Auteur/autrice : CH91
L’héritage et autres nouvelles par Robin Hobb

Fiche de L’héritage et autres nouvelles
Titre : L’héritage et autres nouvelles
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2011
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Sommaire de L’héritage et autres nouvelles
- Une note de lavande
- La dame d’argent et le quadragénaire
- Coupure
- Le cinquième chat écrasé
- Chats errants
- Finis
- Boîte à rythme
- L’héritage
- Viande pour chat
Première page de Une note de lavande
« MA SŒUR ET MOI AVONS GRANDI comme des souris dans un vieux canapé moisi. Déjà, quand j’avais neuf ans et qu’elle n’était qu’un nourrisson, je nous voyais ainsi. La nuit, alors qu’elle dormait au creux de mon ventre et que je tombais à moitié du sofa qui nous servait de lit, j’entendais les souris qui se déplaçaient en dessous de nous et grignotaient le rembourrage, et parfois les petits couinements des nouveau-nés quand la mère venait les nourrir ; je me repliais davantage sur Lisa ; je lui donnais le rôle d’une petite souris rose au lieu d’un petit bébé, et à moi celui d’un papa souris enroulé autour d’elle pour la protéger. Quelquefois, les nuits en étaient moins froides.
J’habitais depuis toujours dans le même appartement en sous-sol ; il y faisait constamment froid, même en été. C’était un logement affreux, humide et délabré, mais ceux des étages au-dessus étaient pires, infestés d’une odeur d’urine et de pourriture. »
Extrait de : R. Hobb. « L’Heritage et autres nouvelles. »
Racines par Robin Hobb

Fiche de Racines
Titre : Racines (Tome 8 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Racines
« Il faisait noir et Fils-de-Soldat était ankylosé à force d’être demeuré assis sur le rocher glacé près de la rivière. Il lui fallut quelque temps pour se mettre debout, puis il gémit en redressant le dos. Il piétina la terre comme un chat qui pelote, s’efforçant d’assouplir ses muscles qui regimbaient, puis il fit quelques pas entre les arbres qui s’élevaient comme des piliers de ténèbres dans l’obscurité moins dense de la nuit. Nous distinguions l’emplacement du village grâce à la faible lueur qui filtrait par les fenêtres sur le versant au-dessus de nous, mais elle ne suffisait pas à éclairer le chemin. Il se mit en route d’une démarche d’aveugle et se trempa les pieds par deux fois avant de retrouver le pont et de franchir le cours d’eau. »
Extrait de : R. Hobb. « Racines – Le soldat chamane. »
Danse de terreur par Robin Hobb

Fiche de Danse de terreur
Titre : Danse de terreur (Tome 7 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Danse de terreur
« Traversant une plage de sable gris, il gagna un affleurement de roche sombre, puis, de là et sans hésiter, une zone de pierres arrondies entre lesquelles la marée, en se retirant, laissait des flaques. Le maigre soleil de l’automne n’avait guère réchauffé l’eau, mais elle était certainement moins froide que celle des vagues qui déferlaient à grand bruit sur la grève.
Il s’assit lourdement sur un trône de pierre et, avec un grognement d’effort, ôta ses bottes neuves puis ses chaussettes en laine. Mes pieds ne m’avaient jamais paru si éloignés que lorsqu’il se pencha sur son énorme ventre pour les atteindre, en retenant son souffle à cause de ses poumons comprimés. Il jeta négligemment bottes et chaussettes de côté, se redressa avec un gémissement de soulagement, puis inspira profondément et plongea lentement les pieds dans l’eau. »
Extrait de : R. Hobb. « Danse de Terreur – Le soldat chamane. »
Le renégat par Robin Hobb

Fiche de Le renégat
Titre : Le renégat (Tome 6 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2008
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le renégat
« On ne me laissa pas l’occasion de me défendre pendant mon procès en cour martiale. Debout dans le box où l’on m’avait enfermé, je m’efforçais de ne pas prêter attention au supplice des fers qui me mordaient les chevilles ; trop petits pour un homme de ma corpulence, ils me cisaillaient le bas des jambes, brûlure insupportable qui s’accompagnait paradoxalement d’une insensibilité progressive. La douleur prenait le pas sur l’issue de l’audience, dont, de toute manière, je connaissais le verdict à l’avance.
Ce calvaire demeure le principal souvenir de mon procès, qu’il teinte d’une brume rouge. Quantité de témoins vinrent déposer à charge contre moi ; j’entends encore le ton vertueux avec lequel ils décrivirent à mes juges le détail de mes crimes : viol, meurtre, nécrophilie, profanation de cimetière. L’absence totale d’espoir de ma situation avait érodé l’indignation et l’horreur que ces accusations soulevaient en moi. »
Extrait de : R. Hobb. « Le Renégat – Le soldat chamane. »
Le choix du soldat par Robin Hobb

Fiche de Le choix du soldat
Titre : Le choix du soldat (Tome 5 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le choix du soldat
« Le même après-midi, beaucoup plus tard, je me présentai chez le colonel Lièvrin. Après avoir rendu le malheureux soldat à la terre, j’avais monté des seaux d’eau de la rivière et m’étais nettoyé à m’en mettre la peau à vif, mais je restais imprégné de l’odeur de la mort. J’aurais aimé me débarrasser des vêtements que je portais lors de l’opération, mais je ne pouvais me permettre ce luxe ; je me bornai donc à les laver et à les laisser sécher sur la corde à linge que je venais de tendre. J’évitai Ebroue et Quésit : je n’avais envie de parler à personne de ma rencontre avec les Ocellions ; toutefois, il me semblait de mon devoir de la rapporter au colonel.
Le sergent me fît attendre. J’avais fini par comprendre que, pour obtenir une audience avec l’officier, c’était son secrétaire dont je devais épuiser la résistance. Aussi me plantai-je devant son bureau et demeurai-je là, sans bouger, à le regarder pendant qu’il s’occupait de sa paperasse. Au bout d’un moment, il me dit d’un ton sec : « Vous pourriez revenir plus tard. »
Extrait de : R. Hobb. « Le choix du Soldat – Le soldat chamane. »
La magie de la peur par Robin Hobb

Fiche de La magie de la peur
Titre : La magie de la peur (Tome 4 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de La magie de la peur
« Je n’eus vraiment l’impression d’être parti de chez moi qu’en milieu de matinée. Je connaissais si bien les terres voisines du domaine, dont mon père se servait abondamment comme pâture, qu’elles me semblaient lui appartenir aussi. J’avançais comme dans un brouillard, l’esprit en proie à mes conflits intérieurs.
Mon père m’avait renié. J’étais libre. Ces deux idées s’entre-déchiraient en moi. Libre d’aller à l’aventure, de donner un nom différent à ceux qui me le demanderaient ; nul ne me reprocherait d’abandonner le destin que le dieu de bonté m’avait fixé pour choisir un autre métier que celui des armes. Je me retrouvais libre aussi de ne pas manger à ma faim, de me faire dépouiller par des bandits, de subir les malheurs propres à ceux qui s’opposaient à la volonté du dieu de bonté, libre de m’échiner à me faire une place au soleil dans un monde qui, dans sa grande majorité, me méprisait ou se détournait de moi à cause de mon obésité. »
Extrait de : R. Hobb. « La Magie de la Peur – Le soldat chamane. »
Le fils rejeté par Robin Hobb

Fiche de Le fils rejeté
Titre : Le fils rejeté (Tome 3 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2006
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le fils rejeté
« Un parfum règne dans la forêt. Il ne provient pas d’une fleur ni d’une feuille particulière ; il ne s’agit pas de l’arôme riche du terreau noir et friable ni de l’odeur suave du fruit passé de la simple maturité au moelleux gorgé de sucs. Celui que je me rappelais était un mélange de tout cela, avec une touche de soleil qui en éveillait les essences et une brise imperceptible qui les combinait parfaitement. Elle portait cette odeur sur elle.
Nous étions allongés dans un berceau de verdure. Les hautes frondaisons se balançaient doucement et les rayons du soleil nous effleuraient au gré de leur danse. Les lianes et les plantes grimpantes qui tombaient en festons des branches tendues au-dessus de nos têtes formaient les murs protecteurs de notre pavillon forestier. Un épais coussin de mousse épousait mon dos, et ma tête reposait sur l’oreiller de son bras moelleux. »
Extrait de : R. Hobb. « Le Fils rejeté – Le soldat chamane. »
Le cavalier rêveur par Robin Hobb

Fiche de Le cavalier rêveur
Titre : Le cavalier rêveur (Tome 2 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2005
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le cavalier rêveur
« J’abordai mon troisième mois d’Ecole avec l’espoir que ma vie suivrait désormais un cours prévisible. L’initiation était derrière nous et j’avais survécu à la première élimination ; au choc de cette expérience succéda une période d’accablement à laquelle aucun d’entre nous n’échappa. Mais cette humeur se dissipa bientôt, car des jeunes gens ne peuvent pas rester longtemps en proie à la tristesse ; résolus à laisser ce pénible épisode au passé, nous nous tournâmes tous vers l’avenir de notre scolarité. J’avais des notes supérieures à la moyenne dans toutes les disciplines et je brillais particulièrement en génie militaire. Lorsque Carsina rendait visite à ma sœur, elle en profitait pour m’envoyer un billet empreint de tendresse ; j’appréciais la compagnie de mes amis, et mes problèmes se limitaient à des crises occasionnelles de somnambulisme et à une reprise de croissance à cause de laquelle je commençais à me sentir à l’étroit dans mes bottes neuves. L’hiver approchait ; les journées cristallines au froid mordant alternaient avec des ciels bouchés et des averses glacées, et notre salle d’études nous paraissait presque douillette quand nous nous réunissions le soir au coin du feu pour faire nos devoirs. »
Extrait de : R. Hobb. « Le Cavalier rêveur – Le soldat chamane. »
La déchirure par Robin Hobb

Fiche de La déchirure
Titre : La déchirure (Tome 1 sur 8 – Le soldat chamane)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2005
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de La déchirure
« Je garde nettement le souvenir de la première fois où j’ai vu opérer la magie des Plaines.
J’avais huit ans et j’accompagnais mon père au poste avancé de Coude-Frannier avec le caporal Pars. Levés avant l’aube pour le long trajet, nous avions enfin aperçu le pavillon qui flottait au-dessus de l’enceinte, au bord de la rivière, alors que le soleil arrivait au midi. Jadis fort militaire implanté sur la frontière contestée entre les habitants des Plaines et le royaume de Gernie, Coude-Frannier se trouvait désormais très à l’intérieur du territoire gernien, mais il conservait des traces de sa superbe d’antan. Deux gros canons en gardaient les portes ; toutefois, les échoppes appuyées contre la palissade enduite de boue atténuaient leur aspect menaçant. La piste que nous suivions depuis Grandval rejoignait une route qui traversait des fondations en briques de boue séchées ; toits et murs disparus depuis longtemps, les vestiges d’habitations béaient au ciel comme les trous dans les gencives d’un crâne. »
Extrait de : R. Hobb. « La Déchirure – Le soldat chamane. »
Liavek par Megan Lindholm et Steven Brust

Fiche de Liavek
Titre : Liavek
Auteur : Megan Lindholm et Steven Brust
Date de parution : 2014
Traduction : C. Richetin
Editeur : ActuSF
Sommaire de Liavek
- un acte de contrition
- Hasard de naissance
- La fortune du pot
- Un acte de foi
- Un acte de miséricorde
- Un acte d’amour
Première page de Un acte de contrition
« C’était un soulagement, par une chaleur pareille, de se trouver à L’Œil de Tigre. Comment sa propriétaire arrivait-elle à préserver cette fraîcheur ? Un mystère : autant l’apprécier sans essayer de le résoudre, Dashif était le premier à l’admettre. Il fixait du regard le dos de ladite propriétaire qui montrait à un client une carafe de verre taillé importée de Ka Zhir. Elle lui vanta ensuite une coupe fabriquée à Tichen et recouverte d’un vernis qu’on ne trouvait que dans les Terres Incultes. Dashif patientait. Durant les deux dernières semaines, il avait eu l’impression de se promener à moitié nu mais ce serait bientôt fini. Il pouvait bien se permettre un peu de patience…
Le client finit par s’en aller, promettant de revenir quand il aurait réfléchi. Il ment, bien sûr, ce pauvre type n’a pas les moyens de s’offrir quoi que ce soit, Dashif en était convaincu.
La propriétaire, debout derrière le comptoir, toisa Dashif. Ils avaient la même taille – un bon mètre quatre-vingts – et leurs regards se croisaient sans difficulté, une situation à laquelle ils n’étaient habitués ni l’un ni l’autre. »
Extrait de : M. Lindholm et S. Brust. « Liavek. »