Auteur/autrice : CH91
Le gang du serpent par Hervé Jubert

Fiche de Le gang du serpent
Titre : Le gang du serpent (Tome 2 sur 3 – Vagabonde)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2012
Editeur : Rageot
Première page de Le gang du serpent
« Je cours après un papy yamakasi dans les couloirs de la vieille Sorbonne. Il a au moins soixante-dix ans et il est aussi ratatiné qu’un Hobbit ayant avalé l’anneau de Sauron. Moi, j’ai quinze ans et j’ai petit-déjeuné léger. Pourtant, je ne parviens pas à réduire l’écart.
On a déjà galopé dans trois amphis (deux vides, un plein), la chapelle, la cour d’honneur, les magasins de la bibliothèque. Là, il m’entraîne vers les hauteurs, dans une succession de corridors qui tournicotent et de volées d’escaliers en colimaçon jusqu’à un… cul-de-sac.
Eh, eh ! Je te tiens !
Des livres sont enfermés dans des armoires grillagées. Le couloir s’arrête sur une fenêtre condamnée, sans poignée. J’avais mon lascar en ligne de mire deux secondes plus tôt. Où se cache-t-il, bon sang de bonsoir ? Il n’est sûrement pas très loin.
– Je ne sais pas qui vous êtes… je commence en reprenant mon souffle.
J’ai la gorge en feu. »
Extrait de : H. Jubert. « Vagabonde – Le gang du serpent. »
Les voleurs de têtes par Hervé Jubert

Fiche de Les voleurs de têtes
Titre : Les voleurs de têtes (Tome 1 sur 3 – Vagabonde)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2012
Editeur : Rageot
Première page de Les voleurs de têtes
« Voilà. C’est moi. Billie Bird. Quinze ans.
En troisième au collège Alphonse-Allais de Garges-lès-Gonesse et en vacances depuis hier.
Collégienne le jour. Voleuse la nuit.
Où je suis ? À Paris, dans un café au bout de la galerie Vivienne.
Quand ? Le soir, à l’heure de fermeture des bureaux. Il fait froid pour un mois d’avril. Et la nuit tombe vite.
Pour faire quoi ?
Flûte. Le trou de mémoire.
Quatre mots tournent dans ma tête : Incursion. Escalade. Vol. Extraction. Ah oui ! Je dois dérober quelque chose dans les coffres de la Banque de France. Il suffisait de le dire. Unité de temps, de lieu, d’action. Tout se remet en place. Y a plus qu’à.
Je sirote un chocolat chaud brûlant en surveillant la sortie de la Banque de France côté rue Croix-des-Petits-Champs. Les employés franchissent la grille. Portes blindées. Caméras. »
Extrait de : H. Jubert. « Vagabonde – Les Voleurs de têtes. »
Le don des larmes par Hervé Jubert

Fiche de Le don des larmes
Titre : Le don des larmes (Tome 2 sur 2 – Seth)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2013
Editeur : Gründ
Sommaire de Le don des larmes :
- L’oeil du cyclope
- Le don des larmes
- L’ogre, le moine et la jeune fille
Première page de L’oeil du cyclope
« Seth attendait que Valogne lui pose sa première question. Le journaliste avait eu la chance de suivre en direct le premier coup de maître du malfaiteur, l’attaque du Queen Elisabeth. Deux ans plus tard, pour marquer l’anniversaire, le croquemitaine des temps modernes lui avait accordé une interview. Histoire que le grand public sache à quoi s’en tenir à son sujet.
Valogne se lança.
Question : Certains criminels agissent pour que l’on parle d’eux. Est-ce votre cas ? Vous rangeriez-vous dans cette catégorie ?
Réponse de Seth : Soyez assez aimable pour ne pas me ranger dans une catégorie. Quant à la notoriété, elle est indissociable de l’excellence. Or, je vise à surpasser mes prédécesseurs dans mon domaine.
Q : Qui est ?
R : La terreur. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas choisi le Crime pour faire parler de moi mais parce que je suis né pour lui donner ses lettres de gloire. Je suis un artisan. Pas un artiste. Notez-le bien. Un artisan. Je fabrique de la peur comme un ébéniste monte une commode, ou comme un vigneron manipule son vin. Et, dans mon créneau, je suis devenu le meilleur ouvrier de France.
Q. : Avez-vous un modèle ? Fantômas peut-être ?
R. : Fantômas ? Non. J’aurais plutôt un faible pour Moriarty, l’ennemi juré de Sherlock Holmes. »
Extrait de : H. Jubert. « Le don des larmes – Seth. »
La règle de Seth par Hervé Jubert

Fiche de La règle de Seth
Titre : La règle de Seth (Tome 1 sur 2 – Seth)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2012
Editeur : Gründ
Sommaire de La règle de Seth :
- La règle de Seth
- Le bourreau de la tour Eiffel
- L’aube du soleil noir
Première page de La règle de Seth
« Le détroit franco-britannique n’avait pas connu une telle tempête depuis l’ouragan Kevin de sinistre mémoire. Des creux de dix mètres s’ouvraient sous le ventre de l’hélicoptère militaire. Les vents contraires soufflaient à plus de quarante nœuds. Il fallait être dément ou ne pas avoir d’autre choix pour accepter de voler dans des conditions pareilles. La porte entre le cockpit et la soute était grande ouverte. Le pilote se retourna et lança vers l’arrière de l’appareil :
— Vous tenez bon ?
Les six soldats qui surveillaient le sarcophage grommelèrent une vague réponse. Luther resta muet.
— Nous atteindrons la côte dans moins d’une minute ! continua le pilote.
Un coup titanesque donné contre la carlingue lui promit le contraire. Il attrapa son manche à balai et batailla pour maintenir l’hélico en l’air.
Luther regarda à l’extérieur par un hublot. La tourmente s’ouvrit pour lui montrer des vagues frangées d’écume et des tourbillons qui réveillèrent en lui une peur primale. Les flots en furie firent place à part une digue de béton à moitié en ruine et à la carcasse du supertanker qui s’était échoué contre elle quelques années plus tôt, provoquant la marée noire du siècle. »
Extrait de : H. Jubert. « La regle de Seth. »
Le chant du Drille par Ayerdhal

Fiche de Le chant du Drille
Titre : Le chant du Drille – l’intégrale
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Le chant du Drille
« Lodève laissa ses reins goûter la fraîcheur lénifiante du bois, comme si le dossier de la chaise avait la faculté de détendre, comme s’il pouvait l’aider à extraire les impuretés émotionnelles de cette lettre. Comment Vernang pouvait-il sortir indemne de ses voyages incessants avec ce fatras de sensibilité pour seul bagage ? Elle sourit : Vernang ne sortait pas toujours indemne de ses expériences. Il s’était parfois tant ramassé la figure que son visage intérieur devait être lézardé de cicatrices terrifiantes. Néanmoins, il prétendait trouver la paix dans chaque blessure. De toute façon, Vernang vivait depuis presque un siècle de cette exacerbation sensitive, et ce n’était pas à elle de comprendre comment. Elle l’écarta de ses pensées.
Taheni. Décidément, Vernang n’était pas facile à chasser, fût-ce en image ! Taheni : elle reconnaissait la patte de l’écrivain dans l’exotisme de ce nom suave. Qui d’autre pouvait ainsi nommer la deuxième planète d’un petit système binaire perdu dans un amas aux confins de la Galaxie ? Et les étoiles : Tandsen, Looderin… Et les Drilles ! Noyé dans la nomenclature d’une expédition scientifique, l’artiste laissait sa marque, comme un charme. »
Extrait de : Ayerdhal. « Le chant du Drille. »
La troisième lame par Ayerdhal
Fiche de La troisième lame
Titre : La troisième lame
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2013
Editeur : ActuSF
Sommaire de La troisième lame :
- La troisième lame
- Pollinisation
Première page de La troisième lame
« Anthelm Lax a rang d’ambassadeur, mais, sur les rôles fédéraux, il apparaît comme Médiateur attaché au Conseil Homéocrate et son statut est celui de consultant chargé d’audit auprès des colonies. Comme ses missions exigent la plus stricte neutralité, il n’a aucun lien avec le Département Expansion et il n’est pas rare que celui-ci exprime la plus froide réserve voire les plus strictes observations à son encontre. Toutefois, ni le Département Expansion, ni le Président du Conseil – la seule autorité dont Anthelm Lax dépend –, ni lui-même ne sont dupes des tensions qui les opposent. Elles ne sont que répliques, de celles qui se récitent pour l’authenticité dans un spectacle où toute ressemblance avec la réalité ne peut être que fortuite.
Anthelm Lax a un nom pour son sacerdoce : brise-lames. Il n’a, par ailleurs, aucune illusion sur le bien-fondé humaniste, pourtant indéniable, de son action. Il est très confortablement défrayé pour casser l’élan d’indépendance des colonies. L’Homéocratie ne souhaite pas perdre le bénéfice de ses protectorats et elle n’a pas davantage l’intention d’accueillir de nouveaux membres dans son hémicycle législatif. Le Département Expansion gère, les agents de la Commission Homéocrate veillent et, lorsqu’ils alertent le Conseil, Anthelm Lax affrète un astronef. »
Extrait de : Ayerdhal. « La troisième lame suivi de Pollinisation. »
L’homme aux semelles de foudre par Ayerdhal

Fiche de L’homme aux semelles de foudre
Titre : L’homme aux semelles de foudre
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1999
Editeur : Les moutons électriques
Première page de L’homme aux semelles de foudre
« Salinger n’aimerait pas, mais alors pas du tout, ce qu’il est en train de faire.
Correction : l’honorable professeur Salinger détestera ce qu’il apprendra par l’une ou l’autre des agences de presse qui vampirisent les petits tracas et les gros pépins du monde.
Les pointes de bottes dans la croûte de sable que la nuit moire de gris, les deux mains sur le guidon du trial, Mark hausse les épaules. Du même mouvement, il se redresse, coupe le contact, passe la jambe gauche par-dessus la selle et hisse la moto sur sa béquille, puis il ôte ses gants et son casque et les pose sur le réservoir. La moto est noire, le casque est noir, mais son humeur les rend pâlots.
Il se passe une main dans les cheveux pour en chasser la sueur et jette un œil vers la dune. Pas vraiment une dune, tout au plus un remords de désert que le simoun s’acharne à jeter contre le rocher. Derrière, quelque part en contrebas, se trouve l’oued qui est devenu un fleuve, comme disent les Gallas – et ça leur fait une belle jambe que la sécheresse elle-même se soit tarie. Ah oui ! Une putain de jambe de bois ! »
Extrait de : Ayerdhal. « L’Homme aux semelles de foudre. »
Genèses par Ayerdhal

Fiche de Genèses
Titre : Genèses
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1996
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Genèses
- Genèse par F. Carsac
- Le début du cercle par E. Vonarburg
- Labyrinthe de la nuit par J.-M. Ligny
- Le jugement des oiseaux par J.-C. Dunyach
- Une paix éternelle par P. Bordage
- Nulle part à Liverion par S. Lehman
- Chaque jour est un nouveau combat par B. Werber
- Lamente-toi, sagesse ! par J.-L. Trudel
- Les heureux damnés par R. Canal
- Reprendre, c’est voler par Ayerdhal
Demain, une oasis par Ayerdhal

Fiche de Demain, une oasis
Titre : Demain, une oasis
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Demain, une oasis
« Cette version doit bien être la cinquantième ; du moins est-ce la cinquantième fois que je commence ce… Qu’est-ce au juste ? Une biographie ? Je n’en suis pas certain.
— Tu te perds encore, s’esclaffe Tatiana. (Elle se sert de son écran pour intercepter ce que le mien affiche.) Raconte, bon sang ! Contente-toi de raconter… comme à des gosses, par exemple.
Nous n’avons pas d’enfant, nous n’en avons jamais eu, nous sommes trop âgés pour en avoir à présent et nous n’en voudrions toujours pas. Parfois, cela nous a manqué… Parfois. Mais c’eût été un crime pour nous, vous comprenez ? Non, mais vous comprendrez ; c’est ce que je me suis promis, c’est pour cela que j’écris.
— Si tu mets l’épilogue en prologue, tu ne t’en sortiras jamais !
Tatiana aime les choses carrées, logiques.
— Par quoi veux-tu que je commence ? dis-je.
Elle se lève, sûre d’elle, impérieuse, magnifique, et elle se place derrière mon écran. Le regard qu’elle me jette est un encouragement à n’être que moi, aussi faible et futile, brouillon — et immature que je le suis toujours. Pensez ce que vous voulez, elle n’a jamais été aussi belle, elle ne fait qu’embellir ; chaque ride, chaque cicatrice, chaque stigmate de son vieillissement ne font que l’embellir. »
Extrait de : Ayerdhal. « Demain une oasis. »
Gustave Le Rouge
Présentation de Gustave Le Rouge :
Gustave Le Rouge, qui vit le jour en juillet de l’an 1867 dans la paisible bourgade normande de Valognes et s’éteignit dans le dénuement parisien en 1938, demeure l’une des figures les plus fascinantes et les plus injustement oubliées de nos lettres. Ce prodigieux forçat de la plume, qui fut tout à la fois journaliste, essayiste et poète, s’est imposé comme l’un des maîtres incontestés du roman populaire et du merveilleux scientifique, jetant les bases d’une littérature d’imagination que notre époque redécouvre aujourd’hui avec grand appétit.
Avant de devenir ce feuilletoniste à la fécondité vertigineuse, Gustave Le Rouge arpenta les trottoirs de la bohème de notre capitale. Esprit curieux et érudit, il se lia d’une amitié sincère avec le poète Paul Verlaine, dont il partagea les heures sombres, ainsi qu’avec Blaise Cendrars, qui sut toujours reconnaître en lui un véritable génie visionnaire. Contraint par les nécessités de l’existence et souvent exploité par des éditeurs peu scrupuleux, il se lança à corps perdu dans la rédaction de fascicules et de récits à grand tirage, abordant l’aventure maritime, l’espionnage et le drame sentimental avec une frénésie peu commune.
Cependant, c’est dans l’anticipation et l’épouvante que son imagination débridée trouva sa plus noble expression. Les amateurs de frissons intersidéraux lui doivent le diptyque magistral formé par « Le Prisonnier de la planète Mars » (1908) et « La Guerre des vampires » (1909), œuvres dans lesquelles il déploie des visions cosmiques et horrifiques d’une audace stupéfiante. Mais son chef-d’œuvre absolu reste sans nul doute la vaste saga du « Mystérieux Docteur Cornélius », parue à la veille de la Grande Guerre. À travers les exactions de ce savant fou, véritable démiurge de la chirurgie clandestine et souverain de l’empire du crime, Gustave Le Rouge livre une fresque haletante qui annonce, avec plusieurs décennies d’avance, les conspirations mondiales de nos romans d’espionnage contemporains.
S’il acheva son existence terrestre dans la gêne et l’indifférence des salons académiques, Gustave Le Rouge n’en fut pas moins un poète égaré dans le feuilleton. Par sa prose flamboyante, son sens aigu du macabre et son inventivité sans bornes, ce grand artisan des lettres populaires mérite d’être aujourd’hui replacé au panthéon de l’imaginaire francophone, aux côtés d’un Jules Verne ou d’un Maurice Renard.
Livres de Gustave Le Rouge :
Conspiration des milliardaires :
- La conspiration des milliardaires (1899)
- A coups de milliards (1899)
- Le régiment des hypnotiseurs (1899)
- La revanche du vieux monde (1900)
Mystérieux Docteur Cornelius :
Robert Darvel :
- Le prisonnier de la planète Mars (1908)
- La guerre des vampires (1909)
Todd Marvel :
- Les aventures de Todd Marvel, détective – 1 (1923)
- Les aventures de Todd Marvel, détective – 2 (1923)
Cinq nouvelles extraordinaires (1988)
L’esclave amoureuse (1904)
L’espionne du grand Lama (1905)
L’héroïne du Colorado (1918)
La dame noire des frontières (1914)
La mandragore magique (1912)
La princesse des airs 1 (1902)
La princesse des airs 2 (1902)
La reine des éléphants (1906)
La vallée du désespoir (1927)
Le sous-marin Jules-Verne (1903)
Pour en savoir plus sur Gustave Le Rouge :
La page Wikipédia sur G. Le Rouge
La page Noosfere sur G. Le Rouge
La page isfdb de G. Le Rouge