, voilà ! Vous êtes aujourd’hui ce légionnaire.

Si vous le voulez bien, supposez un instant que vous disposiez d’une machine temporelle et que vous repreniez contact avec la Terre en plein XXIIe siècle. Pour être plus précis, en l’an 2.145 exactement.

Il est possible que vous retrouviez l’un de vos descendants, lointain petit-fils ou vague cousin, mais n’importe qui se fera un plaisir d’éclairer votre lanterne. Par exemple, si vous demandez :

— Qu’est-ce qu’un gonia ?

On vous répondra sans hésiter :

— C’est un terme argotique de notre temps signifiant : âme, ou plutôt l’entité âme-esprit qui anime notre corps matériel. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Pas de Gonia pour les Gharkandes. »

On demande un cobaye par François Richard-Bessière

Fiche de On demande un cobaye

Titre : On demande un cobaye
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de On demande un cobaye

« Ce matin-là, j’avais volontiers dormi le plus tard possible pour retarder le moment crucial qui allait me mettre face à face avec ma logeuse. Et je dois reconnaître qu’il me fallut une certaine dose de courage pour affronter cette vieille sorcière qui m’attendait au bas de l’escalier, armée de son balai et flanquée de son inséparable matou.

Je serrai mon tableau sous mon bras, pris mon courage de l’autre main et essayai de lui sourire.

Ça coûte quand même un effort, de sourire comme ça, je vous l’assure.

— Bonjour, belle journée, n’est-ce pas ? lançai-je tout guilleret.

La vieille chipie me foudroya d’un regard calorique capable de faire fondre un iceberg de la taille de l’Everest.

— La journée serait encore plus belle si je pouvais voir la couleur de votre argent, grinça-t-elle. »

Extrait de : Richard-Bessière. « On demande un Cobaye. »