Auteur/autrice : CH91

 

Lemony Snicket

Présentation de Lemony Snicket :

Si le monde des Belles-Lettres a de tout temps chéri les pseudonymes de grand panache, rares sont ceux qui ont pris une épaisseur aussi charnelle et troublante que celui de Lemony Snicket. Derrière ce patronyme teinté d’une élégante amertume se dissimule l’écrivain américain Daniel Handler, né le 28 février 1970 dans la brumeuse et pittoresque cité de San Francisco. Romancier, nouvelliste et musicien, cet homme de lettres d’outre-Atlantique s’est imposé comme l’un des maîtres de la littérature de l’imaginaire, insufflant à la littérature enfantine une ironie et une noirceur jusqu’alors tout à fait inédites.

La genèse d’un écrivain au cynisme raffiné

Avant de se draper dans la lourde redingote de son célèbre double de papier, le jeune Daniel Handler cultive un goût prononcé pour les arts et la satire. Ayant achevé ses humanités avec un vif intérêt pour la littérature, il s’essaie d’abord à la fiction destinée aux adultes. Son premier ouvrage, qui peine initialement à trouver grâce aux yeux des éditeurs parisiens comme new-yorkais, annonce déjà son inclination pour un humour grinçant et une prose délicatement désenchantée. Outre le maniement de la plume, ce clerc excentrique nourrit une véritable passion pour la musique, s’illustrant tout particulièrement dans l’art de l’accordéon.

Le sombre avènement des orphelins Baudelaire

C’est à l’orée des années 2000 que survient l’éclatant et paradoxal succès de son entreprise littéraire majeure : Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire. Établie sur un vaste cycle de treize volumes, cette grande fresque narre la funeste destinée de Violette, Klaus et Prunille, trois jeunes enfants de bonne famille, soudainement privés de leurs parents dans un mystérieux incendie. Placés sous la tutelle de l’abominable comte Olaf — un infâme histrion prêt à toutes les vilenies pour s’accaparer leur héritage —, les malheureux orphelins vont devoir traverser une litanie d’épreuves. Par cette œuvre, l’auteur renouvelle magistralement le roman d’apprentissage et le conte gothique, convoquant l’esprit d’un Dickens mâtiné d’absurde.

Un narrateur tapi dans l’abîme

L’indéniable coup de génie de Daniel Handler réside dans la création formelle de ce narrateur enquiquinant et neurasthénique qu’est Lemony Snicket. Bien plus qu’un simple prête-nom, Snicket s’impose comme un enquêteur tourmenté, s’adressant sans cesse au lecteur pour le conjurer d’abandonner l’ouvrage face à l’inéluctable misère du récit. Il y confesse ses propres drames à mots couverts, au premier rang desquels figure son amour perdu pour une mystérieuse femme tragiquement disparue, prénommée Béatrice. Ce procédé méta-littéraire, d’une grande virtuosité, n’est pas sans rappeler l’esprit frondeur des conteurs et philosophes du dix-huitième siècle.

Une œuvre protéiforme et une renommée pérenne

L’engouement suscité par ce cycle romanesque a bien vite dépassé les frontières de la jeune nation américaine pour conquérir le Vieux Continent. Fort de ce triomphe, l’auteur a décliné son riche univers au travers de divers opuscules et d’une nouvelle série rétrospective intitulée Les Fausses Bonnes Idées, levant le voile sur la jeunesse de son propre avatar.

Par la justesse de son verbe caustique, la richesse de ses allitérations et le raffinement de son intrigue, Lemony Snicket, alias Daniel Handler, a prouvé avec éclat que la jeunesse était fort capable d’apprécier la tragédie, pourvu qu’elle lui fût contée avec l’élégance, la malice et la verve d’un véritable esthète.

Livres de Lemony Snicket :

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire :

  • Tout commence mal
  • Le laboratoire aux serpents
  • Ouragan sur le lac
  • Cauchemar à la scierie
  • Piège au collège
  • Ascenseur pour la peur
  • L’arbre aux corbeaux
  • Panique à la clinique
  • La fête féroce
  • La pente glissante
  • La grotte gorgone
  • Le pénultième péril
  • La fin

Pour en savoir plus sur Lemony Snicket :

La page Wikipédia sur L. Snicket
La page Noosfere sur L. Snicket
La page isfdb de L. Snicket

Jessica Townsend

Présentation de Jessica Townsend :

Née le 18 avril 1985 dans les lointaines contrées australes, et plus précisément dans la bourgade côtière de Caloundra, au sein de l’État du Queensland, Jessica Townsend s’est imposée en quelques années à peine comme l’une des héritières les plus brillantes de la littérature fantastique anglo-saxonne. Elle a su bâtir un univers foisonnant, redonnant au conte merveilleux une vigueur et une inventivité tout à fait remarquables.

Des rivages de l’Australie aux brumes londoniennes

Avant de connaître les lauriers du triomphe éditorial, la jeune femme exerce sa plume dans des domaines fort variés. Elle débute sa carrière en tant que rédactrice publicitaire, puis se voit confier la direction d’une revue enfantine consacrée à la faune sauvage, éditée par le célèbre parc zoologique fondé par l’excentrique naturaliste Steve Irwin. Ce métier, tourné vers la nature et la jeunesse, affine indubitablement son sens du récit et de la vulgarisation.

Cependant, c’est au cours d’un long séjour passé sous les cieux gris et romantiques de Londres que son imagination s’embrase véritablement. Fascinée par l’architecture séculaire, les transports souterrains et l’atmosphère si particulière de la capitale britannique, elle puise dans cette expérience l’essentiel de la sève qui viendra nourrir sa grande œuvre romanesque.

L’avènement de Nevermoor et de Morrigan Crow

Le destin de la romancière bascule de façon spectaculaire à l’automne de l’année 2017, lors de la parution de son premier ouvrage : Nevermoor : Les Défis de Morrigan Crow. Ce récit initiatique nous conte la tragique destinée d’une fillette frappée d’une sombre malédiction, accusée de tous les maux de sa bourgade et condamnée à un trépas certain le jour de son onzième anniversaire. Mais à l’heure fatidique, un personnage aussi mystérieux qu’extravagant, répondant au nom de Jupiter Nord, l’enlève pour la conduire vers une cité clandestine et magique : Nevermoor.

Là, l’héroïne devra surmonter de redoutables épreuves afin d’intégrer une prestigieuse confrérie, la Société Wundrous, et ainsi échapper définitivement à son destin funeste.

Un triomphe universel dans le sillage des grands maîtres

L’accueil réservé à ce premier tome est purement phénoménal. La critique d’outre-Manche et d’outre-Atlantique s’emballe, n’hésitant pas à comparer l’inventivité de Jessica Townsend à celle de la créatrice du jeune sorcier à lunettes. L’ouvrage est promptement traduit dans des dizaines d’idiomes et couronné de prestigieuses récompenses littéraires dans son pays natal. Les droits d’une adaptation cinématographique sont d’ailleurs acquis dans la foulée par les grands studios de Californie.

La romancière, nullement intimidée par ce succès vertigineux, poursuit son édifice littéraire avec la publication des volumes suivants, parmi lesquels Le Wundereur : La Vocation de Morrigan Crow (2018) ou encore Hollowpox : La Traque de Morrigan Crow (2020), prolongeant ainsi le plaisir d’un lectorat toujours plus captivé.

Par la grâce de son verbe coloré et de son inépuisable fantaisie, Jessica Townsend a brillamment démontré que le roman d’évasion possédait de beaux jours devant lui, offrant à la jeunesse d’aujourd’hui un formidable asile contre la morosité du siècle.

Livres de Jessica Townsend :

Nevermoor :

  • Les défis de Morrigane Crow
  • La mission
  • La traque
  • L’enquête

Pour en savoir plus sur Jessica Townsend :

La page Wikipédia sur J. Townsend
La page Noosfere sur J. Townsend
La page isfdb de J. Townsend

Christelle Dabos

Présentation de Christelle Dabos :

Née en 1980 sur les rivages ensoleillés de la Côte d’Azur, à Cannes, Christelle Dabos est une romancière dont l’ascension fulgurante a su redonner au roman d’évasion ses lettres de noblesse. Établie par la suite dans le plat pays, en Belgique, elle s’est imposée en l’espace d’une petite décennie comme l’une des figures de proue de la littérature de l’imaginaire, tissant des intrigues d’une rare ingéniosité.

Des rayonnages de bibliothèque à l’épreuve du destin

Avant de manier la plume avec la virtuosité qu’on lui connaît, la jeune femme se destine à la paisible profession de bibliothécaire. Au milieu des nobles in-folio et des reliures savantes, elle nourrit son esprit d’innombrables lectures. Cependant, c’est une épreuve d’une tout autre nature qui va précipiter sa vocation. Frappée par une cruelle affection de la santé au seuil de la trentaine, Christelle Dabos trouve dans la rédaction d’ouvrages romanesques un exutoire salutaire.

C’est au sein d’un cercle de lettrés modernes — une confrérie de jeunes auteurs partageant leurs manuscrits par le truchement des réseaux informatiques, nommée « Plume d’Argent » — qu’elle commence à esquisser les premiers chapitres de son grand œuvre. L’accueil particulièrement chaleureux de ses pairs l’encourage à persévérer dans cette voie exigeante.

Le triomphe éclatant de La Passe-miroir

L’année 2013 marque un tournant décisif dans son existence. Poussée par ses camarades d’écriture, elle soumet son premier manuscrit à un prestigieux concours littéraire parrainé par les illustres Éditions Gallimard, le poste de radiodiffusion RTL et la revue Télérama. Le jury, vivement conquis par la singularité de sa prose, lui décerne le grand prix du premier roman jeunesse. C’est ainsi que paraît Les Fiancés de l’hiver, le premier acte d’une imposante tétralogie intitulée La Passe-miroir.

L’ouvrage narre les péripéties d’Ophélie, une jeune fille d’apparence discrète, dissimulée derrière d’épaisses lunettes, mais dotée de dons prodigieux : elle possède la faculté de lire le passé des objets à mains nues et de traverser les miroirs. Projetée dans un univers morcelé, constitué d’arches célestes en lévitation, l’héroïne est entraînée, bien malgré elle, dans un entrelacs d’intrigues de cour et de sombres complots politiques.

Une consécration universelle et de nouveaux horizons

Le succès remporté par cette saga est purement retentissant. À un rythme soutenu, la romancière livre la suite de cette fresque haletante, qui trouve sa conclusion en 2019 au terme de quatre volumes magistraux. L’engouement de la jeunesse, mais également d’un lectorat beaucoup plus mûr, dépasse rapidement les frontières de l’Hexagone ; l’œuvre est traduite dans de multiples idiomes, confirmant le talent universel de cette conteuse d’exception.

Désireuse de ne point s’enfermer dans un unique registre, Christelle Dabos a fait paraître un nouvel opus à la fin de l’année 2023, titré Ici et seulement Ici. Délaissant les cieux flottants pour se pencher sur le microcosme tourmenté d’un établissement scolaire, elle y dépeint, avec une justesse presque féroce et une très fine psychologie, les affres et les cruautés de l’âge tendre.

Par l’élégance de son style et la richesse de ses allégories, Christelle Dabos a brillamment prouvé que la littérature de l’imaginaire, loin d’être un genre mineur, demeure un terreau éminemment fertile pour sonder les tréfonds de l’âme humaine.

Livres de Christelle Dabos :

La passe-miroir :

  • Les fiancés de l’hiver
  • Les disparus de Clairdelune
  • La mémoire de Babel
  • La tempête des échos

Et l’imagination prend feu
Ici et seulement ici
Nous

Pour en savoir plus sur Christelle Dabos :

La page Wikipédia sur C. Dabos
La page Noosfere sur C. Dabos
La page isfdb de C. Dabos

Erik L’Homme

Présentation de Erik L’Homme :

Né le 22 décembre 1967 à Grenoble, dans le département de l’Isère, Erik L’Homme est un romancier français et un infatigable arpenteur de contrées lointaines. Il figure aujourd’hui parmi les plumes les plus estimées de la littérature destinée à la jeunesse, ayant su raviver le goût de l’épopée, de l’aventure et du merveilleux avec une noblesse de ton toute classique.

La formation d’un esprit aventureux

Élevé dans les paysages sauvages et accidentés de la Drôme, le jeune Erik nourrit très tôt une passion ardente pour la nature, qui demeurera la grande inspiratrice de son œuvre. Au sortir de l’adolescence, il poursuit des études supérieures d’histoire à l’université de Lyon, où il consacre ses travaux au Moyen Âge et à l’esprit de chevalerie. Mû par une soif d’horizons nouveaux et par un profond désir de découverte, ce clerc en devenir s’embarque pour de lointains voyages.

Ses pérégrinations le mènent jusqu’aux vallées reculées du Pakistan, où il étudie les peuples anciens, ainsi qu’aux Philippines et en Malaisie. De ces expéditions, qu’il entreprend parfois aux côtés de son frère, il tire une riche matière qu’il relate dans divers reportages, enquêtes et récits de voyage, avant de se tourner résolument vers la fiction.

L’avènement du Livre des étoiles

Le tournant décisif de sa carrière d’homme de lettres s’opère à l’aube du nouveau millénaire. En 2001, les prestigieuses éditions Gallimard publient le premier tome de ce qui deviendra une trilogie fantastique de grand renom : Le Livre des étoiles. Ce récit d’apprentissage narre les aventures du jeune Guillemot de Troïl au sein du Pays d’Ys, une contrée mystérieuse entretenant des liens étroits avec la Bretagne, où la magie repose sur la parfaite maîtrise des mots et des graphèmes.

Le triomphe est immédiat ; l’ouvrage séduit un très vaste public en France comme à l’étranger. Couronné par de nombreux prix, ce succès de librairie marque une date importante dans l’histoire récente de l’édition pour la jeunesse, prouvant que le conte traditionnel et le récit chevaleresque ont conservé tout leur attrait.

Une œuvre féconde et l’amitié des lettres

Fort de ce succès retentissant, Erik L’Homme déploie par la suite un univers romanesque d’une rare diversité. Il s’illustre avec le cycle Phænomen (2006-2007) puis avec la saga spatiale Les Maîtres des brisants (2008), mêlant habilement le frisson de l’aventure à une fine réflexion sur la destinée humaine.

Une amitié sincère et fructueuse le lie d’ailleurs à son confrère Pierre Bottero. Ensemble, ils entreprennent la rédaction à quatre mains du cycle A comme Association (2010-2012), un récit truculent mêlant humour, sortilèges et créatures de la nuit. Hélas, la disparition prématurée de ce compagnon de plume l’obligera à achever seul cette vaste entreprise romanesque, honorant ainsi la mémoire de son ami.

L’écrivain au temps de la maturité

Désireux de ne jamais se répéter, l’écrivain a poursuivi son exploration des mondes archaïques avec la série Terre-Dragon (2014-2015). Parallèlement à ses fictions, il s’est également adonné à une littérature plus intime et méditative, sous la forme d’essais et de récits où transparaît son amour de la nature, à l’instar d’ouvrages tels que Un peu de nuit en plein jour (2019).

Tout au long de sa brillante carrière, Erik L’Homme s’est fait le défenseur d’une langue soignée, d’un idéal de courage et de loyauté, instillant dans chacun de ses romans une poésie et une sensibilité qui en font, incontestablement, l’un des très grands maîtres-conteurs de notre époque.

Livres de Erik L’Homme :

A comme Association :

  • La pâle lumière des ténèbres
  • Les limites obscures de la magie
  • L’étoffe fragile du monde
  • Le subtil parfum du souffre
  • Là où les mots n’existent pas
  • Ce qui dort dans la nuit
  • Car nos coeurs sont hantés
  • Le regard brûlant des étoiles

Les maîtres des brisants :

  • Chien de la lune
  • Le secret des abîmes
  • Seigneurs de guerre

Livre des étoiles :

  • Qadehar le sorcier
  • Le seigneur Sha
  • Le visage de l’ombre

Phaenomen :

  • Phaenomen
  • Plus près du secret
  • En des lieux obscurs

Terre Dragon :

  • Le souffle des pierres
  • Le chant du fleuve
  • Les sortilèges du vent

Intégrales :

  • Le livre des étoiles

Cosaques blues
Des pas dans la neige
Le battement d’ailes d’un corbeau
Le grand voyage
Le regard des princes à minuit
Les murmures du ciel
Nouvelle Sparte
Un peu de nuit en plein jour

Pour en savoir plus sur Erik L’Homme :

La page Wikipédia sur E. L’Homme
La page Noosfere sur E. L’Homme
La page isfdb de E. L’Homme

Nouvelles par Lewis Padgett

Fiche de Nouvelles

Titre : Nouvelles
Auteur : Lewis Padgett (Catherine L. Moore et Henry Kuttner)
Date de parution :
Traduction :
Editeur :

Sommaire de Nouvelles :

  • L’armoire temporelle
  • Le robot vaniteux
  • Gallegher bis
  • Le twonky
  • L’ange noir
  • Tout smouales étaient les Borogoves
  • Point de rupture
  • En direct avec le futur

Première page de L’armoire temporelle

« Gallegher pratiquait les sciences comme un musicien qui joue d’oreille – chose admissible pour un musicien mais pas forcément pour un savant. Pourtant Gallegher était un bon savant, même s’il était ivrogne et excentrique. Il eût aimé s’adonner à la recherche, domaine dans lequel il excellait car il avait par moments des éclairs de génie. Malheureusement les fonds manquaient et Gallegher, qui exerçait maintenant la fonction de surveillant de machines intégratrices, ne se consacrait aux travaux de laboratoire qu’à titre de passe-temps. Son laboratoire méritait le coup d’œil. Presque toute la surface disponible était occupée par ce qu’il appelait un orgue à liqueurs, engin qu’il avait mis des mois à construire. Confortablement étendu sur un divan moelleux, il lui suffisait de manipuler quelques boutons pour que des breuvages merveilleux, aussi variés et abondants que délectables, viennent irriguer son gosier desséché. »

Extrait de : L. Padgett. « Nouvelles. »

L’échiquier fabuleux par Lewis Padgett

Fiche de L’échiquier fabuleux

Titre : L’échiquier fabuleux
Auteur : Lewis Padgett (Catherine L. Moore et Henry Kuttner)
Date de parution : 1951
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de L’échiquier fabuleux :

« Le bouton de porte ouvrit un œil bleu et le regarda. Cameron cessa de bouger. Il ne toucha pas le bouton. Il ramena la main en arrière et demeura immobile, aux aguets.

Comme il ne se passait rien, il fit un pas de côté. La noire pupille de l’œil pivota dans la même direction. L’œil le regardait.

Posément, Cameron fit demi-tour et se dirigea à pas lents vers une fenêtre valve. A mesure qu’il avançait, la vitre circulaire s’éclairait et devenait transparente. Il se planta devant elle et se tâta le pouls tout en contrôlant automatiquement sa respiration.

On apercevait derrière la fenêtre un paysage verdoyant et vallonné que mouchetait l’ombre des nuages à la dérive. Le soleil baignait d’or les fleurs du printemps qui tapissaient les pentes. Un hélicoptère évoluait silencieusement dans le ciel d’azur.

Quand il eut vérifié les battements de son pouls, Cameron, un homme de haute taille au poil gris, attendit. Il ne voulait pas se retourner tout de suite. »

Extrait de : L. Padgett. « L’échiquier fabuleux. »

Déjà demain par Henry Kuttner et Catherine L. Moore

Fiche de Déjà demain

Titre : Déjà demain
Auteur : Catherine L. Moore et Henry Kuttner
Date de parution : 1953
Traduction : P.J Izabelle
Editeur : Denoël

Sommaire de Déjà demain :

  • Jour de l’an
  • L’oeil était dans…
  • Camouflage
  • Fantôme
  • Saison de grand cru
  • Point de rupture
  • Choc
  • Le twonky
  • De profundis

Première page de Jour de l’an

« Irène revint, le Jour de l’an. C’est un jour oublié pour ceux d’entre nous qui sont nés avant 1980, le jour du calendrier qui vient entre la fin de l’année écoulée et le début de la nouvelle, le jour où l’on libère les soupapes. New York était extrêmement bruyant. Les annonces-radio me suivaient sans arrêt, même quand je m’écartais sur la piste de vitesse. J’avais oublié mes bouche-oreilles…
La voix d’Irène sortit de la petite grille ronde au-dessus du pare-brise. Étrange comme je l’entendis clairement, malgré tout le vacarme.
« Bill, disait la voix, où es-tu, Bill ? »
Je n’avais pas entendu cette voix depuis six ans. Pendant un instant tout disparut et ce fut comme si je conduisais en plein silence ; je n’entendis plus qu’Irène… J’évitai de justesse une voiture de police – et le bruit, la publicité, le tumulte redevinrent réels.
« Laisse-moi entrer, Bill », fit la petite voix d’Irène dans la petite grille. Une seconde, je crus presque pouvoir le faire. »

Extrait de : H. Kuttner + C.L Moore. « Déjà demain. »

La fête du sang par Richard Laymon

Fiche de La fête du sang

Titre : La fête du sang
Auteur : Richard Laymon
Traduction : S. Dalle
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de La fête du sang

« Depuis que son mari, foudroyé par une crise cardiaque, avait dégringolé l’escalier pour mourir à ses pieds onze ans plus tôt, Clara Hayes vivait seule dans sa petite maison tout au bout d’Oakhurst Road. Elle était bien débarrassée de ce vieux grognon. Alfred était un meilleur compagnon, même s’il passait le plus clair de ses journées dans le cimetière, juste derrière.

Il était vingt-deux heures, l’heure des informations, l’heure pour Alfred de rentrer. Clara éteignit le poste de télévision, s’empara de sa canne, se dirigea vers la cuisine. Elle ouvrit la porte donnant sur le jardin et aspira une grande bouffée d’air froid, tout en scrutant l’obscurité.

– Al-l-l-fred !

En général, avant de l’apercevoir, elle entendait le cliquetis de sa médaille sur son collier. Elle tendit l’oreille, mais ne perçut que le bruissement des feuilles mortes.

– Al-l-l-fred… ?

Prudemment, elle descendit les trois marches du perron, traversa la pelouse jusqu’à la plate-bande. De là, elle distinguait les tombes, entre les barreaux de la grille. Il faisait noir. Les arbres masquaient la lune. »

Extrait de : R. Laymon. « La fête du sang. »

Le cachot de la sorcière par Joseph Delaney

Fiche de Le cachot de la sorcière

Titre : Le cachot de la sorcière
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2009
Traduction par : A. Piganiol
Editeur : Bayard

Première page de Le cachot de la sorcière

« — Pour l’amour du ciel, lève-toi, mon garçon. Tu veux donc perdre ton emploi avant même d’avoir commencé ?

J’essuyai de la bave qui coulait sur mon menton et regardai autour de moi, désorienté. Quelle heure était-il ? Il me semblait que je venais de me coucher.

— Allons, Billy, dit Mme Hendel, plus gentiment, cette fois. On t’a demandé d’arriver là-bas une heure après le coucher du soleil. Tu devrais déjà y être.

Elle prit ma veste sur la chaise et me la tendit. Je me levai péniblement.

Au même instant, une bande de garçons chahuteurs entrèrent dans la chambre en riant. Elle les fit taire aussitôt, mais je les entendis ricaner.

— Tu as peur, Billy ? Tu n’as pas envie d’y aller ? »

Extrait de : J. Delaney. « Le cachot de la sorciere. »

Les sorcières de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Les sorcières de l’épouvanteur

Titre : Les sorcières de l’épouvanteur (Tome H.S. – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2009
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Sommaire de Les sorcières de l’épouvanteur

  • Meg Skelton
  • Dora la chacheuse
  • Grimalkin
  • Alice et le mangeur de cerveaux
  • La banshie