Auteur/autrice : CH91

 

L’arme invisible par Paul Féval

Fiche de L’arme invisible

Titre : L’arme invisible (Tome 4 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Première page de L’arme invisible

« Les diamants de Mlle Bernetti

Un soir de vendredi, vers la fin de septembre, en 1838, à la tombée de la nuit, le garçon du marchand revendeur établi à l’angle des rues Dupuis et de Vendôme était en train de fermer la boutique lorsqu’un élégant coupé s’arrêta devant la porte. Les échoppes du quartier du Temple reçoivent souvent d’aussi belles visites que les magasins à la mode ; le faubourg Saint-Germain et la Chaussée-d’Antin ont appris dès longtemps le chemin de cette foire et y viennent en tapinois, soit pour acheter, soit pour vendre.

Le garçon remit à terre le volet qu’il avait déjà soulevé à demi et attendit, pensant que la portière du coupé allait s’ouvrir.

Mais la portière ne s’ouvrit point et le store rouge qui défendait l’intérieur de la voiture contre les regards curieux resta baissé. Le cocher, beau garçon au teint fleuri, planta son fouet dans la gaine comme s’il eût été arrivé au terme de sa course et tira de sa poche une pipe qu’il bourra paisiblement. »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

La rue de Jérusalem par Paul Féval

Fiche de La rue de Jérusalem

Titre : La rue de Jérusalem (Tome 3 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de La rue de Jérusalem

  • Clampin dit Pistolet
  • Les demoiselles de Champmas

Première page de Clampin dit Pistolet

« Meurtre d’un chat

C’était un palier d’aspect misérable, mais assez spacieux, éclairé d’en haut par un tout petit carreau dormant que la poussière rendait presque opaque. Trois portes délabrées donnaient sur ce palier où l’on arrivait par un escalier tournant, vissé à pic et dont l’arbre médial suait l’humidité. Les trois portes étaient disposées semi-circulairement.

À droite et à gauche de l’escalier étroit, il y avait en outre deux recoins, contenant quelques débris de bois de démolition, des mottes et des fagots.

Le jour allait baissant. On entendait aux étages inférieurs qui étaient au nombre de trois, y compris le rez-de-chaussée, des bruits confus, où dominaient les cliquetis de verres et d’assiettes. Une violente odeur de cabaret montait l’escalier en spirale et n’avait point d’issue.

Sur le carré de ce dernier étage tout était relativement silencieux. Par la porte de droite, sous laquelle il y avait une large fente, un murmure de discrète conversation sortait avec une bonne odeur de soupe fraîche. »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

Coeur d’acier par Paul Féval

Fiche de Coeur d’acier

Titre : Coeur d’acier (Tome 2 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de Coeur d’acier

  • Marguerite de Bourgogne
  • Monsieur Coeur
  • L’hôtel de Clare

Première page de Marguerite de Bourgogne

« Premier Buridan

— Ma chère bonne Madame, dit le docteur Samuel, il faut être juste : si les personnes qui ont le moyen ne veulent plus payer, nous n’avons qu’à fermer boutique ! Moi, je fais beaucoup de bien, Dieu merci. Je suis connu pour ne jamais rien demander aux pauvres. Mais il y a des bornes à tout, et si les personnes qui ont le moyen ne veulent plus payer…

— Vous avez déjà dit cela une fois, Monsieur le docteur, l’interrompit une voix profondément altérée, mais dont l’accent douloureux parlait de joies évanouies, lointaines peut-être, et d’impérissables fiertés.

La malade ajouta :

— Monsieur le docteur, vous serez payé, je vous en réponds.

Le docteur Samuel était un homme entre deux âges, blond, rond, rouge, vêtu de beau drap et portant jabot. En l’année 1832, où nous sommes, le jabot faisait sa rentrée dans le monde. Le linge tuyauté du docteur Samuel et son beau drap tout neuf n’avaient pas l’air propre. C’était un médecin affable et doux, mais je ne sais pourquoi, il n’inspirait pas confiance. Ses consultations gratuites envoyaient le malade chez un certain pharmacien qui seul exécutait bien ses ordonnances. Ce pharmacien et lui comptaient ; on disait cela. »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

Les habits noirs par Paul Féval

Fiche de Les habits noirs

Titre : Les habits noirs (Tome 1 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de Les habits noirs

  • Le brassard ciselé
  • Trois-pattes
  • La forêt de Paris

Première page de Le brassard ciselé

« Essai sur les Schwartz

Il y avait une fois, au petit pays de Guebwiller, en Alsace, une famille Schwartz, qui était bien honnête, et qui fournissait des Alsaciens à l’univers entier. Les Alsaciens sont généralement bien vus dans le monde, et la famille Schwartz, soit sur commandes, soit d’office, plaçait ses petits avec faveur. Faveurest un mot de terroir ; il se prononce vafeuret acquiert une très suave harmonie en passant par une bouche sachant bien bârler le vranzais.

La famille Schwartz florissait donc, croissant et multipliant avec une évangélique abondance, expédiant ses couvées à Paris, en province, à l’étranger, et, nonobstant ses exportations continuelles, gardant toujours en magasin un stock imposant de petits Schwartz et de petites Schwartzesses prêts et prêtes pour l’emballage.

Pour le commerce, les sociétés chorales, la bière et l’accent, nul pays ne peut rivaliser avec l’Alsace ! Un jeune Schwartz, conditionné avec soin et mûr pour la conquête, résume en lui seul toutes les vertus du Savoyard, du Provençal et de l’Auvergnat ; il possède la proverbiale économie du premier, l’aplomb vainqueur du second et la chevaleresque délicatesse du troisième. Aussi voyez : je vous mets au défi de trouver en Europe une cité de deux mille âmes qui ne possède au moins un Schwartz ! »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

Renaissance planétaire par David Maine

Fiche de Renaissance planétaire

Titre : Renaissance planétaire
Auteur : David Maine
Date de publication : 1980
Editeur : Albin Michel

Première page de Renaissance planétaire

« Le visage crispé, le baron Jean Coudre contemplait la horde qui montait vers La Motte.
Tous les fermiers des environs avaient reflué sous sa protection, à l’intérieur des palissades de bois. Femmes, enfants, bétail grouillaient dans la cour dominée par le donjon de chêne où le mentor de la communauté faisait le guet.
Une fois encore, Éric La Foudre, chef des hors-la-loi, donnait l’assaut au castel dominant la riche plaine qui entoure l’ancienne capitale du Maine, maintenant désertée après sa destruction.
Le froid était vif en ce mois de février, l’herbe se faisait rare et les Nomades voyaient périr leurs bêtes en grand nombre ; eux-mêmes souffraient de la famine. Leur seul espoir de survie était la mise à sac de La Motte, castel primitif construit sur le modèle des antiques demeures féodales.
« Ils sont plus de cent… murmura Jean. Ce coup-ci, nous aurons du mal à les repousser ! »

Extrait de : D. Maine. « Renaissance planétaire. »

Les disparus du club Chronos par David Maine

Fiche de Les disparus du club Chronos

Titre : Les disparus du club Chronos
Auteur : David Maine
Date de publication : 1972
Editeur : Albin Michel

Première page de Les disparus du club Chronos

« L’astronef piquait paresseusement vers la face nocturne de Sigma 3 du Dragon. À son bord, un grand gaillard s’étira et brancha la radio. Il sembla surpris de n’entendre que le grésillement des parasites de l’espace. Le pilote fronça les sourcils et se pencha sur l’écran relié aux viseurs infrarouges.
« Sacrénom ! jura-t-il. Qu’est-ce qui se passe ? Il n’y a plus personne… »
Des images enchanteresses défilaient sur le stéréo placé sur le luxueux bureau de Ludwig Hermann, le directeur universellement connu du club Chronos.
La voix suave d’une speakerine commentait les vues présentées :
« Plus de soucis pour vos vacances ! Quittez vos cités tentaculaires. Reposez vos esprits survoltés. Le club Chronos offre à chacun le dépaysement total : espace, lumière. Grâce à lui, vous connaîtrez la douceur de vivre en compagnie de nos gentils organisateurs, de nos charmantes hôtesses. Chaque jour, une fête nouvelle vous attend. Vivez depuis le matin jusqu’au soir dans l’ivresse des lointains horizons inondés de clarté. »

Extrait de : D. Maine. « Les disparus du club Chronos. »

Invasion cosmique par David Maine

Fiche de Invasion cosmique

Titre : Invasion cosmique
Auteur : David Maine
Date de publication : 1982
Editeur : Albin Michel

Première page de Invasion cosmique

« — Doug ! amène-toi, viens jeter un coup d’œil sur cette photo…
Le directeur des projets Pionnier s’approcha du décodeur qui matérialisait sur une photographie les signaux envoyés par la sonde orbitant au large de Jupiter.
— Tu as découvert un nouvel anneau mon vieux Ben ?
— Non : regarde ce point sombre…
— Tiens, un satellite inconnu… Bigre ! Quel drôle de cigare : jamais rien vu de semblable. As-tu comparé avec les autres clichés ?
— Oui : cette tache existait déjà, seulement elle était si minuscule que personne n’y avait prêté attention…
— Tu voudrais dire qu’elle s’est déplacée ?
— Aucun doute là-dessus, reste à déterminer son orbite…
— Je vais lancer les calculatrices là-dessus.
— Bien, de mon côté, j’essaie de braquer une caméra du bord sur ce secteur en employant le plus fort grossissement.
— Je te retrouve à la cafétéria : tu me donneras des tuyaux sur ce truc… »

Extrait de : D. Maine. « Invasion cosmique. »

Guérillero galactique par David Maine

Fiche de Guérillero galactique

Titre : Guérillero galactique
Auteur : David Maine
Date de publication : 1976
Editeur : Albin Michel

Première page de Guérillero galactique

« L’astro-cargo se posa délicatement sur la piste vitrifiée, près de l’astrogare de Zarnoï.

Minguéra s’étira comme un chat : l’interminable traversée s’achevait. Depuis trois semaines, l’astronef qui l’amenait de Novopol, capitale de l’Empire, louvoyait entre les étoiles. Dans les Confins, les lignes de communication étaient peu sûres, il fallait utiliser des voies détournées pour parvenir sain et sauf à destination.

Enfin, le jeune médecin allait pouvoir mettre en pratique le savoir accumulé pendant ses années d’études pour le plus grand bien des colons de Zarnoï.

Curieux, il jeta un coup d’œil à travers un hublot afin de se faire une idée de l’endroit où il allait vivre désormais. Souvent la première impression était la bonne…

Minguéra eut une moue désabusée : le paysage n’avait rien d’attrayant. L’ensemble dégageait-une morne impression de pauvreté. »

Extrait de : D. Maine. « Guerillero galactique. »

Voyage en Espagne par Théophile Gautier

Fiche de Voyage en Espagne

Titre : Voyage en Espagne
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1881
Editeur : BnF

Première page de Voyage en Espagne

« Il y a quelques semaines (avril 1840), j’avais laissé tomber négligemment cette phrase : « J’irais volontiers en Espagne ! » Au bout de cinq ou six jours, mes amis avaient ôté le prudent conditionnel dont j’avais mitigé mon désir et répétaient à qui voulait l’entendre que j’allais faire un voyage en Espagne. À cette formule positive succéda l’interrogation : « Quand partez-vous ? » Je répondis, sans savoir à quoi je m’engageais : « Dans huit jours. » Les huit jours passés, les gens manifestaient un vif étonnement de me voir encore à Paris. « Je vous croyais à Madrid, disait l’un. – Êtes-vous revenu ? » demandait l’autre. Je compris alors que je devais à mes amis une absence de plusieurs mois, et qu’il fallait acquitter cette dette au plus vite, sous peine d’être harcelé sans répit par ces créanciers officieux ; le foyer des théâtres, les divers asphaltes et bitumes élastiques des boulevards m’étaient interdits jusqu’à nouvel ordre : tout ce que je pus obtenir fut un délai de trois ou quatre jours, et le 5 mai je commençai à débarrasser ma patrie de ma présence importune, en grimpant dans la voiture de Bordeaux. »

Extrait de : T. Gautier. « Voyage en Espagne. »

Tableaux de siège par Théophile Gautier

Fiche de Tableaux de siège

Titre : Tableaux de siège
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1871
Editeur : BnF

Première page de Tableaux de siège

« UNE NOUVELLE MADONE
LA STATUE DE STRASBOURG
Septembre 1870.
Quand on traverse la place de la Concorde, qu’animent les évolutions et le passage des troupes, l’œil est attiré par un groupe qui se renouvelle sans cesse aux pieds de la statue représentant la ville de Strasbourg. Majestueusement, du haut de son socle, comme du haut d’un autel, elle domine la foule prosternée ; une nouvelle dévotion s’est fondée, et celle-là n’aura pas de dissident ; la sainte statue est parée comme une Madone, et jamais la ferveur catholique n’a couvert de plus d’ornements une image sacrée. Ce ne sont pas, il est vrai, des robes ramagées de perles, des auréoles constellées de diamants, des manteaux dè brocart d’or brodés de rubis et de saphirs comme en porte la Vierge de Tolède, mais des drapeaux tricolores lui composent une sorte de tunique guerrière qui semble rayée par les filets d’un sang pur. »

Extrait de : T. Gautier. « Tableaux de siège. »