Auteur/autrice : CH91
Yves Frémion

Présentation de Yves Frémion :
Né le 14 juin 1947 à Lyon, Yves Frémion (de son nom complet Yves Frémion-Danet) est un écrivain, critique, anthologiste et homme politique français. Personnalité aux multiples casquettes, il s’est illustré tout au long de sa carrière dans des domaines aussi variés que la science-fiction, l’histoire de la bande dessinée, la presse satirique et l’engagement écologiste.
L’homme de lettres et la science-fiction
Passionné par les littératures de l’imaginaire, Yves Frémion joue un rôle prépondérant dans l’édition de la science-fiction en France dans les années 1970 et 1980. Il crée et dirige la revue Univers aux éditions J’ai Lu, où il publie de nombreux auteurs francophones et internationaux.
En tant qu’écrivain, il est l’auteur d’une œuvre abondante comprenant des romans, des nouvelles et des essais, utilisant parfois divers pseudonymes. Il est d’ailleurs récompensé par le prestigieux prix Rosny aîné en 1990 pour sa nouvelle Rêves de sable, châteaux de sang.
Une figure incontournable de la bande dessinée et de l’humour
Yves Frémion est également reconnu comme l’un des grands spécialistes de la bande dessinée et du dessin d’humour en France. Pendant des décennies, il collabore à des magazines emblématiques tels que Charlie Mensuel, L’Écho des savanes et surtout Fluide glacial, où il tient des chroniques et met en lumière le patrimoine du neuvième art.
Soucieux de préserver la mémoire de l’image imprimée, il fonde et anime la revue trimestrielle Papiers Nickelés, consacrée à l’histoire de la bande dessinée et de l’imagerie populaire. Son goût pour l’absurde, la satire et l’érudition décalée le conduit tout naturellement à devenir Régent du très sérieux — et pataphysique — Collège de ‘Pataphysique.
L’engagement politique et écologiste
En parallèle de ses activités littéraires et journalistiques, Yves Frémion mène une longue carrière politique marquée par son engagement en faveur de l’écologie politique. Membre historique du parti Les Verts (devenu par la suite Europe Écologie Les Verts), il exerce plusieurs mandats électoraux.
Il siège ainsi au Parlement européen en tant que député de 1991 à 1994. Par la suite, il est élu conseiller régional d’Île-de-France, mandat qu’il occupe durant deux législatures (de 1998 à 2010). Au sein de l’hémicycle régional, il s’investit particulièrement dans les questions culturelles, la défense de la liberté d’expression et la protection de l’environnement.
Aujourd’hui, Yves Frémion demeure un esprit libre de la scène intellectuelle française, continuant d’œuvrer pour la reconnaissance des arts populaires et la préservation de la mémoire culturelle alternative.
Livres de Yves Frémion :
Le tueur
Octobre, octobre
Rêves de sable, châteaux de sang
Ronge
Territoires du tendre
Tongre
Pour en savoir plus sur Yves Frémion :
La page Wikipédia sur Y. Frémion
La page Noosfere sur Y. Frémion
La page isfdb de Y. Frémion
Jean-Marie Parent
Présentation de Jean-Marie Parent :
Ancien journaliste et professeur des écoles établi à Loches, en Touraine, Jean-Marie Parent est un auteur français dont l’œuvre éclectique navigue entre l’étude de l’ésotérisme, les mystères historiques, le roman et la défense du patrimoine linguistique.
Une collaboration fructueuse autour de l’occulte et des sociétés secrètes
Dans les années 1980, Jean-Marie Parent se fait connaître par sa longue collaboration avec l’écrivain et ancien officier de police Roger Facon. Ensemble, ils explorent les marges de l’histoire, les sociétés secrètes et les phénomènes occultes. Leurs recherches aboutissent à la publication de plusieurs ouvrages à la frontière du fantastique, de l’enquête historique et de l’ésotérisme, notamment :
- Sectes et sociétés secrètes aujourd’hui : le complot des ombres (1980) ;
- Les Meurtres de l’occulte (1981) ;
- Gilles de Rais et Jacques Cœur : la conspiration des innocents (1984), paru dans la célèbre collection « Les Énigmes de l’univers » chez Robert Laffont ;
- Vercingétorix et les mystères gaulois (1984).
Ces textes témoignent d’un intérêt profond pour les coulisses de l’histoire (Templiers, Rose-Croix, etc.) et s’inscrivent dans une veine littéraire qui mêle investigation journalistique et littérature de l’imaginaire.
Un auteur ancré en Touraine
Après cette période orientée vers le mysticisme et l’histoire occulte, Jean-Marie Parent poursuit une carrière plus personnelle. Fortement ancré dans sa région, il est membre actif de Signature Touraine, une association qui promeut les auteurs locaux et la littérature en région Centre-Val de Loire.
En tant qu’écrivain indépendant, il publie divers romans, essais et ouvrages de réflexion. Il se distingue notamment par son engagement pour la préservation de la langue française. Dans son ouvrage ESPRIT es-tu là ?, il prend position contre l’hégémonie de ce qu’il nomme le « globish anglo-saxon », qu’il perçoit comme une menace pour la richesse, la diversité et l’identité de la culture francophone.
Aujourd’hui, sa bibliographie compte plus d’une douzaine de projets éditoriaux, reflétant la curiosité intellectuelle d’un auteur aux multiples facettes.
Livres de Jean-Marie Parent :
La Flandre insolite (1981)
Les serviteurs de la force (1988)
Vercingétorix et les mystères gaulois (1983)
Pour en savoir plus sur Jean-Marie Parent :
La page Wikipédia sur J.-M. Parent
La page Noosfere sur J.-M. Parent
La page isfdb de J.-M. Parent
Claude-Jacques Legrand
Présentation de Claude J. Legrand :
Né le 7 avril 1928 à Nice et mort le 1^er^ mai 2009 à Rougé (Loire-Atlantique), Claude-Jacques Legrand est un romancier, nouvelliste et scénariste de bande dessinée français. Principalement rattaché aux littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, heroic fantasy), il a profondément marqué l’histoire de la bande dessinée de genre en France, en particulier durant l’âge d’or des éditions Lug.
De la photographie aux scénarios de bande dessinée
Avant de se tourner vers l’écriture et l’édition, Claude-Jacques Legrand mène une première carrière dans le domaine artistique. Il exerce en effet la profession de photographe de mode, puis devient directeur artistique pour différentes maisons de disques.
C’est dans les années 1970 que sa carrière prend un tournant décisif. Les éditions lyonnaises Lug, dirigées par Marcel Navarro, souhaitent développer des créations originales pour concurrencer le succès grandissant des comics américains (comme les super-héros Marvel ou Conan le Barbare). Legrand, qui est notamment le traducteur français des aventures de Conan, se voit confier la création de nombreux personnages et scénarios pour remplir les pages des magazines de l’éditeur.
Un créateur d’univers prolifique
Au cours des années 1970, principalement dans les pages des revues Futura (lancée en 1972) et Kabur (1975), il scénarise un nombre impressionnant de séries devenues cultes pour toute une génération de lecteurs. Parmi ses créations les plus célèbres, on compte :
- Kabur : Une saga d’heroic fantasy ouvertement inspirée de Conan le Barbare, dessinée par l’Italien Luciano Bernasconi.
- Jaleb le télépathe et Larry Cannon : Séries de science-fiction mises en images par Annibale Casabianca.
- La Brigade temporelle : Dessinée par Edmond Ripoll.
- Jeff Sullivan : Également en collaboration avec Luciano Bernasconi.
Il scénarise par ailleurs la revue Waki, un récit post-apocalyptique précurseur, paru en 1974.
Le nouvelliste et le romancier
En parallèle de son impressionnant travail de scénariste de bande dessinée, Claude-Jacques Legrand écrit de nombreuses nouvelles de science-fiction. Celles-ci, souvent teintées d’humour et rappelant parfois le style de Robert Sheckley, sont d’abord publiées dans les fascicules des éditions Lug (pour meubler l’espace entre deux bandes dessinées), mais trouvent aussi leur place dans de prestigieuses revues comme Fiction ou Lunatique.
Sur le plan romanesque, son œuvre est plus restreinte mais néanmoins saluée. Il publie trois romans :
- La Virée (1988) : Un roman policier publié dans la célèbre collection Spécial Police du Fleuve Noir.
- Projet Nouvelle-Vénus (1988) : Un roman d’anticipation, paru la même année au Fleuve Noir.
- Les Créateurs de futurs (2005) : Une œuvre ambitieuse sur le thème des univers parallèles, publiée par les éditions Rivière Blanche.
Après sa mort en 2009, les éditions Rivière Blanche rendront hommage à son travail en compilant ses nouvelles en deux recueils majeurs : Le Dernier Homme de chair (2010) et Projet Point-final (2011). Claude-Jacques Legrand demeure aujourd’hui une figure respectée et incontournable pour les passionnés de la bande dessinée populaire franco-italienne et de la science-fiction française.
Livres de Claude J. Legrand :
Projet Nouvelle-Vénus
Pour en savoir plus sur Claude J. Legrand :
La page Wikipédia sur C. J. Legrand
La page Noosfere sur C. J. Legrand
La page isfdb de C. J. Legrand
Dans quel ordre lire Lovecraft ? Guide complet pour découvrir le maître de l’horreur cosmique
Lire H. P. Lovecraft peut sembler intimidant au premier abord.
Contrairement à des auteurs comme Tolkien ou Asimov, il n’a jamais écrit de grande saga organisée en plusieurs volumes. Son œuvre est composée de dizaines de nouvelles, récits courts et novellas publiés dans différents magazines au cours des années 1920 et 1930.
Faut-il les lire dans l’ordre de publication ? Existe-t-il une chronologie ? Par quels textes commencer ?
Voici l’ordre de lecture que nous recommandons pour découvrir progressivement l’univers de Lovecraft.
Pourquoi ne faut-il pas lire Lovecraft dans l’ordre de publication ?
Les premiers textes de Lovecraft sont souvent maladroits et ne reflètent pas encore pleinement son talent.
Un lecteur qui débuterait par ses œuvres de jeunesse risquerait de passer à côté de ce qui fait sa réputation : l’horreur cosmique.
L’idéal est donc de commencer par ses récits les plus accessibles avant d’explorer les textes plus complexes.
Étape 1 : découvrir l’ambiance lovecraftienne
Ces nouvelles permettent de comprendre immédiatement ce qui rend Lovecraft unique.
L’Appel de Cthulhu
Probablement son texte le plus célèbre.
On y découvre l’existence d’anciennes entités cosmiques dont l’humanité ignore tout.
Pourquoi commencer par lui ?
- récit relativement court
- introduction parfaite au mythe de Cthulhu
- atmosphère de mystère et de terreur
La Couleur tombée du ciel
Souvent considéré comme l’un des meilleurs textes de Lovecraft.
Une étrange météorite s’écrase dans une ferme isolée et provoque des phénomènes inexplicables.
Pourquoi le lire tôt ?
- très accessible
- horreur progressive
- excellente démonstration du style de Lovecraft
Le Festival
Une courte nouvelle qui introduit plusieurs thèmes récurrents :
- cultes secrets
- traditions anciennes
- peur de l’inconnu
Étape 2 : explorer les grands classiques
Une fois familiarisé avec son univers, il est temps de découvrir ses œuvres majeures.
L’Abomination de Dunwich
L’un des piliers du mythe de Cthulhu.
On y retrouve :
- une famille inquiétante
- des rituels occultes
- des créatures venues d’ailleurs
Celui qui chuchotait dans les ténèbres
Une excellente combinaison entre science-fiction et horreur.
Le Cauchemar d’Innsmouth
Probablement le récit le plus populaire après L’Appel de Cthulhu.
Une ville côtière isolée cache un terrible secret.
Pour beaucoup de lecteurs, c’est le chef-d’œuvre de Lovecraft.
Étape 3 : les récits les plus ambitieux
Voici les textes qui développent pleinement son univers cosmique.
Les Montagnes hallucinées
Une expédition en Antarctique découvre les vestiges d’une civilisation oubliée.
C’est l’une des œuvres les plus importantes de Lovecraft.
Dans l’abîme du temps
Un récit fascinant sur la mémoire, le temps et les civilisations extraterrestres.
La Maison de la sorcière
Une histoire étrange mêlant mathématiques, dimensions parallèles et sorcellerie.
Étape 4 : les textes du Cycle du Rêve
Moins connus, ces récits montrent une autre facette de Lovecraft.
Ici, l’horreur laisse souvent place à l’étrange et au merveilleux.
La Quête onirique de Kadath l’inconnue
Le plus célèbre des récits du Cycle du Rêve.
On y retrouve :
- des cités fantastiques
- des dieux mystérieux
- des créatures étranges
Ce livre est généralement conseillé après avoir lu plusieurs autres œuvres de Lovecraft.
Existe-t-il un ordre chronologique du Mythe de Cthulhu ?
Pas vraiment.
Contrairement à une saga classique, les récits de Lovecraft sont largement indépendants.
Ils partagent :
- des lieux
- des livres maudits
- des créatures cosmiques
- des références communes
Mais chaque nouvelle peut généralement être lue séparément.
Ordre de lecture recommandé en résumé
Si vous souhaitez découvrir Lovecraft dans les meilleures conditions :
- L’Appel de Cthulhu
- La Couleur tombée du ciel
- Le Festival
- L’Abomination de Dunwich
- Celui qui chuchotait dans les ténèbres
- Le Cauchemar d’Innsmouth
- Les Montagnes hallucinées
- Dans l’abîme du temps
- La Maison de la sorcière
- La Quête onirique de Kadath l’inconnue
Faut-il tout lire de Lovecraft ?
Non.
Une dizaine de textes suffit pour découvrir l’essentiel de son œuvre.
En revanche, si vous appréciez son univers, vous pourrez ensuite explorer :
- ses récits de jeunesse
- ses collaborations
- les nombreux auteurs qui ont prolongé le Mythe de Cthulhu après sa mort
Conclusion
L’œuvre de H. P. Lovecraft ne se découvre pas comme une saga traditionnelle.
Le meilleur moyen d’entrer dans son univers consiste à commencer par ses récits les plus célèbres avant d’explorer progressivement les textes plus ambitieux.
De L’Appel de Cthulhu aux Montagnes hallucinées, chaque lecture révèle un peu plus cette vision unique d’un univers immense, ancien et totalement indifférent à l’humanité.
Un voleur par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Un voleur
Titre : Un voleur
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1932
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Un voleur
« Nous partons après-demain pour Vichy, dit la vieille Mme Rivelaines pendant un entr’acte de Topaze.
Roland de Langares pâlit sous le coup.
— J’ai le foie fatigué, soupira la dame… Il paraît qu’il me faut boire leur eau sur place, à la source. Je suis sceptique, mais disciplinée : j’obéis !
Comme l’homme emporté par la rivière, Roland s’accrocha à la première touffe d’herbes :
— Mme Montaverne vous accompagne ?
— Et qui m’accompagnerait ? se récria Mme Rivelaines, indignée.
C’était la catastrophe. Roland regarda l’étincelante Gilberte Montaverne avec désespoir.
Tous ses goûts l’avaient entraîné vers cette femme, avant l’amour même. Jamais elle ne l’avait déçu. Attaché à elle comme à sa propre vie, il ne concevait plus qu’aucune autre, jusqu’à la fin de ses jours, pût la remplacer. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « Un Voleur. »
La fille d’affaires par Joseph-Henri Rosny aîné

Fiche de La fille d’affaires
Titre : La fille d’affaires
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1925
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de La fille d’affaires
« Le vicomte Guillaume de Rocheverne dépouillait sa correspondance avec cette fureur qu’il transportait dans le plaisir, dans le travail, dans l’amour même… Parce qu’elle remontait à son enfance, il savait la juguler ; elle piaffait, elle écumait, mais ne démarrait que lorsqu’il le voulait bien : seulement, elle lui dévorait les entrailles et lui congestionnait le cerveau…
— Crétin ! Crétin ! Crétin ! grogna-t-il en rejetant une épaisse missive bleue.
À ce gentilhomme aux mains rudes, aux joues larges, dont les yeux scintillaient dans la pénombre, la nature avait départi une poitrine profonde, une stature de cent-garde et une vaine force musculaire.
Il boitait, ayant reçu un éclat d’obus dans la cuisse.
Bientôt, il repoussa les lettres et jeta un regard vers sa fille. Elle éprouvait une compassion impuissante pour ce solide organisme qui semblait si bien fait pour vaincre et qui perdait constamment la bataille. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « La Fille d’affaires. »
Nouvelles préhistoriques par Joseph-Henry Rosny aîné
Fiche de Nouvelles préhistoriques
Titre : Nouvelles préhistoriques
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1896-1933
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Nouvelles préhistoriques
- La vie chez les mammouths
- Le lion géant et la tigresse
- Amour des temps farouches, idylle préhistorique
- Combat préhistorique
Première page de La vie chez les mammouths
« Quand Naoh, fils du Léopard, ramena son compagnon Gaw, qu’il avait repris aux Dévoreurs d’Hommes, le feu brûlait clair et pur dans sa cage, sous la garde de Nam. Et le troupeau des Mammouths paissait tout le long du fleuve. Quoique sa fatigue fût extrême, qu’une blessure mordît sa chair comme un loup, que sa tête bourdonnât de fièvre, Naoh eut un grand moment de bonheur. Dans sa large poitrine battait toute l’espérance humaine, plus belle de ce que, sans l’ignorer, il ne songeait pas à la mort. La jeunesse palpitait en lui, et, pour sa courte prévoyance, c’était l’Éternité. Il vit le marécage au printemps, lorsque les roseaux dardent tous ensemble leurs flèches tendres, lorsque les peupliers, les aulnes et les saules revêtent leur fourrure verte et blanche, lorsque les sarcelles, les hérons, les ramiers, les mésanges s’interpellent lorsque la pluie tombe si allègre que c’est comme si la vie même tombait sur la terre. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « Nouvelles préhistoriques. »
Ambor le loup, vainqueur de César – Dans la forêt gauloise par Joseph-Henri Rosny aîné

Fiche de Ambor le loup, vainqueur de César – Dans la forêt gauloise
Titre : Ambor le loup, vainqueur de César – Dans la forêt gauloise
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1931
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Ambor le loup, vainqueur de César – Dans la forêt gauloise
- Ambor le loup, vainqueur de César
- Dans la forêt gauloise
Première page de Ambor le loup, vainqueur de César
« La grande insurrection gauloise, menée par Vercingétorix, surprit César, alors en Italie. Il assembla rapidement une armée, franchit les Alpes, les Cévennes, et parut sur le sol même des Arvernes, d’où la révolte était partie.
Son arrivée fut un coup de foudre pour les Gaulois. Menacé par un parti formidable, allié aux Romains, Vercingétorix fut contraint de revenir en arrière pour abattre les conspirateurs.
Or, un matin, sept grands chefs gaulois tinrent conseil dans une boucle de rivière, parmi les saules et les peupliers.
C’étaient Lucter le Cadurque, les rois ou chefs des Aulerques, des Andécaves, des Lemovices, des Bituriges, des Carnutes, et Vercingétorix lui-même.
Les gardes étaient à distance, mais une armée campait dans la vallée : les sept avaient voulu s’assurer une entrevue à l’abri de toute surprise. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « Ambor le Loup, Vainqueur de César. »
La mort de la Terre – Contes par Joseph-Henri Rosny aîné

Fiche de La mort de la Terre – Contes
Titre : La mort de la Terre – Contes
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1912
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de La mort de la Terre – Contes
- La mort de la Terre
- Contes – première série
- Contes – deuxième série
Première page de La mort de la Terre
« L’affreux vent du Nord s’était tu. Sa voix mauvaise, depuis quinze jours remplissait l’oasis de crainte et de tristesse. Il avait fallu dresser les brise-ouragan et les serres de silice élastique. Enfin, l’oasis commençait à tiédir.
Targ, le veilleur du Grand Planétaire, ressentit une de ces joies subites qui illuminèrent la vie des hommes, aux temps divins de l’Eau. Que les plantes étaient belles encore ! Elles reportaient Targ à l’amont des âges, alors que des océans couvraient les trois quarts du monde, que l’homme croissait parmi des sources, des rivières, des fleuves, des lacs des marécages. Quelle fraîcheur animait les générations innombrables des végétaux et des bêtes ! La vie pullulait jusqu’au plus profond des mers. Il y avait des prairies et des sylves d’algues comme des forêts d’arbres et des savanes d’herbes. Un avenir immense s’ouvrait devant les créatures ; l’homme pressentait à peine les lointains descendants qui trembleraient en attendant la fin du monde. Imagina-t-il jamais que l’agonie durerait plus de cent millénaires ? »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « La Mort de la Terre – Contes. »
Amour étrusque par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Amour étrusque
Titre : Amour étrusque
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1911
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Amour étrusque
« Le voyageur s’arrêta près du Volturne aux grands roseaux. C’était l’heure terrible où les cigales sont heureuses de vivre et chantent toutes ensemble leur hymne à Phoïbos. Les peupliers noirs et les sycomores se pâmaient sous la fournaise du ciel ; les vastes étangs, sauvages comme au jour où ils sortirent du Chaos, enveloppaient Veïla mollement endormie sur la terre campanienne.
Le voyageur rejeta sa chlamyde et déposa sur une racine son pilos lamentable. Il portait un bâton d’olivier poli par plusieurs générations, et la flûte que Pan tira du corps mélancolique de Syrinx. Car il cultivait l’art magique des sons. Parti de Syracuse sur une trirème phocéenne, il avait marché de ville en ville, de bourgade en bourgade, dans la volonté d’atteindre Rome. Il était jeune, fait comme les hommes d’Argos ou de Mycènes, agile, les yeux vifs, la chevelure ardente et noire. Son âme avait reçu la culture délicate des philosophes, des aèdes et des courtisanes. Mais l’aveugle fortune ayant englouti son patrimoine, il vivait de son art.
L’excès de sa fatigue lui cachait la beauté du paysage. Il n’avait guère dormi, dans une bourgade farouche, et marchait depuis l’aube. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « Amour Étrusque. »