Auteur/autrice : CH91

 

Ellana l’envol par Pierre Bottero

Fiche de Ellana l’envol

Titre : Ellana l’envol (Tome 2 sur 3 – Le pacte des MarchOmbres)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2008
Editeur : Rageot

Première page de Ellana l’envol

« La javeline fendit l’espace en une parabole étincelante.

Ellana ne se trouvait pas sur la trajectoire de l’arme et, pour impressionnant qu’ait été le lancer, il s’en fallait de trente bons mètres qu’il atteigne les gradins où elle était installée. Elle ne put toutefois s’empêcher de baisser la tête.

— Un peu décevant, jeta Nillem assis près d’elle.

Le regard attentif qu’il portait sur l’arène rassura Ellana. Il n’avait pas perçu son mouvement de recul et son jugement s’appliquait à la prestation du lanceur de javeline. Pas à elle.

Un peu décevant ? Un sourire ironique étira les lèvres de la jeune fille.

— Tu pourrais faire mieux ? s’enquit-elle d’une voix détachée.

Nillem haussa les épaules. »

Extrait de : P. Bottero. « Ellana – L’envol – Le pacte des MarchOmbres. »

Ellana par Pierre Bottero

Fiche de Ellana

Titre : Ellana (Tome 1 sur 3 – Le pacte des MarchOmbres)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2006
Editeur : Rageot

Première page de Ellana

« — Pourquoi les nuages vont dans un sens et nous dans l’autre ?

Homaël Caldin éclata d’un rire tonitruant.

— Parce que nous ne sommes pas des nuages, Grenouille ! s’exclama-t-il en ébouriffant les cheveux de la fillette assise à côté de lui.

Celle-ci fit la moue. Elle adorait son père, ses gestes tendres et rudes à la fois, sa voix forte et son inaltérable bonne humeur. Elle aimait moins qu’il ne réponde jamais à ses questions.

Elle leva les yeux vers le ciel, contemplant les nuages qui filaient vers le sud alors que la caravane dont faisait partie leur chariot progressait vers le nord. Elle sentait qu’il y avait une explication à ce phénomène mais, à cinq ans et des poussières, les mots pour exprimer son trouble lui manquaient cruellement.

La bâche s’entrouvrit dans son dos et sa mère se glissa près d’elle. Fine, légère, toute de douceur et d’intuition. L’opposé de son époux. »

Extrait de : P. Bottero. « Ellana – Le pacte des MarchOmbres. »

Les tentacules du mal par Pierre Bottero

Fiche de Les tentacules du mal

Titre : Les tentacules du mal (Tome 3 sur 3 – Les mondes d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2005
Editeur : Rageot

Première page de Les tentacules du mal

« Lettre de Sil’ Afian, Empereur de Gwendalavir, à Hander Til’ Illan, Seigneur des Marches du Nord.

Cher et noble ami,
Bien que mon dernier courrier ne date que de quelques jours à peine, la gravité de la situation requiert que je vous écrive à nouveau.
Un cavalier porteur de cette missive quittera Al-Jeit dès ce soir.
L’accès à l’Imagination est devenu impossible depuis que cette redoutable entité que nos dessinateurs nomment méduse a envahi les Spires, et il nous faut pour l’instant nous contenter de ce moyen de communication.
Les craintes que j’exposais dans ma dernière lettre se sont avérées fondées. Éléa Ril’ Morienval menace toujours l’Empire. Elle a réussi à circonvenir un des plus respectables professeurs de l’Académie et à pousser à la trahison une escouade entière de légionnaires, fleurons des armées alaviriennes. Son but était d’éliminer Ewilan Gil’ Sayan et le jeune Illian, originaire de Valingaï : Elle a échoué, mais gardons-nous de croire qu’elle s’arrêtera là. »

Extrait de : P. Bottero. « Les mondes d’Ewilan – Les tentacules du mal. »

L’oeil d’Otolep par Pierre Bottero

Fiche de L’oeil d’Otolep

Titre : L’oeil d’Otolep (Tome 2 sur 3 – Les mondes d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2005
Editeur : Rageot

Première page de L’oeil d’Otolep

« Lettre de Sil’ Afian, Empereur de Gwendalavir, à Hander Til’ Illan, Seigneur des Marches du Nord.

Cher et noble ami,

Pouvez-vous imaginer l’amertume qui m’étreint alors que ma plume se pose sur cette feuille pour vous annoncer que la visite que j’envisageais, et dont nous nous réjouissions tous deux, n’aura pas lieu ? Permettez que je vous expose les raisons de ce revirement, certes regrettable, mais qu’en homme d’État aguerri vous comprendrez aisément.
La joie que nous a apportée la victoire contre les Raïs aura été de courte durée. Nous savions qu’Éléa Ril’ Morienval était vivante, nous ignorions qu’elle poursuivait ses manigances et n’avait en rien renoncé à ses visées sur l’Empire. J’ai appris bien tard qu’elle projetait d’adapter la technologie de l’autre monde à Gwendalavir, afin de rendre ses armes opérantes dans notre univers. Nul doute que, si elle y était parvenue, le courage de nos légions eût été mis à rude épreuve.
La jeune Ewilan Gil’ Sayan a une nouvelle fois sauvé l’Empire.
Elle a découvert le complot et réussi à le conjurer au péril de sa vie. »

Extrait de : P; Bottero. « Les mondes d’Ewilan – L’oeil d’Otolep. »

La forêt des captifs par Pierre Bottero

Fiche de La forêt des captifs

Titre : La forêt des captifs (Tome 1 sur 3 – Les mondes d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2004
Editeur : Rageot

Première page de La forêt des captifs

« Le garçon se plaqua au sol, le nez dans la boue, tentant désespérément de disparaître sous l’épaisse couche de feuilles mortes gorgées d’eau, toute sa volonté concentrée sur un seul objectif : devenir invisible. Inaudible. Inodore. C’était une question de vie ou de mort.
Non. Pas de vie ou de mort. Bien plus que ça.
Un froid glacial s’infiltrait au travers de ses vêtements trempés et la blessure à sa cuisse irradiait une douleur presque insupportable. Il se mit à grelotter, incapable de maîtriser les tremblements de ses membres, le claquement de ses dents.
Les pas se rapprochèrent sans qu’il parvienne à en localiser l’origine avec certitude. Si c’était un garde, même accompagné d’un chien, il avait une chance de s’en sortir.
Si c’était…
Il ferma les yeux, se concentrant sur son image à Elle. Pas l’image qui l’avait révolté quelques jours plus tôt quand il avait enfin réussi à l’apercevoir « cet être décharné au regard éteint n’était pas la fille qu’il aimait » mais celle qui le hantait depuis le début et lui donnait la force de poursuivre. La force de survivre. »

Extrait de : P. Bottero. « Les mondes d’Ewilan – La forêt des captifs. »

L’île du destin par Pierre Bottero

Fiche de L’île du destin

Titre : L’île du destin (Tome 3 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot

Première page de L’île du destin

« — Bjorn, est-ce normal qu’il neige en été ?

Le chevalier gratta sur son menton les quelques poils qu’il essayait de transformer en barbe.

— Je n’en sais rien, Ewilan, je n’en sais fichtre rien ! déclara-t-il finalement. Nous arrivons dans les Marches du Nord, le pays des Frontaliers. De nombreuses légendes courent au sujet de cette contrée, mais une chose est sûre, rien n’y est comme ailleurs.

Camille soupira et un nuage de vapeur se forma devant son visage, avant d’être balayé par la bise qui soufflait des montagnes. Elle avait beau être emmitouflée dans une épaisse cape de laine, la tête couverte d’une capuche fourrée, le froid la transperçait, et elle était certaine qu’au moindre choc ses doigts allaient se briser en mille morceaux.

Devant elle, la couleur de l’herbe et des arbres s’estompait sous une fine couche de neige encore diaphane. Le ciel était sombre et le soleil totalement voilé. Les premiers flocons s’étaient mis à tomber en début d’après-midi, achevant d’accorder le paysage à son humeur. »

Extrait de : P. Bottero. « L’île du destin – La quête d’Ewilan. »

Les frontières de glace par Pierre Bottero

Fiche de Les frontières de glace

Titre : Les frontières de glace (Tome 2 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot

Première page de Les frontières de glace

« — Jeunes gens…

Doume Fil’Battis posa ses mains sillonnées de rides sur le pupitre de pierre. Cela commençait mal…

— Jeunes gens, s’il vous plaît, pourriez-vous vous asseoir et faire silence ?

Le brouhaha assourdissant qui montait de l’amphithéâtre ne décrut pas. Aucun des candidats ne lui accordait la moindre attention.

— J’aimerais que tout le monde s’asseye et se taise…

Sous sa barbe drue, le visage de Doume Fil’Battis vira soudain au rouge.

— Assis, bon sang, et la ferme !

Le hurlement accompagné d’un violent coup de poing sur le marbre du pupitre fit l’effet d’un ouragan. Un silence de mort s’installa que le vieil homme apprécia d’un hochement de tête.

— C’est mieux, commenta-t-il en toisant du regard l’assemblée maintenant attentive. Je suis Doume Fil’Battis, chroniqueur de l’Empire, et si vous ne vous tenez pas correctement, je veillerai à ce que la seule académie à laquelle vous puissiez prétendre soit celle des balayeurs d’Al-Poll. Compris ? »

Extrait de : P. Bottero. « Les frontières de glace – La quête d’Ewilan. »

D’un monde à l’autre par Pierre Bottero

Fiche de D’un monde à l’autre

Titre : D’un monde à l’autre (Tome 1 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot

Première page de D’un monde à l’autre

« Camille était âgée exactement de quatre mille neuf cents jours, soit un peu plus de treize ans, la première fois qu’elle effectua « le pas sur le côté ».

Elle en était certaine, puisque c’est au moment où elle entreprenait des calculs savants pour connaître son âge avec précision qu’elle descendit du trottoir sans s’en rendre compte et se retrouva au milieu de la chaussée face à un énorme camion. Elle fut tirée de sa rêverie mathématique par le mugissement du klaxon.

Le poids lourd fonçait droit sur elle, tous freins bloqués. Les pneus malmenés hurlaient, leur gomme fumante essayant vainement d’arrêter les trente tonnes du monstre. »

Extrait de : P. Bottero. « D’un monde à l’autre – La quête d’Ewilan. »

Le destin de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Le destin de l’épouvanteur

Titre : Le destin de l’épouvanteur (Tome 8 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2011
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le destin de l’épouvanteur

« Poussé par une bonne brise, le petit bateau de pêche où nous avions pris place voguait en direction de l’ouest, tanguant doucement vers le rivage qui se dessinait au loin. Je m’emplissais les yeux des vertes collines d’Irlande avant que la lumière ne baisse. Dans une vingtaine de minutes, il ferait nuit.

L’air s’emplit tout à coup d’un hurlement menaçant, et le pêcheur leva la tête avec inquiétude. Le vent violent qui s’était mis à souffler amenait une masse de nuages noirs venue du nord. Des éclairs fourchus zébrèrent le ciel ; la mer enfla, écumante, et secoua dangereusement notre embarcation.

Nos trois chiens loups commencèrent à gémir. Même par beau temps, Griffe, Sang et Os, qui par ailleurs ne connaissaient pas la peur, n’appréciaient guère les voyages en mer.

Je m’agrippai à la proue. Le froid me pinçait les oreilles, les embruns me piquaient les yeux. L’Épouvanteur et mon amie Alice s’accroupirent contre le plat-bord. »

Extrait de : J. Delaney. « Le Destin de l’epouvanteur. »

Le cauchemar de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Le cauchemar de l’épouvanteur

Titre : Le cauchemar de l’épouvanteur (Tome 7 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2010
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le cauchemar de l’épouvanteur

« L’Épouvanteur, Alice et moi franchissions la crête de Long Ridge pour retourner à Chipenden, tandis que les trois chiens, Griffe, Sang et Os, bondissaient joyeusement à nos côtés.

Il avait plu tout l’après-midi, puis le ciel s’était dégagé, nous offrant une belle soirée d’automne finissant. Une petite brise fraîche jouait dans nos cheveux. C’était un temps parfait pour marcher. Je me souviens d’avoir pensé combien cette région était paisible.

Or, arrivés au sommet, nous eûmes un gros choc. Une fumée noire montait à l’horizon, au-delà de la lande. Caster brûlait. La guerre nous avait-elle rattrapés ?

Quelques années plus tôt, plusieurs nations s’étaient alliées pour nous envahir en débarquant sur la côte sud du pays. Depuis, en dépit des efforts combinés de tous les comtés pour la repousser, l’armée ennemie progressait régulièrement vers le nord.

L’Épouvanteur se tirailla la barbe, visiblement préoccupé :

— Comment ont-ils pu avancer aussi loin sans que nous le sachions ? La nouvelle a pourtant dû circuler, on aurait dû être au courant. »

Extrait de : J. Delaney. « Le cauchemar de l’épouvanteur. »