Étiquette : Rivages
La grande secousse par R. Laymon

Fiche de La grande secousse
Titre : La grande secousse
Auteur : R. Laymon
Traduction : F. Reichert
Date de parution : 1995
Editeur : Rivages
Première page de La grande secousse
« Vingt minutes avant que le séisme ne frappe, Stanley Banks était planté devant la fenêtre du salon. Bien qu’il tînt les pages de sport du L.A. Times à la hauteur de sa poitrine, il feignait seulement de les lire. Tous les matins ouvrés de la semaine, il faisait semblant de les lire.
Au cas où Mère surgirait inopinément dans la pièce dans son fauteuil à roulettes et le surprendrait devant la fenêtre.
D’ordinaire, elle se cantonnait dans la cuisine, à siroter du café en tétant des cigarettes et en écoutant la radio.
Mais elle faisait parfois des irruptions éclair, et le journal fournissait une excellente diversion.
Dorénavant, elle était sûre que Stanley avait pris l’habitude de s’installer devant la fenêtre pour profiter de l’ensoleillement de la matinée tout en potassant la première page de la rubrique sportive.
Il le lui avait assez souvent répété.
Bien entendu, ce n’était pas la vérité.
En réalité, s’il s’installait là, c’était pour observer le trottoir. »
Extrait de : R. Laymon. « La grande secousse. »
L’initiation à la peur par T. Owen

Fiche de L’initiation à la peur
Titre : L’initiation à la peur
Auteur : T. Owen
Date de parution : 1942
Editeur : Rivages
Première page de L’initiation à la peur
« LE COLONEL ET LA TULIPE
Le colonel Bruck était un de ces hommes éternellement jeunes, qui vont d’un pas désinvolte à la rencontre d’une soixantaine qui ne les effraye nullement. Grand, mince, les cheveux presque blancs, le visage plutôt rouge que hâlé, les yeux étrangement bleus, le colonel Bruck avait incontestablement une « sacrée allure ».
Vêtu de son éternel complet de flanelle grise, modèle croisé, il contemplait ce jour-là, dans le jardin de son cottage, les tulipes démesurées qu’il cultivait avec passion. Il y en avait des rouge sang, des mauve tendre, des jaunes, des mordorées, des noires même, somptueuses, veloutées, fièrement dressées au bout dune tige robuste, presque aussi grosse que le petit doigt.
Le colonel Bruck était entièrement satisfait. Et sa satisfaction se traduisait par un sourire réellement juvénile, qui creusait dans ses joues lisses de petites fossettes très amusantes qui lui avaient valu ses plus beaux succès féminins. »
Extrait de : T. Owen. « L’initiation à la la peur. »
Sylvia par H. Fast

Fiche de Sylvia
Titre : Sylvia
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1960
Traduction : L. du Veyrier
Editeur : Rivages
Première page de Sylvia
« La plupart des gens se contentent de faire ce qu’ils ont toujours fait : aujourd’hui sera comme hier, et demain ça continuera. C’est comme ça pour moi. Je gagne un salaire de misère dans un sale boulot. Dès que j’ai un sou en poche, je peux refuser les tâches vraiment répugnantes et accepter celles qui le sont moins, et alors j’en conçois une certaine estime pour moi-même, aussi vaine et dépourvue de sens que tous les autres sentiments que j’éprouve. Et toujours, comme tous les gens de mon espèce, je rêve que l’impossible va se produire.
S’il n’arrivait jamais rien, l’existence serait absurde. Moi, j’ai eu de la chance, au moins une fois dans ma vie – et c’est déjà beaucoup – il m’est arrivé quelque chose : Sylvia West est entrée dans ma vie et je suis entré dans la sienne.
Je m’appelle Alan Macklin. Taille : un mètre soixante-dix-huit ; cheveux bruns, yeux marron, je ne suis ni plus laid ni mieux qu’un autre. »
Extrait de : H. Fast. « Sylvia. »
Mémoires d’un rouge par H. Fast

Fiche de Mémoires d’un rouge
Titre : Mémoires d’un rouge
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1990
Traduction : E. Chaix-Morgiève
Editeur : Rivages
Première page de Mémoires d’un rouge
« Je ne pourrais en aucun cas raconter l’histoire de la curieuse existence qu’il m’a été donné de vivre sans aborder cette longue période pendant laquelle j’ai été ce que cette vieille brute de sénateur Joseph McCarthy se délectait à appeler « un porteur de la carte du Parti communiste ». Il prononçait ces mots comme s’il s’agissait d’une incantation pour faire apparaître le diable lui-même, évoquant Satan avec une telle volupté méchante que c’est tout juste si l’on ne sentait pas l’odeur du soufre.
Lors de mon unique confrontation avec ce vieux monstre de McCarthy, je tentai vainement de lui enseigner quelques-unes des vérités les plus évidentes de l’histoire américaine, mais il se mit dans une colère noire et rugit que je n’avais qu’à en faire un livre. Je fis bien davantage, mais nous en reparlerons. Pour l’heure, laissez-moi décrire les circonstances qui m’ont amené à intégrer le mouvement communiste, où j’ai milité pendant douze années qui changèrent radicalement mon existence. »
Extrait de : H. Fast. « Mémoires d’un rouge. »
L’ange déchu par H. Fast

Fiche de L’ange déchu
Titre : L’ange déchu
Auteur : H. Fast
Date de parution : 1965
Traduction : M. Tesnières
Editeur : Rivages
Première page de L’ange déchu
« L’escalier
Je vais vous conter l’histoire comme elle s’est passée, et vous pourrez vous faire une opinion. C’est tout ce que je suis en droit de demander, pour l’instant, et c’est déjà beaucoup, je crois.
Tout commença un jour de mars, par un triste après-midi pluvieux : il se produisit je ne sais quelle perturbation dans l’installation électrique de l’immeuble, et toutes les lumières s’éteignirent. Nous étions là, en plein vingtième siècle, mais aussi désemparés, aussi isolés que le fut jamais l’homme, au commencement du monde.
De mon bureau, tout là-haut au vingt-deuxième étage, je découvrais la pointe de l’île de Manhattan, la baie, le fleuve. Dame Liberté, les remorqueurs, les paquebots, les cargos, les quais. Et sur tout cela tomba la pluie ; et tout cela était gris et lugubre, dans un univers lugubre où les gens de mon espèce n’avaient guère en commun que leur désarroi. »
Extrait de : H. Fast. « L’ange déchu. »
John Silence par A. Blackwood
Fiche de John Silence
Titre : John Silence
Auteur : A. Blackwood
Date de parution : 1908
Traduction : M. Duperray
Editeur : Rivages
Sommaire de John Silence
- La némésis du feu
- Une invasion psychique
- Culte secret
Première page de La némésis du feu
« Grâce à une stratégie que je n’ai jamais pu percer à jour, John Silence réussit toujours à garder l’exclusivité du compartiment, et comme nous avions deux heures devant nous avant le prochain arrêt du train, il y avait tout le temps nécessaire pour passer en revue les éléments préliminaires du cas à traiter. Il m’avait téléphoné le matin même, et malgré le handicap des kilomètres de fil qui nous séparaient, j’avais reconnu dans sa voix le frémissement qui précède les aventures extraordinaires.
— C’est comme s’il s’agissait d’une simple visite à la campagne, répondit-il à l’appareil, en réponse à ma question, et n’oubliez pas votre fusil.
— Armé à blanc, je suppose ? Car je connaissais sa stricte opposition de principe aux sports qui attentent à la vie et devinais que les fusils n’avaient pour but évident que le déguisement. »
Extrait de : A. Blackwood. « John Silence. »
La fille de nulle part par F. Brown
Fiche de La fille de nulle part
Titre : La fille de nulle part
Auteur : F. Brown
Date de parution : 1951
Traduction : G. de Chergé
Editeur : Rivages
Première page de La fille de nulle part
« Les yeux remplis d’une terreur soudaine, Jenny recula devant le couteau, sa main cherchant à tâtons derrière elle le bouton de la porte de la cuisine. Elle était trop effrayée pour hurler ; d’ailleurs, il n’y avait personne pour l’entendre. Personne, à part l’homme qui venait vers elle avec le couteau – et cet homme était fou, il devait être fou. Sa main agrippa le bouton, le tourna. La porte s’ouvrit sur les ténèbres et Jenny s’élança dans la nuit. La Mort se jeta à sa poursuite.
Huit années s’écoulèrent.
Ce qui arriva ensuite commença de la façon la plus banale du monde, comme c’est généralement le cas. Cela commença le 18 mai, un jeudi.
Un certain George Weaver venait de louer une chambre à La Fonda, un hôtel de Taos, au Nouveau-Mexique. Ayant fini de se raser, il essuyait les dernières traces de mousse avec l’extrémité d’une serviette mouillée lorsque le »
Extrait de : F. Brown. « La Fille de nulle part. »
Le feu de la salamandre par Brian Stableford
Fiche de Le feu de la salamandre
Titre : Le feu de la salamandre (Tome 2 sur 3 – Les livres de la Genèse)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 1996
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Rivages
Première page de Le feu de la salamandre
« Il n’existe pas de destinée ; l’avenir est imprévisible, mais le monde regorge de devenirs. Certains naîtront et suceront le lait nourricier. Les plus forts deviendront de nouvelles créatures, pas seulement de ce monde, mais de tout Vunivers. L’avenir reste imprévisible, mais l’imagination sait entrevoir son ombre.
Un jour arriva un Serpent à Idun, portant le présent d’un arbre dont le fruit contenait la connaissance du bien et du mal. Nos pères achetèrent l’arbre avec des promesses qu’ils ne respectèrent pas.
« Je vous ferai don de mon sangf dit le Serpent, et je souhaite que vous en fassiez bon usage. *
Nos pères acceptèrent ce don sans tenir leur promesse. « Nous te le rendrons un millier de fois, répondirent-ils, si seulement nous en faisons bon usage. »
Extrait de : B. Stableford. « Livres de la genèse – Le Feu de la salamandre. »
Le sang du serpent par Brian Stableford
Fiche de Le sang du serpent
Titre : Le sang du serpent (Tome 1 sur 3 – Les livres de la Genèse)
Auteur : Brian Stableford
Date de parution : 1995
Traduction : N. Mesplède
Editeur : Rivages
Première page de Le sang du serpent
« Les humains furent créés par un monde qui n ‘est pas celui qu ‘ils connaissent; un monde de même nature mais pourtant différent. Aucun homme ne verra le monde originel\ mais il pourra l’apercevoir en rêve. Aucun souvenir du monde qui créa la race humaine ne subsiste ici-bas ni n ‘est mentionné dans la légende sacrée, mais ce qui est écrit dans le sang ne peut jamais être entièrement effacé et la flamme dansante qui illumine les rêves les plus intimes ne s’éteindra jamais complètement.
Aucun homme issu de ce monde ne sait ce qu ‘est une lune ou une montagne et pourtant, certains hommes s’abreuvent d’une précieuse folie et voient la lune les yeux fermés, tandis que d’autres escaladent des montagnes couchés dans leur lit, et connaissent le vertige des hauteurs sublimes.
Notre monde ne connaît pas de saisons, mais les saisons se trouvent dans le rythme de nos êtres. Les marées qui affluent dans notre sang sont infiniment plus intenses que celles, insignifiantes, qui agitent nos mers sans profondeurs. »
Extrait de : B. Stableford. « Livres de la genèse – Le Sang du Serpent. »