Auteur/autrice : CH91

 

Blade Runner par Philip K. Dick

Fiche de Blade Runner

Titre : Blade Runner – Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Tome 1 sur 3 – Blade Runner)
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1968
Traduction : S. Guillot
Editeur : J’ai lu

Première page de Blade Runner

« Ce fut le déclic de l’orgue d’humeur situé près de son lit qui réveilla Rick Deckard. Surpris – ça le surprenait toujours de se retrouver éveillé sans préavis –, il s’extirpa de son lit, se redressa dans son pyjama multicolore et s’étira. Iran, son épouse, ouvrit alors ses tristes yeux gris, battit des paupières, puis les referma dans un grognement.
« Tu règles ton Penfield trop bas, lui dit-il. Je vais changer le réglage, ça va te réveiller et…
— Ne touche pas à mes réglages. » Sa voix recelait une aigreur glaciale. « Je ne veux pas être réveillée. »
Il se rassit sur le lit et se pencha sur elle. « Si tu mets l’alarme suffisamment fort, lui expliqua-t-il, tu seras heureuse de te réveiller ; c’est tout l’intérêt de la chose. Sur C, tu atteins d’un seul coup la conscience éveillée. Comme moi. » Aimablement, parce qu’il se sentait bien disposé à l’égard du monde – il avait choisi D pour lui-même –, il se mit à tapoter l’épaule pâle de sa femme.
« Ôte tes sales pattes de flic de là, cracha Iran.
— Je ne suis pas un flic. » Il se sentait irrité, à présent, alors qu’il n’avait pas programmé pareil sentiment.
« Non, tu es encore pire, lui dit son épouse, les yeux toujours fermés. Un meurtrier payé par les flics. »

Extrait de : P.K Dick. « Blade Runner. »

Atome… cher trésor ! par Yves Dermèze

Fiche de Atome… cher trésor !

Titre : Atome… cher trésor !
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1967
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Atome… cher trésor !

« Garnery se dit : « Je suis complètement idiot de me saouler aujourd’hui… N’importe quand, soit. Mais pourquoi précisément aujourd’hui ? »

Il en avait conscience, mais cela n’empêcha pas qu’il tendit la main, happa le verre de scotch Gilbey’s et l’avala d’un trait. Un bon scotch, ça remet un homme d’aplomb, et dieu sait s’il avait besoin d’être remis d’aplomb, Garnery, après deux mois passés à bourlinguer d’îlot en îlot, à boire les infectes boissons indigènes… Il n’y avait pas de Gilbey’s chez les indigènes, hélas.

Parce qu’il n’avait pas encore perdu tout à fait son esprit critique, il se dit aussi que, si un verre remettait un homme d’aplomb, deux, puis trois, puis quatre, puis… au fait, où en était-il ? Bah, il le saurait au moment de payer !… Bref, plusieurs verres, ça risquait de faire s’écrouler un homme, aussi accoutumé qu’il fût aux boissons fortes.

Il se mit à rire très fort, en tonnerre. Il eut conscience de ce que tous les consommateurs se tournaient vers lui. Il frappa du poing sur la table. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Atome… cher trésor !. »

Cartier sur la corde raide par Yves Dermèze

Fiche de Cartier sur la corde raide

Titre : Cartier sur la corde raide
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1965
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Cartier sur la corde raide

« Pancho jura entre ses dents, freina à mort et immobilisa la fourgonnette juste sous un panneau « Stationnement interdit ». Cartier, assis près de lui, s’était cramponné afin de ne pas heurter le pare-brise.

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Tu ne vois pas, non ? bougonna le métis.

Du pouce, il désignait l’entrée d’une étroite ruelle, derrière eux.

— C’est là, grogna-t-il. Pas d’erreur. En face du drugstore. Le renseignement fourni par le patron était bon…

Il ricanait avec amertume :

— « Independence Street » ! Tu parles ! Ça fait la grande dame, ça porte un nom ronflant plutôt qu’un numéro(1)… Et ce n’est même pas assez large pour qu’on puisse y passer en bagnole ! De ça, le patron a oublié d’en parler… »

Extrait de : Y. Dermèze. « Cartier sur la corde raide. »

Corrida pour une espionne par Yves Dermèze

Fiche de Corrida pour une espionne

Titre : Corrida pour une espionne
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1968
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Corrida pour une espionne

« Quand Hilda sortit de sa chambre, elle n’était pas à l’extrême limite du découragement. Elle espérait encore. Chez Versinger, on lui avait laissé entendre, la veille, que peut-être…

Il devait être à peu près neuf heures moins le quart. Elle ne pouvait le savoir avec certitude car, bien entendu, il y avait beau temps qu’elle avait vendu sa montre-bracelet. Et pour presque rien. À peine de quoi payer les frais d’une semaine à la clinique ! Une montre en or massif, de grande marque…

Neuf heures moins le quart. Même à pied, elle serait facilement chez Versinger à neuf heures, heure à laquelle elle était convoquée pour une réponse définitive. En elle-même, elle murmurait : « Mon dieu, faites qu’ils m’accordent l’acompte… » En ce qui concernait le travail lui-même, l’accord était déjà établi. On l’embaucherait quand elle voudrait. Mais on ne la paierait qu’en fin de semaine.

Or elle avait besoin d’argent, un urgent besoin, un dramatique besoin de cent dollars.

Ses talons claquaient sur le trottoir. Les semelles étaient usées jusqu’à la corde, mais nul ne pouvait le deviner. Sa robe était très simple – elle l’avait achetée en solde – mais Hilda était jolie et n’avait nul besoin de vêtements luxueux. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Corrida pour une espionne. »

Le général est mort par Yves Dermèze

Fiche de Le général est mort

Titre : Le général est mort
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1967
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Le général est mort

« Pancho avait sa moue des grands jours quand il ordonna :

— Arrête !

Jocelyn, qui tenait le volant, obéit aussitôt et glissa vers lui un regard empreint de curiosité. Elle n’avait jamais pu se faire aux réactions de Pancho, bien qu’elle ne l’eût pas quitté depuis deux ans et qu’elle eut participé avec lui à plusieurs missions dangereuses.

L’auto s’immobilisa au ras du trottoir, moteur au ralenti.

— On est du mauvais côté, mon gros, murmura la jeune femme.

— Je m’en fous, répondit Pancho.

Il se penchait légèrement en avant pour mieux épier la mince silhouette de Gudian qui, sans se douter de rien, continuait à marcher sur le trottoir, l’air absorbé, la tête basse, les mains dans les poches.

— Si un flic s’approche, bougonna Jocelyn, on va perdre une minute ou deux et adieu la piste…

— Pas question, fit Pancho. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Le général est mort. »

Pancho a frappé par Yves Dermèze

Fiche de Pancho a frappé

Titre : Pancho a frappé
Auteur : Yves Dermèze
Date de parution : 1966
Editeur : Société Éditions Générales

Première page de Pancho a frappé

« — Asseyez-vous, dit M. Smith.

Il avait son air maussade des grands jours et comme toujours lorsqu’une question délicate le préoccupait, il essuyait les verres de ses lunettes, entre le pouce et l’index. Cartier et Pancho s’étaient souvent demandé comment il pouvait voir, ensuite, au travers de verres légèrement huileux.

Cartier s’assit à gauche, Pancho à droite. M. Smith les regarda assez longuement, comme s’il ne les connaissait pas à merveille déjà, et hocha la tête, approbateur. Exactement les hommes qu’il fallait pour la mission délicate qu’il allait leur confier.

Ou plutôt qu’il allait confier à Pancho. Cartier, qui était pourtant l’agent no 1 du Service, réfléchissait trop, pensait trop. Cette fois, il fallait un tueur. Donc, le métis Pancho. L’ennui, c’est que justement on ne savait pas encore si l’on frapperait, et surtout qui l’on frapperait. »

Extrait de : Y. Dermèze. « Pancho a frappé. »

A. Conan Doyle – Intégrale 7 par Arthur Conan Doyle

Fiche de Intégrale 7

Titre : Intégrale 7
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1987
Traduction :
Editeur : Neo

Sommaire de Intégrale 7

  • Contes de crépuscule
    • La main brune
    • Le professeur de Lea House
    • B. 24
    • La grande expérience de Keinplatz
    • Une mosaïque littéraire
    • Jouer avec le feu
    • L’anneau de Thoth
    • Le fiasco de Los amigos
    • Comment la chose arriva
    • Le lot n°249
    • « De profundis »
    • L’ascenseur
    • L’épicier au pied bot
    • Danger !
    • La défense de l’accusé

Première page de La main brune

« Tout le monde sait que sir Dominick Holden, le célèbre médecin des Indes, fit de moi son héritier, et que son décès transforma un médecin pauvre et peinant dur en un propriétaire prospère. On sait aussi que cinq personnes au moins pouvaient autant que moi prétendre à l’héritage, et que le choix de Sir Dominick parut à certains arbitraire et bizarre. Tant pis ! J’affirme, moi, que Sir Dominick avait de très solides raisons pour me témoigner sa bienveillance, bien que je ne l’eusse connu que dans ses dernières années ; je dirai même que ce que j’ai fait pour mon oncle des Indes, personne ne l’a encore fait pour autrui. Certes je ne peux guère espérer être cru, tant mon histoire est peu banale. Mais j’aurais l’impression de manquer à un devoir si je ne la relatais pas. La voici donc. Vous me croirez ou vous ne me croirez pas : cela vous regarde.

Sir Dominick Holden, compagnon de l’Ordre du Bain, commandeur de l’Étoile des Indes, etc., était de son vivant un médecin extrêmement distingué. Il avait quitté l’armée pour s’établir à Bombay et faire de la clientèle civile ; fréquemment appelé en consultation, il avait visité toutes les provinces des Indes. »

Extrait de : A.C Doyle. « Intégrale 07. »

A. Conan Doyle – Intégrale 5 par Arthur Conan Doyle

Fiche de Intégrale 5

Titre : Intégrale 5
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1986
Traduction :
Editeur : Neo

Sommaire de Intégrale 5

  • Contes du camp
    • Le traînard de 1815
    • Le pot de caviar
    • Le drapeau vert
    • Les trois correspondants
    • Le mariage du brigadier Gérard
    • Le seigneur du château noir
  • Contes de l’eau bleue
    • Le coffre à raies
    • Le capitaine de l' »étoile-polaire »
    • Le démon de la tonnellerie
    • Le voyage de Jelland
    • Déposition de J. Habakuk Jephson
    • La petite boîte carrée
  • Amoureux
  • Une question de diplomatie

Première page de Le traînard de 1815

« Par un triste matin d’octobre, de lourdes balles cotonneuses de brouillard roulaient sur les toits gris et humides de Woolwich. Dans les longues rues bordées de maisons en brique tout était détrempé, gras, lugubre. Les grands bâtiments de l’arsenal, derrière lesquels s’étirait une étroite perspective de logements ouvriers encrassés, résonnaient du ronron des roues qui tournaient, du grondement sourd d’objets véhiculés, de tout le brouhaha du travail humain.

Peu de monde circulait dans la ville : le monstre à fumée aspirait en effet dès l’aube tous les hommes aptes à travailler, et il les vomissait le soir aussi sales que las. Seules, de grosses commères aux volumineux bras rouges et au tablier douteux se tenaient sur le pas des portes : s’appuyant sur leurs balais, elles échangeaient d’une voix glapissante leurs bonjours matinaux par-dessus la chaussée. L’une d’elles avait réuni un petit groupe ; elle discourait avec énergie ; son auditoire féminin ponctuait ses remarques de piaillements aigus. »

Extrait de : A.C Doyle. « Intégrale 05. »

A. Conan Doyle – Intégrale 4 par Arthur Conan Doyle

Fiche de Intégrale 4

Titre : Intégrale 4
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1986
Traduction :
Editeur : Neo

Sommaire de Intégrale 4

  • Le mystère de Cloomber
  • Mystères et aventures
    • Le ravin de la digue de l’homme-bleu
    • Le clergyman du ravin-de-jackman
    • Mon ami l’assassin
    • La hachette d’argent
    • Une nuit chez les nihilistes

Première page de Le mystère de Cloomber

« Je, soussigné, John Fothergill West, étudiant en droit à l’Université de Saint-Andrews, déclare m’être appliqué, dans les pages qui vont suivre, à relater, d’une manière sérieuse et concise, les faits que je me suis proposé de soumettre au public.

Je n’ai pas l’ambition de remporter un succès littéraire, pas plus que je ne désire, par les finesses de mon style ou par un classement artistique des incidents, envelopper d’une ombre plus épaisse les étranges événements dont j’ai à parler. Tout ce que je souhaite, c’est que les personnes qui connaissent déjà un peu cette histoire puissent, après lecture de mon récit, l’approuver consciencieusement, sans y trouver un seul paragraphe dans lequel j’aie ajouté ou retranché à la vérité.

Si j’atteins ce résultat, je me tiendrai pour amplement satisfait de ce qui sera sans doute mon premier et mon dernier essai en littérature.

J’avais d’abord eu l’intention de rapporter les divers incidents de cette aventure par ordre chronologique, en me basant sur des témoignages dignes de foi pour décrire ceux auxquels je n’ai pas assisté moi-même. Toutefois, grâce aux conseils qu’ont bien voulu me donner mes amis, j’ai maintenant trouvé un moyen de m’y prendre qui promet d’être moins onéreux pour moi et plus satisfaisant pour le lecteur. Il ne consiste à rien moins qu’à utiliser les différents manuscrits que j’ai sous la main et qui ont trait à mon sujet, et d’y adjoindre des témoignages de premier ordre fournis par ceux qui ont eu les plus belles occasions de connaître le major général J. B. Heatherstone. »

Extrait de : A.C Doyle. « Intégrale 04. »

Histoires et messages de l’au-delà par Arthur Conan Doyle

Fiche de Histoires et messages de l’au-delà

Titre : Histoires et messages de l’au-delà
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1967
Traduction :
Editeur : 10/18

Sommaire de Histoires et messages de l’au-delà :

  • La hachette d’argent
  • L’entonnoir de cuir
  • La main brune
  • Le lot n°249
  • Le parasite
  • Jouer avec le feu
  • La nouvelle révélation
  • Documents supplémentaires

Première page de La hachette d’argent

« Le 3 décembre 1881 le docteur Otto Von Hopstein, professeur royal d’anatomie comparée à l’université de Budapest et curateur du musée académique, fut assassiné de la façon la plus lâche et la plus brutale, à moins d’un jet de pierre de l’entrée de l’édifice universitaire.
Outre que la victime était un homme haut placé et très populaire parmi les étudiants et les citoyens de la ville, d’autres circonstances étaient bien faites pour exciter l’intérêt du public de la manière la plus vive, et attirer sur ce meurtre l’attention générale dans toute l’Autriche-Hongrie.
Le Pester Abendblatt (La Feuille du soir de Pest), du lendemain, publia à cette occasion un article que les curieux pourront consulter, et dont je traduirai quelques passages qui donnent des détails sommaires sur les circonstances qui accompagnèrent ce crime, et les particularités remarquables qui embarrassèrent la police hongroise. »

Extrait de : A.C Doyle. « Histoires Et Messages De L’au Delà. »