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Virus amok par Christopher Stork

Fiche de Virus amok

Titre : Virus amok
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Virus amok

« Une centaine d’hommes en uniforme de toile kaki se tenaient dans la longue cour de béton, alignés par rangées de dix, la crosse de leur fusil posée sur le sol. Raides comme des piquets, le visage totalement dénué d’expression, le regard mort, ils étaient figés dans une immobilité de statue.
Le silence était absolu, à peine troublé par le ronronnement de la caméra que l’opérateur de télévision promenait lentement devant lui. Puis il s’immobilisa, prit quelques gros plans de certaines têtes qui paraissaient taillées dans la pierre et, d’un geste du pouce, fit signe à la fois au preneur de son qui se trouvait à côté de lui sur la plate-forme d’un petit mirador dominant la cour de plusieurs mètres, et au sous-officier dressé non loin de là. Ce dernier avança d’un pas et, de toute la force de ses poumons, hurla :
— Go !
À l’instant même, un mugissement monta de la cour. Le preneur de son eut une grimace et, d’un coup de pouce, abaissa le bouton qui commandait son micro. Rivé à l’œilleton de son appareil, l’opérateur vit les statues habillées de toile kaki s’animer brusquement. »

Extrait de : C. Stork. « Virus Amok. »

Vatican 2000 par Christopher Stork

Fiche de Vatican 2000

Titre : Vatican 2000
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vatican 2000

« L’église Saint-Clément est l’une des plus anciennes et des plus curieuses églises de Rome. Elle comporte deux nefs superposées dont la deuxième est souterraine. Plus bas encore, on trouve un sanctuaire de Mithra édifié sur l’emplacement de constructions romaines qui datent du IIe siècle avant notre ère.

Dans le fond du sanctuaire se dresse l’autel des sacrifices, une large dalle de porphyre légèrement en pente et entourée sur trois côtés d’une profonde rigole où coulait le sang des victimes – le plus souvent des taureaux mais quelquefois des hommes – offertes au dieu perse dont le culte faillit un instant supplanter le christianisme.

Cette partie du sanctuaire attire peu de monde. Elle est mal éclairée et la dalle n’offre, en soi, que peu d’intérêt, sauf pour ceux qui prendraient plaisir à évoquer les lugubres cérémonies dont elle a été le théâtre. Les touristes – du temps où il y avait des touristes à Rome – ne s’attardaient donc guère auprès d’elle et, depuis, le sanctuaire a été fermé et laissé dans le plus complet abandon. »

Extrait de : C. Stork. « Vatican 2000. »

Une si jolie petite planète par Christopher Stork

Fiche de Une si jolie petite planète

Titre : Une si jolie petite planète
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Une si jolie petite planète

« L’énorme Cadillac en carbure de tungstène fonçait sur le ruban d’asphalte vitrifié qui conduisait au cosmodrome dont les phares étaient déjà visibles à l’horizon.
— Nous y serons dans cinq minutes, annonça l’homme assis derrière le volant.
D’un geste nerveux, il redressa la casquette de chauffeur de maître qui avait tendance à glisser de son crâne et contrastait singulièrement avec le reste de son costume : blouson de cuir, jean délavé et boots à semelles de crêpe. Son voisin eut une exclamation agacée :
— Bon sang, Nat ! Laisse cette casquette tranquille et conduis à deux mains ! Tu vas finir par nous envoyer dans le décor !
Puis, sans attendre la réponse, il se tourna vers le siège arrière et examina avec attention ceux qui l’occupaient : un colosse aux cheveux carotte qui mâchonnait son chewing-gum avec une placidité bovine ; une jeune femme blonde dont les traits devaient être fort gracieux à l’ordinaire mais étaient à présent défigurés par la peur »

Extrait de : C. Stork. « Une si jolie petite planète. »

Un peu… beaucoup… à la folie par Christopher Stork

Fiche de Un peu… beaucoup… à la folie

Titre : Un peu… beaucoup… à la folie
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un peu… beaucoup… à la folie

« Je sais pourquoi je suis ici. Mais je n’accepte pas d’y être. J’ai manqué à certaines règles et c’est la raison pour laquelle je suis interné. Mais ces règles auxquelles j’ai manqué m’ont paru tout à coup si stupides, si monstrueuses que je n’arrive pas à me sentir coupable de les avoir transgressées.

Le Dr Pelletier m’a conseillé de tenir ce journal pour essayer, m’a-t-il dit, de remonter jusqu’à la source du mal dont je souffre. Je pense que j’aurais tenu ce journal de toute façon, non pour soigner un « mal » auquel je ne crois pas mais pour revivre les heures merveilleuses que j’ai connues il n’y a pas si longtemps. Et puis pour m’occuper. Car l’ennui ici est terrible. Les livres que l’on m’offre à lire n’ont aucun intérêt pour moi. Et mes études – que le Dr Pelletier m’a proposé de poursuivre – me donnent la nausée.

Être sociologue, vraiment, dans cette société autoritaire, coercitive, collaborer à cette immense entreprise de démolition de tout ce qui a été le plus cher au cœur des hommes depuis le commencement des temps ? Jamais ! »

Extrait de : C. Stork. « Un peu … Beaucoup … A La folie. »

Tout le pouvoir aux étoiles par Christopher Stork

Fiche de Tout le pouvoir aux étoiles

Titre : Tout le pouvoir aux étoiles
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Tout le pouvoir aux étoiles

« La Pyramide se dressait non loin de la ville et à proximité du fleuve, en un endroit qui avait été désigné par les ordinateurs et les Mages. Ils en avaient aussi déterminé la hauteur : 440,72 mètres, exactement le triple de la pyramide de Chéops dans son état primitif.

L’énorme édifice était entièrement recouvert de plaques de porphyre poli qui, lorsqu’elles étaient frappées par les rayons du soleil levant, lui donnaient l’apparence d’une masse colossale de métal en fusion. Ce phénomène lui avait valu, dans la ville et les régions environnantes, le sobriquet de « haut fourneau ». Les Mages laissaient dire, certains que cette appellation n’était pas irrespectueuse, au contraire.

La Pyramide comportait cent cinquante étages, de dimensions très différentes selon l’usage que l’on en faisait. Les trente étages supérieurs étaient entièrement occupés par l’observatoire dont le télescope géant avait une lentille de 976 centimètres, près du double de celle du Mont Palomar. »

Extrait de : C. Stork. « Tout le pouvoir aux étoiles. »

Terre des femmes par Christopher Stork

Fiche de Terre des femmes

Titre : Terre des femmes
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terre des femmes

« Je…

Un point à préciser tout de suite : sur la planète de la nébuleuse d’Andromède dont « je » viens, le « je » n’existe pas, ni le « nous » ni aucun des autres pronoms personnels. Tout
simplement parce que la notion même de « personne » ou d’« individu » y est inconcevable. Il faudrait, pour vous faire comprendre, la remplacer par celle d’une « Structure » ou d’un « Ensemble », au sens mathématique, dont la composition associative comporte un élément neutre unique… mais vous vous rendez compte où cela nous entraîne !

J’emploierai donc votre « je » dans cette histoire, d’autant plus que, pour accomplir la mission dont j’ai été chargé, il a bien fallu que je me dissocie de ma Structure et que je prenne l’apparence extérieure d’un homme ou, selon les cas, d’une femme. Je pourrais, certes, avoir bien d’autres sexes encore. Car les gens d’Andromède ne se contentent pas, en effet, comme vous, de deux sexes, prétendument complémentaires mais, en réalité, le plus souvent antagonistes. »

Extrait de : C. Stork. « Terre des femmes. »

Terra-park par Christopher Stork

Fiche de Terra-park

Titre : Terra-park
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terra-park

« Je… Que ce prénom est d’un usage difficile ! Comme d’ailleurs cette langue à laquelle il va bien falloir pourtant que nous nous faisions puisque l’ordre est venu et la date fixée : dans un virem – c’est-à-dire à peu près dans un mois – nous partons pour la planète Deganib à laquelle nous donnerons désormais – du moins je donnerai – son nom « humain » de Terre.

Il va de soi que nous avons reçu cet ordre avec le respect qui lui est dû : il émane des Stations Transcendantales (comment traduire plus exactement le concept de Vaarz Hardami ?) et il récompense (honore ? sanctionne ?) l’activité de notre groupe au cours des récentes décennies. Nous n’en avons pas moins conscience des problèmes considérables que pose un tel voyage, ne fût-ce qu’au niveau de sa préparation.

Car il ne s’agit pas seulement de nous perfectionner dans les quatre ou cinq langues les plus employées sur la Terre. Nous allons devoir assimiler en profondeur des notions aussi singulières, aussi antinaturelles – pour ne pas dire aussi saugrenues – que, par exemple, celle du « Je ». Comment un groupe aussi consubstantiellement lié que le nôtre pourra-t-il arriver à concevoir que les éléments qui le composent doivent se comporter – du moins en apparence – comme si chacun d’entre eux était autonome ? Comment parviendrais-je jamais non seulement à écrire « je » mais à me sentir « je » ? »

Extrait de : C. Stork. « Terra-Park. »

Psys contre psys par Christopher Stork

Fiche de Psys contre psys

Titre : Psys contre psys
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Psys contre psys

« Pietro Rocca quitta le canot automobile qui le ramenait du Lido et prit pied sur le quai de la piazzeta avec une impression de soulagement extraordinaire. Ouf ! C’en était fini du Festival du Cinéma et des heures interminables qu’il avait dû passer dans la grande salle du Palais à regarder quatre ou cinq films par jour. Le palmarès venait d’être proclamé, salué par l’habituel mélange d’ovations frénétiques et de huées furieuses, Rocca avait dicté, par téléphone, un dernier article à la fois acide et désabusé et, maintenant, il se sentait en vacances, libre de parcourir Venise en tous sens, Venise qu’il connaissait par cœur mais qu’il retrouvait chaque année avec le même émerveillement.

Le journaliste obliqua à gauche, avec l’intention d’aller boire un verre de grappa à la terrasse du Florian, et s’immobilisa, stupéfait. À cette heure et en cette saison, la place Saint-Marc était toujours noire de monde. Mais Rocca ne l’avait jamais vue ainsi, envahie par une foule énorme, compacte et curieusement silencieuse. Même les orchestres rivaux du Florian et du Quadri s’étaient tus. Toutes les têtes étaient levées vers le ciel d’un bleu profond piqueté d’or que striaient les rayons verticaux d’une batterie de projecteurs. »

Extrait de : C. Stork. « Psys contre psys. »

Pieuvres par Christopher Stork

Fiche de Pieuvres

Titre : Pieuvres
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pieuvres

« De la terrasse, entourée d’hibiscus et de magnolias, qui dominait l’océan d’une bonne centaine de mètres, la vue était splendide, aussi bien sur l’intérieur de l’île où se multipliaient les canyons et les sommets montagneux couverts d’arbres, que sur la mer où, tout le long d’une côte hérissée de petits récifs et dentelée de calanques rocheuses, les vagues venaient s’écraser en longs panaches iridescents.

— Quelle merveille ! s’exclama Cecil Ferguson en promenant un regard extasié autour d’elle ; on se croirait au bout du monde !

Le visage maigre et ingrat de Melinda Ryde se contracta en une grimace presque haineuse.

— L’ennui, c’est que nous sommes au bout du monde ! répondit-elle, aigrement.

— Comment ? s’exclama sa voisine ; mais on voit distinctement les lumières de la côte ! Ce doit être San Juan Capistrano là-bas ?

— Oui. Et, un peu plus au nord, c’est Long Beach et Los Angeles, répondit Mrs. Ryde sur le même ton ; encore faut-il y arriver ! »

Extrait de : C. Stork. « Pieuvres. »

Pièces détachées par Christopher Stork

Fiche de Pièces détachées

Titre : Pièces détachées
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Pièces détachées

« Les colonnes de petites annonces s’alignaient en rangs serrés tout au long des pages du journal dont elles occupaient plus des deux tiers.
Vous en avez assez de voir toujours la même tête dans votre miroir, le matin, quand vous vous rasez ou quand vous vous maquillez ? Changez-en ! Changez votre visage comme vous changez de cravate ou de robe ! Les plus éminents chirurgiens esthétiques seront à votre disposition sur un simple coup de téléphone à 343 55 89.
Foie paresseux ? Reins douloureux ? Cœur malade ? Débarrassez-vous-en tout de suite et repartez avec un corps remis à neuf. Nous sommes là pour ça. Venez nous voir au Centre de Mécanique Corporelle, 904 East 55th St. New York, 10 022 N.Y., tél : 812 22 22.
Quand votre moteur a des ratés, vous allez consulter votre garagiste qui remplace la pièce défectueuse par une pièce neuve. Pourquoi ne pas en faire autant pour votre personne, avec l’aide des spécialistes de l’Association « Rénovation Physique » ?
 »

Extrait de : C. Stork. « Pièces détachées. »