Auteur/autrice : CH91
Les nuits de Deauville par Gérard Néry
Fiche de Les nuits de Deauville
Titre : Les nuits de Deauville (Tome 1 sur 1 – Norma Désir)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1975
Editeur : J’ai lu
Première page de Les nuits de Deauville
« Christine aurait voulu rester ainsi allongée tout habillée sur son lit, attendant que passe la nuit. Il devait être 1 heure du matin. Elle se leva et se planta devant la glace de l’armoire, meuble en loupe de l’armoire incrustée de corbeilles de fleurs, savante mosaïque en coquilles d’œufs. Christine arborait encore sa tenue de tennis, tolérée au dîner familial : jupe plissée blanche qui s’arrêtait un peu au-dessous du genou, haut de jersey souple, bandeau assorti autour de la tête et foulard noué sur une épaule.
« Je n’irai pas là-bas cette nuit… Il m’attendra, jusqu’au matin. Il se posera des questions, il ne comprendra pas et moi, j’aurai eu la force de ne pas aller le rejoindre… »
Christine était convaincue qu’en agissant de la sorte elle était en mesure de rompre le sortilège, de s’évader du cercle magique où elle était prisonnière. Mais, en même temps, comme fascinée par sa propre image, elle défaisait sa jupe qui glissa sur le sol et se débarrassa du jersey. En
combinaison de soie naturelle, Christine ressemblait aux petites femmes licencieuses du « Rire ». Elle enleva ses dessous. Elle avait le ventre plat, la poitrine un peu basse, mais très ferme, émouvante comme la rondeur encore enfantine du genou, Christine Decruze, dix-neuf ans. »
Extrait de : G. Néry. « Les nuits de Deauville. »
Scorpions par Gérard Néry

Fiche de Scorpions
Titre : Scorpions (Tome 6 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Scorpions
« Belle n’acceptait jamais les invitations, lorsqu’elle se trouvait en Californie. À Malibu, à Beverly Hills ou à Hollywood habitaient des gens immensément riches, des fortunes toutes récentes. Pour un oui pour un non, ils donnaient une « party » où il était avant tout question d’argent et de fesses, de fesses et d’argent. Belle ne se sentait aucun point commun avec ces gens-là. Un peu comme si elle venait d’une autre planète…
La maison de Belle, en bordure du Pacifique, était isolée et bien moins somptueuse que les propriétés de Canyon Drive. C’était une maison toute blanche dont l’architecture rappelait celle des mas de Provence. Région dont la mère de Belle, morte peu après sa naissance, était originaire. Belle Des Beaux était apparemment orpheline, mais, en fait, elle appartenait à la famille du milliardaire Jason Zède. Cette famille tentaculaire étendait ses ramifications sur toute la planète, et était décidée, tôt ou tard, à supplanter la race humaine. En cette fin de millénaire, les produits d’élite générés par le sperme de Jason Zède, chaque jour plus nombreux, s’étaient infiltrés dans tous les milieux, sur tous les continents. »
Extrait de : G. Néry. « Scorpions – 1999. »
Les noyés du fleuve Amour par Gérard Néry

Fiche de Les noyés du fleuve Amour
Titre : Les noyés du fleuve Amour (Tome 5 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les noyés du fleuve Amour
« Entre Oulan-Oude et Tchita, le Transsibérien avait pris de la vitesse. Une allure dérisoire, cependant, à côté des trois cents kilomètres heure qu’atteignaient les trains à grande vitesse qui sillonnaient l’Europe. Mais le Transsibérien n’était pas un train ordinaire. À l’aube du troisième millénaire, il était même le seul de son espèce à circuler encore. En partant de Moscou, on mettait une semaine pour parcourir un peu moins de dix mille kilomètres et rejoindre les bords de la mer du Japon, à Nadhodka, puisque Vladivostok était toujours interdit aux étrangers.
Un long-courrier hypersonique accomplissait le même trajet en une heure et quarante minutes !
Dans la voiture-salon pullman il n’y avait que deux voyageurs, des ecclésiastiques, l’un vêtu de pourpre, l’autre de noir. Le décor leur convenait à merveille : les parois de cet extraordinaire wagon de chemin de fer étaient en loupe de bouleau de Finlande, incrustées de fines guirlandes de fleurs en bois de violette. »
Extrait de : G. Néry. « Les noyés du fleuve Amour – 1999. »
Terminus l’enfer par Gérard Néry

Fiche de Terminus l’enfer
Titre : Terminus l’enfer (Tome 4 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Terminus l’enfer
« Montagne de muscles, formidable machine à frapper, Burt Clyde, champion du monde des poids lourds, avançait sur son adversaire. Le public galvanisé, debout, hurlait son enthousiasme. Même les plus blasés, autour du ring, ceux qui avaient payé leur place une fortune, même ceux-là s’étaient levés : « Tue-le !… Tu peux l’avoir !… Vas-y, descends-le ! » Une fumée opaque et parfumée stagnait dans le hall gigantesque du Purple Heart, le dernier-né des palaces de Las Vegas qui organisait la rencontre. Aux moments d’accalmie le bruit lancinant des machines à sous, disposées par centaines dans les salles de jeu tout autour, prenait le dessus. Ce bruit vous suivait partout, jour et nuit, avec pour seule variante, le déferlement soudain d’une avalanche de pièces prête à ensevelir l’heureux gagnant, à l’étouffer. En cette fin de millénaire, Las Vegas était pareille à elle-même, un délire de béton, de néons, en plein désert du Nevada, avec ses cathédrales de verre et d’acier bâties pour célébrer le culte du dieu dollar. »
Extrait de : G. Néry. « Terminus l’enfer – 1999. »
Mort à l’encre de chine par Gérard Néry

Fiche de Mort à l’encre de chine
Titre : Mort à l’encre de chine (Tome 3 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Mort à l’encre de chine
« C’était une vision stupéfiante, à mi-chemin entre le cauchemar et la dérision : les morts étaient suspendus dans l’azote. Des corps vêtus avec élégance, des visages fardés au regard vide, des chevelures de neige impeccablement mises en plis. Dans le passé, on avait pour coutume d’utiliser comme slogan dans les entreprises de pompes funèbres : « Mourez, nous ferons le reste. » La Memorial Cryonic, en 1999, avait réussi sa percée sur le marché en proclamant : « L’immortalité, c’est pour demain ! »
Ici, à Mountain View, Californie, dans la Vallée du Silicium, dans cet étrange cimetière souterrain de l’âge spatial, les morts, du temps où ils étaient encore en vie, avaient payé très cher pour être congelés après leur décès, dans l’attente de la résurrection. Maintenus dans leurs marmites d’azote, à une température de moins 196 degrés, leurs corps attendaient que demain ou dans vingt ans les scientifiques leur trouvent une âme sur mesure, capable de les faire revivre… »
Extrait de : G. Néry. « Mort à l’encre de chine – 1999. »
Pâques sanglantes aux Caraïbes par Gérard Néry

Fiche de Pâques sanglantes aux Caraïbes
Titre : Pâques sanglantes aux Caraïbes (Tome 2 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Pâques sanglantes aux Caraïbes
« Renée Burns se mêlait volontiers au public quand Devline donnait un concert. Les trente mille spectateurs hurlaient et reprenaient en chœur une très vague ligne mélodique délaissée pour le battement lancinant, impitoyable, le beat qui déchirait la poitrine, faisait cogner le cœur, montait à la tête comme une drogue. Trente mille fanatiques possédés par le démon de la musique, possédés par Devline, la rock star à la longue chevelure verte, d’apparence frêle, une fille au corps d’androgyne, douée d’une voix surnaturelle.
La voix de Devline entrait dans les chairs comme un bistouri, prenait le public au cerveau et au sexe, et ne les lâchait plus. Elle les entraînait ailleurs, dans le feu de l’enfer, la démence onirique, la jouissance apocalyptique. Elle leur faisait éclater la cervelle en gerbes d’étoiles, leur procurant des sensations de puissance inouïe. Râles de plaisir, pâmoison. Certains arrachaient leurs vêtements et les colifichets magiques dont ils étaient couverts. »
Extrait de : G. Néry. « Pâques sanglantes aux caraïbes – 1999. »
Panique à la banque du sperme par Gérard Néry

Fiche de Panique à la banque du sperme
Titre : Panique à la banque du sperme (Tome 1 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Panique à la banque du sperme
« Le petit garçon n’a pas plus de dix ans. Il arbore la chemise brune, couleur caca d’oie, des Jeunesses hitlériennes et le brassard à croix gammée. Mais il est court sur pattes, rondouillard, les yeux écarquillés derrière ses lunettes à monture de fer. Il ne correspond pas tout à fait à l’idée qu’on se fait du Viking. Il s’appelle Aloïus Kern, il croit vivre la fin du monde sous le déluge de fer et de feu qui s’abat sur la capitale du Grand Reich.
Il a très peur, mais il est armé : un petit poignard fixé à sa ceinture. Il a faim aussi, comme tous les habitants de Berlin, taupes terrées dans les caves d’où l’on perçoit le grondement de l’artillerie russe. Les blindés soviétiques encerclent la ville. Des obus explosent dans le jardin de la chancellerie, au-dessus du bunker où le Führer épouse sa maîtresse, Eva Braun. Dans leurs uniformes chamarrés, les derniers fidèles sablent le champagne avec les mariés de la dernière heure… »
Extrait de : G. Néry. « Panique à la banque du sperme. »
Johan Heliot

Présentation de Johan Heliot :
Johan Heliot, de son vrai nom Stéphane Boillot-Cousin, est un écrivain français né le 23 août 1970 à Besançon. Ancien professeur de français et d’histoire-géographie en Haute-Saône, il se consacre entièrement à l’écriture depuis le début des années 2000. Son pseudonyme, « Johan Heliot », est un savant mélange du prénom de sa femme, Johanna, et de celui de son chien, Eliott. Il a également écrit sous le pseudonyme partagé de Wayne Barrow, notamment pour le roman « Bloodsilver » avec Xavier Mauméjean, qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 2008.
Grand spécialiste des littératures de l’imaginaire, Johan Heliot s’est illustré dans de nombreux genres, notamment la science-fiction, l’uchronie, la fantasy, le steampunk et le fantastique, avec quelques incursions dans le polar et l’aventure maritime.
Il a débuté sa carrière en tant que nouvelliste pour divers fanzines et a participé à de nombreuses anthologies et revues de science-fiction. Son premier roman, « La Lune seule le sait » (2000), a été très bien accueilli par les amateurs de science-fiction et a été couronné par le prestigieux Prix Rosny aîné en 2001. Ce roman est le premier tome de la trilogie « La Trilogie de la Lune », suivie par « La Lune n’est pas pour nous » (Prix Bob Morane 2005) et « La Lune vous salue bien ! ».
Parmi ses autres œuvres notables, on peut citer « Reconquérants » (uchronie), « Pandemonium » (steampunk), « Obsidio » (fantastique), « La Harpe des étoiles » (space opera) et la série d’anticipation « C.I.E.L. », explorant le thème de l’intelligence artificielle.
Au fil des années, Johan Heliot s’est de plus en plus tourné vers la littérature jeunesse, publiant de nombreux ouvrages pour un public plus jeune tout en conservant ses univers de prédilection. Il a ainsi publié des séries comme « Willy & Fenrys », « Maïko et la forêt enchantée » et « Ours ».
En plus de son activité d’écrivain prolifique, Johan Heliot anime régulièrement des ateliers d’écriture dédiés aux littératures de l’imaginaire, s’adressant à des publics variés, scolaires ou non, jeunes et moins jeunes. Il vit actuellement dans les Vosges avec sa femme et ses chats.
Livres de Johan Heliot :
Alexia Dumas :
- Flibustière (2012)
- Forban (2013)
Bouclier du temps :
- Le messager de l’Olympe (2006)
- Sachem America (2006)
- La marque du dragon (2007)
- Samouraï city (2007)
CIEL :
- L’hiver des machines (2014)
- Le printemps de l’espoir (2015)
- L’été de la révolte (2015)
- L’automne du renouveau (2016)
Dragonland :
Enigma :
- Prédictions (2014)
- Connexions (2015)
- Machinations (2015)
Faerie :
- Faerie hackers (2003)
- Faerie thriller (2005)
Grand siècle :
- L’académie de l’éther (2017)
- L’envol du soleil (2018)
- La conquête de la sphère
La tempestaire :
- La confrérie des naufrageurs (2010)
- Les flibustiers du vent (2010)
- Le roi au coeur de pierre (2011)
- L’âme du cyclone (2012)
Les substituts :
- On a fait d’eux des ignorants… (2014)
- Ils sont devenus des bannis… (2015)
Nada solstice :
- L’avaleur de talents (2010)
- La belle absente (2011)
Quête de l’espérance :
- Izaïn, né du désert (2009)
- Les pirates de fer (2010)
- L’archipel céleste (2010)
Intégrales :
- La trilogie de la lune (2011)
Ados sous contrôle (2007)
Alter Jérémy (2005)
Création (2011)
Dans la peau d’une autre (2013)
Dans tes rêves (2013)
Destination l’an mil (2005)
Françatome (2013)
Frankenstein 1918 (2018)
Führer prime time (2005)
Guerre et peur (2023)
Involution (2014)
Johan Heliot vous présente ses hommages (2013)
La couleur de la faim (2006)
La dernière sorcière (2020)
La fureur des siècles (2022)
La harpe des étoiles (2003)
La légion écarlate (2007)
La machine à remonter les rêves (2005)
Le fer au coeur (2017)
Le feu dans le sang (2017)
Le jardin des chimères (2022)
Les amants du génome (2016)
Les enfants de la terreur (2022)
Les fantômes du cyberspace (2008)
Les fils de l’air (2009)
Les prisonniers de la nuit (2018)
Les sous-vivants (2016)
Les vagabonds de l’entremonde (2006)
Obsidio (2003)
Opération Nemo (2004)
Ordre noir (2010)
Pandémonium (2002)
Passé censuré (2008)
Question de mort (2007)
Reconquérants (2001)
Secret ADN (2008)
Steppe rouge (2009)
Terre de tempêtes (2013)
Tu veux savoir ? (2013)
Pour en savoir plus sur Johan Heliot :
La page Wikipédia sur J. Heliot
La page Noosfere sur J. Heliot
La page isfdb de J. Heliot
Le crépuscule du compagnon par François Rahier
Fiche de Le crépuscule du compagnon
Titre : Le crépuscule du compagnon
Auteur : François Rahier
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le crépuscule du compagnon
« Un long cri s’éleva, comme une plainte aux accents modulés selon un rite immémorial. Il retentit par trois fois. On ne distinguait plus la silhouette ramassée de Lleqün, car la brume était tombée. Mais les yeux du vieil homme ne l’avaient pas trompé. Plusieurs exclamations jaillirent simultanément :
— Les voilà !
— Ils arrivent…
— Les bonni-tonni arrivent !
À fleur d’eau, entre les courtes vagues qui allaient se briser sur les rocs de la passe, venaient d’apparaître des corps longs et fuselés, d’un bleu assez foncé. Deux hommes vêtus de sarraus gris, l’uniforme des pêcheries du Comté, se jetèrent à l’eau, l’un armé d’un épieu, l’autre d’un crochet long et acéré. Du promontoire parvint le quatrième appel, annonçant le gros du banc. »
Extrait de : F. Rahier. « Le crépuscule du compagnon. »
L’ouragan des enfants-dieux par François Rahier
Fiche de L’ouragan des enfants-dieux
Titre : L’ouragan des enfants-dieux
Auteur : François Rahier
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ouragan des enfants-dieux
« Neige et froid.
— Saloperie !
L’homme a glissé, les pieds pris dans les lambeaux, la charpie d’une botte de fortune. Sa main blessée s’est rouverte, le sang teint de brun sa vareuse. Il se redresse, maugréant. Son compagnon a atteint le sommet de la petite butte et ajuste ses jumelles.
Il le rejoint et souffle. Les derniers mètres l’ont épuisé, le sang bat dans ses tempes et il a la gorge sèche. L’autre se retourne et le dévisage froidement. En bas, c’est la plaine, presque à l’infini, que ne limite même pas l’horizon imprécis d’un ciel d’hiver où fait son trou par moment l’œil glauque du soleil. À l’ouest, une ferme isolée, flanquée d’une tour de guet, une guérite de rondins montée sur un échafaudage plutôt branlant. Une fumée grasse sort de la cheminée. La sente boueuse qui mène à ce qui doit être l’étable semble indiquer la présence d’animaux. Un doigt jauni par le tabac entraîne la molette. »
Extrait de : F. Rahier. « L’ouragan des enfants-dieux. »