Étiquette : Statten
L’homme multiple par Vargo Statten

Fiche de L’homme multiple
Titre : L’homme multiple
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1954
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’homme multiple
« Pour tout le monde, et même pour sa femme, Jeffrey Dexter n’était qu’un chimiste. Employé aux Laboratoires Centraux de Londres, que contrôlait entièrement le Gouvernement, il s’occupait de l’analyse de produits alimentaires, de cosmétiques et des innombrables éléments de confort destinés au public. Même la colle utilisée pour fermer les enveloppes passait par son service et, malgré la multiplicité de ses attributions, il était devenu fort expert dans sa partie et était parvenu à mettre de côté beaucoup d’argent, ce qui lui avait permis de se construire un petit laboratoire isolé au centre de la cité, sur un terrain anciennement ravagé par les bombes. Ce qu’il y faisait ne regardait personne. Sa femme elle-même n’en savait absolument rien et ce fut par hasard qu’un soir elle en fut informée. »
Extrait de : V. Statten. « L’homme multiple. »
L’homme de deux mondes par Vargo Statten

Fiche de L’homme de deux mondes
Titre : L’homme de deux mondes
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1953
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’homme de deux mondes
« Walter Cardish, vendeur dans un des grands magasins de confection de Londres, fut soulagé de se trouver, pour une fois, seul.
Lorsqu’il travaillait, il était toute la journée sous les ordres de son chef de rayon. Chez lui, il se trouvait sous le commandement de sa femme, Bertha ou de Tommy. Tommy, son fils, avait près de quatorze ans et paraissait réunir tous les penchants requis pour devenir un jeune délinquant.
Oui, c’était bon d’être seul. Le paysage, sur la colline, était nu peu obscurci par l’approche d’une tempête. L’air était d’un calme étrange. La senteur même de l’herbe et des fleurs sauvages faisait place à une nette odeur de soufre, à mesure que le déchaînement de l’orage devenait imminent. Malgré cela, c’était agréable de se trouver seul.
C’est que Lake District était si loin de Londres ! Assez loin pour qu’on oubliât à quoi ressemblait la vieille et active cité prise. Walter Cardish traversait la jetée Copper, longue étendue désolée encaissée entre l’eau du Rydal et le lac d’Endor ; l’hôtel où il avait pour l’instant laissé Bertha et Tommy se trouvait à cinq milles environ. »
Extrait de : V. Statten. « L’homme de deux mondes. »
L’héritage de la lune par Vargo Statten

Fiche de L’héritage de la lune
Titre : L’héritage de la lune
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1951
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’héritage de la lune
« Immobile et silencieux, Cliff Saunders paraissait plongé dans de profondes réflexions. Sur sa table de dessin, ses équerres et ses règles graduées avaient l’air d’avoir été abandonnées….
En fait, Cliff avait complètement oublié son travail. Il avait l’esprit ailleurs et son regard distrait fixait machinalement la haute fenêtre du bureau. Il ne voyait rien. Ni les ouvriers qui, en ce grisâtre après-midi de novembre, allaient et venaient dans la vaste cour de l’usine, ni les hautes bâtisses cubiques des ateliers « Norton et Burns », constructeurs de machines, où il travaillait comme dessinateur technique.
Mais une voix tira brusquement Cliff de ses pensées.
— Hé, Saunders ? Le patron vous demande à son bureau !…
— Hein ? Quoi ? s’écria Cliff en levant la tête et en esquissant une grimace ahurie.
Cliff était un jeune homme de vingt-sept ans, au visage intelligent, au regard à la fois rêveur et volontaire, au large front de mathématicien.
— Le patron vous attend dans son bureau ! répéta l’autre. »
Extrait de : V. Statten. « L’héritage de la lune. »
L’étoile fugitive par Vargo Statten

Fiche de L’étoile fugitive
Titre : L’étoile fugitive
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1952
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’étoile fugitive
« Ce ne fut d’abord qu’une sorte de poussière sur le fond de l’infini, une imperceptible altération des ondes lumineuses qui, sur les plaques photographiques et les écrans spectro-héliographes des observatoires, se manifestait par une tache beaucoup plus ténue qu’une pointe d’épingle. Située bien loin de la Voie Lactée, elle n’intéressa guère – du moins au commencement – que quelques rares spécialistes, c’est-à-dire les astronomes affectés à l’étude de cette portion du ciel.
Sans s’inquiéter outre mesure, ces astronomes se contentèrent d’enregistrer l’apparition de ce phénomène étrange et inexplicable. Dans leurs rapports d’observation, ils notèrent la chose en spécifiant qu’il s’agissait sans doute du noyau d’une nouvelle nébuleuse située dans les profondeurs lointaines de l’espace. »
Extrait de : V. Statten. « L’étoile fugitive. »
Infernale menace par Vargo Statten

Fiche de Infernale menace
Titre : Infernale menace
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1951
Traduction : C. Gerard
Editeur : Fleuve noir
Première page de Infernale menace
« La grande maison isolée apparut aussitôt que la voiture eût franchi la colline du village de Balton. Nick Hansley freina, coupa le contact, puis, immobile et silencieux, il contempla le paysage. A côté de lui, sa femme Ena demeurait pensive, et, derrière eux, le père d’Ena considérait sans mot dire ce décor d’automne, désolé, solitaire.
— Plutôt sinistre, décréta finalement Nick. Mais je suppose qu’en ces temps de pénurie de logement, un tel héritage mérite malgré tout notre reconnaissance.
Ena, toujours muette, approuva d’un signe de tête.
« Les Cèdres » évoquaient un décor d’Edgar Poe : c’était une énorme bâtisse plantée de guingois, un peu rébarbative, entourée de cèdres dépouillés et de cyprès squelettiques. A distance, il était impossible de juger si les parterres étaient entretenus ou non. Non, sans doute, car l’Oncle d’Ena – le frère de sa mère – avait une solide réputation d’excentrique, et on pouvait craindre qu’il n’ait montré que de maigres dispositions pour le jardinage. »
Extrait de : V. Statten. « Infernale menace. »
Hommes en double par Vargo Statten

Fiche de Hommes en double
Titre : Hommes en double
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1956
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de Hommes en double
« Pour passer la soirée, Harvey Bradman et sa fiancée Véra Maynard avaient choisi l’un des cabarets de nuit les plus élégants de Londres.
Installés à une table de coin, ils étaient là depuis plus d’une heure, assis face à face, et leur conversation était si animée qu’ils n’avaient pas prêté la moindre attention au spectacle. Chose plus extraordinaire encore, ils ne s’étaient pas levés pour danser sur la piste réservée au public ; et pourtant, ils aimaient passionnément la danse. On les classait parmi les meilleurs danseurs de la haute société de la ville.
Véra Maynard avait un air sérieux et décidé. Elle portait une robe du soir à la toute dernière mode et les bijoux qui paraient ses oreilles et ses jolis poignets lançaient des éclairs merveilleux. Ses beaux cheveux noirs faisaient ressortir l’éclat de son teint très pur ; le parfum qui émanait d’elle était frais et jeune à souhait. Tout en elle était d’un goût parfait. »
Extrait de : V. Statten. « Hommes en double. »
Heure zéro par Vargo Statten

Fiche de Heure zéro
Titre : Heure zéro
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1953
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de Heure zéro
« Au printemps de l’année 1963, par une tiède matinée, Gordon Fryer lut l’annonce suivante :
« On demande un volontaire – masculin – âgé de vingt à trente ans – Intelligent – Pour expérience scientifique – Absolument sans danger – Rémunération – Demander le Dr. Boden Royd, « Les Mélèzes », Nether Bolling, Berks. »
Gordon Fryer se trouvait à bout de ressources. Et comme aucun préjugé ne l’empêchait d’essayer n’importe quel métier, il décida d’aller tenter sa chance chez ce docteur, dans la petite ville de Nether Bolling.
Le domaine des « Mélèzes » était un de ces manoirs anciens dont les jardins avaient été dessinés jadis par de véritables artistes. Gordon Fryer resta un moment en admiration devant le beau décor ; enfin, il appuya sur le bouton de sonnette de cuivre, à la porte principale, et attendit. Le portail de chêne ciré s’ouvrit en silence et un homme de haute taille, la figure en lame de couteau, apparut. »
Extrait de : V. Statten. « ‘Heure zéro’. »
Duel des mondes par Vargo Statten

Fiche de Duel des mondes
Titre : Duel des mondes
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1954
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de Duel des mondes
« Nalofix, tache minuscule dans la vaste mer intergalaxiale, près de la Grande Andromède, était certainement une planète parfaite. Elle faisait partie d’un groupe de neuf mondes qui tournaient autour d’un gigantesque soleil central. La nature y était très belle, très harmonieuse ; il y régnait une température constamment tiède et douce, et, sur la surface enchanteresse de cette planète privilégiée, vivait une race que l’on pouvait considérer comme l’une des plus heureuses de tout l’univers créé.
Sans doute, en les jugeant selon notre conception terrestre de la beauté, les habitants de Nalofix nous auraient-ils paru repoussants : hauts de huit pieds, le corps entièrement couvert d’écaillés grises, avec une large tête aplatie et d’énormes yeux globuleux, ils faisaient penser à des monstres mi-humains mi-batraciens. Mais, en dépit de leur aspect physique assez inattendu, les Nalofixiens possédaient un cerveau dont le développement extrême faisait d’eux la race de génie par excellence. »
Extrait de : V. Statten. « Duel des mondes. »
Course vers Pluton par Vargo Statten

Fiche de Course vers Pluton
Titre : Course vers Pluton
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1951
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de Course vers Pluton
« On peut dire que les fortes pluies de rayons cosmiques de l’année 2060 furent à l’origine du drame.
Cependant, à première vue, on aurait pu croire que la Terre ne serait pas affectée par cette perturbation qui semblait ne concerner que des planètes très éloignées de la nôtre. Et, effectivement, si Uranus, Neptune et Pluton souffrirent énormément de ces averses de météores radioactifs, notre Terre continua à tourner comme auparavant et les chutes ne parurent avoir aucun retentissement direct sur elle.
Selon les calculs des observatoires, quelques-uns de ces météores lancés par les orages cosmiques étaient de dimensions colossales. Ils provenaient, pensait-on, d’une planète radioactive qui devait avoir explosé dans l’Espace et, toujours d’après les astronomes, le nuage de débris planétaires n’avait fait qu’érafler le bord du système solaire.
Mais, alors que le phénomène cosmique avait apparemment pris fin, il y eut la surprenante affaire du météore V9T27. C’était le plus énorme morceau de matière radioactive que l’on eût jamais signalé, et il frappa en plein la lointaine planète Pluton. »
Extrait de : V. Statten. « Course vers Pluton. »
A travers les âges par Vargo Statten

Fiche de A travers les âges
Titre : A travers les âges
Auteur : Vargo Statten
Date de parution : 1952
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de A travers les âges
« Jeffrey Collins était très satisfait. Il avait eu une bonne journée.
Justement, la veille, sa femme, Betty, s’était lamentée parce que l’argent ne rentrait pas en quantité suffisante. Mais le prochain chèque du montant de ses commissions changerait cet état de choses. Jeffrey Collins était représentant de commerce. Et, comme la plupart des jeunes, il était obligé d’économiser sou par sou pour arriver à se constituer un petit capital pour l’avenir.
Jeffrey, au volant de sa voiture bruyante, roulait dans la nuit de novembre. Il y avait longtemps qu’il n’avait vu une nuit aussi sombre. La pluie dégoulinait sur le pare-brise et les essuie-glaces faisaient leur bruit monotone.
Tout à coup, Jeffrey aperçut l’objet. Il pensa tout d’abord que c’était une moto en panne. Il ralentit et ses phares éclairèrent l’étranger. »
Extrait de : V. Statten. « A travers les Ages. »