Auteur/autrice : CH91

 

La nuit tragique par Jean de La Hire et René Brantonne

Fiche de La nuit tragique

Titre : La nuit tragique (Tome 2 sur 12 – Les 3 scouts)
Auteur : Jean de La Hire et René Brantonne
Date de parution : 1953
Editeur : Editions du Carquois

Première page de La nuit tragique

La tempête qui change tout par Jean de La Hire et René Brantonne

Fiche de La tempête qui change tout

Titre : La tempête qui change tout (Tome 1 sur 12 – Les 3 scouts)
Auteur : Jean de La Hire et René Brantonne
Date de parution : 1953
Editeur : Editions du Carquois

Première page de La tempête qui change tout

Transparences par Ayerdhal

Fiche de Transparences

Titre : Transparences
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2004
Editeur : Le livre de poche

Première page de Transparences

« Une foule en mouvement entretient d’étranges rapports avec la mécanique des fluides, du moins quand on la considère comme la résultante de propriétés homogènes. Densité, vitesse, vecteurs, mixtion, tant qu’on la regarde de haut en plissant un peu les yeux pour en rendre les détails flous, elle tient tout entière dans une batterie de modèles mathématiques. C’est un petit peu plus compliqué quand on est dedans, parce que chaque entité est une semence potentielle de chaos. Un type s’arrête brutalement en se frappant le front, un autre perd le fil de sa trajectoire en portant son mobile à l’oreille, quelqu’un s’écroule frappé par une crise cardiaque ou l’indiscipline d’un lacet, une nana bifurque à angle droit vers une boutique, une autre hèle une amie perdue de vue depuis dix minutes ou dix ans. Une poignée de flux perdent de leur rigueur. Comme l’homme est un animal plus ou moins intelligent, chacun corrige sa course en conséquence et, surtout, en tenant compte des opportunités qu’offre la rupture d’écoulement. Changer de trottoir, rajuster son pantalon, faire une halte au kiosque à journaux, se glisser dans un flot plus prometteur, slalomer entre deux hésitants, buter contre une personne beaucoup plus attrayante qu’un lampadaire. Les graines de chaos germent. L’effet papillon est en branle. »

Extrait de : Ayerdhal. « Transparences. »

Scintillements par Ayerdhal

Fiche de Scintillements

Titre : Scintillements
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2016
Editeur : Au diable Vauvert

Sommaire de Scintillements :

  • Mat, mat, mat
  • Lettre d’Anamour
  • Vieillir d’amour
  • L’adieu à la nymphe
  • La troisième lame
  • Reprendre, c’est voler
  • Jusqu’ici tout va bien
  • Aller simple
  • Apoptoses
  • Scintillements
  • Ce que taisent les miroirs
  • Fin de semaine
  • Passage obligé
  • On vit une époque formidable
  • Jessie, le retour
  • Notre terre
  • Jeu de cons
  • Pollinisation
  • Eloge du déficit
  • Le réveil du croco
  • La complexité et ses avatars
  • Dépossessions
  • Loin sans départ
  • Les seigneurs de la firme
  • Paysage urbain
  • RCW
  • The ghost (and the) writer
  • L’autre moitié d’une vie
  • La nuit de la calamitaine
  • Le syndrome Potemkine
  • La revanche de Jessie
  • Il est allongé sur le dos, nu, immobile
  • Mon mari est cyberurgien, je suis nanogicienne
  • Macrocism
  • Pourquoi pas ?
  • Entre deux mondes, les déplacements
  • Les mille derniers jours

Première page de Mat, mat, mat

«  La finale du grand concours annuel d’échecs qui s’est tenu dans notre ville pour la première fois cette année aura lieu aujourd’hui dans l’auditorium intergalactique à 13 heures GTM. La population est invitée à venir encourager nos deux champions Alpha et Béta. » Le camion haut-parleur parcourait toute la ville, émettant sans cesse le même message. Depuis un mois, la ville était en liesse. À l’occasion du concours, on avait accordé un congé exceptionnel à l’ensemble des travailleurs et la fête, la grande fête des échecs battait son plein. Tous les habitants avaient assisté à au moins une des parties qui se disputaient dans les différentes salles réservées aux quatre coins de l’immense métropole. En fait de concours, il s’agissait plutôt d’un marathon d’échecs. Des catégories de joueurs avaient été créées, chaque champion rencontrait celui d’un autre groupe. Les parties duraient en moyenne trois heures. On jouait nuit et jour. La ville n’était plus qu’un échiquier. »

Extrait de : Ayerdhal. « Scintillements : intégrale des nouvelles. »

Résurgences par Ayerdhal

Fiche de Résurgences

Titre : Résurgences
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2010
Editeur : Le livre de poche

Première page de Résurgences

« À plat ventre sur le toit couvert de déjections de pigeons, à l’ombre d’un panneau publicitaire dont la réclame lumineuse se dilue dans les rayons du couchant, la lunette vissée à l’œil droit, le fusil contre le flanc. Marks balaie la place de l’autre côté du fleuve pour la vingtième fois et, pour la vingtième fois, conclut son examen en ramenant le T renversé du viseur sur la même décrépitude.

Elle est là, à quatre cents mètres de lui, assise sur un carré élimé de bâche bleue, épiée par deux zonards plus sales que blêmes, défoncés. Avachie sur son bout de plastique, le dos rond, elle tend sa sébile au hasard vers une obole dont personne ne la gratifiera, parce que ce n’est pas l’heure, pas la bonne vague, seulement le flux du troupeau qui transite de bureaux en domiciles. Elle a le teint cireux, la peau craquelée, les yeux rouges et vitreux, le cheveu gras, la lèvre lie-de-vin. Elle est vieille d’une vieillesse qui se compte en heures de mendicité, en journées trop longues de mauvaises faims, en nuits interminables d’inconfort. Elle est une guenille fripée fagotée de hardes puantes, et les zonards la guettent comme le chien surveille l’assiette du chat. Eux ont encore un foyer, peut-être dans un foyer, mais déjà plus le courage ni la force de gagner leurs doses dans de vrais portefeuilles. Ils dépouillent ceux qui ressemblent aux lendemains qu’ils ont peu de chances d’atteindre. Ils attendent que le troupeau s’évapore, que le flux verse ses dernières gouttes dans la gueule du métro. »

Extrait de : Ayerdhal. « Resurgences. »

Rainbow warriors par Ayerdhal

Fiche de Rainbow warriors

Titre : Rainbow warriors
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2013
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Rainbow warriors

« Il y a des choses qui ne se font pas. Courir dans un cimetière, par exemple. Surtout un cimetière militaire. Cracher sur les tombes, non plus. Encore moins sans prendre le temps de s’arrêter. Geoff, lui, fait ça tous les matins depuis bientôt deux ans.

Il court en tennis et jogging, serviette autour du cou, la foulée sûre et tranquille, et il crache sur une trentaine de tombes en marmonnant des mots que lui seul comprend. Ce sont pourtant des phrases simples.

Salut, vieux salopard.

T’as l’air fin sous ta pelouse, maintenant.

Tiens ? T’es encore là, toi ?

Redis-moi qui c’est qui pète la forme, gros malin.

Alors, fils de pute, toujours calanché ?

Oui, ce sont des phrases simples, car Geoff Tyler est quelqu’un de simple. Il a promis qu’il irait cracher sur les tombes de tous les fumiers qui commettraient l’imprudence de crever avant lui et il tient parole. C’est ainsi qu’on est un homme d’honneur. Et qu’importe si cela défrise les rares oreilles qui ont la déveine d’intercepter un mot ou deux. »

Extrait de : Ayerdhal. « Rainbow Warriors. »

Parleur par Ayerdhal

Fiche de Parleur

Titre : Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1997
Editeur : J’ai lu

Première page de Parleur

« Il est arrivé un matin, au petit matin, le cinquième jour de la fermentation, quand le miel prend sa première amertume. C’était l’Année des Feux de Pierre, les vignes appelaient l’eau de tous leurs raisins, l’été n’en finissait pas de rogner l’automne. C’était l’année où le Prince adouba son aîné, l’année où il lui confia la ville pendant qu’il guerroyait pour son Roi sur d’autres rivages. Jamais les mères n’avaient pleuré autant d’enfants, jamais les épouses n’avaient perdu autant de maris, jamais n’avaient-elles autant été souillées. Sale année.

Il est arrivé avec le vent de mer, un havresac au bout du bras droit, le chat sur l’épaule gauche.

Le museau niché dans son cou, le chat dormait. C’était une femelle de moins de cinq livres, d’un noir passé de gris, d’un gris taché de feux. C’était cent jours après la mort de Karel, l’assassinat de Karel. Cent jours : le temps qu’une nouvelle se faufile depuis la capitale du Sud jusqu’à la capitale du Nord et qu’un bon marcheur en revienne. »

Extrait de : Ayerdhal. « Parleur ou les chroniques d’un rêve enclavé. »

La roue fulgurante par Jean de La Hire

Fiche de La roue fulgurante

Titre : La roue fulgurante
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1907
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de La roue fulgurante

« Ce fut le 18 juin que la chose arriva. L’homme qui, le premier, a vu la Roue Fulgurante, est un capitaine de carabiniers espagnols nommé José Mendès.
Précédé de sa fille Lola et de son valet de chambre Francisco, qui portait sur l’épaule une lourde valise, il descendait tranquillement du fort de Montjuich vers Barcelone. Ces trois personnes allaient prendre à la gare « del Norte » le train de quatre heures cinquante pour Saragosse.
Le chemin, raide et pittoresque, passe à travers les jardins de Miramar, domine de bien haut la mer et les docks à charbon du port marchand, puis dévale brusquement jusqu’au bas de la colline, où il devient une infecte rue. »

Extrait de : J. de La Hire. « La roue fulgurante. »

La croix du sang par Jean de La Hire

Fiche de La croix du sang

Titre : La croix du sang (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1941
Editeur : Editions d’Hauteville

Première page de La croix du sang

« À Paris, dans son courrier, Léo Saint-Clair trouva la lettre que voici :

La Hêtraie,
Par Saint-Christophe-sur-le-Nais
(Indre-et-Loire).

Mon cher ami,

En d’inoubliables circonstances, nous nous sommes juré l’un à l’autre assistance immédiate et absolue si, quelque jour, un grave danger menaçait l’un de nous ou un être humain aimé de nous.

Saint-Clair, en vertu de votre serment, venez à moi, venez à nous, venez vite !… je vous attends.

Jacques d’Hermont.

P.-S. – Ne me répondez pas. Venez ! Venez avec Soca et Vitto, car sans doute aurez-vous besoin d’eux. Pour moi, pour mon entourage et ma domesticité, vous serez censé me faire l’amicale surprise de vous arrêter à La Hêtraie au cours de votre voyage, afin de déjeuner avec moi à la fortune du pot, comme je vous y ai souvent convié.

Supposez que vous êtes invité à chasser le sanglier dans le Périgord. Ayez donc vos armes et munitions de chasse à la grosse bête. »

Extrait de : J. de La Hire. « La croix du sang – Nyctalope. »

Wanda par Jean de La Hire

Fiche de Wanda

Titre : Wanda (Tome .. sur .. – Nyctalope)
Auteur : Jean de La Hire
Date de parution : 1936
Editeur : Editions André Jaeger

Première page de Wanda

« Le mercredi 25 juin 1913, vers 7 heures du matin, en mer Noire, un grand trois-mâts, l’Hirondelle, filait dru sous petite voilure. Rieur parce qu’il aimait le gros temps et que celui d’aujourd’hui ne serait, à son avis, qu’un essai de tempête et non une tempête véritable, le capitaine Gaston Barnave, sous son ciré et son suroît jaune clair, fumait son brûle-gueule sur la passerelle en se laissant mollement balancer du même rythme qu’avait son ami Léo Saint-Clair, le Nyctalope, adossé à côté de lui et fumant un cigare. Ils venaient de faire un petit déjeuner copieux et savoureux ; ils avaient eu grand appétit et digéraient bien, d’autant plus contents qu’une profonde et solide amitié les liait depuis une bonne vingtaine d’années, c’est-à-dire depuis l’École Navale. Aimant passionnément la mer, ils avaient tous deux, d’ailleurs pour des raisons bien différentes, conquis le brevet de capitaine au long cours.

Mais tout à coup les deux hommes, d’un même mouvement très vif, tournèrent et penchèrent la tête pour regarder par bâbord avant. »

Extrait de : J. de La Hire. « Wanda – Nyctalope. »