Étiquette : Vaugirard
La mort de la vie par Jimmy Guieu

Fiche de La mort de la vie
Titre : La mort de la vie (Tome 1 sur 3 – Le règne des mutants)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1957
Editeur : Vaugirard
Première page de La mort de la vie
« L’aérogare de Moscou était grouillante de monde. Au bar, dans l’immense hall aux murs en plexiglas laissant voir les pistes d’envol, de nombreux touristes soviétiques, français, américains ou anglais bavardaient bruyamment, écoutant avec plus ou moins d’attention les consignes et messages sans cesse déversés dans les haut-parleurs par un speaker polyglotte.
Les accords internationaux bannissant l’emploi — même expérimental — des bombes atomiques n’avaient, certes pas, supprimé les frontières, mais ils avaient cependant permis un rapprochement des peuples. Cette mise hors-la-loi des armes atomiques, nul ne l’ignorait, avait été à l’origine motivée plus par la crainte des effets radioactifs que par un souci de fraternité. Une autre raison, non moins sérieuse, avait été déterminante dans cette décision : les sanglantes insurrections qui, dans tous les pays, avaient succédé à l’expérimentation désastreuse de la tristement « fameuse » super-bombe au platino-palladium. La censure avait été impuissante à cacher efficacement l’action pernicieuse des torrents de radiations déversés sur le monde par cette explosion diabolique. »
Extrait de : J. Guieu. « La mort de la vie – Le règne des mutants. »
Nos ancêtres de l’avenir par Jimmy Guieu

Fiche de Nos ancêtres de l’avenir
Titre : Nos ancêtres de l’avenir (Tome 11 sur 12 – Jean Kariven)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1956
Editeur : Vaugirard
Première page de Nos ancêtres de l’avenir
« L’immense steppe de Khatangskoïé, au nord du cercle polaire, étalait son paysage désertique, d’une infinie tristesse avec ses mamelons neigeux, boueux, crevés çà et là par de faméliques touffes de végétaux verdâtres ou plus souvent gris brunâtres.
Rompue à l’ouest par le large fleuve Khatanga charriant d’énormes glaçons, la toundra sibérienne reprenait, au-delà, son aspect désolé dans la presqu’île de Taïmyr.
Par une température de — 41 °C, une centaine d’hommes misérablement vêtus de haillons — vieilles capotes militaires, bonnets de fourrure dont les poils n’étaient plus que vestiges, bottes éculées, les jambes protégées tant bien que mal du terrible froid sibérien par des sacs de jute ficelés autour des mollets — maniaient la pelle ou la pioche, creusant des tranchées menant au fleuve afin de drainer les marécages putrides lors du prochain dégel. »
Extrait de : J. Guieu. « Nos ancêtres de l’avenir – Jean Kariven. »
Univers parallèles par Jimmy Guieu

Fiche de Univers parallèles
Titre : Univers parallèles (Tome 10 sur 12 – Jean Kariven)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1955
Editeur : Vaugirard
Première page de Univers parallèles
« Le monde achevait de panser ses multiples blessures occasionnées par l’effroyable catastrophe qui avait frappé la Terre, sous la forme d’un nuage cosmique de « poussière silicophage » ayant entraîné la destruction systématique du verre.
Après la longue période d’angoisse consécutive à ce fléau planétaire, Jean Kariven, l’anthropopaléontologiste, sa jeune femme, la blonde et ravissante Yuln, et leur fils Tom âgé de trois ans, passaient d’agréables vacances en Californie. Un mois durant, ils avaient été les hôtes de leur vieil ami le professeur Red Harrington, mathématicien, titulaire d’une chaire de physique appliquée au Caltech.
A bord du break Mercury Zéphyr Villager de ce dernier, ils avaient décidé de rejoindre leurs amis Dormoy et Angelvin qui, en Compagnie de leurs épouses, campaient à la limite nord de la Joshua National Forest, à quelque deux cents kilomètres de Los Angeles. »
Extrait de : J. Guieu. « Univers parallèles – Jean Kariven. »
L’agonie du verre par Jimmy Guieu

Fiche de L’agonie du verre
Titre : L’agonie du verre (Tome 9 sur 12 – Jean Kariven)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1955
Editeur : Vaugirard
Première page de L’agonie du verre
« Le professeur Harrington rangea sa Mercury Cougar bleu pâle le long de Hillcrest Avenue et gravit lestement les quelques marches en demi-lune accédant au péristyle de son cottage, très « Louisiane » du XIXe avec ses colonnades. Dans le hall, Willy, son valet de chambre noir, grand, dégingandé, les épaules tombantes et les bras ballants, l’accueillit avec son inévitable :
— G’d evening, misteu’ Ha’ington.
— Bonsoir, Willy, répondit dans un sourire le physicien, accoutumé qu’il était à cette façon d’escamoter les « r ». Soyez gentil de me préparer un long drink, comme d’habitude.
— Avec ce t’uc jaune qui devient blanc avec le soda ?
— C’est ça, fit-il, amusé en songeant que le brave garçon n’était pas encore bien familiarisé avec ce « truc jaune » — le Pernod — qui prenait une teinte opalescente avec un soda, boisson qui connaissait pourtant un succès croissant, aux Etats-Unis. »
Extrait de : J. Guieu. « L’agonie du verre – Jean Kariven. »
La mort d’un Maître par Jimmy Guieu

Fiche de La mort d’un Maître
Titre : La mort d’un Maître (Tome 40 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 2000
Editeur : Vaugirard
Première page de La mort d’un Maître
« Une fine brume de chaleur errait nonchalamment sur les reliefs boisés de la forêt westphalienne de Teutoburg. À moins de deux kilomètres, au-dessus des cimes, le buste d’un géant sombre dressait sa masse et pointait fièrement son glaive vers le ciel. Arminius !
Arminius, le Vercingétorix teuton ! Arminius, le vainqueur de Varus ! Arminius, qui, en défaisant les trois plus prestigieuses légions romaines en l’an 9 de notre ère, mit en frein pour plusieurs siècles aux velléités expansionnistes de Rome en Germanie.
Bertrand Chassot leva son verre de champagne vers l’ancestral veilleur posté face au sud et à l’envahisseur latin.
— Salut à toi, vieux machin, ricana le sataniste français.
Des rires éméchés lui firent écho.
Une jeune naïade blonde vêtue, si l’on peut dire, d’un minuscule string, le buste nu exposé à la caresse du soleil, courut sur le plongeoir d’une piscine, s’éleva gracieusement dans l’azur, demeura une seconde suspendue entre ciel et eau, et retomba dans l’onde sous les applaudissements. »
Extrait de : J. Guieu. « La mort d’un Maître – Gilles Novak. »
Les visiteurs du suaire par Jimmy Guieu

Fiche de Les visiteurs du suaire
Titre : Les visiteurs du suaire (Tome 39 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard
Première page de Les visiteurs du suaire
« Les derniers feux du ciel achevaient d’embraser le dôme de la basilique Saint-Pierre. Il avait plu en fin d’après-midi, dispensant un peu de fraîcheur à une journée de plomb. L’air exhalait une senteur de poussière humide.
Debout sur le toit-terrasse de la Curie généralice, le siège de la Compagnie de Jésus, le père jésuite
Jean-Philippe Labeille contemplait les teintes orangées s’évanouissant sur la gauche de la coupole. Cela faisait près d’une heure déjà que le soleil avait disparu derrière les édifices de la Cité sainte. La nuée flamboyante, où roulait encore de sombres nuages, avait des accents d’improbable crépuscule des dieux jeté sur les toits de la Ville Éternelle. Il était resté là, presque immobile, dans le soir montant et la fraîcheur croissante, grillant cigarette sur cigarette, l’impression de demeurer l’esprit vide, alors que son cerveau enchaînait réflexions amères sur pensées sombres.
Le prêtre se sentait extraordinairement las. Tout le temps qu’avait duré le coucher de soleil, il était resté partagé entre l’exaltation, la somptuosité du spectacle et un abattement grandissant, comme si la nuit descendant n’avait été que le reflet d’un pesant fardeau s’écrasant sur lui. »
Extrait de : J. Guieu. « Les visiteurs du suaire – Gilles Novak. »
Les revenants de l’Aube dorée par Jimmy Guieu
Fiche de Les revenants de l’Aube dorée
Titre : Les revenants de l’Aube dorée (Tome 37 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1999
Editeur : Vaugirard
Première page de Les revenants de l’Aube dorée
« Criii… Criii… Criii… »
Le glatissement se répercuta dans le vide silencieux, comme un hurlement originel en un temps où il n’y avait rien. Rien ? Presque rien. Des montagnes embrumées, grises dans le soleil timide de cette fin d’après-midi quasi automnale… Une nervure aquatique fendue entre les deux massifs tertiaires… Un paysage de fin ou de début du monde. Le surgissement impromptu de quelque monstre antédiluvien aurait prolongé la logique des choses.
Une vague langue de nuées, un fluide brouillard de fin de bruine, hantait le loch.
Dans son triple cri, le faucon pèlerin venait de se matérialiser, surgissant de la brume. Il plongea vers le miroir argenté du lac, dont on soupçonnait à peine les profondeurs étourdissantes. Le rapace plana au ras de l’eau, effleura l’onde du bout de ses serres, souleva une fine dentelle de gouttelettes et reprit son essor. Il esquissa de subtiles évolutions et s’approcha de l’un de l’une ? de ses congénères. Une sorte de ballet amoureux, peut-être. L’un de ces devins, de ces mystérieux sorciers du fond des âges, aurait sans doute pu interpréter dans leur vol la mort prochaine d’un guerrier ou la naissance d’une reine… ou un changement de temps. »
Extrait de : J. Guieu. « Les revenants de l’aube dorée – Gilles Novak. »
Enez Bel : le réveil de Gradlon par Jimmy Guieu

Fiche de Enez Bel : le réveil de Gradlon
Titre : Enez Bel : le réveil de Gradlon (Tome 36 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard
Première page de Enez Bel : le réveil de Gradlon
« — Stéphane Lefart !
Le ton était comminatoire. Il hésitait pourtant entre l’interpellation brutale et la question susurrée. C’était loin, très loin. Mais en même temps c’était tout près. À l’intérieur du crâne. Le jeune homme fit une grimace. La tête lui faisait mal, mais il éprouvait davantage une sensation d’agacement intolérable que de douleur.
— Lefart ! Debout !
La voix était plus proche à présent, plus forte aussi et plus nette. Simultanément plus brutale, plus impérieuse. Stéphane Lefart éprouva un vague vertige, alors qu’un petit coup secouait son épaule. Du moins eut-il la conscience qu’on lui frappait l’épaule ; car, physiquement, il ne ressentait rien.
Péniblement, il ouvrit des paupières pesantes. La pièce était faiblement éclairée par des torches. Il cligna des yeux pour dissiper le picotement et les plissa. Mais la première chose qu’il réalisa véritablement fut l’entravement de ses poignets, liés jusqu’au sang dans son dos par une corde épaisse et tranchante. Dans une semi-pénombre à peine troublée par quelques vacillements de torches, ses yeux embués saisirent des silhouettes sombres, une longue table, des écus « emblasonnés » suspendus étincelants à la lueur des flammes. »
Extrait de : J. Guieu. « Enez Bel : Le réveil de Gradlon – Gilles Novak. »
Ankou : la vengeance d’Ys par Jimmy Guieu

Fiche de Ankou : la vengeance d’Ys
Titre : Ankou : la vengeance d’Ys (Tome 35 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard
Première page de Ankou : la vengeance d’Ys
« La lune était sereine et jouait sur les flots ».
Dressé dans le vent du large et la nuit claire, la chevelure affolée par les alizés fantasques, le regard perdu dans d’improbables irréalités, le poète romantique aurait pu composer en cette heure ses vers au sommet des falaises du cap de La Chèvre. Une centaine de mètres plus bas, la mer agitée venait grignoter la base des parois de grès. En cette veillée de Samhain la vieille Toussaint des celtes, le vent déchaîné bouleversait cette zone maritime déjà réputée à juste titre dangereuse entre Atlantique et Manche que l’on appelle la mer d’Iroise. En Iroise, les marées du sud mêlées aux courants chauds du Gulf Stream venaient heurter furieusement les vagues descendant du nord comme deux armées de géants s’affrontant avec fracas. La pointe du Raz (« Si jamais tu passes le Raz, si tu ne meurs, tu trembleras », faisait dire Victor Hugo, à l’un de ses héros des Travailleurs de la mer) marquait la limite sud de cette petite mer et le pas d’Ouessant, entre l’île du même nom et la pointe Saint-Mathieu, sa limite nord. »
Extrait de : J. Guieu. « Ankou : La vengeance d’Ys – Gilles Novak. »
Les brumes de l’effroi par Jimmy Guieu

Fiche de Les brumes de l’effroi
Titre : Les brumes de l’effroi (Tome 34 sur 50 – Gilles Novak)
Auteur : Jimmy Guieu
Date de parution : 1998
Editeur : Vaugirard
Première page de Les brumes de l’effroi
« Constellé d’étoiles au scintillement atténué par la lune, le ciel d’encre resplendissait dans sa froide pureté solsticiale. Dans la nuit spectrale, la blanche clarté du disque lunaire permettait de distinguer très nettement l’attachant paysage languedocien, jalonné de châteaux médiévaux en ruines, aux mystères généralement intacts. Tous en ruines ? Non, un château au moins dressait fièrement ses tours vers la nuée. Si le castelas d’Albanoïel datait du XIe siècle sur des assises du IXe, il avait été soigneusement et habilement restauré au cours des siècles par d’admirables artisans et compagnons. Et surtout, il avait su se préserver des différentes vicissitudes des guerres de religion successives, qui avaient été fatales à tant de forteresses occitanes. C’est ainsi qu’il pouvait se présenter dans un excellent état de conservation et une parfaite authenticité, qui ne devait rien aux allégories médiévistes d’un Viollet-le-Duc.
Avec son grand donjon, ses tours d’angle et chemins de ronde festonnés de mâchicoulis, il appuyait sa masse imposante sur l’éperon rocheux dominant le cours de la Sais. Cette rivière salée comme son nom l’indique se jetait dans l’Aude à Couiza, distant de cinq kilomètres à peine. »
Extrait de : J. Guieu. « Les brumes de l’effroi – Gilles Novak. »