Auteur/autrice : CH91

 

Le secret de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Le secret de l’épouvanteur

Titre : Le secret de l’épouvanteur (Tome 3 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2006
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le secret de l’épouvanteur

« La nuit de novembre était froide et venteuse. Je me tenais dans la cuisine, près de la cheminée, en compagnie d’Alice et de
l’Épouvanteur. Le temps se détériorait, et je savais que, d’un jour à l’autre, mon maître déciderait de rejoindre sa « maison d’hiver », sur la morne lande d’Anglezarke.

Je n’avais aucune envie d’aller là-bas. Je n’étais l’apprenti de John Gregory que depuis le printemps, et je ne connaissais pas la maison d’Anglezarke ; mais je n’étais pas dévoré de curiosité, c’est le moins que l’on puisse dire. J’appréciais le confort de la demeure de Chipenden, et c’est là que j’aurais souhaité passer la mauvaise saison.

Je levai les yeux du manuel de verbes latins que je tentais d’apprendre, et le regard d’Alice accrocha le mien. Elle était assise sur un tabouret bas, tout près du foyer, le visage baigné par le chaud rougeoiement du feu. »

Extrait de : J. Delaney. « Le secret de L’épouvanteur. »

La malédiction de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de La malédiction de l’épouvanteur

Titre : La malédiction de l’épouvanteur (Tome 2 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2005
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de La malédiction de l’épouvanteur

« Lorsque les cris s’élevèrent, je me détournai et pressai les mains contre mes oreilles à m’en briser les tempes. Dans l’immédiat, il n’y avait rien que je puisse faire. Mais cet appel au secours d’un homme torturé retentit longtemps, avant de s’éteindre, au loin.

Je restai donc dans l’obscurité de la grange, parcouru de frissons, à écouter la pluie tambouriner sur le toit en m’efforçant de reprendre courage. C’était une sale nuit, et le pire restait à venir.

Dix minutes plus tard, le terrassier et son aide se présentèrent, et je me précipitai à la porte pour les accueillir. Je leur arrivais à peine à l’épaule tant ils étaient grands.

— Eh bien, mon gars ! Où est M. Gregory ? demanda le patron, une note d’impatience dans la voix.

Il leva sa lanterne et promena autour de lui un regard inquisiteur. Ni lui ni son compagnon ne paraissaient du genre à s’en laisser
conter. »

Extrait de : J. Delaney. « La Malédiction De L’épouvanteur. »

L’apprenti épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de L’apprenti épouvanteur

Titre : L’apprenti épouvanteur (Tome 1 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2004
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de L’apprenti épouvanteur

« Lorsque l’Épouvanteur se présenta, le jour commençait à baisser. Une longue et dure journée de travail s’achevait et je m’apprêtais à souper.

— Vous êtes bien sûr que c’est un septième fils ? demanda-t-il en m’examinant d’un air dubitatif.

Papa acquiesça.

— Et vous étiez vous-même un septième fils ?

Papa hocha de nouveau la tête et se mit à danser nerveusement d’un pied sur l’autre, éclaboussant mon pantalon de boue et de purin. Sa casquette trempée dégoulinait. La pluie n’avait pratiquement pas cessé depuis un mois. Les arbres commençaient à bourgeonner, mais le printemps tardait à venir.

Mon père était fermier, comme son père avant lui. Et le premier souci d’un fermier est de conserver ses terres. Pas question de les
partager entre ses enfants ! Les parcelles se réduiraient à chaque génération jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Un père lègue donc sa ferme à son fils aîné et place les autres en leur trouvant autant que possible un bon métier. »

Extrait de : J. Delaney. « L’apprenti-épouvanteur. »

Le dernier épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Le dernier épouvanteur

Titre : Le dernier épouvanteur (Tome 3 sur 4 – Frère Wulf)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2022
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le dernier épouvanteur

« Ce pédant d’évêque commençait à me taper sur les nerfs.

Comment aurait-il pu en être autrement ? Le temps et le chagrin avaient usé ma patience. J’avais eu une longue vie ; pas toujours une bonne vie, loin de là : j’étais née dans le clan Pendle, ma mère était la sorcière Lizzy l’Osseuse et je ne souhaite à personne d’être élevée par des sorcières.

Mais mon nom étant Alice Deane, je devais tirer de cette situation le meilleur parti possible. C’est ce que j’ai fait. J’ai même été la plus puissante sorcière du Comté. Ces jours sont derrière moi, désormais.

J’étais assise près de la porte, au fond de la chapelle, la tête baissée, le visage dissimulé par mon capuchon. Parmi les quelques personnes qui m’entouraient et priaient à genoux, deux ou trois étaient encore plus vieilles que moi. »

Extrait de : J. Delaney. « Frère Wulf – Le dernier Épouvanteur. »

Le fléau du Tulpan par Joseph Delaney

Fiche de Le fléau du Tulpan

Titre : Le fléau du Tulpan (Tome 2 sur 4 – Frère Wulf)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2021
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le fléau du Tulpan

« Je serais sans doute mort avant la nuit.
La lumière baissait déjà ; dans moins d’une heure, le soleil serait couché. Je suivais le sentier marécageux enveloppé de brouillard, menant aux lieux que hantaient les redoutables sorcières d’eau.
J’étais apprenti épouvanteur et je servais d’appât à mon maître, Will Johnson. Les épouvanteurs combattent aussi habituellement les fantômes, les gobelins et toutes sortes de créatures de l’obscur. Mais l’Épouvanteur Johnson était un peu à part. Se définissant lui-même comme un « spécialiste des sorcières », il leur consacrait l’essentiel de ses activités.
Son plan était simple : je marchais à cinquante mètres devant lui. Quand une sorcière d’eau m’attaquerait, il interviendrait et la tuerait.
Qu’il la tue, ça, je n’en doutais pas. Il était grand, fort et leste, armé d’un lourd bâton terminé par une lame en alliage d’argent. Mais, avant qu’il m’ait rejoint, j’aurai connu une mort atroce. »

Extrait de : J. Delaney. « Le fléau du Tulpan – Frère Wulf. »

L’enlèvement de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de L’enlèvement de l’épouvanteur

Titre : L’enlèvement de l’épouvanteur (Tome 1 sur 4 – Frère Wulf)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2020
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de L’enlèvement de l’épouvanteur

« Alors que j’entamais péniblement la rude montée menant à Chipenden, un éclair fourchu zébra le ciel au-dessus de ma tête. Le tonnerre gronda. Les lourds nuages gris qui enveloppaient le sommet des collines, les roulements de l’orage, tout annonçait la pluie. La nuit tomberait dans moins d’une heure sur le Comté, et j’appréhendais ce que cela signifiait pour un voyageur solitaire comme moi…

Frissonnant, je hâtai le pas. Dès que j’eus atteint le village aux rues pavées, j’entrai dans la première boutique. Deux grosses têtes de cochon étaient placées tels des presse-livres à chaque extrémité d’un long comptoir de bois taché de sang. Mais, à l’évidence, je n’étais pas dans une librairie. Au lieu de volumes aux reliures de cuir, une longue rangée de côtes de porc s’alignait entre les têtes. Le gros homme qui se tenait derrière le comptoir me dévisagea d’un air suspicieux. Les étrangers ne semblaient pas les bienvenus en ces lieux. Mais que m’importait ? J’étais en mission. »

Extrait de : J. Delaney. « L’enlèvement de l’épouvanteur – Frère Wulf. »

Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 8-9)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo

Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 8 et 9)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le fils de Monte-Cristo

« Il y avait près de deux semaines que pour la dernière fois Noël Houdas s’était trouvé en face du comte Soïloff.

On se souvient des dispositions dans lesquelles ce dernier avait laissé le docteur.

Pour Noël Houdas, Soïloff ne savait rien, ne pouvait rien savoir de la vérité. Par conséquent, toute espérance lui était encore permise. Il connaissait l’énergie du comte : évidemment, la parole qu’il avait donnée n’était pas vaine, il tenterait tout pour rentrer en possession du testament.

Par une singulière disposition d’esprit, Houdas ne doutait pas un seul instant qu’il réussit. Aussi l’attendait-il avec une impatience fébrile.

Pendant les nuits de fièvre, l’idée fixe qui s’était emparée de lui s’était développée, agrandie, éclairée. Cette pensée de feu qui avait traversé un instant son cerveau avait pris corps, s’était affinée, et il avait fini, de déduction en déduction, par découvrir la vérité. »

Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 8-9). »

Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 5 à 8)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo

Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 5 à 8)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le fils de Monte-Cristo

« Il y avait maintenant cinquante ans de cela…

Un demi-siècle.

Une nuit, un homme abordait sur un roc solitaire…

Et là, loin de tout regard humain, il fouillait le roc à coups de pic…

Tout à coup il poussa un cri de triomphe…

Le secret lui était livré…

Des richesses immenses, incalculables s’offraient à ses regards…

Et cet homme se redressait, jetant ses regards aux quatre coins de l’horizon.

Et il s’écriait :

— Ô vous dont l’infamie m’a plongé pendant quatorze années dans un obscur cachot où ma pensée aurait dû s’éteindre, où mon cœur aurait pu se paralyser… Vous dont je ne connais pas encore le nom, prenez garde. Dantès est sorti de sa tombe ! et les morts qui ressuscitent châtient durement les vivants !

De qui donc parlait-il ?

Il ne le savait pas encore. Jeune, confiant, plein d’espérance en l’avenir, Edmond Dantès, aimé de la belle Catalane, Mercédès, revenait tout joyeux à Marseille sur le Pharaon, appartenant à l’armateur Morrel. »

Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 5-8). »

Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 3-4)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo

Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 3 et 4)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le fils de Monte-Cristo

« Vers le milieu du mois de décembre 1813, un homme suivait au trot de son cheval la route qui, traversant la Forêt-Noire, conduit de Vieux-Brisach à Fribourg.

Ce personnage semblait encore dans la force de l’âge : il était vêtu d’une longue redingote brune, relevée sur les genoux ; sa culotte, de même couleur, se serrait sur des guêtres de cuir fermées par de courtes courroies à boucles d’acier. Il portait la poudre, et ses cheveux, ramenés en arrière, pendaient sur le collet de son habit en queue courte fixée par un ruban noir.

Le soir venait, et l’obscurité grandissait rapidement, épaississant les ténèbres qui semblent peser éternellement sur le Schwartzwald.

À quelques lieues de Fribourg, un massif isolé de collines et de rochers se dresse tout à coup : on l’appelle Kaiserstuhl, le Trône de l’empereur. La pierre est noire, le basalte émerge du sol en masses énormes, le trachyte à la teinte vitreuse jette dans l’ombre des reflets grisâtres et revêt des formes étranges. »

Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 3-4). »

Obsessions par Jules Lermina

Fiche de Obsessions

Titre : Obsessions
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1892
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Sommaire de Obsessions

  • La magicienne
  • Le secret des Zippélius
  • Histoire d’une nuit
  • Vie humaine
  • La sacoche

Première page de La magicienne

« À MAÎTRE LEBARON, NOTAIRE.

Mon cher ami, c’est à votre vieille et sincère affection que je confie le récit de la plus merveilleuse aventure qui me soit arrivée pendant ma longue carrière de médecin. Je vous prie instamment de ne le communiquer à personne avant ma mort.

Pourquoi me refusé-je à le publier de mon vivant ?… Je suis trop vieux pour affronter les polémiques qu’il peut soulever. Je souffrirais trop des démentis outrageants qui me seraient adressés et de la compassion plus insultante encore de ceux qui plaindraient ma crédulité sénile. J’ai passé l’heure des luttes et des écœurements : seulement je ne me reconnais pas le droit de l’égoïste Fontenelle, et, tenant une vérité dans ma main, je la laisse tout au moins échapper de mes doigts de mourant. Aux nouveaux venants de la ramasser et de la féconder. »

Extrait de : J. Lermina. « Obsessions – La Magicienne. »