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L’initiation par Anne Rice

Fiche de L’initiation

Titre : L’initiation (Tome 1 sur 4 – Les infortunes de la Belle au bois dormant)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1983
Traduction : A. Calmevent
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’initiation

« DEPUIS le début de sa jeune existence, le Prince connaissait l’histoire de la Belle au bois dormant, qu’un maléfice avait condamnée, après s’être piqué le doigt sur un fuseau, à dormir cent ans, ainsi que ses parents, le Roi et la Reine, et toute la Cour.

Mais il avait refusé d’accorder foi à cette histoire, jusqu’à son entrée dans le château.

Même les cadavres des autres Princes crucifiés sur les épines qui tapissaient les murs de la demeure n’avaient pu le convaincre. Sans nul doute, chacun de ses prédécesseurs y croyait déjà en approchant du château mais, pour sa part, il éprouvait le besoin de se rendre compte par lui-même.

Insouciant à force de chagrin depuis la mort de son père, et trop investi d’autorité sous le règne de sa mère, il tranchait à la racine ces épines terrifiantes, esquivant leurs pièges avec agilité. Son désir n’était point tant de mourir que de conquérir. »

Extrait de : A. Rice « L’initiation – Les infortunes de la Belle au bois dormant. »

L’île du docteur Mort par Gene Wolfe

Fiche de L’île du docteur Mort

Titre : L’île du docteur Mort
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1980
Traduction : C. Canet
Editeur : Robert Laffont

Sommaire de L’île du docteur Mort

  • L’île du docteur Mort
  • Les cailloux d’un autre monde
  • La Befana
  • Où le héros apparaît sous les traits d’un loup-garou
  • Trois doigts
  • La mort du Docteur Ile
  • Les tigres de duvet
  • La minute de vérité
  • Chant de chasse
  • Le théâtre de marionnettes
  • Le docteur de l’île de la mort
  • Messages sensoriels
  • Les visions miraculeuses
  • Sept nuits américaines

Première page de L’île du docteur Mort

« L’hiver est venu, sur mer comme sur terre, bien qu’il n’ait plus de feuilles à faire tomber. Hier encore les vagues étaient d’un bleu cru étincelant, et voici qu’aujourd’hui, sous un ciel pâlissant, elles sont d’un vert opaque et froid. Si tu es un garçon qui se sent de trop à la maison, tu parcours la plage pendant des heures pour sentir l’hiver qui a fait son entrée pendant la nuit, le sable qui souffle sur tes souliers, l’écume qui mouille le velours de ton pantalon. Tu tournes le dos à la mer, et avec l’extrémité pointue d’un bâton qu’on a trouvé à moitié enfoui tu écris sur le sable humide : Tackman Babcock.

Puis tu rentres chez toi, sachant que l’Atlantique est en train de détruire ton travail. »

Extrait de : G. Wolfe. « L’Ile du Docteur Mort et autres histoires. »

Les montagnes du soleil par Christian Léourier

Fiche de Les montagnes du soleil

Titre : Les montagnes du soleil
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1971
Editeur : Robert Laffont

Première page de Les montagnes du soleil

« — Je suis Cal, l’homme aux longs cheveux, à la souple cheville ; celui qui pour la chasse manie l’arc rond, et l’arc long pour la pêche. Celui qui peut dans les rochers suivre le chamois aux cornes aiguës et surprendre la marmotte aux yeux prudents. Celui qui connaît les herbes qui guérissent et sait le langage des oiseaux innombrables. Je suis Cal à la main assurée, à l’œil perçant, et je veux ta fille pour compagne !
Sur le visage impassible du vieux chef pas un trait n’a tressailli, mais l’assistance retient son souffle. C’est à lui, Igol le sage, que revient l’honneur de connaître les plantes médicinales et le langage des animaux, fils de la terre et du ciel. Et l’homme aux cheveux longs prétend posséder les secrets des chefs, ces secrets jalousement gardés, transmis de père en fils avec les précautions les plus minutieuses. »

Extrait de : C. Léourier. « Les montagnes du soleil. »

La planète inquiète par Christian Léourier

Fiche de La planète inquiète

Titre : La planète inquiète
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1979
Editeur : Robert Laffont

Première page de La planète inquiète

« De la plaine assoiffée s’élève la poussière.
L’air surchauffé racornit narines et gosiers. Des hommes, des femmes luttent. Ils marchent, mécaniques comme ces recrues de fatigue, soldats de la défaite qu’on fait tourner dans l’enceinte barbelée d’un camp disciplinaire. Ils marchent, sans savoir où les mènera tant de souffrance reniée. Sans comprendre ce qui les pousse, ni connaître le but.
De temps en temps, quelqu’un tombe. La horde l’absorbe en une meurtrière phagocytose. Rien ne peut la détourner. Elle a une route à ouvrir, une voie à tracer. Longtemps après que soit tari le flot monotone, la plaine éventrée gardera la cicatrice de son passage. »

Extrait de : C. Léourier. « La planète inquiète. »

Transit par Pierre Pelot

Fiche de Transit

Titre : Transit
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1977
Editeur : Robert Laffont

Première page de Transit

« SON nom était une grosse bulle, ventrue et rebondie, de couleur safran. Il était sur le point de la reconnaître, de l’identifier, lorsqu’elle éclata – vilaine farce – en une multitude d’éclats dont l’apparente composition se trouvait en totale opposition avec celle de la bulle originelle – comme une sphère d’eau savonneuse qui se serait métamorphosée en myriades de cristaux de glace acérés et mauvais. Cette pluie scintillante retomba en gerbe dorée contre son crâne nu, cliquetant sur la peau luisante.
Il savait que l’image n’avait pas de sens ; il savait que ce crâne n’était pas le sien – ne pouvait pas être le sien. Pour une quelconque raison, aux fondements ensevelis sous la boue, il était persuadé que son crâne, s’il en avait un, n’était pas chauve. »

Extrait de : P. Pelot. « Transit. »

Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz par D. Simmons

Fiche de Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz

Titre : Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2013
Traduction : S. Guillot
Editeur : Robert Laffont

Première page de Le nez-boussole d’Ulfänt Banderõz

« Au cours des ultimes millénaires du Vingt et Unième Éon, lors d’une des innombrables ères chaotiques ayant marqué l’histoire ignorée de la Terre Mourante, tous les signes habituels d’un malheur imminent s’aggravèrent soudainement.
Le grand soleil rouge, toujours lent à se lever, devint plus léthargique que jamais. Tel un vieillard rechignant à sortir de son lit, l’astre boursouflé, certains matins, tremblait, frémissait, titubait, il provoquait des tremblements de terre protestataires qui rayonnaient vers l’ouest à travers les antiques continents depuis les horizons orientaux, secouant jusqu’aux basses chaînes de montagnes usées par le temps et la gravité au point de les faire ressembler à de vieilles molaires. Des taches noires toujours plus nombreuses se mirent à véroler le pâle visage du soleil à son pénible essor, de sorte que des jours entiers finirent par se perdre dans un terne crépuscule marron. »

Extrait de : D. Simmons. « Le Nez-Boussole d’Ulfänt Banderõz. »

Le cinquième coeur par D. Simmons

Fiche de Le cinquième coeur

Titre : Le cinquième coeur
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2015
Traduction : C. Arnaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de Le cinquième coeur

« Au cours du pluvieux mois de mars 1893, pour des raisons que personne ne comprend (en premier lieu parce que personne en dehors de nous ne connaît cette histoire), l’auteur américain Henry James, alors installé à Londres, décida de passer le jour de son anniversaire à Paris et, ce 15 avril, de s’y donner la mort en se jetant de nuit dans la Seine.

Si je peux affirmer que James était très déprimé ce printemps, je ne saurais vous dire précisément pourquoi. Bien sûr, il avait perdu sa sœur un an plus tôt, emportée par un cancer de sein le 6 mars 1892, à Londres, mais Alice, une invalide professionnelle depuis des décennies, avait accueilli de bonne grâce le diagnostic de cancer. La mort, avait-elle dit à son frère, était l’événement qu’elle avait toujours attendu avec le plus grand enthousiasme. »

Extrait de : D. Simmons. « Le cinquième cœur. »

L’abominable par D. Simmons

Fiche de L’abominable

Titre : L’abominable
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2013
Traduction : C. Arnaud
Editeur : Robert Laffont

Première page de L’abominable

« Nous sommes tous les trois en train de déjeuner au sommet du Cervin, quand nous apprenons la disparition de Mallory et d’Irvine dans l’Everest.

C’est une journée splendide de la fin du mois de juin 1924, et l’information se trouve dans les pages d’un journal anglais vieux de trois jours avec lequel une employée de la petite auberge du Breuil, en Italie, a emballé nos sandwichs de bon pain frais au rosbif et raifort. Sans le savoir, j’ai porté cette nouvelle encore immatérielle – mais qui va bientôt nous peser lourdement – jusqu’en haut du Cervin dans mon sac à dos, à côté d’une outre de vin, de deux bouteilles d’eau, de trois oranges, de trente mètres de corde d’escalade et d’un gros salami. »

Extrait de : D. Simmons. « L’Abominable. »

Flashback par D. Simmons

Fiche de Flashback

Titre : Flashback
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2011
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Robert Laffont

Première page de Flashback

« — Vous vous demandez probablement pourquoi je vous ai prié de venir ici aujourd’hui, Mr Bottom, dit Hiroshi Nakamura.

— Non, répondit Nick. Je sais pourquoi vous m’avez fait venir ici.

Nakamura eut l’air surpris.

— Vous le savez ?

— Ouais, fit Nick en pensant : Et puis merde… Au point où tu en es… Nakamura veut engager un détective. Montre-lui que tu en es un. Vous voulez que je trouve la ou les personnes qui ont tué votre fils Keigo.

Nakamura cligna des yeux sans rien dire. C’était comme si le fait d’entendre prononcer le nom de son fils l’avait figé sur place.

Le vieux milliardaire jeta un coup d’œil vers son chef de la sécurité, un homme trapu mais puissamment bâti qui se tenait accoudé à un tansu près d’un shōji ouvert par lequel on apercevait le jardin intérieur. Si Sato avait réagi à l’interrogation muette de son employeur par un geste ou une expression quelconque, Nick n’avait rien remarqué. »

Extrait de : D. Simmons. « Flashback. »

Drood par D. Simmons

Fiche de Drood

Titre : Drood
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 2009
Traduction : O. Demange
Editeur : Robert Laffont

Première page de Drood

« Je m’appelle Wilkie Collins et puisque j’ai l’intention de repousser la publication de ce document d’au moins un siècle et quart après le jour de mon trépas, je suppose que mon nom ne te dit rien. Certains me présentent comme un joueur et ils ont raison. Je te parie donc, Cher Lecteur, que tu n’as lu aucun de mes livres, aucune de mes pièces de théâtre et que tu n’en as même pas entendu parler. Après tout, peut-être ne parlez-vous plus anglais, Britanniques et Américains de quelque cent vingt-cinq ans dans le futur. Peut-être vous habillez-vous comme des Hottentots, vivez-vous dans des grottes éclairées au gaz, voyagez-vous en ballon et communiquez-vous par transmission de pensée, sans vous embarrasser du moindre langage parlé ou écrit.

Néanmoins, je suis prêt à parier ma fortune, pour ce qu’elle vaut, et tous les droits d’auteur à venir de mes pièces et de mes romans, pour ce qu’ils vaudront, que vous vous souvenez du nom, des livres, des pièces et des personnages imaginaires de mon ami et ancien collaborateur, un certain Charles Dickens.»

Extrait de : D. Simmons. « Drood. »