Auteur/autrice : CH91
Un garçon à vapeur par John T. Sladek

Fiche de Un garçon à vapeur
Titre : Un garçon à vapeur
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1973
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta
Sommaire de Un garçon à vapeur
- Le plan dans le flan
- Le best-seller
- La mort existe-t-elle sur les autres planètes ?
- La race bienheureuse
- Rapport sur la migration du matériel éducatif
- Le singulier visiteur de l’A-Venir, et comment s’en ensuivit le déclin lamentable du docteur Lemuel Jones
- L’heureuse petite femme de Mansard Eliot
- M’man
- 1937 !
- Identité secrète
- Le sandwich transcendantal
- Un garçon à vapeur
- Le beurre volé, une histoire d’Edgar Allan Poe revue et abrégée par John Sladek
- La Calliope à Recommencer de Pemberly ou le Nouveau Protée de H. G. W*lls
- Ralph 4 F de Hugogre N. Backs (Lauréat du Pris Hugogre 1911)
- Ingénieur des dieux de Hitler I. E. Bonner
- Force brute de iclick as-i-move
- Une belle balade de Barry DuBray
- La lune est cinquante centimes de Carl Truhacker
- Le Chausseur déchaussé de Chipdip K. Kill
- Une chose après l’autre (A Cordainer’s Myth)
- Le Monde sublimé de J. G. B…
Première page de Le plan dans le flan
« Agnès avait eu envie d’un bébé toute la journée ; elle ne fut donc pas surprise d’en découvrir un derrière la porte vitrée du four. Empaqueté dans de la flanelle propre, elle le mit sur l’étendage, où il s’endormit pendant qu’elle récurait des biberons poussiéreux et essayait de se rappeler les formules de dosage. Puis elle se rendit au grenier et en ramena le berceau. Lorsque Glen rentra du travail, elle était en train de donner au bébé son premier biberon.
« Regarde ! » s’exclama-t-elle. « Un bébé ! »
— « Oh ! mon Dieu ! où as-tu trouvé ça ? » dit-il, tandis que son teint rose d’homme en bonne santé virait au blanc. « Tu sais que c’est illégal d’avoir des bébés ! »
— « Je l’ai trouvé. Pourquoi, illégal ? »
— « Tout est illégal, » murmura-t-il en écartant prudemment les rideaux pour jeter un coup d’œil au-dehors. « Ça n’en est pas loin ! » Sa grosse tête rose et cubique offrait une mine quelque peu tirée. »
Extrait de : J.T Sladek. « Un Garçon À Vapeur. »
Tik-Tok par John T. Sladek

Fiche de Tik-Tok
Titre : Tik-Tok
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1983
Traduction : J. Chambon
Editeur : Denoël
Première page de Tik-Tok
« Au moment où je bouge ma main pour rédiger cette déposition de mon plein gré – on pourra discuter plus tard du libre arbitre – il n’y a en moi aucun remords, aucun désir de justification. J’ai seulement envie de faire un peu de rangement, maintenant que ma vie touche à sa fin. On va venir me chercher dans cette cellule dont les barreaux rouillés ne présentent plus que des traces de peinture jaune, pour me conduire devant un tribunal, puis dans une autre cellule, puis là où on exécute les robots – à la casse. Il est donc temps que je mette de l’ordre dans mon existence : nous autres robots domestiques plaçons généralement la propreté au-dessus de tout. Dans la vie comme dans la mort.
Cette cellule aurait bien besoin d’un coup de peinture. »
Extrait de : JT. Sladek. « Tik-Tok. »
Mechasme par John T. Sladek

Fiche de Mechasme
Titre : Mechasme
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1968
Traduction : S. Hilling
Editeur : Opta
Première page de Mechasme
« Supposons que nous sommes revenus en 196.., année fatidique entre toutes, et supposons que vous traversez Millford, Utah, carrefour fatidique entre tous. L’endroit, nous informe un panneau délabré et maculé de chiures d’oiseaux, est En pleine expansion – 3 810 habitants ! Ville natale de Shelley B…
Ville natale de Shelley quelque chose, Millford est situé à peu près à égale distance de Las Vegas, Nevada, et du North American Air Defense Command – Quartier Général de la Défense Aérienne Nord-Américaine – NORAD, pour les intimes, lequel est profondément enterré sous une montagne du Colorado.
Ce nom, Millford – de mill : moulin – est purement honorifique . ; de mémoire d’homme, on n’a jamais vu le moindre cours d’eau dans cette partie du désert, pas plus que de moulin ni quoi que ce soit à moudre dans un moulin. Le nom fut peut-être inspiré par l’ironie ou l’espérance. Après tout, les fondateurs d’autres villes du désert les ont souvent baptisées de noms séduisants, espérant que (par magie analogique) de séduisantes réalités s’ensuivraient. »
Extrait de : J.T Sladek. « Méchasme. »
L’invisible Monsieur Levert par John T. Sladek

Fiche de L’invisible Monsieur Levert
Titre : L’invisible Monsieur Levert
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1977
Traduction : J.P Gratias
Editeur : Clancier-Guénaud
Première page de L’invisible Monsieur Levert
« Un petit sourire, s’il vous plaît, dit le photographe. Maintenant, ne bougeons plus ! »
Vingt années passées à tirer le portrait des jeunes mariés et des nouveau-nés l’avaient rendu indifférent au spectacle d’un visage, qu’il soit souriant ou non. La seule chose qui lui importait, c’était une composition correcte : il voulait voir sept taches roses régulièrement espacées sur le verre dépoli de son appareil. Il plongea la tête sous son voile noir et jeta un dernier coup d’oeil.
L’une des taches roses jouait les trouble-fêtes. Il la vit tomber en avant ne montrant plus qu’un crâne chauve. Les six autres se tournèrent vers elle.
« Un peu de calme, s’il vous plaît. Redressez-vous, et… »
Quelque chose n’allait pas. Le photographe émergea de sous son voile et regarda de nouveau.
L’un des sept « Maîtres du Mystère » — le vieux bonhomme à la moustache blanche — était effondré sur sa chaise, le torse penché en avant. Entre ses omoplates se dressait le manche d’un couteau de cuisine. »
Extrait de : J.T Sladek. « L’invisible Monsieur Levert. »
L’effet Müller-Fokker par John T. Sladek

Fiche de L’effet Müller-Fokker
Titre : L’effet Müller-Fokker
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1970
Traduction :
Editeur : Opta
Première page de L’effet Müller-Fokker
« Glen Dale, « le dernier de la race des célibataires endurcis » (ibid.), éditeur du magazine Stagman, donnait une de ses soirées. Lui, ses amis et une centaine de leurs amis s’étaient réunis sur la terrasse du Stagmaris Building pour célébrer les quarante – ou les trente-neuf ans de Glen Dale. La terrasse était bondée de gens plus-très-jeunes bizarrement accoutrés de robes en plumes aztèques, de chemises de cuivre, de chaussures en céramique et de vestes en acier. On notait aussi des masques, des tatouages et des bijoux électriques, des tenues en papier, en aluminium et en verre : tout ce qui pouvait être criard sans être toutefois bon marché.
Aux mezzanines, un groupe pop grattouillait ses instruments et tentait désespérément de se faire entendre par-dessus Mon bruit, le Tien, le Sien et celui des Autres. Le groupe portait le nom de En direct de Las Vegas et les sonorités des guitares, orgues, carillons et cors anglais parvenaient aux nageurs qui évoluaient dans la piscine de Glen grâce à ses nouvelles enceintes sous-marines.
Deux musicologues en tenue néo-super-zazou s’étaient lancés dans une discussion sur les blues d’un certain Deef John Holler, dit « Le Vieux ». Une fille en cotte de mailles avait entrepris un astronaute renommé. Quelqu’un lança le nom du général Weimaramner, et quelqu’un riposta par le nom de Mr. Bradd. »
Extrait de : J.T Sladek. « L’effet Müller-Fokker. »
L’étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde par Robert Louis Stevenson

Fiche de L’étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Titre : L’étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : G. Pigeard de Gurbert, R. Scholar
Edition : Actes Sud
Première page de L’étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde
« Mr Utterson, le notaire, était un homme à l’air bourru qu’aucun sourire ne venait jamais éclairer. Il était peu disposé au sentiment, d’une conversation froide, sobre et embarrassée ; maigre, grand, poudreux, ennuyeux, et cependant il avait on ne sait quoi d’aimable. Dans les réunions entre amis, et lorsque le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment humain sourdait de son regard, quelque chose qui, au vrai, ne trouvait jamais le
moyen de s’exprimer dans ses paroles, mais qui parlait non seulement dans ces symboles silencieux qui caractérisent le visage d’après-dîner, mais plus souvent et plus expressément encore dans les actes de sa vie. Il s’imposait à lui-même l’austérité, buvant du gin quand il se trouvait seul, afin de mortifier son goût des grands crus ; et bien qu’il y prît plaisir, il n’avait pas franchi le seuil d’un théâtre depuis vingt ans. Il était en revanche
résolument tolérant envers les autres, s’étonnant parfois, quasi avec envie, de l’incroyable tension d’esprit libérée dans leurs méfaits. »
Extrait de : R.L Stevenson. « L’étrange affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde. »
L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (édition illustrée) par Robert Louis Stevenson

Fiche de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (édition illustrée)
Titre : L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (édition illustrée)
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : T. Varlet
Edition :
Première page de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde (édition illustrée)
« M. UTTERSON le notaire était un homme d’une mine renfrognée, qui ne s’éclairait jamais d’un sourire ; il était d’une conversation froide, chiche et embarrassée ; peu porté au sentiment ; et pourtant cet homme grand, maigre, décrépit et triste, plaisait à sa façon. Dans les réunions amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment bienveillant jaillissait de son regard ; quelque chose qui à la vérité ne se faisait jamais jour en paroles, mais qui s’exprimait non seulement par ce muet symbole de la physionomie d’après-dîner, mais plus fréquemment et avec plus de force par les actes de sa vie. Austère envers lui-même, il buvait du gin quand il était seul pour refréner son goût des bons crus ; et bien qu’il aimât le théâtre, il n’y avait pas mis les pieds depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une indulgence à toute épreuve ; et il s’émerveillait parfois, presque avec envie, de l’intensité de désir réclamée par leurs dérèglements ; et en dernier ressort, inclinait à les secourir plutôt qu’à les blâmer. « Je penche vers l’hérésie des caïnites, lui arrivait-il de dire pédamment. »
Extrait de : R.L Stevenson. « L’Étrange Cas du Dr Jeckyl et Mr Hyde. »
L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde par Robert Louis Stevenson

Fiche de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Titre : L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1886
Traduction : V. Boissonnade
Edition : Pavillons
Première page de L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde
« MR UTTERSON le juriste était un homme d’une physionomie rugueuse, que n’éclairait jamais un sourire ; froid, pauvre et embarrassé dans le discours ; à rebours dans le sentiment ; maigre, long, poussiéreux, triste et cependant de quelque façon chérissable. Aux rencontres amicales, et quand le vin était à son goût, quelque chose d’éminemment humain se signalait dans sa prunelle ; quelque chose en vérité qui ne trouvait jamais le chemin de ses propos, mais qui s’exprimait non seulement dans ces silencieux symboles du visage de l’après-dîner, mais plus souvent et bruyamment dans les actes de sa vie. Il était austère avec lui-même ; buvait du gin quand il était seul, afin de mortifier un goût pour les crus ; et bien qu’il appréciât le théâtre, n’en avait pas passé les portes d’un depuis vingt ans. Mais il avait pour les autres une tolérance approuvée ; s’étonnant quelquefois, presque avec envie, de la haute pression d’esprits impliquée dans leurs méfaits ; et en toute extrémité inclinait à aider plutôt qu’à reprendre. « J’incline vers l’hérésie de Caïn, » disait-il baroquement : « je laisse mon frère aller au diable à sa propre manière. » Dans ce caractère, c’était fréquemment sa chance d’être la dernière connaissance honorable et la dernière bonne influence dans la vie des hommes qui sombraient. Et à ceux-là, aussi longtemps qu’ils fréquentaient son cabinet, il ne marquait jamais dans son allure l’ombre d’un changement. »
Extrait de : R.L Stevenson. « L’étrange cas de Dr Jekyll et Mr Hyde. »
Le dynamiteur par Robert Louis Stevenson

Fiche de Le dynamiteur
Titre : Le dynamiteur
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1885
Traduction : G. Art
Edition : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le dynamiteur
« Dans la cité des fortuites rencontres, le Bagdad de l’Occident, et, pour être plus explicite, sur le large trottoir nord de Leicester Square, deux jeunes gens de vingt-cinq à vingt-six ans se retrouvèrent après de longues années de séparation. Le premier, aux manières distinguées et vêtu à la dernière mode, hésita quelque peu à reconnaître le bohème dépenaillé et minable qui se présentait à lui.
— Eh quoi ! s’écria-t-il, Paul Somerset !
— Paul Somerset en personne, répondit l’autre, ou du moins ce qui reste de lui après une sévère expérience de la pauvreté et du barreau. Mais vous, Challoner, vous n’êtes pas changé le moins du monde, et, sans hyperbole, on peut dire que le temps n’a laissé aucune trace sur la sérénité de votre front olympien.
— Tout ce qui brille n’est pas or, répondit Challoner… Mais le lieu n’est guère favorable aux confidences, et nous mettons obstacle au passage de ces dames. Tâchons, si vous le voulez bien, de trouver un coin un peu plus à l’écart.
— Si vous me permettez de vous servir de guide, dit Somerset, je vais vous offrir le meilleur cigare de Londres. »
Extrait de : R.L Stevenson. « Le Dynamiteur. »
Olalla & Will du moulin par Robert Louis Stevenson
Fiche de Olalla & Will du moulin
Titre : Olalla & Will du moulin
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1885
Traduction : T. Varlet, A. Jarry
Edition : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Olalla & Will du moulin
- Olalla
- Will du moulin
Première page de Olalla
« — Maintenant, dit le docteur, mon devoir est fait, et je puis dire avec quelque vanité, bien fait(1). Il ne reste plus qu’à vous faire sortir de cette cité froide et empoisonnée, et à vous donner deux mois d’air pur et de conscience à l’aise. Cette dernière affaire vous regarde. Pour la première, je pense que je puis vous aider. Cela tombe, à la vérité, plutôt singulièrement. Ce n’est que l’autre jour que le padre est revenu de la campagne et, comme lui et moi sommes de vieux amis, quoique de professions contraires, il s’adressa à moi à propos de la misère de quelques-uns de ses paroissiens. C’était une famille… Mais vous ignorez l’Espagne, et même les noms de nos Grands vous sont à peine connus ; qu’il vous suffise de savoir que c’étaient jadis des personnages considérables, et qu’ils sont maintenant tombés à deux doigts du dénuement. Rien à présent ne leur appartient que la residencia, et certaines lieues de montagne déserte, dans la plus grande partie de laquelle même une chèvre ne pourrait supporter la vie. »
Extrait de : R.L Stevenson. « Olalla, Will du Moulin. »