Auteur/autrice : CH91

 

Cormac McCarthy

Présentation de Cormac McCarthy :

Cormac McCarthy, né Charles McCarthy Jr. le 20 juillet 1933 à Providence (Rhode Island) et mort le 13 juin 2023 à Santa Fe (Nouveau-Mexique), est considéré comme l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Souvent comparé à William Faulkner pour son lyrisme et à Herman Melville pour sa dimension épique, il a exploré les recoins les plus sombres de l’âme humaine à travers des récits d’une beauté austère.

L’apprentissage de la solitude

Bien que né en Nouvelle-Angleterre, McCarthy grandit dans le Tennessee, au sein d’une famille aisée. Après de courtes études et un passage dans l’armée de l’air, il choisit une vie de dénuement volontaire pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Refusant toute activité lucrative autre que sa plume, il vit longtemps dans une pauvreté matérielle extrême, habitant des granges ou des motels de fortune.

Ses premiers romans, tels que Le Gardien du verger (1965) ou L’Enfant de Dieu (1973), s’inscrivent dans la tradition du « Sud gothique ». Ils dépeignent un monde rural rude, peuplé de marginaux et marqué par une violence primordiale.

Le tournant vers l’Ouest

À la fin des années 1970, McCarthy s’installe au Texas, un changement géographique qui transforme radicalement son œuvre. En 1985, il publie Méridien de sang (Blood Meridian), un western apocalyptique d’une violence inouïe retraçant les massacres d’un gang de scalpeurs. Ce livre, aujourd’hui considéré comme son chef-d’œuvre, assoit sa réputation de styliste hors pair, capable d’allier un vocabulaire archaïque à une prose biblique.

La reconnaissance publique massive arrive dans les années 1990 avec la « Trilogie des confins », entamée par De si jolis chevaux (1992), qui lui vaut le National Book Award. Ce succès met fin à des décennies d’anonymat et de précarité.

La consécration mondiale

En 2005, son roman Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme (No Country for Old Men) est adapté au cinéma par les frères Coen, remportant quatre Oscars et ancrant son nom dans la culture populaire.

L’année suivante, il publie La Route (The Road), un récit post-apocalyptique bouleversant sur l’errance d’un père et d’un fils dans un monde dévasté. Le livre rencontre un succès planétaire immense et lui vaut le prestigieux prix Pulitzer en 2007. L’ouvrage est salué pour son minimalisme et sa force émotionnelle, devenant instantanément un classique de la littérature moderne.

Un style unique et une fin de vie discrète

Le style de Cormac McCarthy est immédiatement reconnaissable : il se caractérise par une absence quasi totale de signes de ponctuation superflus (pas de guillemets pour les dialogues, pas de points-virgules) et une utilisation parcimonieuse des virgules. Pour lui, la ponctuation ne doit pas encombrer la page.

Après seize ans de silence romanesque, il publie fin 2022 ses deux derniers ouvrages, formant un diptyque : Le Passager et Stella Maris, explorant des thématiques scientifiques, mathématiques et philosophiques.

Homme de l’ombre, McCarthy fuyait les interviews et les mondanités littéraires, préférant la compagnie des scientifiques de l’Institut de Santa Fe, où il était membre. Il laisse derrière lui une œuvre hantée par la question du mal, de la destinée et de la survie de la lumière dans les ténèbres.

Livres de Cormac McCarthy :

Trilogie des Confins :

  • De si jolis chevaux
  • Le grand passage
  • Des villes dans la plaine

La route
Le gardien du verger
Le passager
Méridien de sang
Non ce pays n’est pas pour le vieil homme
Stella Maris
Suttree
Un enfant de Dieu

Pour en savoir plus sur Cormac McCarthy :

La page Wikipédia sur C. McCarthy
La page Noosfere sur C. McCarthy
La page isfdb de C. McCarthy

Lois Lowry

Présentation de Lois Lowry :

Lois Lowry, née Lois Ann Hammersberg le 20 mars 1937 à Honolulu (Hawaï), est l’une des figures les plus importantes et les plus respectées de la littérature pour la jeunesse contemporaine. Double lauréate de la prestigieuse médaille Newbery, elle est célèbre pour sa capacité à aborder des thèmes complexes et graves — tels que le deuil, la mémoire, le racisme ou l’euthanasie — avec une clarté et une sensibilité accessibles aux jeunes lecteurs.

Une enfance itinérante

Fille d’un dentiste militaire, Lois Lowry passe son enfance à voyager au gré des affectations de son père. Elle vit successivement à New York, en Pennsylvanie et, de manière marquante, au Japon juste après la Seconde Guerre mondiale. Ces expériences de déracinement et l’observation de cultures radicalement différentes forgeront sa curiosité pour les structures sociales et l’importance de l’appartenance à un groupe.

Après avoir commencé ses études à l’université Brown, elle les interrompt à l’âge de 19 ans pour se marier avec Donald Grey Lowry. Ce n’est que plus tard, une fois ses quatre enfants scolarisés, qu’elle reprend ses études pour obtenir un diplôme en littérature anglaise à l’université du Maine.

L’éveil d’une vocation

Avant de devenir romancière, Lois Lowry travaille comme photographe et journaliste indépendante. Sa carrière littéraire débute véritablement en 1977 avec la publication de Un été pour mourir (A Summer to Die). Ce premier roman, très personnel, s’inspire de la mort prématurée de sa propre sœur, Helen, et explore le processus du deuil chez une adolescente. Le succès est immédiat et confirme son talent pour traiter les émotions humaines les plus difficiles.

Une œuvre entre humour et gravité

La bibliographie de Lois Lowry se divise en deux versants distincts, illustrant sa grande polyvalence :

  • Le registre humoristique : Avec la série des Anastasia Krupnik (débutée en 1979), elle crée une héroïne vive et drôle qui affronte les aléas du quotidien. Cette série rencontre un immense succès populaire.
  • Le registre dramatique et historique : En 1989, elle publie Compte les étoiles (Number the Stars), un roman historique situé au Danemark pendant l’occupation nazie. Le livre raconte l’héroïsme de la population danoise sauvant la communauté juive. Ce récit lui vaut sa première médaille Newbery en 1990.

Le phénomène « Le Passeur »

En 1993, Lois Lowry publie son œuvre la plus emblématique : Le Passeur (The Giver). Bien avant la mode des dystopies pour jeunes adultes (comme Hunger Games), elle imagine une société futuriste où la douleur, la guerre et la haine ont été éliminées au prix des émotions et de la mémoire collective.

Le livre suscite d’intenses débats et devient un classique étudié dans les écoles du monde entier. Pour ce roman, elle reçoit sa seconde médaille Newbery en 1994. Le Passeur sera suivi de trois autres volets formant le « Quatuor du Passeur » (L’Élue, Messager et Le Fils), qui explorent des sociétés alternatives et interconnectées.

Style et héritage

Le style de Lois Lowry se caractérise par une économie de mots et une précision chirurgicale. Elle refuse la facilité des fins heureuses simplistes, préférant laisser ses lecteurs sur des questions ouvertes qui incitent à la réflexion éthique.

Malgré son succès, elle a souvent fait face à la censure aux États-Unis, certains de ses livres étant régulièrement contestés dans les bibliothèques scolaires pour la dureté de leurs thématiques. Aujourd’hui octogénaire, elle vit dans le Maine et continue d’être une voix active dans le monde des lettres, rappelant sans cesse que les enfants sont capables de comprendre et d’affronter les vérités les plus profondes de l’existence humaine.

Livres de Lois Lowry :

Le Quatuor du Passeur :

  • Le passeur
  • L’élue
  • Messager
  • Le fils

Cinq centièmes de seconde
Compte les étoiles
La longue quête de Nathalie
Le garçon qui se taisait
Passeuse de rêves
Un été pour mourir

Pour en savoir plus sur Lois Lowry :

La page Wikipédia sur L. Lowry
La page Noosfere sur L. Lowry
La page isfdb de L. Lowry

Tim Lebbon

Présentation de Tim Lebbon :

Tim Lebbon, né le 15 décembre 1969 à Londres, est un auteur britannique prolifique, devenu une figure incontournable de la littérature d’horreur, de la dark fantasy et de la science-fiction contemporaine. Bien que né en Angleterre, il a passé la majeure partie de sa vie au pays de Galles, un cadre dont l’atmosphère sauvage imprègne souvent son œuvre.

Des débuts remarqués

Tim Lebbon commence à publier ses premiers textes dans les années 1990. Très vite, son style se distingue par une capacité à mêler l’horreur viscérale à une sensibilité émotionnelle profonde. En 1997, il attire l’attention du milieu littéraire avec son roman Mesmer, mais c’est son premier prix majeur, le British Fantasy Award remporté en 2000 pour sa nouvelle White, qui lance véritablement sa carrière.

Par la suite, il devient un habitué des récompenses prestigieuses, accumulant plusieurs British Fantasy Awards ainsi que le prix Bram Stoker, la plus haute distinction dans le domaine de l’épouvante.

Une œuvre entre survie et apocalypse

L’œuvre de Lebbon explore souvent des thèmes liés à la survie de l’humanité face à des forces qui la dépassent, qu’elles soient surnaturelles, environnementales ou technologiques. Parmi ses ouvrages les plus marquants, on peut citer :

  • Coldbrook : Un récit d’apocalypse où un virus dévastateur traverse les dimensions.
  • The Silence : Publié en 2015, ce roman imagine un monde où des créatures aveugles chassent au moindre bruit. Le livre a connu un immense regain de popularité grâce à son adaptation cinématographique produite par Netflix en 2019, avec Stanley Tucci et Kiernan Shipka.
  • Dusk et Dawn : Des incursions dans une fantasy sombre et originale, loin des clichés habituels du genre.

Un auteur de franchises prisé

Au-delà de ses univers originaux, Tim Lebbon est reconnu pour son talent à s’approprier des franchises cinématographiques célèbres tout en y insufflant sa propre voix. Il a notamment contribué aux univers suivants :

  • Star Wars : Avec le roman L’Aube des Jedi (Into the Void), qui explore les origines de l’Ordre dans un passé très lointain.
  • Alien : Il a signé plusieurs volumes, dont Alien : Hors des ombres (Out of the Shadows), salué pour sa fidélité à l’ambiance horrifique du premier film de Ridley Scott.
  • Firefly et Hellboy : Il a également écrit des romans originaux basés sur ces licences cultes.

Style et vie personnelle

Le style de Tim Lebbon se caractérise par une tension constante et une attention particulière portée aux décors, souvent hostiles et oppressants. Grand amateur de nature et de sport de plein air, il pratique assidûment le triathlon et le trail (course en sentier). Cette passion pour l’effort physique et la confrontation avec les éléments se ressent dans l’endurance psychologique de ses personnages.

Il vit aujourd’hui dans le Monmouthshire, au pays de Galles, avec sa famille. Avec plus de quarante romans et des centaines de nouvelles à son actif, il continue de s’imposer comme l’un des maîtres du suspense et de l’imaginaire sombre, capable de passer de l’intimité d’un drame familial à l’ampleur d’une catastrophe planétaire.

Livres de Tim Lebbon :

Star Wars :

  • L’aube des Jedi

Le sang des quatre
Sauvage

Pour en savoir plus sur Tim Lebbon :

La page Wikipédia sur T. Lebbon
La page Noosfere sur T. Lebbon
La page isfdb de T. Lebbon

Jay Anson

Présentation de Jay Anson :

Jay Anson (30 septembre 1921 – 12 mars 1980) était un écrivain et scénariste américain. Bien qu’il ait mené une longue carrière dans l’industrie cinématographique, il est mondialement passé à la postérité pour un seul ouvrage, devenu un phénomène de société et un classique de la littérature d’épouvante : Amityville : La Maison du diable (The Amityville Horror).

Un artisan de l’ombre

Avant de connaître la célébrité en tant qu’auteur, Jay Anson travaille pendant de nombreuses années dans le milieu de la production cinématographique et télévisuelle. Professionnel de l’écriture documentaire, il rédige de nombreux scénarios pour des courts-métrages et des dossiers de presse destinés aux grands studios.

Au début des années 1970, il travaille notamment pour Professional Films, une société de production où il peaufine son style : une écriture factuelle, directe et journalistique. C’est cette approche précise, presque clinique, qui donnera plus tard toute sa force à son récit sur le paranormal.

Le phénomène Amityville

En 1977, Anson est contacté pour mettre en forme le témoignage de George et Kathleen Lutz. Ce couple affirme avoir été chassé de sa maison coloniale au 112 Ocean Avenue, à Amityville, par des forces démoniaques, seulement vingt-huit jours après y avoir emménagé.

L’écrivain se base sur environ quarante-cinq heures de témoignages enregistrés sur bandes magnétiques par les époux Lutz. En publiant The Amityville Horror, Jay Anson fait un choix narratif audacieux : il présente l’ouvrage comme une histoire vraie (« A True Story »). Le livre est un succès foudroyant. Vendu à des millions d’exemplaires, il captive le public par ses descriptions terrifiantes : murs qui suintent, nuées de mouches en plein hiver et apparitions de créatures aux yeux rouges.

Polémiques et postérité

Le succès du livre déclenche une controverse qui dure encore aujourd’hui. Des enquêteurs spécialisés et des journalistes ont rapidement remis en question la véracité des faits rapportés par les Lutz, suggérant une supercherie financière. Jay Anson, pour sa part, a toujours maintenu qu’il s’était contenté de rapporter les dires du couple, tout en admettant avoir utilisé certaines techniques de dramatisation propres au roman pour renforcer l’effet de peur.

Le livre est adapté au cinéma en 1979 par Stuart Rosenberg. Le film rencontre un immense succès au box-office, lançant l’une des franchises les plus prolifiques de l’histoire du cinéma d’horreur.

Fin de carrière

Après le tourbillon Amityville, Jay Anson tente de renouveler l’expérience avec un roman de pure fiction horrifique intitulé 666 (1980). Ce livre traite également d’une maison hantée déplacée pierre par pierre, mais il ne rencontre pas le même écho que son prédécesseur.

Jay Anson meurt d’une crise cardiaque en mars 1980, à l’âge de 58 ans, peu de temps après avoir achevé le manuscrit de 666. Il n’aura pas eu le temps de voir l’impact durable de son œuvre sur la culture populaire, son nom restant indissociable de la demeure la plus célèbre de l’histoire du paranormal.

Livres de Jay Anson :

Amityville, la maison du diable

Pour en savoir plus sur Jay Anson :

La page Wikipédia sur J. Anson
La page Noosfere sur J. Anson
La page isfdb de J. Anson

La Sibylle de Kell par David Eddings

Fiche de La Sibylle de Kell

Titre : La Sibylle de Kell (Tome 5 sur 5 – La Mallorée – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1989
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de La Sibylle de Kell

« L’air était vif, piquant. La brise charriait la senteur résineuse des grands mélèzes d’un vert sombre, presque noir, qui montaient vers le ciel comme autant de muettes prières. Les champs de neige étincelaient au soleil, loin au-dessus d’eux, et mille torrents couraient alimenter des fleuves situés dans les plaines de Darshiva et de Gandahar, lesquels se ruaient vers la rencontre inéluctable avec l’immense Magan. Au rugissement des eaux se mêlait le soupir mélancolique du vent qui soufflait inlassablement dans la forêt. La route des caravanes grimpait encore et toujours en déroulant ses méandres sur les parois abruptes, passant parfois sous des cascades. En franchissant chaque sommet ils en embrassaient de nouveaux du regard, jusqu’à l’épine dorsale du continent qui dressait au-dessus de tous les autres ses pics d’une altitude inimaginable, purs et virginaux sous leur manteau de neige éternelle. Des montagnes, Garion en avait vu, mais jamais d’aussi colossales. Il savait que ces cimes qui effleuraient la voûte céleste étaient à des lieues et des lieues de là, pourtant l’air était si clair qu’elles lui semblaient à portée de la main. »

Extrait de : D. Eddings. « La sibylle de Kell – La Mallorée. »

La sorcière de Darshiva par David Eddings

Fiche de La sorcière de Darshivanda

Titre : La sorcière de Darshiva (Tome 4 sur 5 – La Mallorée – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1989
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de La sorcière de Darshiva

« Sa Majesté la reine Porenn de Drasnie était d’humeur bien songeuse en ce beau matin de printemps. Elle regardait par la fenêtre de son boudoir rose son fils Kheva qui jouait dans les jardins du palais de Boktor avec Unrak, le rejeton de Barak, comte de Trellheim. Les deux garçons étaient à cet âge où ils donnent l’impression de grandir à vue d’œil et où leur voix hésite entre un soprano enfantin et un baryton viril.

— Ô Rhodar, mon tant aimé, comme tu serais fier de lui, murmura-t-elle en lissant le devant de sa
robe noire.

Car la reine de Drasnie portait le deuil depuis la mort de son mari.

On frappa discrètement à la porte.

— Oui ? répondit-elle sans se retourner. »

Extrait de : D. Eddings. « La sorciere de Darshiva – La Mallorée. »

Le démon majeur de Karanda par David Eddings

Fiche de Le démon majeur de Karanda

Titre : Le démon majeur de Karanda (Tome 3 sur 5 – La Mallorée – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1988
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Le démon majeur de Karanda

« Les premiers flocons de la saison tombaient sans bruit sur le pont du vaisseau. On aurait dit de grosses plumes humides, mais c’était une neige qui tenait et, en s’accumulant sur les cordages goudronnés, métamorphosait peu à peu le gréement en une dentelle fantomatique. La mer d’obsidienne s’enflait et retombait dans le silence ponctué par le battement assourdi, mesuré, du tambour qui donnait la cadence aux rameurs malloréens. Les flocons s’amassaient sur les épaules des matelots et dans les replis de leur cape écarlate alors qu’ils tiraient sur les rames, courbant le dos et se redressant avec ensemble, leur haleine se condensant dans l’air glacial, humide, de ce matin de neige.

Garion et Silk étaient accoudés au bastingage, frileusement blottis dans leur cape, et lorgnaient d’un œil morne le paysage en noir et blanc.

— Quel temps de chien, grommela le petit Drasnien en s’époussetant les épaules d’un air dégoûté. »

Extrait de : D. Eddings. « Le démon majeur de Karanda – La Mallorée. »

Le roi des Murgos par David Eddings

Fiche de Le roi des Murgos

Titre : Le roi des Murgos (Tome 2 sur 5 – La Mallorée – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1988
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Le roi des Murgos

« Quelque part, dans le noir, Garion entendait un bruit cristallin d’eau qui gouttait lentement, avec une morne régularité. Il faisait froid, et ça sentait la pierre, le moisi et ces choses blanches, vaguement translucides, qui vivaient dans le noir et fuyaient la lumière. Il s’aperçut qu’il guettait machinalement les bruits imperceptibles qui prenaient des proportions formidables dans le labyrinthe ténébreux des grottes d’Ulgolande : le ruissellement de l’eau, le chuintement poussiéreux de gravillons dévalant les pentes, le sinistre sifflement de l’air dans les fissures de la roche.

Belgarath s’arrêta et leva la torche fuligineuse qui teignait en rouge les parois de la galerie, y suscitant des ombres bondissantes.

— Attendez-moi un instant, dit-il en disparaissant dans le noir, ses bottes désassorties, éculées, raclant le sol.

L’obscurité se referma sur les autres restés en arrière.

— Je n’aime pas ça, marmonna Silk. Je n’aime vraiment pas ça. »

Extrait de : D. Eddings. « Le roi des Murgos – La Mallorée. »

Les gardiens du Ponant par David Eddings

Fiche de Les gardiens du Ponant

Titre : Les gardiens du Ponant (Tome 1 sur 5 – La Mallorée – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1987
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Les gardiens du Ponant

« On dit qu’après avoir créé le monde, les sept Dieux vécurent dans la paix et l’harmonie parmi les hommes qu’ils avaient choisis. UL, le père des Dieux, garda ses distances jusqu’à ce que Gorim, qui menait les Sans Dieu, l’importune sans relâche du sommet d’une montagne. Alors UL se laissa fléchir. Il éleva Gorim et lui promit d’être son Dieu et le Dieu de son peuple, les Ulgos.

Le Dieu Aldur, qui enseignait le pouvoir du Vouloir et du Verbe à Belgarath et à ses autres disciples, insuffla un jour la vie à une pierre ronde, grosse comme le cœur d’un enfant. Cette pierre au prodigieux pouvoir, que les hommes nommèrent Orbe d’Aldur, était l’incarnation d’une Nécessité existant depuis le commencement des âges.

Une Nécessité adverse s’était imposée à Torak, le Dieu des Angaraks, qui convoitait la souveraineté et la domination sur toutes choses. Grand fut son trouble en apprenant l’existence de l’Orbe, car il redoutait qu’elle s’oppose à son dessein. Il vint trouver Aldur et l’implora de renoncer à la pierre, puis, devant son refus, le frappa et s’enfuit avec l’objet du litige. »

Extrait de : D. Eddings. « Les Gardiens du Ponant – La Mallorée. »

La fin de partie de l’enchanteur par David Eddings

Fiche de La fin de partie de l’enchanteur

Titre : La fin de partie de l’enchanteur (Tome 5 sur 5 – La Belgariade – Cycle les Grandes Guerres des dieux)
Auteur : David Eddings
Date de parution : 1982
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de La fin de partie de l’enchanteur

« Entendez ma voix, ô Angaraks ! Je suis Torak, Prince entre les Princes et Roi des Rois. Prosternez-vous devant mon Nom et dédiez-moi vos prières et vos sacrifices car je suis votre Dieu. Absolue est ma souveraineté sur les royaumes angaraks, et grande sera ma colère si vous me déplaisez.

J’existais avant le commencement du monde et je demeurerai quand les montagnes seront tombées en poussière, quand les océans se seront changés en mares putrides et que le monde retournera au néant. Car j’existais avant l’avènement des temps et je demeurerai après leur consommation.

Des confins de l’Infini, je contemplai l’avenir et j’eus la Vision de deux Destinées, l’une et l’autre absolues. Je les vis se ruer l’une vers l’autre dans les couloirs sans fin de l’Eternité et je vis qu’à l’issue de la conflagration ce qui était divisé serait à jamais uni et que tout ce qui avait été, tout ce qui était, tout ce qui restait à venir se fondrait à cet instant en un Dessein unique. »

Extrait de : D. Eddings. « La Fin de Partie de l’Enchanteur – La Belgariade. »