Auteur/autrice : CH91
Baroud sur Bolkar par Philippe Randa

Fiche de Baroud sur Bolkar
Titre : Baroud pour le genre humain
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Baroud sur Bolkar
« — Un nom, répéta Karlton… Nous le connaissons, mais il faut que tu le prononces.
— Ça ne changera rien pour moi… Vous m’exécuterez quand même.
— Il y a différentes façons de mourir…
Un temps, puis l’officier ajouta :
— Tu sais le châtiment réservé aux pirates de l’espace.
— Les Vaks de Devon ?
Le capitaine Karlton ne répondit pas. L’homme le fixa un instant, puis son regard se porta à nouveau sur le sol, à ses pieds. Il était attaché, les bras en croix, au mur de sa cellule… Pas beau à voir. Le visage tuméfié, la bouche sanguinolente… Sa poitrine, surtout, le faisait souffrir. On venait de le fouetter sans ménagement. Vingt-cinq coups. Chacun lui avait brûlé la peau en la marquant de longues rayures bleuâtres.
Il hésitait encore à parler, mais comme le bourreau levait son fouet, il se décida brusquement :
— Khar !… Alk Khar ! Il tient un cabaret dans le port spatial de Bolkar. »
Extrait de : Ph Randa. « Baroud sur Bolkar. »
Baroud pour le genre humain par Philippe Randa
Fiche de Baroud pour le genre humain
Titre : Baroud pour le genre humain
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Baroud pour le genre humain
« Ils sont trois au rez-de-chaussée d’un bâtiment contenant une dizaine de dortoirs semblables au leur. Tous sont inoccupés. Écrasés par l’immensité qui les entoure, ils ont choisi les couchettes les plus proches de la porte. Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont là, pourquoi ils ne sont que trois et ce que l’on attend d’eux. Ils ne comprennent pas, mais ne se posent aucune question. Ils vivent dans une sorte de rêve.
Dans la journée, ils se promènent, boivent, mangent et ne font jamais rien. La nuit, ils dorment d’un sommeil profond. Cela dure depuis… Ils n’en ont pas la moindre idée, comme si le temps n’existait pas.
Un jour, dans les communautés, ils ont été désignés par Kranne le géant. Ils les a amenés dans ce bâtiment pour qu’ils choisissent eux-mêmes leur dortoir et leurs couchettes.
Il ne s’en est pas mêlé. Kranne ne commande pas, ne fournit aucune explication et les trois jeunes garçons n’en demandent jamais. Le géant se contente de vivre près d’eux pour les protéger, mais se rendent-ils compte de cette protection ? En tout cas, elle leur paraît toute naturelle. »
Extrait de : Ph Randa. « Baroud pour le genre humain. »
Aléas à travers le temps par Philippe Randa

Fiche de Aléas à travers le temps
Titre : Aléas à travers le temps
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Aléas à travers le temps
« À côté de moi, sur le tableau de bord, l’écran des détecteurs à longue distance est zébré d’innombrables lignes convergeant toutes vers son centre. Les torpilles d’interception ! Je les expédie et elles font exploser celles de l’ennemi sans les laisser atteindre leur but. Il y en a de plus en plus. La cadence de tir de l’Arcaran va bientôt être submergée.
Je fais la grimace et branche le communicateur spécial reliant mon vaisseau directement au grand état-major par un couloir de transmission particulier. Le temps d’éclairer mon visiophone d’appel et l’image du transmetteur de service apparaît. J’annonce :
— Commandeur de l’Arcaran, en opération dans les Sermoises.
— Je vous écoute.
— Avec toute la Flotte, je suis engagé dans une bataille désespérée. Les vaisseaux de Khéler semblent prendre le dessus. J’essuie le feu de plusieurs unités et il est en train de dépasser les possibilités de riposte de mes torpilles d’interception. »
Extrait de : Ph Randa. « Aléas à travers le temps. »
Les sirènes d’Almadia par Philippe Randa
Fiche de Les sirènes d’Almadia
Titre : Les sirènes d’Almadia (Tome 3 sur 3 – Les pirates de l’espace)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les sirènes d’Almadia
« C’est ma première escale sur Tamal, à cause d’un réacteur grillé de mon vaisseau. J’aurais quand même pu tenter de continuer ma route, mais risquais alors d’endommager mon moteur.
En cas de panne totale, l’Étoile d’Ys n’aurait plus été qu’une épave. Il m’aurait fallu attendre de croiser la route d’un autre vaisseau et celui-ci n’aurait peut-être pas accepté de me remorquer. De plus, s’il s’était agi d’un vaisseau de la Garde fédérale, j’étais bon pour un contrôle d’identité auquel je ne tiens pas du tout. Pourtant mon bracelet magnétique au nom de Brom Steuqueur est suffisamment bien fabriqué pour résister aux contrôles de routine dans les spatiodromes et à une bonne partie des ordinateurs utilisés par les Sûretés urbaines.
Tout de même, moins il sera vérifié, mieux ce sera.
Je sors des ateliers du spatiodrome alors qu’il est vingt et une heures, heure terrienne ! Ma rage doit se voir à des kilomètres. J’attendais le devis des réparations depuis mon arrivée en fin de matinée et outre une note astronomique, celles-ci vont demander deux jours. Me voici bloqué sur cette foutue planète, alors que Marvel m’attend sur Thomas du Centaure. »
Extrait de : Ph Randa. « Les sirènes d’Almadia – Les pirates de l’espace. »
Le diable soit avec nous ! par Philippe Randa
Fiche de Le diable soit avec nous !
Titre : Le diable soit avec nous ! (Tome 2 sur 3 – Les pirates de l’espace)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le diable soit avec nous !
« J’ai trop bu d’alcool brun d’Ishar et flotte dans une ivresse euphorique. Un petit rire m’échappe. Où ai-je commencé à boire ? Je ne sais plus… J’émerge péniblement.
Plus beaucoup de monde dans la taverne de Solbatan. Au comptoir, un couple bavarde en terminant une bouteille de champagne ; du champagne terrien. Je connais ses prix, elle va leur coûter une fortune. Moi-même dois sans doute une belle somme.
Je porte mon verre à mes lèvres au moment où Mickey d’Artis entre. Pas très grand, toujours vêtu d’une combinaison rouge, un visage ridé avec de longs cheveux terminés en tresses, il avance vers moi avec un large sourire.
Je veux me mettre debout pour lui donner l’accolade, mais me retiens précipitamment à la table pour ne pas m’étaler. Saleté d’alcool ! Mickey éclate de rire :
— Tu en tiens une sévère, dis donc !
Il me tape amicalement sur l’épaule et je me laisse retomber dans mon fauteuil. »
Extrait de : Ph Randa. « Le diable soit avec nous ! – Les pirates de l’espace. »
Les contrebandiers du futur par Philippe Randa

Fiche de Les contrebandiers du futur
Titre : Les contrebandiers du futur (Tome 1 sur 3 – Les pirates de l’espace)
Auteur : Philippe Randa
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les contrebandiers du futur
« Le déclic sec du panneau coulissant me fait lever la tête. Une ouverture de soixante centimètres de côté est apparue dans le mur en face de moi ; je quitte ma couchette pour aller retirer le plateau du repas. Dès que je l’ai en main, le panneau se referme. Dans dix minutes, il se rouvrira. À ce moment-là, je devrai avoir terminé. Si je ne le remettais pas en place, des gardes viendraient et demain, on me servirait un simple bol de soupe.
Le régime carcéral n’est pas inhumain, mais les moindres velléités de révolte ou de manifestation de mauvaise humeur sont immédiatement sanctionnées.
Viande hachée, accompagnée de jasiane frite, un légume propre à Valmon qui rappelle le poireau terrien. Je n’en suis pas grand amateur, comme je ne raffole pas non plus de la gelée d’oseille servie en entrée.
En soupirant, je pose le plateau sur la tablette encastrée dans le mur et m’assois sur le banc scellé. J’ai été arrêté il y a deux jours seulement, mais j’ai l’impression d’être là depuis une éternité. On m’a retiré ma montre et tant que je n’aurai pas été jugé, dans « trois ou quatre jours » m’a-t-on laissé entendre, je n’ai droit ni aux visites, ni aux promenades. »
Extrait de : Ph Randa. « Les contrebandiers du futur – Les pirates de l’espace
Jean-Marc Ligny

Présentation de Jean-Marc Ligny :
Né le 13 mai 1956 à Paris, Jean-Marc Ligny est un écrivain français majeur dans les domaines de la science-fiction et du fantastique. Auteur d’une quarantaine de romans, il s’est distingué par sa capacité à explorer de multiples sous-genres de l’imaginaire, avant de devenir l’une des figures de proue de la science-fiction écologique en France.
Les débuts et l’exploration du cyberpunk
Jean-Marc Ligny fait son entrée dans le paysage littéraire en 1978 en publiant sa première nouvelle au sein de l’anthologie Futurs au présent dirigée par Philippe Curval. L’année suivante paraît son premier roman, Temps blancs, une œuvre à la narration expérimentale et éclatée.
Dans les années 1990, il s’impose sur la scène francophone en s’appropriant le genre du cyberpunk. Son roman Inner City, publié en 1996, dresse le portrait sombre et poisseux d’une société urbaine à la dérive. Cet ouvrage marquant lui vaut de remporter le prestigieux Grand Prix de l’Imaginaire en 1997. En 1999, son roman d’anticipation Jihad, qui décrit une France tombée aux mains d’un régime fasciste, est récompensé par le prix Rosny aîné.
Une figure incontournable de la cli-fi (fiction climatique)
Au fil des années, l’œuvre de Jean-Marc Ligny prend un tournant résolument politique et écologique, s’inscrivant dans ce que l’on nomme la climate fiction ou cli-fi. En 2006, il publie Aqua™, un roman choc décrivant la lutte d’un petit pays africain contre une multinationale pour l’accès à l’eau potable dans un monde ravagé par le réchauffement climatique. Le livre rencontre un immense succès critique et rafle de multiples récompenses : le prix Bob-Morane, le prix Julia-Verlanger, le prix Rosny aîné et le prix Une autre Terre.
Il prolonge cette réflexion désenchantée sur l’avenir de la Terre avec des œuvres toujours plus noires et réalistes. En 2012 paraît Exodes, un roman magistral décrivant l’emballement climatique terminal de notre planète, qui se voit honoré du prix européen des Utopiales en 2013. Cette fresque sur la fin de l’humanité sera suivie par d’autres œuvres s’inscrivant dans la même veine post-apocalyptique et écologique, comme Semences (2015).
Un imaginaire riche et protéiforme
Si l’anticipation sombre est sa marque de fabrique, Jean-Marc Ligny a su prouver sa polyvalence. Il s’est aventuré avec succès dans le space opera avec Les Oiseaux de lumière (coécrit avec Mandy), qui obtient le prix Tour Eiffel en 2001. Le fantastique et le mysticisme occupent également une place de choix dans son œuvre. Passionné par les cultures autochtones et par la musique, il s’inspire de la mythologie aborigène dans Yurlunggur et puise directement dans l’univers musical du groupe Dead Can Dance pour écrire La mort peut danser (1994).
Jean-Marc Ligny est par ailleurs un auteur très actif dans le domaine de la littérature pour la jeunesse. En s’adressant aux nouvelles générations, il continue de transmettre, par le prisme du merveilleux et de la science-fiction, ses réflexions sur la société, la technologie et la préservation de notre environnement.
Livres de Jean-Marc Ligny :
Inner city :
- Inner city
- Razzia
La saga d’Oap Tao :
- Rasalghethi
- Apex M57
- Bérénice
Les chroniques des nouveaux mondes :
- Le voyageur solitaire
- Les chants de glace
- Survivants des arches stellaires
- Albatroys 2
- Les oiseaux de lumière
Les voleurs de rêves :
- Les semeurs de mirages
- L’art du rêve
- A la recherche de faërie
- Labyrinthe de la nuit
- Hypnos et psyché
- Traqueur d’illusions
Monsieur Nemo et l’éternité :
- L’aiglon à deux têtes
- La dame blanche
Succubes :
- Démons
- Sorciers
Trilogie climatique :
- Aqua
- Exodes
- Semences
- Alliances
Intégrales :
- Chimères
- La saga d’Oap Täo
Biofeedback
Cyberkiller
D.A.R.K.
Des yeux dans le ciel
Dix légendes des âges sombres
Dreamworld
Furia !
Green war
Jihad
Kriegspiel
La mort peut danser
Le cinquième est dément
Mal-mort
Ödland
Temps blancs
Yurlunggur
Pour en savoir plus sur Jean-Marc Ligny :
La page Wikipédia sur J.-M. Ligny
La page Noosfere sur J.-M. Ligny
La page isfdb de J.-M. Ligny
Traqueur par Samuel Dharma
Fiche de Traqueur
Titre : Traqueur
Auteur : Samuel Dharma
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Traqueur
« Traqueur marchait dans la forêt, sans véritable but. Il aspira l’air chargé d’odeurs, sentit le craquement des branches sous ses pieds, toutes sensations nouvelles pour lui. Derrière lui, l’incendie teintait de rose le ciel nocturne piqueté d’étoiles.
Traqueur était encore sous le choc. D’abord il y avait eu ce tourbillon brûlant qui l’avait étourdi, ensuite la tuerie brutale, le feu et la destruction. Puis il s’était retrouvé seul, perdu dans un endroit qu’il ne connaissait pas. Après le grand tourbillon, seul son instinct l’avait guidé, au milieu de ces créatures étrangères, alors qu’il fuyait le bruit et les coups. Traqueur avait réagi de la façon la plus logique, avec ces grandes choses gesticulantes : il avait attaqué avant qu’on ne l’attaque. En fait, il avait frappé sans réfléchir, encore tout épouvanté au sortir du Grand Tourbillon. Mais Traqueur était sûr d’avoir bien fait. C’avait été un beau combat. Le premier depuis… Il n’arrivait même pas à s’en rappeler. Sa mémoire lui faisait défaut. Il ne gardait guère de souvenirs des choses qu’il avait faites, et se rappeler était pour lui quelque chose de bien plus douloureux qu’affronter n’importe quel ennemi. Heureusement que Mach pensait pour lui. »
Extrait de : S. Dharma. « Traqueur. »
Nécromancies par Samuel Dharma

Fiche de Nécromancies
Titre : Nécromancies
Auteur : Samuel Dharma
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nécromancies
« Le gigantesque soudard se leva lentement en repoussant sa chaise. Jehna comprit alors qu’il venait de se plonger dans les ennuis.
Et ce n’était vraiment pas le moment !
Le gros lard se déplia, puis toisa Jehna de ses presque deux mètres, oscillant un brin sur sa base. Son regard se voulait terrifiant, mais se voilait presque du rouge de tout le vin absorbé.
Jehna considéra en soupirant son bol de poulet au riz. Non, ce n’était pas sa faute, tous les dieux du firmament pouvaient en témoigner. Tout ce qu’il voulait, c’était manger un morceau tranquillement, sans penser à mal, puis dormir. Se reposer. Oui, surtout se reposer… Des images de batailles, cauchemars sanglants bardés de lames et de métal, faces hurlantes et corps enchevêtrés, traversèrent son esprit.
Il s’était battu. Il était un guerrier ; non : il l’avait été. Mais pas un héros. La preuve : il était encore en vie. Et n’en était pas spécialement heureux… Il avait cessé d’être un guerrier juste au bon moment. »
Extrait de : S. Dharma. « Nécromancies. »
Le chemin d’ombres par Samuel Dharma

Fiche de Le chemin d’ombres
Titre : Le chemin d’ombres
Auteur : Samuel Dharma
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le chemin d’ombres
« C’était un véritable après-midi d’automne anglais. Dans le ciel moutonnaient des nuages dégradés du blanc au gris sombre, qui se déchiraient parfois pour laisser apparaître les cônes irisés des rayons de soleil. Tout autour, la campagne offrait ses prés verdoyants d’humidité; vraie country anglaise, si paisible que le temps semblait vouloir s’y arrêter, comme si rien n’importait plus que de s’asseoir au pied d’un arbre et regarder passer les nuages, à l’horizon du ciel immense…
Le docteur Darras inclina sa tête auréolée de cheveux blonds ramenés en chignon au sommet du crâne. Elle ne se lassait pas de contempler ce paysage si rassurant, si tranquille avec ses villages de brique rouge aux barrières blanches plantés ici et là, derrière lesquelles passaient des silhouettes impassibles. Dire qu’à quelques dizaines de miles à peine, c’était Londres… »
Extrait de : S. Dharma. « Le chemin d’ombres. »