Auteur/autrice : CH91

 

Sur le nationalisme par George Orwell

Fiche de Sur le nationalisme

Titre : Sur le nationalisme
Auteur : George Orwell
Date de parution :
Traduction : F. Bouillot
Editeur : Payot

Première page de Sur le nationalisme

« Très jeune déjà, peut-être vers l’âge de 5 ou 6 ans, je savais que plus tard je devais devenir écrivain. Entre 17 à 24 ans j’ai tenté d’abandonner cette idée, mais en étant bien conscient que j’outrageais ma vraie nature et que tôt ou tard je devrais me poser quelque part pour écrire des livres.J’étais le deuxième enfant d’une fratrie de trois, mais nous avions chacun cinq ans d’écart, et j’ai rarement vu mon père avant l’âge de 8 ans. Pour cette raison et d’autres, j’étais assez seul, et je ne tardai pas à développer de déplaisantes manies qui me rendirent impopulaire tout au long de ma scolarité. J’avais cette habitude des enfants solitaires d’inventer des histoires et de tenir des conversations avec des personnages imaginaires, et je pense que dès le début, mes ambitions littéraires étaient mêlées au sentiment d’être isolé et sous-estimé. Je savais posséder à la fois une certaine facilité avec les mots et la capacité d’affronter certains faits déplaisants, et je sentais que cela créait une sorte de monde privé, comme une compensation à mon échec dans la vie quotidienne. Néanmoins la quantité de textes sérieux – c’est-à-dire écrits dans une intention sérieuse – que j’ai produits tout au long de mon enfance et de ma préadolescence ne doit pas dépasser la demi-douzaine de pages. J’ai écrit mon premier poème à l’âge de 4 ou 5 ans, rédigé par ma mère sous ma dictée.  »

Extrait de : G. Orwell. « Sur le nationalisme.  »

La liberté de parole par George Orwell

Fiche de La liberté de parole

Titre : La liberté de parole
Auteur : George Orwell
Date de parution :
Traduction : A. Gerschenfeld
Editeur : Payot

Première page de La liberté de parole

« La liberté de la presse
Préface non publiée à La Ferme des animaux

L’idée centrale de ce livre a germé en 1937, mais il n’a été rédigé qu’à la fin de l’année 1943. À l’époque, je savais qu’il serait très difficile de le faire publier (en dépit de la pénurie actuelle de livres, laquelle garantit que tout ce qui peut passer pour un livre « se vendra »), et j’ai fini par essuyer quatre refus d’éditeurs. Un seul d’entre eux a invoqué des motifs idéologiques. Deux autres publiaient des ouvrages antirusses depuis des années, et le quatrième n’avait pas de coloration politique particulière. Un des éditeurs, après avoir accepté le livre et commencé à discuter avec moi des modalités de sa parution, voulut prendre l’avis du ministère de l’Information, qui semble l’avoir mis en garde et lui avoir fortement déconseillé de le publier. Voici un extrait de la lettre qu’il m’envoya :
« J’ai mentionné la réaction d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Information à propos de La Ferme des animaux. J’avoue que son opinion m’a fait réfléchir. Je reconnais à présent qu’il pourrait être imprudent de le publier à l’heure actuelle. Si la fable ne visait que les dictateurs et les dictatures en général, sa publication serait acceptable, mais je me rends compte qu’elle suit de manière si fidèle l’histoire de la Russie soviétique et de ses deux dictateurs qu’elle ne peut s’appliquer qu’à elle, à l’exclusion de toute autre. Autre chose : votre fable serait moins choquante si la caste dominante était une autre espèce que celle des cochons. Je pense que ce choix heurtera beaucoup de monde, plus particulièrement les gens spécialement susceptibles, comme les Russes.  »

Extrait de : G. Orwell. « La liberté de parole.  »

La ferme des animaux par George Orwell – Traduction de R. Vigier

Fiche de La ferme des animaux

Titre : La ferme des animaux
Auteur : George Orwell
Date de parution :
Traduction : R. Vigier
Editeur : Renard rebelle

Première page de La ferme des animaux

« M. Martin, de la Ferme du Manoir, avait verrouillé les poulaillers pour la nuit, mais, trop ivre, avait oublié de fermer leurs trappes. À la lumière de sa lanterne tanguant au rythme de ses pas, il tituba à travers la cour, jeta ses bottes sur le palier, se servit un dernier verre de bière au tonneau du sellier, et chemina jusqu’à son lit, où Mme Martin ronflait déjà.
Dès que la lumière de la chambre fut éteinte, un frémissement parcourut les bâtiments de la ferme. Il s’était murmuré pendant la journée que le vieux Major, un porc Blanc de l’Ouest de concours, avait fait la nuit passée un rêve étrange et voulait le partager avec les autres animaux. Il avait été convenu qu’ils se retrouveraient tous dans la grande grange dès que M. Martin ne serait plus dans les parages. Le vieux Major (il avait toujours été appelé ainsi, bien qu’il ait été exposé sous le nom de Beauté de Bellecombe) était tellement respecté dans la ferme que tout le monde était prêt à perdre une heure de sommeil pour écouter ce qu’il avait à dire. »

Extrait de : G. Orwell. « La ferme des animaux. »

La ferme des animaux par George Orwell – Traduction de C. Meyer

Fiche de La ferme des animaux

Titre : La ferme des animaux
Auteur : George Orwell
Date de parution :
Traduction : C. Meyer
Editeur : Flammarion

Première page de La ferme des animaux

«  Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. »
Lassés d’une existence de servitude, les animaux de la ferme du Manoir se soulèvent contre la tyrannie de leur maître : c’est la révolution. Les cochons, meneurs du mouvement, décrètent que désormais « tous les animaux sont égaux ». Mais le temps passe et certains, à voix basse, s’interrogent : comment se fait-il que les cochons s’accaparent le fruit des récoltes et réutilisent le fouet de l’ancien fermier ? »

Extrait de : G. Orwell. « La Ferme des animaux. »

1984 par George Orwell – Traduction de R. Vigier

Fiche de 1984

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1950
Traduction : R. Vigier
Editeur : Renard rebelle

Première page de 1984

« C’était une belle et froide journée d’avril, les horloges affichaient treize heures. Winston Smith, le cou dans les épaules pour essayer d’échapper à un vent rétif, se faufila entre les portes vitrées de la Résidence de la Victoire ; pas assez rapidement cependant pour empêcher un tourbillon de poussière d’entrer à sa suite.
Le hall sentait le chou bouilli et le vieux chiffon. À une extrémité, une affiche colorée, trop grande pour être en intérieur, avait été punaisée au mur. Elle représentait simplement un visage immense, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme dans sa quarantaine, portant une épaisse moustache noire, aux traits d’une beauté rugueuse. Winston se dirigea vers les escaliers. Ce n’était pas la peine d’essayer de prendre l’ascenseur. Même dans le meilleur des cas il fonctionnait rarement, et en ce moment l’électricité était coupée en journée. Ça faisait partie des économies en prévision de la Semaine de Haine. L’appartement était au septième étage, et Winston, qui avait trente-neuf ans et un ulcère variqueux au mollet droit, montait doucement, s’arrêtant plusieurs fois en chemin. À chaque étage, en face de la cage d’ascenseur, l’affiche au visage immense vous examinait depuis le mur. »

Extrait de : G. Orwell. « 1984. »

Hôtel meublé par Thomas Owen

Fiche de Hôtel meublé

Titre : Hôtel meublé
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1943
Editeur : Espace Nord

Première page de Hôtel meublé

« Avant d’entrer chez lui, M. Oswald Stricker s’arrêta un moment devant la boutique de Julius De Geyter, son propriétaire.

Derrière la vitrine poussiéreuse, où courait une bande de papier délavée qui cachait une fêlure oblique, s’entassaient en désordre d’anciens instruments d’astronomie et de navigation, aussi nombreux qu’extraordinaires : des équerres à niveau, aux branches réunies par un secteur gradué, des boussoles incrustées d’os et d’ivoire, des sextants de tous formats, des astrolabes de mer, des sphères armillaires avec le réseau compliqué de leurs cercles concentriques.

On pouvait apercevoir, dans la pénombre du magasin, une grande table surchargée d’autres objets du même genre au milieu desquels trônait un énorme planétaire du type « Orrery », ainsi appelé en souvenir de Lord Orrery, grand protecteur des sciences, et où les diverses planètes, mues par des disques entraînés à la manivelle avec des vitesses différentielles, étaient figurées par des sphères de métal et d’ivoire.

– Magnifique pièce ! murmura M. Oswald Stricker, le nez à la vitre pour mieux voir. Début du XVIIIe siècle, je parie… Où a-t-il encore été dénicher cela ? »

Extrait de : T. Owen. « Hôtel meublé. »

La guerre des cercles par Jean-Claude Dunyach

Fiche de La guerre des cercles

Titre : La guerre des cercles
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de La guerre des cercles

« Le guerrier blême, dont le nom secret était Koven, surgit au sommet de la colline, entre les piliers de granit qui encadraient la route du sud. Il était à pied et traînait par la bride un étalon à la robe sombre, souillée d’écume. Les choucas qui nichaient parmi les rochers sculptés à l’image des dieux délaissés s’envolèrent bruyamment. Ils tournoyèrent dans la lumière grise du crépuscule et maudirent de leurs cris stridents celui qui troublait leur repos. Les masures du village étaient blotties en contrebas de la route, à l’écart du flot des voyageurs. Les habitants s’étaient barricadés à l’approche de la nuit. Ils avaient étouffé leurs feux sous une couche épaisse de cendres, malgré le vent aigre et froid qui soufflait du nord-est. La fumée attirait les pillards…Seul le forgeron, debout sur le seuil de son atelier, vit s’approcher le guerrier. Son coeur fut tenaillé d’un obscur pressentiment. Mon cheval a perdu un fer, dit Koven. Dans sa voix, la lassitude semblait s’être définitivement incrustée, à la façon des lichens qui s’accrochent aux falaises jusqu’à ce que les deux tombent en poussière. »

Extrait de : J.C Dunyach. « La guerre des cercles. »

Étoiles mourantes par Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal

Fiche de Étoiles mourantes

Titre : Étoiles mourantes
Auteur : Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal
Date de parution : 1999
Editeur : J’ai lu

Première page de Étoiles mourantes

« L’AnimalVille jaillit du néant et se laissa dériver au milieu de la mer d’étoiles.

C’était une Ville si vieille qu’elle en oubliait de compter. Elle était déjà âgée lors de la découverte de l’Humanité ; ses plus anciens souvenirs dataient d’avant la déchirure, même s’il lui était difficile aujourd’hui de remonter aussi loin dans le labyrinthe de ses pensées. Son esprit partait en lambeaux et cela l’effrayait bien plus que le durcissement de ses chairs et la perte de sensibilité de ses quartiers périphériques, dont les rues desséchées se fendillaient de rides. La mort s’attaquait d’abord à la mémoire. Un jour, ceux de son espèce la découvriraient dans un repli de l’espace profond, les rues crevassées de plaies béantes, les dômes crevés. Elle ne répondrait ni aux signaux ni aux caresses, elle ne saurait plus rien.

Avant d’avoir consumé toute sa mémoire, il lui restait à achever l’ouvrage qu’elle avait entrepris des millénaires plus tôt, quand elle se souvenait encore d’œuvres réalisées collectivement, avec tout le Troupeau. »

Extrait de : J.C Dunyach + Ayerdhal. « Étoiles mourantes. »

Étoiles mortes – intégrale par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Étoiles mortes – intégrale

Titre : Étoiles mortes – intégrale
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution :
Editeur :

Sommaire de Étoiles mortes – intégrale

  • Nivôse
  • Aigue-marine
  • Voleurs de silence

Escales 2000 par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Escales 2000

Titre : Autoportrait
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Escales 2000

  • Fin de transmission de F. Colin
  • La nuit des grenouilles de S. Denis
  • La mécanique des profondeurs de T. Day
  • L’île au bord du monde de F. Valéry
  • L’arche de tous les temps de J.-L. Trudel
  • La mer des Sargasses de D. Calvo
  • Les points de vue d’Europe M.-P. Najman
  • Les clans du delta de C. et R. Belmas
  • T’ien-keou de L. Genefort
  • Soldats de sucre de Y. Meynard
  • Imago de J. Wintrebert
  • Frères de larmes de J. Heliot