Auteur/autrice : CH91
Les sortilèges du vent par Erik L’Homme

Fiche de Les sortilèges du vent
Titre : Les sortilèges du vent (Tome 3 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Les sortilèges du vent
« Chakor se réveilla avec un affreux goût de terre dans la bouche.
Que m’est-il arrivé ?
Il était allongé sur le ventre, le visage à moitié enfoui dans la vase, une douleur atroce pulsant dans son crâne. Il essaya de se relever mais il avait les mains liées dans le dos.
Par tous les dieux ! Qui m’a attaché ? Et qui m’a frappé ?
La mémoire lui revint tout d’un coup.
Il suivait Ishkar et le Dakan en direction de Gansh. Mais ils allaient trop vite et il les avait perdus à l’entrée des étangs. Il avait erré ensuite dans le labyrinthe de roseaux pourpres avant de croiser, par un hasard surprenant, la route de deux adolescents, amis de Peau d’Ours : Sheylis, une jeune sorcière particulièrement puissante, et Doom, un garçon agité. C’est lui, sûrement, qui l’avait assommé par-derrière pendant qu’il affrontait la magicienne.
– Tu te ramollis, Chakor, grommela-t-il.
Le sorcier noir parvint à se mettre sur les genoux puis à se relever. Bien sûr, ses armes avaient disparu. Il regretta surtout sa masse d’armes, gravée de thun-lawz qu’il avait méticuleusement choisis et patiemment incisés. »
Extrait de : E. L’Homme. « Les sortilèges du vent – Terre-Dragon. »
Le chant du fleuve par Erik L’Homme

Fiche de Le chant du fleuve
Titre : Le chant du fleuve (Tome 2 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Le chant du fleuve
« Le ciel s’était couvert, comme il avait l’habitude de le faire pendant la saison froide, juste avant la nuit, pour annoncer l’arrivée de l’obscurité.
Le radeau de pierre filait à bonne allure sur le Fleuve métallique, conduit par Doom-le-Scalde qui s’était de nouveau emparé de la barre. Rendu prudent par une précédente mésaventure au cours de laquelle un bateau plus gros avait failli les éperonner, le garçon s’efforçait de rester attentif ; le courant qui les entraînait paresseusement vers l’Aval faisait certes tout le travail, mais il incitait aussi au relâchement.
Ægir-Peau-d’Ours, silencieux, était blotti dans l’épaisse fourrure qui ne le quittait jamais. Son regard dérivait du Fleuve au rivage, de Doom à ses autres compagnons de voyage. Comme lui semblait loin l’époque où, prisonnier des steppes, son univers tout entier tenait entre les barreaux d’une cage et le visage défiguré d’un féroce guerrier naatfarir ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Le chant du fleuve – Terre-Dragon. »
Le souffle des pierres par Erik L’Homme

Fiche de Le souffle des pierres
Titre : Le souffle des pierres (Tome 1 sur 3 – Terre-Dragon)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard
Première page de Le souffle des pierres
« Sheylis frissonna.
Elle n’avait jamais aimé sa grand-mère. Pour tout dire, cette vieille femme lui flanquait la chair de poule. Quelle idée avait traversé la tête de sa mère pour qu’elle l’abandonne ici ?
Elle voulait avoir les mains libres pour refaire sa vie avec cet homme, ce marchand dont j’ai oublié le nom…, remâcha intérieurement Sheylis.
Bref, sa mère avait disparu sans laisser de traces ni donner de nouvelles.
Sheylis habitait désormais à une lieue du village de Karar, sur le territoire des puritains de Shogh-le-Pieu, en bordure d’une sombre forêt de chênes-houx aux troncs rugueux et aux branches noueuses, dans une solitude qui lui pesait. Elle n’avait pas d’amis. Les filles qu’elle croisait lorsqu’elle se rendait au marché refusaient de lui adresser la parole. Elles chuchotaient sur son passage et Sheylis savait qu’elles l’avaient surnommée Mauvais-Œil.
C’était pareil avec les garçons.
Pourtant, Sheylis était jolie. Très jolie, même. Elle avait treize ans et promettait, avec ses boucles brunes et ses étonnants yeux verts, de faire chavirer les cœurs. Mais pour les villageois, sa grand-mère était une sorcière qui pratiquait une magie malfaisante. »
Extrait de : E. L’Homme. « Le souffle des pierres – Terre-Dragon. »
En des lieux obscurs par Erik L’Homme

Fiche de En des lieux obscurs
Titre : En des lieux obscurs (Tome 3 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2008
Editeur : Gallimard
Première page de En des lieux obscurs
« Et si mon cerveau n’était pas un cerveau ? Je m’explique : certains animaux vivent aux crochets d’autres animaux. C’est le cas des coucous, qui poussent hors du nid les oisillons des autres pour prendre leur place. Et celui des ténias, ces vers immondes qui colonisent les intestins. Les arbres non plus n’échappent pas aux parasites. Le lierre étouffe patiemment le chêne, les chenilles processionnaires bouffent les pins. Et si un parasite avait pris la place de mon cerveau ? Si mon crâne était squatté par une sorte d’éponge, par exemple ? Ou mieux : un horrible poulpe ? Brrr ! Un poulpe qui, aussi à l’aise dans ma tête que dans un vaisseau spatial appuierait sur des boutons avec ses tentacules visqueux « Photocopie de ce livre ! » « Stockage de ces soixante parfums ! » « Enregistrement des conversations de la
table d’à côté ! » « Projection d’un rêve plus vrai que nature pour qu’Arthur pète les plombs ! » Sale poulpe…
Arthur se prit les pieds dans une racine et trébucha. Sa chaussure fit : « Splotch » en s’enfonçant dans la boue. Il étouffa un juron et se rétablit de justesse, grâce à la tige d’une fougère géante.
– Reste avec nous, vieille branche ! lança Nicolas derrière lui. »
Extrait de : E. L’Homme. « En des lieux obscurs – Phaenomen. »
Plus près du secret par Erik L’Homme
Fiche de Plus près du secret
Titre : Plus près du secret (Tome 2 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2007
Editeur : Gallimard
Première page de Plus près du secret
« Les chiffres. Les chiffres sont comme des gouttes d’eau, qui font ploc ploc à l’intérieur de ma tête. Je ne sais pas combien de fois ils me sont venus en aide, débarquant en renfort quand mes trois singes étaient sur le point de se faire déborder, ou bien au contraire, m’évitant d’avoir à les dessiner, ce qui est parfois pratique quand on ne dispose d’aucun mur blanc ! Je ne sais comment l’expliquer, mais il existe entre les chiffres et moi une complicité, et pourquoi avoir peur de le dire ?, une tendresse. Les chiffres ne me cachent rien, ils se dévoilent à moi totalement nus. En fouinant l’autre jour dans la bibliothèque d’Antoine, Nicolas a découvert un poème qui l’a bouleversé : c’était « Voyelles », d’Arthur Rimbaud. Rimbaud, ai-je commenté, qui aurait pu s’appeler Rainbow tant sa poésie contient de couleurs. Moi, c’est en passant devant un kiosque à journaux que j’ai eu mon illumination. Ne riez pas ! C’est là, en effet, que j’ai acheté mon premier recueil de sudokus…
– On te tient, fouineur !
– Tu croyais nous échapper longtemps ? On connaît ces couloirs mieux que toi ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Plus près du secret – Phaenomen. »
Phaenomen par Erik L’Homme

Fiche de Phaenomen
Titre : Phaenomen (Tome 1 sur 3 – Phaenomen)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2006
Editeur : Gallimard
Première page de Phaenomen
« Elle était couchée, recroquevillée sur le sol froid de la caverne. Derrière, au fond, tapis dans l’ombre, les dragons feulaient doucement et leurs écailles crissaient contre la pierre. Leurs yeux luisaient, jaunes et vides, avides. Ils l’observaient, ils attendaient. Elle avait envie de crier mais en était incapable. Un étau serrait sa gorge. Elle haletait. Elle sentit la terreur l’envahir. Elle essaya de bander ses muscles, pour ramper vers la sortie, vers la lumière qu’elle apercevait, loin, trop loin. Pour aller à la rencontre du soleil, de la chaleur. Mais elle ne pouvait pas. Ses membres étaient paralysés. Elle n’arrivait pas non plus à ouvrir la bouche ni à fermer les yeux. Son esprit seul était en vie. Alors la panique la submergea…
Violaine émergea de son cauchemar en hurlant, trempée de sueur. Le sang martelait ses tempes. Elle aurait dû s’habituer, depuis le temps. Depuis qu’elle était en âge de rêver, elle faisait le même rêve, toutes les nuits ! Mais chaque fois, la peur était la même, viscérale, abominablement réelle. Elle repoussa les couvertures et s’assit au milieu de son lit. Le réveil indiquait l’heure en chiffres luminescents. »
Extrait de : E. L’Homme. « Phaenomen. »
Le visage de l’ombre par Erik L’Homme
Fiche de Le visage de l’ombre
Titre : Le visage de l’ombre (Tome 3 sur 3 – Le livre des étoiles)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2003
Editeur : Gallimard
Première page de Le visage de l’ombre
« La cité de Yénibohor, aux imposantes murailles surplombant la Mer des Brûlures, était comme chaque jour en proie à une grande agitation.
Un petit groupe de prêtres, reconnaissables à leur crâne rasé et à leur tunique blanche, encadraient des jeunes gens qui marchaient, tête baissée, en direction des bâtiments où on leur enseignait le culte de Bohor, divinité maléfique régnant dans l’Obscurité.
Un peu plus loin, des Orks portant le blason de Yâdigâr, ville de brigands et de mercenaires, recevaient des mains d’un prêtre une bourse de pierres précieuses en paiement d’une embuscade qu’ils avaient tendue pour le compte de la cité.
Des cris et des gémissements d’innombrables prisonniers enfermés dans les sous-sols montaient par les soupiraux ouvrant sur la rue. C’était, pour la plupart, de pauvres gens qui avaient commis l’erreur de s’opposer aux prêtres… Yénibohor faisait régner la terreur dans le Monde Incertain. »
Extrait de : E. L’Homme. « Le visage de l’ombre – Le Livre des étoiles. »
Le seigneur Sha par Erik L’Homme

Fiche de Le seigneur Sha
Titre : Le seigneur Sha (Tome 2 sur 3 – Le livre des étoiles)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2002
Editeur : Gallimard
Première page de Le seigneur Sha
« Guillemot se hâtait sur le sentier qu’empruntaient plusieurs fois par jour les puissants chevaux des Chevaliers du Vent. C’était le début de l’automne, et les bruyères de la Lande des Korrigans se paraient déjà de teintes mélancoliques. L’hiver s’annonçait rude…
Guillemot se dirigeait à grandes enjambées vers le castel de Bromotul, la forteresse-école de la Confrérie. Il se dépêchait, non pas parce qu’il craignait les mauvais tours des Korrigans, qui de toute façon ne s’approchaient jamais du sentier, mais parce qu’il détenait une nouvelle extraordinaire. Et il était impatient de la partager avec Romaric !
Il était si absorbé dans ses pensées qu’il aperçut au dernier moment deux cavaliers en armure turquoise débouler au triple galop derrière lui. Il plongea sur le bas-côté et évita de justesse d’être écrasé par les lourds sabots des destriers. Les Chevaliers du Vent étouffèrent un juron et arrêtèrent aussitôt leur monture dans un nuage de poussière. »
Extrait de : E. L’Homme. « Le seigneur Sha – Le livres des étoiles. »
Qadehar le sorcier par Erik L’Homme
Fiche de Qadehar le sorcier
Titre : Qadehar le sorcier (Tome 1 sur 3 – Le livre des étoiles)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2001
Editeur : Gallimard
Première page de Qadehar le sorcier
« La sonnerie annonçant la fin des cours n’avait pas encore fini de retentir. Guillemot de Troïl se faufila au milieu des autres élèves qui se pressaient dans les couloirs du collège. C’était le début du mois d’avril, mais il faisait beau déjà, et tout le monde n’avait qu’une envie : rejoindre la plage pour s’amuser, se baigner si l’eau était assez chaude, et se détendre après une trop longue journée d’études.
Guillemot ne se dépêchait pas pour les mêmes raisons… Il était vital pour lui d’atteindre la cour parmi les premiers afin de semer Agathe de Balangru et sa bande dans les ruelles de Dashtikazar !
– Allez, allez, dépêchez-vous, laissez-moi passer, marmonnait le garçon en se frayant un passage à travers la foule bruyante des collégiens.
Derrière lui il entendit quelqu’un hurler :
– Je le vois ! Il est près de la porte ! »
Extrait de : E. L’Homme. « Le Livre Des étoiles – Qadehar Le Sorcier. »
Seigneurs de guerre par Erik L’Homme

Fiche de Seigneurs de guerre
Titre : Seigneurs de guerre (Tome 3 sur 3 – Les maîtres des brisants)
Auteur : Erik L’Homme
Date de parution : 2009
Editeur : Gallimard
Première page de Seigneurs de guerre
« Le poste de pilotage était plongé dans la pénombre. Des techniciens s’affairaient sans bruit auprès des instruments de navigation qui diffusaient une pâle lumière rouge. Seul le bruit lointain d’un sonar fouillant l’espace troublait le silence.
Debout devant les gigantesques vitres de verre blindé, un homme contemplait sans sourciller l’immensité des Brisants. Il portait la tenue des officiers du khan et arborait sur sa poitrine plusieurs décorations.
Le croiseur qu’il commandait était un vaisseau de trente mille tonnes que les Chemins Blancs d’abord, couloirs artificiels rétrécissant l’espace, puis les réacteurs photoniques avaient propulsé aux marges du système solaire. Avec trois cents hommes d’équipage. Avec les canons et les obus d’acier gris qui avaient assuré à Muspell des siècles de domination sur les autres planètes. Jusqu’à une récente confrontation avec Nifhell, sa rivale. Une confrontation qui avait mal tourné.
Il semblait à l’officier que les étoiles brillant dans le lointain lui adressaient des clins d’œil moqueurs. « Que le khan m’en donne seulement l’ordre et ma Rose des Sables s’élancera à l’assaut de l’univers pour lui ôter toute envie de rire », songeait l’officier avec amertume. »
Extrait de : E. L’Homme. « Seigneurs de guerre – Les maîtres des brisants. »