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Mais n’anticipons pas… par Christopher Stork

Fiche de Mais n’anticipons pas…

Titre : Mais n’anticipons pas…
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mais n’anticipons pas…

« Barney Hayward fit pivoter son fauteuil et, par la large baie vitrée qui occupait le mur du fond de son bureau, jeta un coup d’œil sur le paysage étalé devant lui. Il le connaissait pourtant bien, ce paysage, pour l’avoir observé pendant des heures, depuis des mois, de jour comme de nuit. Mais, chaque fois qu’il le retrouvait, il éprouvait le même choc, la même crispation presque douloureuse dans la poitrine.

C’est qu’il était véritablement fantastique, ce paysage, cette longue bande de terre plate comme la main, qui occupait plusieurs dizaines de kilomètres, sous le soleil étincelant et le ciel limpide de Floride, en bordure d’une mer vert émeraude dont les vagues frangeaient d’écume l’interminable plage de sable fin terminée par le cap Kennedy. Mais le plus fantastique, c’était la rangée rigoureusement rectiligne des plates-formes de lancement qui s’érigeaient, à distance régulière, sur cette bande de terre, depuis la tour de contrôle occupée par Barney Hayward, jusqu’à l’horizon. »

Extrait de : C. Stork. « Mais n’anticipons pas. »

Made in Mars par Christopher Stork

Fiche de Made in Mars

Titre : Made in Mars
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Made in Mars

« Tout dormait à bord de la « Grande Roue » qui tournait lentement sur elle-même dans l’espace, à égale distance – 400 000 kilomètres – de la Terre et de la Lune. Les auvents qui protégeaient les vitres extérieures contre les rayons du soleil n’étaient pas encore levés. Dans les bosquets et les jardins en terrasse de la cité résidentielle. les ordinateurs avaient commencé à répandre la rosée de l’aube et s’apprêtaient à mettre en marche les enregistrements de cris d’oiseaux. Le ciel artificiel. d’un noir d’encre. était toujours piqueté d’étoiles mais celles-ci s’éteignaient les unes après les autres et une lueur d’un rose doré se mettait à poindre sur l’horizon simulé.
Le jour (le 1423e jour de G.E.O. n° l ) était proche. Mais, pour l’instant, les 600 habitants de la « Grande Roue » étaient plongés dans le sommeil. »

Extrait de : C. Stork. « Made in Mars. »

Les petites femmes vertes par Christopher Stork

Fiche de Les petites femmes vertes

Titre : Les petites femmes vertes
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les petites femmes vertes

« Ils étaient quatre dans la jeep qui zigzaguait sur la route de Loup City à Sargent, dans le Nebraska, quatre cow-boys soûls perdus, imbibés de tout le bourbon et de toute la bière qu’ils avaient pu absorber en quelques heures. Art, Neil, Slopy Joe et le Rouquin, quatre grands gars de vingt à trente ans, ni beaux ni laids, ni bons ni méchants, aussi simples et végétatifs que les bœufs qu’ils gardaient à longueur d’années.

Ils dormaient tous les quatre, y compris Slopy Joe, pourtant censé conduire, qui ne se réveillait en sursaut que quand la jeep frôlait le fossé en bordure de la route. Alors, prévenu par un obscur réflexe, Slopy Joe crachait un juron et donnait un grand coup de volant qui ramenait la jeep sur la chaussée et faisait grogner ses camarades écroulés sur leur siège. Après quoi, Slopy Joe se rendormait tout bonnement.

Il dut faire un effort gigantesque pour garder les yeux ouverts, le temps de repérer sur la droite le chemin de terre qui menait au Hay Springs Ranch où ils travaillaient et logeaient. »

Extrait de : C. Stork. « Les petites femmes vertes. »

Les lunatiques par Christopher Stork

Fiche de Les lunatiques

Titre : Les lunatiques
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les lunatiques

«  — Plutôt chouette comme spectacle, hein, doc ? cria le pilote ; et on arrive juste pour le lever de rideau !
   Le docteur Chris King approuva de la tête en souriant. Les rayons du soleil étaient en train de poindre sur la crête des montagnes lunaires et en éclairaient peu à peu les versants. Un à un, les cratères se mettaient à étinceler, certains d’entre eux, tels Copernic, Tycho et Kepler, lançant d’étranges éclairs d’une luminosité presque insoutenable. Et, au milieu de l’un de ces cratères — que l’on continuait à nommer la mer de la Tranquillité comme les anciens astronomes —, au pied des monts Haemus, l’immense coupole transparente du Lunar Health Center brillait de toutes ses facettes comme un diamant titanesque.
   — Ça fait une paie que je m’offre l’aller retour entre la cité orbitale Victory et la Lune, reprit le pilote ; mais, chaque fois, j’ai le même choc en voyant cette coupole ! Elle dégote tout ce qu’on a pu bâtir sur la Terre, même le pont entre l’Europe et l’Amérique. »

Extrait de : C. Stork. « Les Lunatiques. »

Les enfants du soleil par Christopher Stork

Fiche de Les enfants du soleil

Titre : Les enfants du soleil
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les enfants du soleil

« Ils avaient trouvé la caverne juste à temps. Le ciel pâlissait déjà et la chaleur devenait insupportable. De plus leur fatigue était grande d’avoir ainsi marché, toute une nuit, dans le désert. Plusieurs fois, des femmes et des vieux s’étaient jetés par terre en pleurant, en criant qu’ils préféraient mourir aveugles et pourris plutôt que de continuer ainsi. Rod les avait relevés à grands coups de pied dans les fesses, sans dire un mot, avant d’aller reprendre sa place à la tête du groupe. Un peu plus tard, il avait annoncé qu’on arrivait à la caverne.

C’était toujours pareil, avec Rod. On aurait cru qu’il les reniflait, les cavernes ! Dav prétendait même qu’il les voyait, à travers le sol, qu’il avait des yeux spéciaux qui lui permettaient de deviner les galeries et les grottes cachées sous les rochers. Mais Dav racontait beaucoup de bêtises… N’empêche que Rod avait toujours découvert le refuge qu’il leur fallait.

Celui-ci était un des meilleurs qu’il leur avait dénichés depuis le début du voyage. Pas trop humide, merveilleusement frais et très grand, pour ce qu’ils avaient pu en voir à l’aide des torches et des lampes à graisse. Le tunnel qui y descendait était plutôt étroit mais cela n’en valait que mieux, au cas où des Survivants auraient été sur leurs traces. Il leur avait suffi d’empiler quelques blocs pour le reboucher. »

Extrait de : C. Stork. « Les Enfants du Soleil. »

Les derniers anges par Christopher Stork

Fiche de Les derniers anges

Titre : Les derniers anges
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les derniers anges

« L’arrivée des Anderson passa presque inaperçue à Ballynagall. Même les voisins les plus proches de la villa – dont moi – ne surent qu’ils étaient là qu’en voyant leurs volets ouverts et une voiture dans le garage. Et pourtant on les attendait, les Anderson. Pour ne pas dire qu’on les guettait.
Il faut reconnaître que les habitants de Ballynagall ont de solides raisons de se méfier des locataires de la villa Seagull. Depuis que les propriétaires, les vieux O’Brien, sont morts et que leurs neveux la louent meublée, par l’intermédiaire d’une agence, chaque été à n’importe qui, cette villa a vu défiler en quelques années une incroyable collection de farfelus ou de fous à lier qui ont sérieusement troublé la paix de notre village.
Quand je dis « notre village », j’exagère. Ballynagall a été un village de pêcheurs il y a plus d’un siècle. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un gros bourg qui se refuse obstinément à devenir une ville et surtout une ville balnéaire. »

Extrait de : C. Stork. « Les Derniers anges. »

Le XXIe siècle n’aura pas lieu par Christopher Stork

Fiche de Le XXIe siècle n’aura pas lieu

Titre : Le XXIe siècle n’aura pas lieu
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le XXIe siècle n’aura pas lieu

« J’ai appris la mort de mon père, par hasard, plusieurs semaines après son décès. L’événement m’a d’ailleurs laissé, je dois le dire, tout à fait indifférent. Ce père était un inconnu pour moi. J’avais à peine deux ans quand il était parti et ne l’ai plus jamais revu depuis. Il n’était donc, à mes yeux, qu’un personnage mythique dont le peu que je savais provenait des quelques commentaires tendancieux qui échappaient de temps en temps à ma mère. D’après elle, ce Russe émigré était un paresseux, un buveur, un coureur de jupons qui ne se plaisait que dans la compagnie de ses compatriotes et ne s’était jamais donné la peine d’apprendre correctement le français.
J’avais donc déjà oublié cette mort et ne m’étais même pas soucié de savoir où mon père était enterré quand, un jour, j’ai reçu d’une banque une lettre m’informant qu’il avait un coffre chez elle et me priant de procéder aux démarches nécessaires pour faire ouvrir ledit coffre et prendre possession de son contenu. »

Extrait de : C. Stork. « Le XXIe siècle n’aura pas lieu. »

Le trillionnaire par Christopher Stork

Fiche de Le trillionnaire

Titre : Le trillionnaire
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le trillionnaire

« Qu’est-ce que c’est qu’un trillionnaire ? Quelqu’un qui possède un trillion. Et que signifie un trillion ? Voyons cela d’un peu plus près car ce n’est pas si simple.
Un million égale mille fois mille, soit 1 suivi de six zéros, soit encore 10 exposant 6. Un milliard vaut mille millions, 1000000000, en abrégé 10 exposant 9. Et, en continuant sur cette lancée, voici le trillion qui, logiquement, devrait représenter mille milliards, s’écrire 1000000000000 ou 10 exposant 12, n’est-ce pas ? Eh bien, pas du tout ! Car, depuis 1948, le trillion a changé de valeur et cette valeur n’est pas la même selon les ouvrages que l’on consulte.
Pour les uns il s’agit d’un million de milliards (1015) et d’un milliard de milliards (1018) pour d’autres. Certains auteurs assurent même que le trillion français ou américain (1012) est différent du trillion allemand ou britannique (1018). De quoi donner la migraine au comptable le plus averti. »

Extrait de : C. Stork. « Le Trillionaire. »

Le rêve du papillon chinois par Christopher Stork

Fiche de Le rêve du papillon chinois

Titre : Le rêve du papillon chinois
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le rêve du papillon chinois

« Michael Swain se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et considéra avec une grimace écœurée ce qu’il venait d’écrire : dans l’angle supérieur droit de la page, le chiffre « 1 » et, quelques lignes plus bas, bien au centre, les deux mots « Chapitre premier ». Après, rien. Du blanc. Un blanc de brouillard, de banquise, de suaire pour fantôme, un blanc comme ceux qui figuraient jadis sur les cartes de géographie pour désigner les terres encore inconnues.
Et c’était bien cela le problème de Michael Swain. Il avait devant lui deux cents feuillets immaculés qu’il allait devoir noircir de mots, de phrases, de paragraphes, deux cents rectangles de papier (21 x 29,7 cm), à découvrir comme autant de territoires inexplorés, à peupler de personnages, d’intrigues, de décors, de dialogues, de péripéties, de rebondissements. Un monde à faire, en somme, un monde dont il était le dieu. Exaltant, non ?
« Pas du tout, pensa Swain en allumant une cigarette ; accablant, terrifiant, insurmontable !
Même Dieu a dû paniquer devant le gigantesque 7 tohu-bohu qu’il s’agissait de mettre en ordre. »

Extrait de : C. Stork. « Le Rêve du papillon chinois. »

Le passé dépassé par Christopher Stork

Fiche de Le passé dépassé

Titre : Le passé dépassé
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le passé dépassé

« Rome s’étendait au pied du Janicule, somptueusement belle sous les rayons du soleil couchant qui doraient les façades ocre jaune ou rose des palais, faisaient luire les dômes et les coupoles des églises et transformaient le Tibre en une longue coulée sinueuse d’argent bruni.

Louis Bombourg eut un frisson de bonheur. Il était arrivé exactement à l’instant qu’il avait choisi. À cette heure, dans cette lumière presque irréelle, si pure qu’elle serrait le cœur, la ville s’offrait à lui dans toute son étendue et laissait même deviner, bien au-delà de ses faubourgs, à l’horizon, les courbes harmonieuses des collines albaines.

Puis il eut envie de revoir les arbres et les prairies de la villa Doria Pamphili, toute proche. D’une pression des doigts sur les poignées de son fauteuil, il se dirigea lentement vers la porte Saint-Pancrace et, quelques minutes plus tard, il remontait l’allée qui menait à l’arc de triomphe d’où l’on dominait l’ensemble de l’énorme parc. »

Extrait de : C. Stork. « Le passé dépassé. »