Auteur/autrice : CH91
Philippe Guy
Présentation de Philippe Guy :
Né le 12 septembre 1955 en France, Philippe Guy est un écrivain français principalement connu pour sa modeste mais notable contribution à la littérature de science-fiction. Son œuvre romanesque est intimement liée à l’une des collections les plus emblématiques de la science-fiction francophone populaire : la collection « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
À l’instar de nombreux auteurs français de l’imaginaire des années 1980 et 1990, Philippe Guy a exploré les thèmes classiques de la science-fiction à travers le format court et percutant qu’exigeait le Fleuve Noir. Sa bibliographie, très resserrée, se compose de trois romans publiés sur une période de près de dix ans au sein de cette même collection :
- Cocons (1987) : Publié sous le numéro 1524 de la quatrième série de la collection « Anticipation ».
- Dernière tempête (1989) : Publié sous le numéro 1696.
- Phalènes (1996) : Publié sous le numéro 1977. Ce roman s’inscrit dans la toute dernière époque de la collection historique du Fleuve Noir (laquelle s’arrêtera définitivement l’année suivante, en 1997).
Écrivain particulièrement discret, la carrière de Philippe Guy dans le domaine de la science-fiction se limite aujourd’hui à cette trilogie de publications. Il demeure néanmoins une figure répertoriée par les spécialistes et les collectionneurs de littérature populaire, en tant que témoin d’une époque foisonnante de l’édition de genre en France.
Livres de Philippe Guy :
Cocons
Dernière tempête
Phalènes
Pour en savoir plus sur Philippe Guy :
La page Wikipédia sur P. Guy
La page Noosfere sur P. Guy
La page isfdb de P. Guy
Maaga-la-Scythe par Alain Billy

Fiche de Maaga-la-Scythe
Titre : Maaga-la-Scythe
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Maaga-la-Scythe
« Le soleil cornu resplendissait dans le ciel ocre de Maaga-la-Scythe mais Ryl, le dernier des Impérors, avait du noir à l’âme.
Accoudé devant le miroir vibrant qui grossissait son image, il s’observait, cherchait entre ses paupières mi-closes, dans son regard bleu, les premières ombres de la peur. Son nez fin pâlissait sous l’effet d’une formidable tension intérieure, et sa bouche large aux lèvres insolentes s’affaissait, tiraillée par l’amertume. Seul le menton orgueilleux conservait ses lignes pures, sa superbe.
L’Impéror soupira, se leva pesamment, gagna l’une des fenêtres triangulaires de la chambre et regarda au-dehors.
Les avenues qui convergeaient vers le Palais étaient désertes. Quelques Volcars abandonnés stationnaient n’importe où. Pas un Bulle ne circulait entre les tours, les globes, les porches suspendus ; les véhicules scintillaient comme des jouets d’enfants délaissés, sur les terrasses vides. »
Extrait de : A. Billy. « Maaga-la-Scythe. »
Les fruits sataniques par Alain Billy

Fiche de Les fruits sataniques
Titre : Les fruits sataniques
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les fruits sataniques
« Pour peindre, Léonard avait besoin de lumière et de ce qui restait de nature, aussi laissait-il dépérir à sa guise la végétation malade autour de la bâtisse démodée mais cossue dans laquelle il se terrait : des massifs maigres, hirsutes, s’égaraient sous les branches filiformes des arbres. Dans les herbes blanchâtres, des ronces fatiguées croisaient en d’interminables lacis leurs tiges dépouillées. Ces végétaux, marqués de taches noires dues aux pluies acides, croupissaient sous des lambeaux de mousses malsaines, des colonies maussades de champignons vénéneux.
Renard rivé à sa tanière, le vieil artiste pénétra dans son atelier, une vaste salle pourvue de baies vitrées à fermetures hermétiques, donnant de plain-pied sur le parc. Il avança parmi ses peintures réalisées sur des panneaux métalliques de la circulation, s’arrêta, les yeux clos, l’esprit taraudé par une pensée. Soudain, il frappa dans ses mains, comme pour applaudir la décision qu’il venait de prendre, et il pianota en sifflotant sur le clavier de la boucle de sa ceinture. Un sidérophone de la grosseur d’une noix se matérialisa à proximité de sa bouche. »
Extrait de : A. Billy. « Les fruits sataniques. »
Le souffle de lune par Alain Billy

Fiche de Le souffle de lune
Titre : Le souffle de lune
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le souffle de lune
« Une nuit obscure, de cauchemar.
Pourtant, ne rien voir était moins pénible que de découvrir, dans la lumière blafarde du jour, ce qu’était devenue la Terre après les Grandes Guerres : une surface chaotique, brûlée, ravagée, un champ infini de ruines où ne poussait pas la moindre végétation.
Rek avançait dans l’obscurité avec des précautions de félin. À chacun de ses pas, le sol vitrifié craquait sous ses semelles. Il détestait ce bruit qui pouvait le faire repérer. Une lueur fugace balafra les ténèbres ; il leva brutalement le front, se tassa, muscles tétanisés, prêt à se défendre. Mais ce n’était qu’une étincelle due à l’électricité dont était chargée l’atmosphère pleine de poisons en suspension. Les décombres cachaient d’innombrables cadavres et l’insoutenable odeur de la mort planait partout.
Rek aperçut, dans un ravin, l’auréole d’un brasier auprès duquel un survivant imprudent devait se réchauffer.
« Encore un fêlé, pensa-t-il. Mieux vaut ne pas aller par là. »
Extrait de : A. Billy. « Le souffle de Lune. »
Le rideau de glace par Alain Billy

Fiche de Le rideau de glace
Titre : Le rideau de glace
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le rideau de glace
« Rost écrivait.
Rageur, il ratura les premiers mots de la pièce, froissa les feuillets griffonnés, les expédia d’une chiquenaude dans la corbeille à papiers, puis il repoussa la chaise métallique et se dirigea vers le hublot circulaire ; il n’avait que trois ou quatre pas à faire tant la cellule était exiguë. Il posa à plat ses paumes sur le verre bombé et contempla le ciel. Des nuages rouges, semblables à des blessures ouvertes, s’étiraient sur un fond pâle, d’aspect liquide. Il devait faire froid, mais Rost n’avait plus aucune notion de ce que pouvait être l’air extérieur.
Il se tourna, considéra d’un œil morne son alvéole, s’approcha des barreaux luminescents, glissa son visage entre deux d’entre eux. Une sensation de vertige l’envahit. Il se cramponna car il se trouvait à plus de deux cent cinquante mètres au-dessus du sol dans la sphère-prison de la cité de Tromb, autour de laquelle s’étendaient des rocs et des sables vitrifiés par d’anciennes explosions nucléaires. Les cellules tapissaient l’intérieur de l’immense boule creuse. »
Extrait de : A. Billy. « Le rideau de glace. »
L’orchidée rouge de Madame Shan par Alain Billy
Fiche de L’orchidée rouge de Madame Shan
Titre : L’orchidée rouge de Madame Shan
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’orchidée rouge de Madame Shan
« Toulon, juin 1986.
Un léger bruit fit sursauter le vieux Spingle. Il s’arracha à la contemplation de la rade, dont il apercevait une partie par la fenêtre de sa bibliothèque, et tordit le cou pour regarder la pendule de bronze posée sur la cheminée.
— Les vicelards ! crachota-t-il, la bouche mauvaise. À peine rentrés du boulot, ils remettent ça. Ils n’attendent même pas la nuit pour s’envoyer en l’air.
D’un index à l’ongle cerné de noir, il enfonça l’une des touches de l’accoudoir de son fauteuil d’infirme. Le moteur électrique émit un faible ronronnement, le siège démarra en marche arrière et accomplit une courbe pour contourner la table surchargée de revues chiffonnées.
— Tout de même, continua-t-il en branlant du chef, ils ont la santé, ces mômes !
Le fauteuil s’élança sur le plan incliné qui permettait d’accéder à la mezzanine construite au fond de la pièce. Parvenu sur le plancher de bois, le vieux Spingle arrêta son engin, décrocha un petit tableau qui cachait un œilleton fiché dans la cloison. Après avoir collé son œil gauche à la lunette, il brancha un minuscule haut-parleur. »
Extrait de : A. Billy. « L’orchidée rouge de madame Shan. »
Parasol 27 par Alain Billy

Fiche de Parasol 27
Titre : Parasol 27 (Tome 2 sur 2 – Le bateleur)
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1994
Editeur : Fleuve noir
Première page de Parasol 27
« Hortengul Alam Delapan évita avec un soin maniaque une pierre de la grosseur d’un œuf que ses jardiniers, pourtant méticuleux, avaient oubliée sur le chemin. Après avoir grogné, il se dirigea vers le gros arbre qui parachevait l’éminence artificielle à l’extrémité du jardin suspendu au-dessus des rizières.
Quand « l’ivresse de la Création Poétique » l’étreignait, le Président-Gouverneur errait seul sur ses terres et gagnait l’ombre du somptueux banian au pied duquel avait été érigé l’abri d’où l’on surplombait l’impressionnante vallée de Rantépao, au cœur du pays Toraja : une serre de verre et de métal, couverte de fleurs rouges et blanches.
Les cheveux vert pomme d’Hortengul dressaient leurs pointes lumineuses au-dessus du col relevé de son ample vêture. Cette couleur signifiait qu’il ne voulait parler à personne d’autre qu’à lui-même, car il avait, à ce moment, « l’âme végétale ». »
Extrait de : A. Billy. « Parasol 27 – Le bateleur. »
Le peintre des orages par Alain Billy

Fiche de Le peintre des orages
Titre : Le peintre des orages (Tome 1 sur 2 – Le bateleur)
Auteur : Alain Bully
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le peintre des orages
« Avec sa chevelure blond-blanc, des yeux lavande striés comme ceux des poupées en celluloïd, une carcasse de footballeur américain, Le Bateleur allait passer aussi inaperçu en Indonésie qu’une orange dans un plat de lentilles. Mais la mission était la mission ; personne ne songeait à discuter les ordres du « Vieux ».
Quand il posa le pied sur la terre de Java, il se demanda si l’avion qui l’avait amené jusque-là ne s’était pas posé au fond d’un aquarium, tant l’air était saturé d’humidité, aussi songea-t-il d’abord à respirer normalement, entreprise qui nécessitait un effort particulier. Cet handicap surmonté, il s’installa à l’hôtel Santika, à Bandung, puis se rendit tranquillement sur les lieux du rendez-vous, un Centre culturel français dont on fêtait l’inauguration.
Le Bateleur se glissa dans la foule qui se pressait devant le bâtiment rénové, jaugea du regard le beau monde et le modeste mélangés, mais fut vite captivé par les danseuses soudanaises qui animaient d’éloquente manière leurs fesses rebondies. »
Extrait de : A. Billy. « Le peintre des orages – Le bateleur. »
Philippe Randa

Présentation de Philippe Randa :
De son vrai nom Philippe-André Duquesne, Philippe Randa est né le 23 décembre 1960 à Montargis (Loiret). Il est un écrivain, éditeur et chroniqueur politique français, connu à la fois pour ses débuts dans la littérature de genre et pour son engagement militant à l’extrême droite.
Il est le fils du romancier René Duquesne, célèbre sous le pseudonyme de Peter Randa (un auteur extrêmement prolifique des éditions Fleuve Noir). Si Philippe Randa a d’abord marché dans les traces littéraires de son père, il s’est par la suite forgé un parcours éditorial et politique qui lui est propre.
Les débuts littéraires : l’héritage du roman de genre
Au début des années 1980, après le décès de son père, Philippe Randa se lance lui aussi dans l’écriture de romans populaires. Il intègre les éditions Fleuve Noir où il publie une vingtaine de romans dans la célèbre collection « Anticipation ». Parmi ses titres de science-fiction notables, on trouve :
- Les Écologistes de combat (1982) ;
- Folle Meffa (1982) ;
- La Planète noire de Lothar (1982) ;
- Le Réveil des dieux (1983).
Outre la science-fiction, il écrit des romans policiers (collection « Spécial Police » au Fleuve Noir). Sous divers pseudonymes, il explore également d’autres genres populaires aux Presses de la Cité, publiant des romans d’espionnage (sous le nom de Paul Vence) et des romans érotiques (sous le nom d’Urbain Sarrel).
Dès la fin des années 1980, il commence à instiller ses convictions politiques dans ses œuvres de fiction, comme l’illustre son roman Poitiers demain (1987), une dystopie d’extrême droite mettant en scène la libération d’une France occupée.
L’éditeur et l’engagement à l’extrême droite
Au cours des années 1990, Philippe Randa délaisse la fiction populaire pour se consacrer pleinement à la politique, à l’histoire et à l’édition.
Militant dans sa jeunesse au sein du GUD (Groupe union défense) puis au Front national (où il figure sur une liste lors d’élections municipales), il choisit de poursuivre son action politique par le biais de l’édition. Il crée ou dirige plusieurs structures éditoriales qui deviennent des références dans les milieux nationalistes et de l’extrême droite radicale :
- L’Æncre (librairie parisienne et maison d’édition fondée en 1996) ;
- Dualpha (créée en 1997) ;
- Déterna.
Ces maisons d’édition se spécialisent dans la publication et la réédition de textes historiques, d’essais politiques, et de mémoires d’auteurs classés à l’extrême droite ou liés à l’histoire de la collaboration et de l’Algérie française.
Chroniqueur et essayiste
Ancien auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), Philippe Randa est également l’auteur de très nombreux essais, dictionnaires et documents historiques.
Personnalité très active dans la sphère médiatique de la droite radicale, il dirige le site EuroLibertés et a régulièrement animé ou participé à des émissions sur des médias alternatifs comme TVLibertés (notamment les émissions « Bistrot Liberté » ou « Synthèse »).
Aujourd’hui, il reste principalement connu non plus comme le romancier de science-fiction de ses débuts, mais comme l’un des éditeurs et idéologues les plus actifs de l’extrême droite française contemporaine.
Livres de Philippe Randa :
Apocalypse Yankee :
- Mon pote, le martien…
- Camarade Yankee !
- U.S. go home… go, go !
Lex Buri :
- Les fusils d’Ekaistos
- Les conjurés de Shargol
- La démone de Karastan
- Metamorphosa
Pirates de l’espace :
- Les contrebandiers du futur
- Le diable soit avec nous !
- Les sirènes d’Almadia
Aléas à travers le temps
Baroud pour le genre humain
Baroud sur Bolkar
Clash à Zagora
Folle Meffa
L’expérience du grand cataclysme
La planète noire de Lothar
Le mal d’Ibrator
Le palais du Roi Phédon
Le réveil des dieux
Les écologistes du combat
Mission sur Terre
Périls sur Mu
Pour en savoir plus sur Philippe Randa :
La page Wikipédia sur P. Randa
La page Noosfere sur P. Randa
La page isfdb de P. Randa
Alain Billy

Présentation de Alain Billy :
Alain Billy (1947-) occupe une place singulière dans l’histoire de la littérature de genre en France. S’il est reconnu par la critique pour la finesse de ses nouvelles, il est surtout, pour des générations de lecteurs, l’un des auteurs emblématiques des collections « Angoisse » et « Anticipation » des éditions Fleuve Noir.
Les débuts : le maître de l’étrange et de l’angoisse
C’est au début des années 1970 qu’Alain Billy impose sa plume. Il devient l’un des auteurs phares de la célèbre collection « Angoisse » (la collection au loup-garou), où il déploie un imaginaire marqué par une atmosphère lourde et un sens aigu du mystère.
- En 1974, il publie Les Fruits sataniques, un récit qui explore les zones d’ombre de la psyché et du surnaturel.
- Il enchaîne avec des titres marquants comme L’Orchidée rouge de madame Shan (1975) et Le Souffle de lune (1975). Ces ouvrages se distinguent par un style plus travaillé et une sensibilité plus onirique que la production standard du genre à l’époque.
L’ère de l’anticipation et le cycle du Bateleur
Au tournant des années 1980, il bascule vers la collection « Anticipation », où il explore une science-fiction plus spéculative et aventureuse, souvent teintée de merveilleux.
- Le Rideau de glace (1981) et Parasol 27 (1982) témoignent de sa capacité à créer des mondes aux concepts originaux.
- C’est à cette période qu’il lance l’un de ses projets les plus ambitieux, le cycle du Bateleur, dont le premier tome, Le Peintre des orages (1984), installe un univers riche en couleurs et en métaphores.
- Avec Maaga-la-Scythe (1985), il explore les codes de la planet opera avec une héroïne forte, confirmant son goût pour les récits de voyage et d’exotisme lointain.
La consécration littéraire
Parallèlement à ses romans de collection, Alain Billy mène une carrière de nouvelliste exigeant. Ce travail sur la forme courte culmine en 1987 lorsqu’il reçoit le Grand Prix de l’Imaginaire pour Le Temps du passage. Ce prix vient récompenser un auteur qui a su concilier l’efficacité de la littérature populaire et l’exigence stylistique.
Un style
Le style d’Alain Billy se reconnaît à sa capacité à mêler le réalisme et l’insolite. Ses romans ne sont jamais de simples récits d’action ; ils sont imprégnés d’une mélancolie et d’une recherche esthétique qui lui ont permis de survivre à la disparition des collections de poche historiques.
Livres de Alain Billy :
Le bateleur :
- Le peintre des orages (1993)
- Parasol 27 (1994)
L’orchidée rouge de madame Shan (1988)
Le rideau de glace (1987)
Le souffle de lune (1989)
Les fruits sataniques (1993)
Maaga-la-Scythe (1988)
Pour en savoir plus sur Alain Billy :
La page Wikipédia sur A. Billy
La page Noosfere sur A. Billy
La page isfdb de A. Billy