Auteur/autrice : CH91
Disque-monde la carte par Terry Pratchett et Stephen Briggs

Fiche de Disque-monde la carte
Titre : Disque-monde la carte
Auteur : Terry Pratchett et Stephen Briggs
Date de parution : 1995
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante
Première page de Disque-monde la carte
« Si la première question qu’adresse une espèce intelligente à l’ensemble de l’univers est «Pourquoi sommes-nous ici?» la suivante se doit d’être : «Ici, c’est où, exactement ? »
Nombre d’explorateurs intrépides se sont lancés à la découverte des confins du Disque-monde. Plusieurs en sont revenus.
L’exploration, comme la géographie, est une spécialité éminemment personnelle. Elle présume qu’« ici » est important, et que partout ailleurs relève des pays inférieurs dont la fonction principale est de se trouver loin.
Elle doit aussi être menée par des professionnels. Dans ces pays lointains peut vivre une population qui croit savoir où elle est, mais elle se trompe ; débarquer sur un radeau en rondins vingt mille ans plus tôt ou traverser distraitement le lit d’une mer asséchée durant un âge glaciaire, voire, dans des cas extrêmes, se développer effectivement sur le continent en question, ne compte pas pour une découverte correcte. C’est de la baguenaude. Pour qu’une découverte soit correcte, il faut être vêtu correctement. »
Extrait de : T. Pratchett + S. Briggs. « La carte du disque-monde. »
Fond d’écran par Terry Pratchett
Fiche de Fond d’écran
Titre : Fond d’écran
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 2012
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante
Sommaire de Fond d’écran
- Brèves nouvelles hors Disque-monde
- Brèves nouvelles du Disque-monde
- Appendice
Première page de L’affaire d’Hadès
« Cassetin ouvrit la porte d’entrée et resta planté sur le paillasson.
Imaginez l’intérieur d’un nuage orageux. Saupoudrez abondamment de cendre et garnissez de soufre à volonté. Vous avez à présent une petite idée de l’impression que donnait le hall d’entrée.
La fumée s’échappait de sous la porte du bureau. Se souvenant vaguement d’un film qu’il avait vu autrefois, Cassetin se plaqua un mouchoir sur le nez et se rendit en titubant à la cuisine. Un seau d’eau plus tard, il revint. La porte du bureau refusa de s’ouvrir. Le téléphone se trouvait à l’intérieur, c’était plus pratique en cas d’urgence. Cassetin posa le seau par terre, poussa de l’épaule contre le battant, qui resta fermé. Il recula jusqu’au mur d’en face, les yeux larmoyants. Il serra les dents et chargea.
La porte s’ouvrit d’elle-même. Cassetin décrivit un gracieux vol plané à travers le bureau avant d’atterrir dans la cheminée, puis tout devint noir, au propre comme au figuré, car il perdit connaissance. »
Extrait de : T. Pratchett. « Fond d’écran. »
Sacrés chats ! par Terry Pratchett

Fiche de Sacrés chats !
Titre : Sacrés chats !
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 1989
Traduction :
Editeur : City Editions
Sommaire de Sacrés chats !
- Eloge du vrai chat
- Allons-y !
- Cherche adorable chat…
- D’une sorte à l’autre
- Leurs petits noms
- Chat va pas…
- A table !
- Faire son éducation
- Jeux de chats
- Les chats de Schrödinger
- Le chat à travers l’histoire
- Leur vie sexuelle (Chamasutra)
- L’hygiène
- En voiture !
- Entre chiens et chats
- Le vrai chat et le jardinier
- Le vrai chat et les enfants
- Ceux qui n’ont jamais existé
- L’avenir du vrai chat
Les recettes de Nounou Ogg par Terry Pratchett

Fiche de Les recettes de Nounou Ogg
Titre : Les recettes de Nounou Ogg
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 2014
Traduction : J. Collin
Editeur : I2N
Première page de Les recettes de Nounou Ogg
« PAS UN JOUR ne passe sans que je sois heureuse d’être née à Lancre. Je connais chaque pouce de ce lieu et chacun de ses gens et je regarde ses montagnes et ses collines et ses bois et ses vallées et je me dis: « Ce jeune couple est dans ce bosquet depuis suffisamment longtemps, va falloir que je dise un mot à la maman de cette jeunette. »
Mais une bonne part de ce qui se faisait quand j’étais jeune fille a changé, maintenant. Il y a six lampes à huile dans le royaume pour ce que j’en sais, et au château, ils ont installé une de ces tinettes qui se nettoie toute seule, si bien qu’au lieu de creuser une nouvelle fosse chaque semaine, mon gars Shawn, qui fait tout ici à part régner, n’a plus qu’à remplir le réservoir d’un muid au sommet de la tour. Ce que vous appelez le progrès. Évidemment, tout ça finit dans la rivière, alors ce qu’on gagne en commodité, on le perd en compost. »
Extrait de : T. Pratchett. « Les recettes de Nounou Ogg. »
Nation par Terry Pratchett
Fiche de Nation
Titre : Nation
Auteur : Terry Pratchett
Date de parution : 2008
Traduction : P. Couton
Editeur : L’Atalante
Première page de Nation
« IMO partit un jour pêcher du poisson, mais il n’y avait pas de mer. Il n’y avait qu’Imo. Il se cracha donc dans les mains, se les frotta et créa une boule de mer. Après quoi il créa des poissons, mais ils étaient bêtes et paresseux. Il prit donc les âmes de quelques dauphins qui avaient au moins appris à parler, les mélangea à de l’argile, les frotta dans ses mains, modifia leur forme et créa les hommes. Ils étaient intelligents, mais ils ne pouvaient pas nager toute la journée ; Imo prit donc encore de l’argile, se la frotta dans les mains, la mit à cuire dans le feu de son camp de pêche, et c’est ainsi qu’il créa la terre.
Bientôt les hommes peuplèrent tous les continents et eurent faim ; Imo prit donc un peu de nuit, se la frotta dans les mains et créa Locaha, le dieu de la mort. »
Extrait de : T. Pratchett. « Nation. »
Le don par Christopher Priest
Fiche de Le don
Titre : Le don (Tome 2 sur 5 – L’archipel du rêve)
Auteur : Christopher Priest
Date de parution : 1984
Traduction : M. Charrier
Editeur : Robert Laffont
Première page de Le don
« J’essaie de me rappeler quand tout a commencé, en évoquant mon enfance et en me demandant si un événement particulier a fait de moi ce que je suis. Je n’y avais jamais beaucoup pensé avant, parce que, l’un dans l’autre, j’étais heureux. Sans doute grâce à mon père, dont la protection m’évitait de découvrir de quoi il retournait. Je n’avais que trois ans quand j’ai perdu ma mère, mais ce choc-là aussi a été atténué : elle était malade depuis si longtemps que, à sa mort, j’avais l’habitude de passer mes journées avec la nourrice.
Mes souvenirs d’enfance les plus nets sont de très bons souvenirs. À huit ans, j’ai été renvoyé de l’école avec une lettre du médecin scolaire. Une infection virale s’était répandue parmi les élèves, et après examen il s’avérait que j’en étais porteur. On m’a mis en quarantaine et interdit de me mêler aux autres enfants jusqu’à ce que je ne risque plus de les contaminer. Finalement, je suis entré dans une clinique privée, où on m’a retiré deux amygdales en parfait état, mais je n’ai retrouvé l’école que peu après l’anniversaire de mes neuf ans. »
Extrait de : C. Priest. « Le don – L’archipel du rêve. »
Green war par Jean-Marc Ligny

Fiche de Green war
Titre : Green war
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2010
Editeur : Editions Lokomodo
Première page de Green war
« Ça pue.
Ça fuit, c’est rouillé, corrodé, déglingué.
Ça dégage des vapeurs toxiques, des liquides acides, des gaz lourds qui rongent les bronches et piquent les yeux.
C’est vraiment un boulot de merde dans une usine de merde, mais Hassan Azzedine n’a pas le choix : c’est ça où le chômage – autrement dit l’expulsion, car les immigrés comme lui n’ont pas droit au chômage. T’es là pour bosser, oussama, pas pour empiffrer tes rejetons sur le dos des vrais Français. C’est ce qu’on n’arrête pas de lui seriner.
Polyplast fait dans les plastiques : polystyrènes, polyamides, polyesters et autres polytrucs, tous issus du craquage du pétrole. Une activité très polluante, insalubre et totalement has been, la plupart des plastiques étant désormais fabriqués à partir de la biomasse. Polyplast est une des dernières usines de ce type existant en France. »
Extrait de : J.M Ligny. « Green War. »
Furia ! par Jean-Marc Ligny

Fiche de Furia !
Titre : Furia !
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1982
Editeur : Denoël
Première page de Furia !
« Les lettres géantes de lumière solide escaladent le ciel nuit-mauve. Régulièrement, « SHOCKROCK » se dissocie, se désintègre en fumée lourde et roulante, « FUMA ! » crépite, s’enflamme et finit par exploser. Indifférent à la compression de la foule autour de lui, Bozo contemple la transformation cyclique du sigle.
— Ça fait au moins cent mètres de haut ! hurle-t-il, impressionné, à son copain. (En vérité, l’ensemble ne dépasse pas trente mètres.)
— Tas encore rien vu, lui répond son copain d’un ton blasé. Tu vas en prendre plein les synapses !
Il lui jette un clin d’œil et tend le cou vers la scène, par-dessus la houle des tignasses. Bozo en fait autant.
Il ne se passe rien encore. Des spectres dansent, sarabandent autour des instruments, poursuivis par les faisceaux denses des lasers. Bozo essaie d’identifier ces holos fugitifs, mais ils bougent et changent trop vite. Ses yeux éblouis glissent sur les instruments, éclaboussés de lumières profondes, chatoyantes. »
Extrait de : J.M Ligny. « Furia!. »
Dreamworld par Jean-Marc Ligny et Dominique Goult
Fiche de Dreamworld
Titre : Dreamworld
Auteur : Jean-Marc Ligny et Dominique Goult
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Dreamworld
« Noir cachalot d’acier, le sous-marin s’enfonce lentement dans les flots gris, qui referment sur lui leurs bras d’écume. Bientôt le périscope fend seul la houle, pour un dernier regard rigide et rectiligne, qui s’engloutit lui aussi dans les abysses.
Á l’intérieur, l’équipage s’active avec discipline et célérité, en harmonie avec les clignotements des contrôles, le grondement des moteurs, les codes qui défilent sur les écrans. Peu de mots échangés, pas de gestes inutiles : fusion des hommes et des machines.
— Faible écho dans le 40, annonce un matelot affecté à la surveillance du sonar.
Le commandant de bord s’approche, se penche sur l’écran. Un lieutenant le rejoint.
— Gisement inchangé, toujours à 40, précise le matelot.
— Qu’est-ce que ça peut être ? s’interroge le lieutenant.
— Pas un navire classique en tout cas, répond le commandant, écouteurs aux oreilles. Lieutenant, donnez l’alerte. »
Extrait de : J.M Ligny et D. Goult. « Dreamworld. »
Dix légendes des âges sombres par Jean-Marc Ligny

Fiche de Dix légendes des âges sombres
Titre : Dix légendes des âges sombres
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2021
Editeur : L’Atalante
Sommaire de Dix légendes des âges sombres
- L’ouragan
- Lettre à Elise
- La route du nord
- Le porteur d’eau
- Mission divine
- Le désert
- 2030/2300
- La frontière
- L’aéroport
- La horde
Première page de L’ouragan
« Le thermomètre affichait 34 °C, un peu chaud pour un début février. Élodie avait quand même gardé son gilet (celui bleu électrique et vert pomme, qu’elle avait tricoté elle-même), noué son vieux foulard de soie sur ses cheveux gris, enfilé des collants de laine sous sa jupe de coton décolorée. En février, il est censé faire froid : on doit être habillé. Du moins c’était comme ça avant, et à 72 ans, la force de l’habitude…
Or plus rien n’était comme avant. Avant quoi, d’ailleurs ? Il n’y avait pas d’avant ni d’après. Simplement la vie s’était dégradée chaque année davantage, d’aussi loin qu’elle se souvienne.
Assise sur un banc le long du boulevard du Front-de-Mer, près du pont qui enjambait le minuscule port du Gapeau, Élodie contemplait la mer. Elle était gris jaunasse, épaisse comme une soupe dans laquelle baignaient des algues immenses, des espèces de sargasses d’un brun verdâtre, qui pouvaient atteindre plusieurs dizaines de mètres de longueur. Des algues tueuses, d’après Stéphane : elles s’enroulaient dans les hélices des bateaux et rien ne leur faisait lâcher prise. Il fallait plonger pour les couper. Stéphane n’avait plus l’âge de plonger. »
Extrait de : J.M Ligny. « Dix légendes des âges sombres. »