Auteur/autrice : CH91
La requête de Barrad par Joël Champetier

Fiche de La requête de Barrad
Titre : La requête de Barrad (Tome 1 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1991
Editeur : Editions Paulines
Première page de La requête de Barrad
« Sur un promontoire surplombant les eaux vertes du lac Emblic, sur la rive est du fleuve Pibole, se dressait l’antique ville de Contremont. La ville s’était formée autour du château de Contremont, encore plus ancien. Ce château était habité par un roi, nommé Japier, que les habitants de Contremont appelaient « le bon roi triste ». Bon, car le roi Japier était sage et comprenait le cœur des hommes. Triste, car la reine Anne, tant aimée du roi et du peuple, avait perdu la vie en tombant de cheval, quatre ans plus tôt.
Jusqu’à ce jour funeste, Japier avait été un roi avenant, prompt au rire et lent à la colère. Noble et digne, il ne méprisait pourtant pas ses sujets : Japier aimait se joindre à la population à l’occasion des banquets, des fêtes de moisson et des nombreuses chasses royales qui s’échelonnaient tout au long de l’année. Mais à la mort de sa reine, quelque chose se brisa en Japier. Il se désintéressa de son royaume et se retira de toute vie publique. Il s’enferma dans son château, avec pour seule compagnie ses proches serviteurs et l’unique enfant que la reine lui ait donné, la princesse Melsi. »
Extrait de : J. Champetier. « La Requête de Barrad – Contremont. »
Joël Champetier

Présentation de Joël Champetier :
Né le 30 novembre 1957 dans les rudes et majestueuses contrées de l’Abitibi, au sein de la pittoresque bourgade de La Corne, Joël Champetier demeure l’une des figures tutélaires de la littérature d’évasion au sein de la Belle Province. Ayant tragiquement quitté ce monde le 30 mai 2015, cet homme de lettres québécois s’est imposé comme un véritable orfèvre du fantastique, de l’anticipation et du merveilleux, insufflant aux lettres nord-américaines de langue française une vitalité et une ambition formidables.
De l’alambic à la plume
Avant de se consacrer tout entier aux vertiges de la création littéraire, le jeune Joël Champetier emprunte d’abord les chemins austères des sciences, exerçant la profession de chimiste et se spécialisant dans les domaines de l’électrochimie. Mais l’esprit de ce rêveur mélancolique, hanté par les vastes étendues boréales de son enfance et nourri d’intenses lectures solitaires, aspire à d’autres horizons. C’est ainsi qu’à l’aube de notre présente décennie, il délaisse les cornues pour embrasser la vocation d’écrivain. En 1981, il confie sa toute première nouvelle, sobrement intitulée « Le Chemin des fleurs », aux bonnes grâces de la revue Solaris, marquant ainsi son entrée triomphale en littérature.
Une fresque ténébreuse et poétique
L’œuvre romanesque de Joël Champetier se distingue par une étonnante polyphonie, l’auteur naviguant avec une aisance tout à fait remarquable entre le conte d’apprentissage pour la jeunesse et les récits d’épouvante ou de pure science-fiction destinés aux adultes. En 1991, il livre au public La Taupe et le Dragon, un roman d’anticipation d’une grande rigueur intellectuelle qui connaîtra d’ailleurs l’honneur d’une traduction outre-frontière, sous les presses américaines, prouvant au monde anglo-saxon la redoutable valeur de l’imaginaire francophone.
Toutefois, c’est assurément dans le registre du fantastique que sa prose ensorcelante atteint ses plus hauts sommets. Par la publication de La Mémoire du lac (qui lui vaut le prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois) puis du troublant La Peau blanche — dont la noirceur fascinera le public jusqu’à connaître les honneurs du cinématographe —, l’écrivain tisse des toiles narratives redoutables, mâtinées d’une angoisse sourde et d’une psychologie d’une indéniable finesse.
Le paladin des lettres de l’imaginaire
L’on ne saurait décemment évoquer l’apport de Joël Champetier sans souligner son indéfectible dévouement à la communauté des auteurs de son pays. Conscient des affres du métier et soucieux de fédérer les talents de demain, il s’engage ardemment dans l’organisation du congrès Boréal, grand messe annuelle de la création chimérique au Québec. Mais c’est avant tout son labeur harassant au sein de la célèbre revue Solaris qui force l’admiration des esthètes. D’abord simple membre du comité de rédaction, il en devient bien vite le directeur littéraire puis le grand timonier, charge qu’il honorera jusqu’à son dernier souffle.
Tel un veilleur dans la nuit de l’édition, il a ainsi couvé des générations entières de jeunes nouvellistes, aiguisant leurs plumes et défendant, avec une ferveur inébranlable, la noblesse des littératures de l’étrange. Par la justesse de son verbe, l’acuité de ses visions et sa profonde humilité, Joël Champetier s’est érigé en maître incontesté du frisson, prouvant avec éclat que le Québec recelait, sous ses froids frimas, des conteurs d’une envergure véritablement universelle.
Livres de Joël Champetier :
Contremont :
- La requête de Barrad (1991)
- La prisonnière de Barrad (1991)
- Le voyage de la sylvanelle (1993)
- Le secret des Sylvaneaux (1994)
L’univers de Contremont :
- Les sources de la magie (2002)
- Le voleur des steppes (2007)
- Le mystère des Sylvaneaux (2009)
L’aile du papillon (1999)
La mémoire du lac (2001)
La mer au fond du monde (1990)
La peau blanche (2004)
La taupe et le dragon (1999)
Le jour-de-trop (1993)
Le prince Japier (1995)
Le voile de lumière (2011)
Tous mes univers (2020)
Pour en savoir plus sur Joël Champetier :
La page Wikipédia sur J. Champetier
La page Noosfere sur J. Champetier
La page isfdb de J. Champetier
Straken par Terry Brooks

Fiche de Straken
Titre : Straken (Tome 3 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : M. Roger
Date de parution : 2005
Editeur : Bragelonne
Première page de Straken
« — Pen Ohmsford ! appela la silhouette enveloppée d’une cape noire depuis l’autre côté du gouffre séparant l’île du tanequil du reste du monde. Nous t’attendions !
Un druide. Il avança de quelques pas et rejeta sa capuche, révélant un visage grave. Pen ne l’avait jamais vu auparavant.
— Traverse le pont pour que nous puissions parler, ajouta le druide.
La lumière des flammes projetait son ombre en travers du passage de pierre, et la tache sombre, menaçante, se fondait dans les ténèbres du gouffre. Pen regretta de s’être précipité ainsi dans la lumière, de ne pas avoir été plus prudent. Mais il avait supposé que le pire était derrière lui. Il avait survécu à sa rencontre avec le tanequil, et reçu en récompense la noircanne, un talisman qui lui permettrait d’accéder à l’autre côté de la Barrière. Cela lui avait coûté deux doigts, mais il en était venu à penser qu’il s’agissait d’un prix bien modique. Perdre Cinnaminson avait été bien plus douloureux, néanmoins il avait accepté l’idée qu’il ne pourrait rien y faire avant le retour de sa tante, saine et sauve. Il s’était toutefois promis de revenir pour elle. Enfin, il avait échappé au monstre qui les avait poursuivis sans relâche depuis Anatcherae et qui était mort, tombé dans l’abîme où il s’était écrasé.
Et désormais, ceci. »
Extrait de : T. Brooks. « Straken. »
Tanequil par Terry Brooks

Fiche de Tanequil
Titre : Tanequil (Tome 2 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2004
Editeur : Bragelonne
Première page de Tanequil
« Sen Dunsidan, Premier ministre de la Fédération, s’arrêta pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule alors qu’il arrivait à ses appartements.
Il n’y avait là personne qui ne soit à sa place : ses gardes du corps devant la porte de sa chambre, les sentinelles en faction à chaque extrémité du couloir – personne d’autre. Comme toujours. Mais cela ne l’empêchait pas de vérifier chaque soir. Il scruta attentivement le couloir éclairé par les torches. Il n’y avait pas de mal à vouloir être sûr. Se montrer prudent n’était qu’une question de bon sens.
Il entra et referma doucement la porte derrière lui. La chaude lueur et les parfums suaves des bougies qui l’accueillirent étaient rassurants. Il était l’homme le plus puissant des Terres du Sud, mais non pas le plus apprécié. Il ne s’en était guère soucié avant la venue de la Sorcière d’Ilse, mais cela n’avait cessé de le préoccuper depuis. Elle avait beau n’être plus là, enfin, bannie dans un royaume de sombre folie et de créatures assoiffées de sang d’où nul ne s’était jamais échappé, il ne se sentait pas en sécurité pour autant. »
Extrait de : T. Brooks. « Tanequil. »
Jarka Ruus par Terry Brooks

Fiche de Jarka Ruus
Titre : Jarka Ruus (Tome 1 sur 3 – Le Haut druide de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2003
Editeur : Bragelonne
Première page de Jarka Ruus
« Elle était assise dans ses appartements, drapée dans les ombres du crépuscule et dans la solitude du soir, seule avec ses pensées plus sombres que la nuit tombante et plus pesantes que Paranor tout entière. Elle se retirait de bonne heure ces temps-ci, prétendument pour travailler mais surtout pour réfléchir, pour méditer sur la déception des échecs du présent et sur les perspectives décourageantes de l’avenir. Le silence régnait dans la haute tour, répit momentané dans la lutte qui l’opposait à ceux qu’elle devait diriger. Cela ne durait guère que le temps où elle demeurait recluse, mais elle songeait parfois que, sans ce réconfort quotidien, le désespoir lui aurait fait perdre la raison.
Elle n’était plus une enfant, ni même une jeune femme, quoiqu’elle ait conservé ses traits de jeunesse ; sa peau pâle, diaphane, était encore inaltérée et exempte de rides, ses yeux d’un bleu stupéfiant n’avaient rien perdu de leur limpidité, et ses gestes étaient toujours aussi calmes et assurés. »
Extrait de : T. Brooks. « Jarka Ruus. »
Morgawr par Terry Brooks

Fiche de Morgawr
Titre : Morgawr (Tome 3 sur 3 – Le voyage du Jerle Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2002
Editeur : Bragelonne
Première page de Morgawr
« La silhouette surgit si vivement des ombres de l’alcôve que Sen Dunsidan ne s’aperçut pas de sa présence avant d’être arrivé presque sur elle. Le couloir menant à sa chambre à coucher était plongé dans la pénombre du crépuscule, et la lumière des lampes murales ne fournissait guère plus que des halos épars de clarté diffuse. Les lampes ne lui furent donc d’aucun secours cette fois-ci, et le ministre de la Défense n’eut l’occasion ni de fuir, ni de
se défendre.
— Un mot, si vous le voulez bien, ministre.
L’intrus disparaissait sous une cape et un capuchon, et Sen Dunsidan, bien qu’il ait instantanément songé à la Sorcière d’Ilse, sut sans le moindre doute qu’il ne s’agissait pas d’elle. C’était un homme qui se tenait devant lui – la forme était trop grande et trop imposante pour qu’il puisse s’agir d’une femme, et la voix était dure et masculine. La silhouette fine et menue, la voix douce et froide de la Sorcière d’Ilse manquaient à l’appel. »
Extrait de : T. Brooks. « Morgawr. »
Antrax par Terry Brooks

Fiche de Antrax
Titre : Antrax (Tome 2 sur 3 – Le voyage du Jerle Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2001
Editeur : Bragelonne
Première page de Antrax
« Le dernier jour de son enfance, Grianne Ohmsford avait six ans. Elle était petite pour son âge et n’avait ni force physique inhabituelle, ni expérience extraordinaire de la vie ; aussi n’était-elle pas particulièrement bien préparée à grandir d’un seul coup. Aînée des deux enfants d’un scribe enseignant et d’une mère au foyer, Araden et Biornlief Ohmsford, elle avait passé toute sa vie à la bordure orientale des plaines de Rabb, enfant protégée d’un foyer préservé. Chez les Ohmsford, les gens allaient et venaient comme dans une auberge – élèves de son père ou clients venus bénéficier de ses compétences, ou encore voyageurs issus de toutes les Quatre Terres. Mais elle-même n’avait jamais voyagé et commençait tout juste à prendre conscience du peu qu’elle connaissait du monde, lorsque tout ce qui lui était familier lui fut enlevé. »
Extrait de : T. Brooks. « Antrax. »
La sorcière d’Ilse par Terry Brooks

Fiche de La sorcière d’Ilse
Titre : La sorcière d’Ilse (Tome 1 sur 3 – Le voyage du Jerle Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : E. Gourdet
Date de parution : 2000
Editeur : Bragelonne
Première page de La sorcière d’Ilse
« Hunter Predd patrouillait au-dessus des eaux de la Ligne de Partage Bleue au nord de l’île de Mesca Rho, un avant-poste du Nid d’Aigles sis sur la ligne ouest des eaux territoriales elfiques, lorsqu’il aperçut l’homme cramponné à l’espar. Gisant de tout son long sur la pièce de bois telle une poupée de chiffon, l’homme avait la tête à même le bois de sorte que son visage émergeait tout juste de l’eau, et l’un de ses bras enveloppait mollement le flotteur pour l’empêcher de glisser. Il avait la peau ravagée par le soleil, le vent et les intempéries, et ses vêtements étaient en lambeaux. Son immobilité était telle qu’il était impossible de déterminer s’il était vivant ou non. En réalité, c’était l’étrange mouvement de ballottement agitant son corps dans la houle légère qui avait tout d’abord attiré l’œil de Hunter Predd.
Obsidien virait déjà dans un mouvement fluide en direction du naufragé, sans avoir eu besoin de la pression des mains et des genoux de son maître pour savoir ce qu’il avait à faire. Ses yeux étant plus perçants que ceux de l’elfe, il avait repéré l’homme à la mer avant Hunter et avait modifié sa trajectoire pour lui porter secours. »
Extrait de : T. Brooks. « La Sorcière d’Isle. »
Les talismans de Shannara par Terry Brooks

Fiche de Les talismans de Shannara
Titre : Les talismans de Shannara (Tome 4 sur 4 – L’héritage de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : R. Guillaume
Date de parution : 1993
Editeur : Bragelonne
Première page de Les talismans de Shannara
« Le crépuscule tombait sur les Quatre Terres – une lente disparition de la lumière combinée à l’allongement graduel des ombres.
La chaleur de la journée de fin d’été commença à se dissiper quand la boule rouge du soleil plongea à l’ouest, entraînant un rafraîchissement de l’air chaud et lourd. À l’approche de la nuit, tout se taisait, les feuilles et les herbes frissonnant comme si elles attendaient impatiemment l’arrivée de l’obscurité.
À l’embouchure de la Mermidon, là où elle se jetait dans le lac Arc-en-ciel, s’élevait la sentinelle du Sud, noire, impénétrable et muette. Le vent effleurait les eaux du lac et de la rivière, mais il ne s’approchait pas de la tour, comme s’il avait hâte de filer vers un endroit plus accueillant. L’air frémissait près de la forteresse, et la chaleur qui irradiait de la pierre formait tout autour d’elle des images spectrales fugitives.
Au bord de l’eau, un chasseur solitaire leva un regard inquiet quand il dépassa la tour, puis continua rapidement son chemin. À l’intérieur, les Ombreurs encapuchonnés vaquaient à leurs occupations dans un silence fantomatique. »
Extrait de : T. Brooks. « Les Talismans De Shannara. »
La reine des elfes de Shannara par Terry Brooks

Fiche de La reine des elfes de Shannara
Titre : La reine des elfes de Shannara (Tome 3 sur 4 – L’héritage de Shannara – Shannara)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : R. Guillaume
Date de parution : 1992
Editeur : Bragelonne
Première page de La reine des elfes de Shannara
« Le feu.
Il crépitait dans les lampes à huile pendues devant les entrées et aux fenêtres des maisons de son peuple. Il crachotait en léchant les torches couvertes de poix qui marquaient les croisements des routes et les portails. Il brillait à travers les branches feuillues des vieux chênes et des noyers dans les lanternes qui éclairaient les sentiers. Les flammes ressemblaient à de petites créatures menacées par la nuit.
Comme nous, pensa-t-elle.
Comme les elfes.
Elle leva les yeux et regarda au-delà des murs de la cité, vers l’endroit où fumait le Killeshan.
Le feu.
Sa lueur pourpre ourlait la gueule du volcan dont le centre en fusion se reflétait sur les nuages de cendres volcaniques qui envahissaient le ciel. Le Killeshan se dressait au-dessus d’eux, phénomène naturel qu’aucun elfe ne pouvait dompter. Il grondait sourdement depuis des semaines, comme un géant enchaîné. Bientôt, il exigerait d’être libéré… »
Extrait de : T. Brooks. « La Reine Des Elfes De Shannara. »