Auteur/autrice : CH91
Holly Black

Présentation de Holly Black :
Née le 10 novembre 1971 à West Long Branch (dans l’État du New Jersey), Holly Black (née Riggenbach) est une romancière américaine de grand talent. Spécialisée dans la littérature de l’imaginaire destinée à la jeunesse et aux adolescents, elle s’est imposée comme l’une des figures de proue du merveilleux contemporain. Elle a d’ailleurs gagné le surnom de « reine des fées » pour son exploration fascinante et souvent cruelle du Petit Peuple.
Des racines nourries au folklore
Élevée dans une vaste demeure de l’époque victorienne, souvent qualifiée de vétuste, Holly Black grandit bercée par les histoires de fantômes et les contes de fées que lui relate sa mère. Cette atmosphère empreinte de mystère forge durablement son imaginaire. Après des études de lettres à l’université Rutgers achevées en 1994, elle travaille un temps comme rédactrice pour des revues médicales, tout en poursuivant sa passion pour l’écriture et le folklore.
En 2002, elle fait paraître son premier roman, Tithe : Un conte de fées moderne. Cet ouvrage pose les fondations de son style : un savant mélange de monde urbain contemporain et de mythologie celtique, où les fées ne sont guère des créatures bienveillantes, mais des êtres dangereux, manipulateurs et dénués de sens moral.
La renommée mondiale avec Spiderwick
Le grand tournant de sa carrière survient l’année suivante, en 2003, avec la publication du premier volume des Chroniques de Spiderwick, une série conçue de concert avec son ami, le dessinateur Tony DiTerlizzi.
Holly Black y déploie sa vaste érudition en matière de légendes féeriques pour bâtir l’intrigue et le bestiaire du récit. L’histoire des enfants Grace, découvrant un monde magique et souvent effrayant aux abords de leur nouvelle demeure, devient un véritable phénomène d’édition. La saga est traduite dans plus de trente langues, s’écoule à des millions d’exemplaires et bénéficie d’adaptations pour le cinématographe (en 2008) ainsi que pour le petit écran (en 2024).
Le triomphe du Prince cruel et les autres univers
Poursuivant sur sa lancée, Holly Black s’affirme comme un auteur d’une rare fécondité, adepte des travaux à quatre mains. Elle cosigne notamment la série fantastique pour collégiens Magisterium (2014-2018) avec son amie Cassandra Clare.
Toutefois, c’est avec la trilogie Le Peuple de l’air, initiée en 2018 par Le Prince cruel, qu’elle atteint de nouveaux sommets de popularité, portée par un immense succès international et un formidable engouement de la jeunesse. Ce cycle met en scène Jude, une mortelle enlevée dans son enfance pour vivre à la cour suprême des fées, qui doit faire l’apprentissage de la ruse et de la manipulation pour survivre, notamment face à l’arrogant prince Cardan. L’œuvre est unanimement saluée par la critique pour ses intrigues de cour machiavéliques et sa morale tout en nuances.
Un écrivain accompli
Toujours désireuse d’explorer de nouveaux horizons, Holly Black a publié en 2022 son premier roman fantastique destiné à un public plus mûr, Le Livre de la nuit, un récit à suspense reposant sur une magie liée à la manipulation des ombres. Elle a plus récemment enrichi l’univers du Peuple de l’air avec le diptyque L’Héritier trahi (2023).
Au fil de sa carrière, cette femme de lettres a été récompensée par de nombreux prix prestigieux, dont une médaille Newbery Honor, le prix Locus et le prix Andre-Norton. À travers ses romans, Holly Black a profondément dépoussiéré et redéfini l’image des fées dans la littérature contemporaine, prouvant avec brio que le merveilleux pouvait être tout aussi terrifiant que captivant.
Livres de Holly Black :
Les chroniques de Spiderwick :
- Le livre magique
- La lunette de pierre
- Le secret de Lucinda
- L’arbre de fer
- La colère de Mulgarath
Contes de Faes modernes :
- L’offrande
- La valeureuse
- La quête impossible
Domelfe :
- L’héritier trahi
- Le trône du prisonnier
Le livre de la nuit :
- Le livre de la nuit
- La voleuse de la nuit
Le peuple de l’air :
- Le prince cruel
- Les soeurs perdues
- Le roi maléfique
- La reine sans royaume
- Comment le prince Cardan en est venu à détester les histoires
Les faucheurs :
- Chat blanc
- Gant rouge
- Coeur noir
Magisterium :
- L’épreuve de fer
- Le gant de cuivre
- La clé de bronze
- Le masque d’argent
- La tour d’or
Intégrales :
- Les chroniques de Spiderwick
- Les faucheurs
- Magisterium
Au plus profond de la forêt
Coldtown
Eleanor
Zombies contre licornes
Pour en savoir plus sur Holly Black :
La page Wikipédia sur H. Black
La page Noosfere sur H. Black
La page isfdb de H. Black
Tony DiTerlizzi

Présentation de Tony DiTerlizzi :
Né le 6 septembre 1969 à Los Angeles (Californie) et ayant grandi en Floride, Tony DiTerlizzi est un auteur et illustrateur américain incontournable dans le domaine de la littérature de l’imaginaire pour la jeunesse. Reconnu pour son trait fin et détaillé, souvent comparé à celui des grands illustrateurs de l’époque victorienne et édouardienne, il a connu une consécration mondiale grâce à la saga cocréée avec Holly Black : Les Chroniques de Spiderwick.
Des jeux de rôle aux premiers succès en littérature
Avant de se consacrer pleinement à l’édition jeunesse, Tony DiTerlizzi entame sa carrière dans les années 1990 en tant qu’illustrateur pour des jeux de rôle prestigieux. Il marque de son empreinte visuelle l’univers de Donjons et Dragons (notamment le célèbre cadre de campagne Planescape) ainsi que le jeu de cartes à collectionner Magic : L’Assemblée.
Au début des années 2000, il décide de se tourner vers la littérature pour enfants. Il écrit et illustre son premier album, Jimmy Zangwow’s Out-of-This-World Moon-Pie Adventure (2000), puis illustre brillamment le poème classique de Mary Howitt, Le Garde-manger de la sorcière (The Spider and the Fly, 2002), un travail minutieux en noir et blanc qui lui vaut la prestigieuse médaille Caldecott Honor.
Le triomphe des Chroniques de Spiderwick
C’est en 2003 que la carrière de Tony DiTerlizzi bascule définitivement avec la parution du premier tome des Chroniques de Spiderwick (The Spiderwick Chronicles), une série de romans de low fantasy cocréée avec son amie, l’écrivaine Holly Black.
La saga raconte l’histoire de trois enfants — les jumeaux Jared et Simon, et leur sœur aînée Mallory Grace — qui emménagent dans une vieille demeure délabrée, le domaine de Spiderwick. Ils y découvrent le Livre de terrain d’Arthur Spiderwick, un guide recensant les créatures magiques (fées, gobelins, trolls, sylphes) qui peuplent secrètement notre monde.
L’implication de Tony DiTerlizzi dans cette œuvre va bien au-delà de la simple illustration. Il participe activement à l’élaboration de l’univers et de l’intrigue. Néanmoins, ce sont ses dessins qui confèrent à la série son identité si particulière : inspiré par des artistes comme Arthur Rackham ou John Bauer, DiTerlizzi donne vie à un bestiaire féerique à la fois fascinant, poétique et parfois effrayant.
Composé de cinq tomes dans sa série principale (publiés entre 2003 et 2004), le cycle connaît un succès fulgurant. Vendu à des millions d’exemplaires et traduit dans une trentaine de langues, il redéfinit la fantasy pour la jeunesse du début du XXIᵉ siècle. L’univers s’étend avec une série dérivée, Au-delà du monde de Spiderwick (2007-2009), et de magnifiques hors-séries encyclopédiques comme le Livre de terrain lui-même.
L’impact de l’œuvre est tel qu’elle est adaptée à plusieurs reprises, d’abord au cinéma en 2008 dans un film produit par Paramount Pictures, puis en série télévisée en 2024.
L’après-Spiderwick : la science-fiction avec WondLa
Fort de ce succès planétaire, Tony DiTerlizzi ne se repose pas sur ses lauriers et décide d’explorer la science-fiction. Entre 2010 et 2014, il écrit et illustre seul la trilogie À la recherche de WondLa (The Search for WondLa).
Cette saga suit les aventures d’Eva Neuf, une jeune fille élevée dans un sanctuaire souterrain par un robot, qui se retrouve forcée d’explorer une Terre futuriste, métamorphosée et peuplée d’extraterrestres, pour retrouver d’autres humains. Mêlant habilement le merveilleux à la science-fiction classique (dans la lignée de L’Île au trésor ou du Magicien d’Oz), WondLa confirme le talent de conteur de DiTerlizzi. Cette œuvre innovante intégrait même à l’époque des éléments de réalité augmentée, permettant aux lecteurs d’interagir avec les illustrations.
Artiste complet, Tony DiTerlizzi a su créer, tout au long de sa carrière, des ponts entre le texte et l’image, imposant son esthétique raffinée comme une référence incontournable de la littérature de l’imaginaire moderne.
Livres de Tony DiTerlizzi :
Les chroniques de Spiderwick :
- Le livre magique
- La lunette de pierre
- Le secret de Lucinda
- L’arbre de fer
- La colère de Mulgarath
Intégrales :
- Les chroniques de Spiderwick
Pour en savoir plus sur Tony DiTerlizzi :
La page Wikipédia sur T. DiTerlizzi
La page Noosfere sur T. DiTerlizzi
La page isfdb de T. DiTerlizzi
Le papillon tatoué par Philip Pullman

Fiche de Le papillon tatouéue du diable
Titre : Le papillon tatoué
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1992
Editeur : Rivages/Noir
Première page de Le papillon tatoué
« Chris Marshall rencontra la fille qu’il allait tuer par une douce soirée de début juin, le jour où un des collèges d’Oxford organisait son bal d’été. Les étudiants faisaient une dernière folie avant de quitter l’université pour devenir banquiers, diplomates ou publicitaires. Ils payaient cher pour pouvoir assister à ce genre de bals : une centaine de livres sterling, voire plus dans certains cas. En échange d’une telle somme, ils attendaient beaucoup et le comité d’organisation se démenait pour les satisfaire : pistes de danse sous des tentes, buffets avec champagne, groupes à la mode et anciens orchestres célèbres, spectacles de cabaret originaux… Bref, toutes les formes de divertissement en vogue, coûteuses et disponibles.
Ce collège-ci était situé sur un terrain qui bordait un étang. Il y aurait un feu d’artifice, un orchestre style années folles sur une plate-forme flottante et un spectacle de cirque sous un chapiteau. Ce serait une soirée tout à fait spectaculaire, qui incarnait aux yeux des étudiants la richesse et la magnificence qui leur étaient dues, à cette époque, dans ce pays. »
Extrait de : P. Pullman. « Le papillon tatoué. »
La mécanique du diable par Philip Pullman
Fiche de La mécanique du diable
Titre : La mécanique du diable
Auteur : Philip Pullman
Traduction : A. Piganiol
Date de parution : 1996
Editeur : Flammarion
Première page de La mécanique du diable
« À l’époque où se passe cette histoire, on mesurait le temps avec des horloges. Je veux dire de vraies horloges, avec des ressorts, des roues dentées, des engrenages, des balanciers, etc. On pouvait les démonter pour voir comment elles marchaient et puis les remonter. Aujourd’hui, il existe des horloges électriques, des horloges à quartz et Dieu sait quoi encore. On peut même acheter des montres à panneau solaire qui se règlent automatiquement par signal radio et n’ont jamais une seconde de retard. Allez donc y comprendre quelque chose… Pour moi, c’est de la sorcellerie.
L’horloge mécanique est déjà bien assez mystérieuse. Prenez, par exemple, un ressort de réveil. Il est fait d’une lame d’acier trempé, tranchante comme un rasoir, et si vous le tripotez sans faire attention, il est capable de vous sauter à la figure comme un serpent et de vous crever un œil. Ou bien imaginez un poids, vous savez, ces poids en fer qui font avancer les grosses horloges des clochers… Eh bien, si par malchance vous en receviez un sur la tête, il vous écrabouillerait la cervelle. »
Extrait de : P. Pullman. « La mécanique du diable. »
La communauté des esprits par Philip Pullman
Fiche de La communauté des esprits
Titre : La communauté des esprits (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2019
Editeur : Gallimard
Première page de La communauté des esprits
« Pantalaimon, le dæmon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était allongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. Le froid et la nuit étaient les deux choses auxquelles il aspirait le plus à cet instant. Alors qu’il était couché là, roulant sur lui-même pour sentir le froid tantôt sur son dos tantôt sur son ventre, le désir de sortir l’emporta sur son refus d’adresser la parole à Lyra.
– Ouvre la fenêtre, demanda-t-il finalement. J’ai envie de sortir.
Le stylo de Lyra s’arrêta ; elle repoussa sa chaise et se leva. Pantalaimon la voyait se refléter dans la vitre, comme suspendue au-dessus de la nuit d’Oxford. Il distinguait même son expression de contrariété rebelle. »
Extrait de : P. Pullman. « La trilogie de la Poussière – La communauté des esprits. »
La belle sauvage par Philip Pullman
Fiche de La belle sauvage
Titre : La belle sauvage (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2017
Editeur : Gallimard
Première page de La belle sauvage
« Au bord de la Tamise, à cinq kilomètres en amont du centre d’Oxford, à l’écart de l’endroit où les grands collèges Jordan, Gabriel, Balliol et deux douzaines d’autres s’affrontaient dans des courses nautiques, là où la ville n’était qu’un ensemble de tours et de flèches au loin, au-dessus des nappes de brouillard de Port Meadow, se dressait le prieuré de Godstow, occupé par de gentilles bonnes sœurs qui vaquaient à leurs saintes occupations, tandis que sur la rive opposée se trouvait une auberge baptisée La Truite.
Cette auberge était une vieille construction de pierre confortable, pleine de coins et de recoins. Il y avait une terrasse, qui surplombait le fleuve, sur laquelle deux paons (nommés Norman et Barry) se déplaçaient d’un air hautain parmi les clients qui se désaltéraient, n’hésitant pas à voler des amuse-bouche et levant parfois la tête pour pousser des cris féroces, sans aucune raison. »
Extrait de : P. Pullman. « La Belle Sauvage – Trilogie de la poussière. »
La princesse de Razkavie par Philip Pullman
Fiche de La princesse de Razkavie
Titre : La princesse de Razkavie (Tome 4 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1994
Editeur : Gallimard
Première page de La princesse de Razkavie
« Intelligente, gaie et pauvre, Rebecca Winter avait atteint l’âge de seize ans sans avoir jamais vu exploser une seule bombe. Ce n’était pas très difficile : en 1882, Londres n’était pas une ville plus explosive qu’aujourd’hui, mais pas moins non plus, car la dynamite constituait déjà un vigoureux adjuvant de la politique.
Mais, en cette belle matinée de mai, Becky ne pensait pas aux bombes. Le soleil brillait, le ciel était constellé de petits nuages blancs semblables à des flocons sur un lavis outremer et la jeune fille marchait dans une rue bordée d’arbres du quartier de Saint John’s Wood, au nord de Londres, en pensant à la grammaire allemande. Elle était sur le point de faire connaissance avec sa nouvelle élève – sa première élève, à dire vrai – et elle tenait à faire bonne impression. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La Princesse de Razkavie. »
La vengeance du tigre par Philip Pullman
Fiche de La vengeance du tigre
Titre : La vengeance du tigre (Tome 3 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1991
Editeur : Gallimard
Première page de La vengeance du tigre
« En cette matinée ensoleillée de l’automne 1881, Sally Lockhart regardait sa toute petite fille jouer dans le jardin, et elle se disait que tout allait pour le mieux.
Elle se trompait, mais elle ne devait s’en apercevoir qu’une vingtaine de minutes plus tard. L’homme qui lui prouverait qu’elle avait tort était encore en chemin. Pour le moment, elle était heureuse, et surtout, chose plus rare, elle en avait conscience ; elle était habituellement trop occupée pour s’en rendre compte.
La vue de sa maison la remplissait de bonheur : c’était une grande demeure située à Twickenham et baptisée Orchard House, le Verger, une construction de style Régence, vaste et aérée, avec des balcons en fer forgé et une véranda au toit de verre qui donnait sur le jardin. Celui-ci, entouré par un mur de briques patinées, se composait d’une grande pelouse ensoleillée, agrémentée de parterres de fleurs, d’une vigne grimpante et d’un figuier adossé à un des murs, sans oublier le bosquet de vieux pommiers et de pruniers qui donnaient son nom à la maison. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La vengeance du tigre. »
Le mystère de l’Étoile polaire par Philip Pullman
Fiche de Le mystère de l’Étoile polaire
Titre : Le mystère de l’Étoile polaire (Tome 2 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1986
Editeur : Gallimard
Première page de Le mystère de l’Étoile polaire
« Au printemps de l’année 1878, par une matinée ensoleillée, le bateau à vapeur Ingrid Linde, fierté de la Compagnie de navigation Anglo-baltique, disparut en mer Baltique.
Il transportait de Hambourg à Riga des pièces de machines et un ou deux passagers. Le voyage s’était déroulé sans encombre jusqu’à présent ; vieux de deux ans seulement, le navire était bien entretenu et capable de tenir la mer.
Le lendemain de son appareillage, il fut aperçu par une goélette qui faisait route dans la direction opposée. Les deux bateaux échangèrent un signal. Une barque qui se trouvait dans la même zone aurait dû apercevoir l’Ingrid Linde deux heures plus tard, si celui-ci avait poursuivi sa course. Mais la petite embarcation ne croisa aucun navire. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – Le mystère de l’Étoile Polaire. »
La malédiction du rubis par Philip Pullman

Fiche de La malédiction du rubis
Titre : La malédiction du rubis (Tome 1 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1985
Editeur : Gallimard
Première page de La malédiction du rubis
« Par une froide et maussade après-midi d’octobre 1872, un fiacre s’arrêta devant les bureaux de Lockhart & Selby, agents maritimes installés au cœur du quartier financier de Londres. Une jeune fille en descendit et paya le cocher.
C’était une personne d’environ seize ans, seule et d’une beauté rare. Mince et pâle, elle portait un costume de deuil, avec un bonnet noir, sous lequel elle coinça une mèche blonde que le vent avait détachée de sa chevelure. Elle avait des yeux marron, étonnamment foncés pour quelqu’un d’aussi blond. Elle s’appelait Sally Lockhart, et dans moins d’un quart d’heure, elle allait tuer un homme.
Elle demeura un instant immobile devant le bâtiment, puis gravit les trois marches du perron et entra. Un couloir sombre s’ouvrait devant elle, et sur la droite se trouvait le bureau du concierge, où un vieil homme assis devant un feu de cheminée lisait un magazine à sensation. Lorsque Sally frappa au carreau, le vieil homme se redressa, l’air coupable, et laissa tomber le magazine à côté de son fauteuil. »
Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La malédiction du rubis. »