Auteur/autrice : CH91
Alain Billy

Présentation de Alain Billy :
Alain Billy (1947-) occupe une place singulière dans l’histoire de la littérature de genre en France. S’il est reconnu par la critique pour la finesse de ses nouvelles, il est surtout, pour des générations de lecteurs, l’un des auteurs emblématiques des collections « Angoisse » et « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
Les débuts : le maître de l’étrange et de l’angoisse
C’est au début des années 1970 qu’Alain Billy impose sa plume. Il devient l’un des auteurs phares de la célèbre collection « Angoisse » (la collection au loup-garou), où il déploie un imaginaire marqué par une atmosphère lourde et un sens aigu du mystère.
- En 1974, il publie Les Fruits sataniques, un récit qui explore les zones d’ombre de la psyché et du surnaturel.
- Il enchaîne avec des titres marquants comme L’Orchidée rouge de madame Shan (1975) et Le Souffle de lune (1975). Ces ouvrages se distinguent par un style plus travaillé et une sensibilité plus onirique que la production standard du genre à l’époque.
L’ère de l’anticipation et le cycle du Bateleur
Au tournant des années 1980, il bascule vers la collection « Anticipation », où il explore une science-fiction plus spéculative et aventureuse, souvent teintée de merveilleux.
- Le Rideau de glace (1981) et Parasol 27 (1982) témoignent de sa capacité à créer des mondes aux concepts originaux.
- C’est à cette période qu’il lance l’un de ses projets les plus ambitieux, le cycle du Bateleur, dont le premier tome, Le Peintre des orages (1984), installe un univers riche en couleurs et en métaphores.
- Avec Maaga-la-Scythe (1985), il explore les codes de la planet opera avec une héroïne forte, confirmant son goût pour les récits de voyage et d’exotisme lointain.
La consécration littéraire
Parallèlement à ses romans de collection, Alain Billy mène une carrière de nouvelliste exigeant. Ce travail sur la forme courte culmine en 1987 lorsqu’il reçoit le Grand Prix de l’Imaginaire pour Le Temps du passage. Ce prix vient récompenser un auteur qui a su concilier l’efficacité de la littérature populaire et l’exigence stylistique.
Un style
Le style d’Alain Billy se reconnaît à sa capacité à mêler le réalisme et l’insolite. Ses romans ne sont jamais de simples récits d’action ; ils sont imprégnés d’une mélancolie et d’une recherche esthétique qui lui ont permis de survivre à la disparition des collections de poche historiques.
Livres de Alain Billy :
Le bateleur :
- Le peintre des orages
- Parasol 27
L’orchidée rouge de madame Shan
Le rideau de glace
Le souffle de lune
Les fruits sataniques
Maaga-la-Scythe
Pour en savoir plus sur Alain Billy :
La page Wikipédia sur A. Billy
La page Noosfere sur A. Billy
La page isfdb de A. Billy
1-A par Thomas M. Disch
Fiche de 1-A
Titre : 1-A (nouvelle)
Auteur : Thomas M. Disch
Date de parution : 1972
Traduction : D. Demerle
Editeur : Galaxie / Opta
Sommaire de 1-A
- Les visages du chaos par Andrew J. Offutt
- 1-A par Thomas M. Disch
Première page de 1-A
« Ça », dit Mr. Green d’un ton qui se voulait sans réplique, « c’était une vraie guerre. » Mr. Green, qui avait porté les armes avec le grade de sergent lors de la Seconde Guerre mondiale, replaça le râteau derrière la porte de son garage.
— « Question d’être réelle, celle-là n’est pas mal non plus », releva Bruce Berwyn, sans grande conviction.
Le nez de Mr. Green émit un son empreint de scepticisme mais qui n’était peut-être dû qu’à son effort pour soulever la vaste corbeille de feuilles mortes.
« Tiens ! je vais vous donner un coup de main », proposa Bruce. Ce dernier avait vingt ans et exerçait, avec son père, la profession de déménageur de pianos. Deux ans auparavant, il jouait comme arrière dans l’équipe de rugby de son collège, et il avait montré une telle aptitude à ce rôle que, si l’envie lui avait pris d’entrer à l’Université, il aurait pu choisir entre trois établissements, dont un en Nouvelle-Angleterre. »
Extrait de : T.M Disch. « 1-A. »
Zothique (Mnémos) par Clark Ashton Smith

Fiche de Zothique
Titre : Zothique : les mondes perdus
Auteur : Clark Ashton Smith
Date de parution : 2017
Traduction : J. Bétan
Editeur : Mnémos
Sommaire de Zothique
- Zothique (poème en français)
- Zothique (poème en anglais)
- L’empire des nécromants
- L’île des tortionnaires
- Le dieu nécrophage
- Le sombre Eidolon
- Le voyage du roi Euvoran
- Le tisseur dans la tombe
- Le fruit de la tombe
- Les charmes d’Ulua
- Xeetha
- Le dernier hiéroglyphe
- Les nécromants de Naat
- L’abbé noir de Puthuum
- La mort d’Ilalotha
- Le jardin d’Adompha
- Le maître des crabes
- Morthylla
- Des morts tu suburas l’adultère
- Fragments & Synopsis
Première page de L’empire des nécromants
« La légende de Mmatmuor et Sodosma n’apparaîtra qu’avec les cycles derniers de la Terre, quand les récits joyeux des premiers temps seront tombés dans l’oubli. Avant qu’elle ne soit relatée, de nombreuses époques se seront succédé, le niveau des mers aura baissé, de nouveaux continents seront nés. Peut-être alors permettra-t-elle de soulager un peu la sombre lassitude d’une race moribonde, n’ayant plus d’autre espoir qu’embrasser le néant. Je raconte cette histoire telle que la raconteront les hommes de Zothique, le dernier continent, sous un soleil faible et des cieux amers où les étoiles luiront, sans attendre le soir, d’un formidable éclat.
I
Mmatmuor et Sodosma, nécromants venus de l’île sombre de Naat, se rendirent à Tinarath, par-delà les mers étrécies, afin de pratiquer leur art funeste. Mais ils ne prospérèrent point, car la mort était chose sacrée pour le peuple de cette grise contrée : il tenait en abomination la résurrection des défunts, et le néant du tombeau n’y était pas profané à la légère. »
Extrait de : C.A Smith. « Zothique: Les mondes perdus. »
Sur les ailes du chant par Thomas M. Disch

Fiche de Sur les ailes du chant
Titre : Sur les ailes du chant
Auteur : Thomas M. Disch
Date de parution : 1978
Traduction : J. Bonnefoy
Editeur : Gallimard
Première page de Sur les ailes du chant
« Daniel Weinreb avait cinq ans lorsque sa mère disparut. Bien qu’il ait choisi, à l’instar de son père, de considérer l’événement comme un affront personnel, il se prit bientôt à préférer l’existence sans elle. C’était une fille du genre pleurnicheur, encline aux longs discours décousus, à des accès de haine rentrée vis-à-vis de son père – et qui parfois retombaient également sur lui. Mariée à l’âge de seize ans, elle s’était évanouie à vingt et un, avec ses deux valises, la chaîne stéréo, et l’argenterie pour huit personnes – cadeau de mariage de sa belle-mère, Adah Weinreb.
Une fois terminées les formalités de la rupture – amorcées depuis un bon moment déjà –, le père de Daniel, Abraham Weinreb, un chirurgien-dentiste, déménagea à quinze cents kilomètres de là pour aller vivre avec lui dans l’Iowa, à Amesville : la ville avait besoin d’un praticien, le précédent étant mort. Ils habitaient un appartement au-dessus du cabinet. Daniel y avait sa propre chambre – et non plus un lit pliant. Il y avait des arrière-cours et des rues pour jouer, des arbres où grimper, et des monceaux de neige à longueur d’hiver. »
Extrait de : T.M Disch. « Sur les ailes du chant. »
Zothique (Le Masque fantastique) par Clark Ashton Smith

Fiche de Zothique
Titre : Zothique
Auteur : Clark Ashton Smith
Date de parution : 1970
Traduction : F. Lévie
Editeur : Le Masque fantastique
Sommaire de Zothique
- Les nécromanciens de Naat
- Morthylla
- Le dieu carnivore
- La fileuse de momies
- Le maître des crabes
- Les charmes d’Ulua
- Le supérieur noir de Puthuum
- Le frai de la tombe
- Le dernier hiéroglyphe
- Le jardin d’Adompha
- L’ile des tortionnaires
- L’idole noire
Première page de Les nécromanciens de Naat
« Yadar, le prince d’une peuplade nomade vivant dans une contrée à demi désertique connue sous le nom de Zyra, suivait d’un royaume à l’autre une piste qui se révélait souvent plus insaisissable que des filandres. Cela faisait treize lunes qu’il recherchait Dalili, sa fiancée, que les marchands d’esclaves de Sha-Karag, avec la rapidité et la ruse des faucons du désert, avaient arrachée à son campement tribal avec neuf autres jeunes femmes, pendant que Yadar et ses hommes chassaient la gazelle noire de Zyra. Le chagrin de Yadar fut terrible, et plus terrible encore son courroux, quand il retrouva le soir les tentes dévastées. Il fit alors le serment de retrouver Dalili, que ce fût sur un marché d’esclaves, dans un bordel ou un harem, morte ou vivante, demain ou quand ils auraient tous les deux les cheveux gris. »
Extrait de : C.A Smith. « Zothique. »
Poussière de lune par Thomas M. Disch
Fiche de Poussière de lune
Titre : Poussière de lune
Auteur : Thomas M. Disch
Date de parution : 1975
Traduction : R. Delouya
Editeur : Denoël
Sommaire de Poussière de lune
- Les cafards
- Viens à Vénus mélancolie
- Linda, Daniel et Spike
- Inutile la fuite, inexorable la pitié
- La descente
- Nada
- Maintenant c’est l’éternité
- L’épreuve
- La chambre vide
- La cage d’écureuil
- Le nombre que vous avez atteint
- 1-A
- Achetez-vous une nouvelle tête
- La cité ou rayonne la lumière
- Poussière de lune, odeur de foin et matérialisme dialectique
- Thèse sur les formes sociales et les contrôles sociaux aux U.S.A.
- Casablanca
Première page de Les cafards
« Miss Marcia Kenwell avait une sainte horreur des cafards. C’était une horreur toute différente de celle qu’elle éprouvait pour la couleur puce, par exemple. Miss Marcia Kenwell abominait ces petites bestioles. Elle ne pouvait en voir une sans avoir envie de hurler. Sa répulsion était telle qu’elle ne pouvait même pas se résoudre à les écraser sous ses semelles. Non, elle n’aurait pas pu le supporter. Elle préférait se précipiter sur la bombe insecticide Drapeau Noir et inonder la bête de poison jusqu’à ce qu’elle cesse de bouger ou qu’elle disparaisse dans une des lézardes où elles semblaient toutes avoir élu domicile. C’était horrible, indiciblement horrible, de penser qu’elles nichaient dans les murs, sous le linoléum, attendant que les lumières s’éteignent pour… Non, il valait mieux ne pas y penser.
Elle épluchait le Times toutes les semaines pour trouver un autre appartement. Mais les loyers étaient trop chers (c’était à Manhattan, et le salaire brut de Marcia se montait à peine à soixante-deux dollars cinquante par semaine), ou l’immeuble était visiblement infesté. Elle le devinait toujours à coup sûr : il y aurait des carcasses de cafards éparpillées dans la poussière, sous l’évier, collées au gras derrière la cuisinière, ou en bordure de la plus haute étagère du placard, comme du riz sur les marches de l’église après un mariage. Elle quittait ces pièces dans un accès de dégoût, incapable de réfléchir jusqu’à ce qu’elle se retrouve chez elle, dans une atmosphère alourdie des senteurs saines de Drapeau Noir, de Cafardez-le, et des pâtes toxiques étendues sur des rondelles de pommes de terre dissimulées dans les mille et une fissures connues d’elle seule et des cafards. »
Extrait de : T.M Disch. « Poussière de lune. »
La cité de la flamme chantante par Clark Ashton Smith

Fiche de La cité de la flamme chantante
Titre : La cité de la flamme chantante
Auteur : Clark Ashton Smith
Date de parution :
Traduction :
Editeur :
Sommaire de La cité de la flamme chantante
- La dimension au-delà
- La ville titanesque
- L’attirance de la flamme
- Le troisième visiteur
- La mort en marche
- La sphère interne
- La destruction d’Ydmos
Première page de La dimension au-delà
« Je n’ai jamais eu l’habitude de tenir un journal, en grande partie parce que mon existence est assez monotone et qu’il ne s’y est pratiquement jamais rien passé méritant la chronique. Mais la chose qui est arrivée ce matin est d’une si extravagante étrangeté, si éloignée des lois et des parallèles normaux, que je me sens contraint de la noter au mieux de ma compréhension et de mon habileté. Je m’appliquerai aussi à rapporter toute répétition et poursuite possible de mon aventure. Je ne risquerai certainement rien, car si jamais on lit ce récit, personne ne voudra y croire…
J’étais allé me promener à Crater Ridge, qui se trouve à un ou deux kilomètres au nord de ma cabane proche de Summit. Tout en différant par son caractère du paysage de la région, c’est un de mes endroits favoris. C’est un causse exceptionnellement nu et désolé, avec une rare végétation, des tournesols de montagne, des groseilliers sauvages, quelques sapins rabougris et de souples tamaracks. »
Extrait de : C.A Smith. « La cité de la flamme chantante. »
Le prisonnier par Thomas M. Disch

Fiche de Le prisonnier
Titre : Le prisonnier
Auteur : Thomas M. Disch
Date de parution : 1969
Traduction : J. Huet
Editeur : Presses Pocket
Première page de Le prisonnier
« — Vous êtes déjà venue ici ? demanda-t-il.
— N’était-ce pas ici que nous sommes venus, la dernière fois ?
— Ce n’aurait guère été possible. Notre dernière rencontre s’est située à… Trêves, si mes souvenirs sont exacts.
— Les miens, selon toute apparence, ne le sont pas. C’est à vous voir que tout prend une allure de déjà vu. Les lustres, les fleurs, et même ce garçon avec la lippe des Habsbourg, tout cela est exactement semblable au souvenir que j’en ai gardé.
— Si c’est là ce qui vous donne un sentiment de déjà vu, on peut dire que vous avez un passé fort agréable.
— Et vraiment pas grâce à vous, mon très cher.
Il toucha du doigt son verre vide.
— Un autre ?
— Ne disiez-vous pas que vous étiez terriblement pressé ? Et puis ce serait un grave manque de respect pour la bisque. Que voici, d’ailleurs.
Le garçon à la moue impériale entreprit d’officier autour de la bisque, tandis que, ayant terminé la première escarmouche, les deux convives opéraient quelques menues modifications de leur stratégie. Le sommelier apporta la bouteille de solera dont l’étiquette se décollait à moitié. »
Extrait de : T.M Disch. « Le prisonnier. »
Cahier du Zothique par Clark Ashton Smith
Fiche de Cahier du Zothique
Titre : Cahier du Zothique
Auteur : Clark Ashton Smith
Date de parution :
Traduction :
Editeur : Presses d’Ananké
Sommaire de Cahier du Zothique
- Xeethra
- Derniers éclats de Zothique
- Le cycle de Zothique
- Glossaire des noms de personnages, de lieux
Première page de Xeethra
« Pendant longtemps, l’été dévorant avait mené paître ses soleils, pareils à de fougueux étalons rouges, sur les sombres collines tapies au pied des Montagnes Mykrasiennes, dans la région sauvage de Cincor, située tout à l’est. Les torrents recueillant l’eau des cimes étaient devenus de minces filets ou des mares séparées les unes des autres et stagnantes ; les blocs de granit étaient fissurés par la chaleur ; la terre aride était craquelée et fendillée ; et les herbes basses et peu fournies étaient brûlées jusqu’aux racines.
Il arriva donc que le jeune Xeethra, qui gardait les chèvres noires et bigarrées de son oncle Pornos, fut contraint de suivre ses protégées chaque jour un peu plus loin, dans les combes et sur les sommets des collines. Par un après-midi de la fin de l’été, il parvint jusqu’à une vallée profonde aux flancs escarpés qu’il n’avait encore jamais visitée. À cet endroit, un petit lac frais et ombragé était alimenté par des sources invisibles ; et les pentes étagées autour du lac étaient recouvertes d’un manteau d’herbages et de buissons qui n’avaient pas entièrement perdu leur verdeur printanière. »
Extrait de : C.A Smith. « Cahier du Zothique. »
Autres dimensions par Clark Ashton Smith

Fiche de Autres dimensions
Titre : Autres dimensions
Auteur : Clark Ashton Smith
Date de parution : 1974
Traduction : G. de Cherisy
Editeur : Christian Bourgeois Editeur
Sommaire de Autres dimensions
- Abandonnes dans l’Andromède
- L’étonnante planète
- Une aventure dans le futur
- L’incommensurable horreur
- La ville invisible
- La dimension du hasard
- La métamorphose de la terre
- Tel phénix
- Le conte de nécromancie
- La venus d’Azombeii
- La résurrection du serpent à sonnette
- Le cadavre en trop
- Les mandragores
- Treize fantasmes
- Une offrande à la lune
- Les monstres de la nuit
- Le kriss malais
- Le fantôme de Mohammed din
- Le cornac
- Le rajah et le tigre
- Quelque chose de nouveau
- La justice de l’éléphant
- Le baiser de Zoraïda
- Un conte de Sir John Maundeville
- La goule
- Conte du désert
Première page d’Abandonnes dans l’Andromède
« Je vais me débarrasser de vous les gars dans le premier monde du premier système planétaire que nous rencontrerons. »
Le ton de froide résolution du capitaine Volmar était plus terrible que l’eût été n’importe quelle explosion de colère. Son regard était aussi glacial et tranchant que l’éclat du saphir sur la neige ; et il y avait une rigueur fanatique dans sa manière de serrer les lèvres après avoir prononcé ces quelques mots.
Les trois mutins se regardèrent en silence, puis il regardèrent le capitaine, mais ils ne répondirent pas. Il n’y avait ni recours, ni discussion possibles devant les armes automatiques prêtes à tirer et devant les trois autres membres de l’équipage. Ils savaient qu’il ne pouvait y avoir d’hésitation dans l’esprit du mince et austère marin des gouffres interstellaires qui avait rêvé de naviguer dans l’espace pour devenir ainsi le Magellan des constellations. »
Extrait de : C.A Smith. « Autres dimensions. »