Auteur/autrice : CH91

 

La joie fait peur par Delphine de Girardin

Fiche de La joie fait peur

Titre : La joie fait peur
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1860
Editeur : BNF

Première page de La joie fait peur

« Madame des Aubiers, Blanche, Octave, Mathilde.

Madame des Aubiers est assise sur la chaise longue ; Blanche est près d’elle, assise sur le pouff, faisant face au public ; toutes deux travaillent au même morceau de guipure ; Octave, assis sur le canapé du fond, à droite, tient un livre, mais il ne lit pas, il regarde Mathilde avec inquiétude ; celle-ci, assise devant une table, près de la fenêtre, dessine. Les trois femmes sont en deuil. Un silence… Jeu muet. Madame des Aubiers, rêveuse, laisse tomber son ouvrage ; elle reste immobile et des larmes coulent de ses yeux. Blanche la regarde tristement, elle se lève, essuie les larmes de sa mère, l’embrasse, puis elle va près d’Octave qui se lève.

BLANCHE

Quel temps affreux cette nuit !… Et tous nos pauvres pêcheurs, partis depuis hier matin !… »

Extrait de : D. de Girardin. « La Joie fait peur. »

Le lorgnon par Delphine de Girardin

Fiche de Le lorgnon

Titre : Le lorgnon
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1832
Editeur : BNF

Première page de Le lorgnon

« As-tu vu Edgar depuis son retour ? disait Frédéric Narvaux à son ami M. de Fontvenel, en se promenant avec lui dans la grande allée des Tuileries.

 — Non, on m’a dit qu’il était bien changé.
 — Ah ! mon cher, méconnaissable.
 — Comment ! il a donc été malade ?

 — Non pas, il se porte à merveille, et personne ne prouve plus que lui à quel point notre visage, notre tournure dépendent de notre humeur.
 — J’en conclus qu’il est fort maussade, et ce qui est pis encore, qu’il est devenu fort laid.
 — Non, vraiment ; bien au contraire ; les femmes le trouveront mille fois plus séduisant maintenant, car il a l’air sentimental, et c’est tout ce qu’elles aiment.
 — Qu’est-ce que tu me dis là ? Edgar de Lorville devenu sentimental ! j’aimerais mieux croire que tu deviens dévot. Lui, ce bon enfant si frais, si réjoui, ne doutant de rien, présomptueux comme un avocat et confiant comme un mari ; qui voulait se battre pour une danseuse ; qui me demandait conseil à l’écarté quand je pariais contre
lui, et qui reconduisit un soir son rival chez sa maîtresse sans reconnaître la maison ? »

Extrait de : D. de Girardin. « Le Lorgnon. »

Contes d’une vieille fille à ses neveux par Delphine de Girardin

Fiche de Contes d’une vieille fille à ses neveux

Titre : Contes d’une vieille fille à ses neveux
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1857
Editeur : BNF

Sommaire de Contes d’une vieille fille à ses neveux :

  • Noémi ou l’enfant crédule
  • L’île des marmitons
  • Zoé ou la métamorphose
  • M. Martin de Montmartre
  • M. de Philomèle
  • La fée Grignotte
  • La danse n’est pas ce que j’aime
  • Le chien volant
  • Le palais de la vanité

Première page de Noémi ou l’enfant crédule

« Il y avait une fois, dans une vieille ville de France (et peut-être était-ce Paris), au fond d’une vieille rue, dans une vieille maison toute noire, une vieille femme bien triste, qui élevait près d’elle une toute petite fille. La pauvre enfant avait très peur de sa grand-mère, qui était une femme fort méchante, et que tout le monde fuyait à cause de sa mauvaise humeur ; ce n’était pas une grand-maman comme les grand-mamans d’aujourd’hui, qui gâtent leurs petites-filles, les mènent à la promenade, leur donnent des bonbons et leur achètent des joujoux ; c’était une grand-mère toujours triste et malade, qui vivait toute seule dans une chambre sombre, n’ayant qu’une vieille servante encore plus maussade qu’elle, et, de plus, sourde à n’entendre pas le tonnerre gronder. L’aspect continuel de ces deux personnes souffrantes, de cette demeure isolée, de ces meubles centenaires, de ces vêtements antiques, avait rendu la pauvre Noémi si timide, qu’elle osait à peine respirer. »

Extrait de : D. de Girardin. « Contes d’une vieille fille à ses neveux. »

Le vicomte de Launay par Delphine de Girardin

Fiche de Le vicomte de Launay

Titre : Le vicomte de Launay – Lettres parisiennes
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1857
Editeur : BNF

Première page de Le vicomte de Launay

« Il n’est rien arrivé de bien extraordinaire cette semaine : une révolution en Portugal, une apparition de république en Espagne, une nomination de ministres à Paris, une baisse considérable à la Bourse, un ballet nouveau à l’Opéra, et deux capotes de salin blanc aux Tuileries.

La révolution de Portugal était prévue, la quasi-république était depuis longtemps prédite, le ministère d’avance était jugé, la baisse était exploitée, le ballet nouveau était affiché depuis trois semaines ; il n’y a donc de vraiment remarquable que les capotes de satin blanc, parce qu’elles sont prématurées ; le temps ne méritait pas cette injure. Qu’on fasse du feu au mois de septembre quand il fait froid, bien, cela est raisonnable ; mais que l’on commence à porter du satin avant l’hiver, cela n’est pas dans la nature. »

Extrait de : Delphine de Girardin. « Le Vicomte de Launay – Lettres parisiennes. »

Monsieur le marquis de Pontanges par Delphine de Girardin

Fiche de Monsieur le marquis de Pontanges

Titre : Monsieur le marquis de Pontanges
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1856
Editeur : BNF

Première page de Monsieur le marquis de Pontanges

« Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir se lève et l’arrache aux vallons…

— Chut ! j’entends parler.

Et moi je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons…

— Ceci est une voix de femme, ou je ne m’y connais pas, messieurs, s’écrie alors Melchior Bonnasseau, agent dé change de naissance et fat de profession.

— C’est une nymphe des bois qui soupire. C’est la dryade d’un vieux chêne, dit à son tour le général Rapart, un ancien héros de l’Empire, qui tenait ce détail mythologique d’une vieille danseuse de l’Opéra.

— C’est tout simplement une fort belle femme, reprit le héros de cette histoire, Lionel de Marny, jeune homme spirituel et passionné, qui visait au positif en toutes choses, et n’admettait nymphes ni sylphides, sous aucun prétexte, même en conversation ; une fort belle femme, ajouta-t-il ; à la chasse, j’aimerais mieux un lièvre, mais il faut se résigner. Venez à ma place, vous distinguerez parfaitement ses traits ; la voyez-vous derrière ces arbres !… »

Extrait de : Delphine de Girardin. « Monsieur le marquis de Pontanges. »

La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin par Delphine de Girardin et Germaine de Staël

Fiche de La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin

Titre : La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin
Auteur : Delphine de Girardin, Germaine de Staël
Date de parution : 1911
Editeur : BNF

Sommaire de La joie fait peur – Le capitaine Kernadec – Le mannequin :

  • La joie fait peur par Delphine de Girardin
  • Le capitaine Kernadec par Germaine de Staël
  • Le mannequin par Germaine de Staël

Première page de La joie fait peur

« Un petit salon : au fond, une porte à deux battants, ouvrant sur le théâtre ; de chaque côté de la porte, un canapé ; à droite, dans l’angle, une fenêtre à balcon, avec de grands rideaux ; au premier plan, une cheminée une table servant à dessiner est près de la fenêtre ; un fauteuil sur le devant de la scène ; à gauche, au premier plan, une table à tiroir adossée au mur ; dans l’angle, une porte ; sur le devant de la scène, une chaise longue, faisant face à la cheminée ; un pouf est devant la chaise longue.

Mme DES AUBIERS, BLANCHE, OCTAVE MATHILDE  

Mme des Aubiers est assise sur la chaise longue ; Blanche est près d’elle, assise sur le pouf, faisant face au public ; toutes deux travaillent au même morceau de guipure ; Octave, assis sur le canapé du fond à droite, tient un livre, mais il ne lit pas : il regarde Mathilde avec inquiétude ; celle-ci, assise devant une table, près de la fenêtre, dessine. Les trois femmes sont en deuil. — Un silence,… jeu muet. — Mme des Aubiers, rêveuse, laisse tomber son ouvrage ; elle reste immobile et des larmes coulent de ses yeux. Blanche la regarde tristement ; elle se lève, essuie les, larmes de sa mère, elle l’embrasse, puis elle va près d’Octave qui se lève.

BLANCHE

Quel temps affreux, cette nuit !… Et tous nos pauvres pêcheurs, partis depuis hier matin ! »

Extrait de : D. de Girardin & G. de Staël. « La Joie fait peur – Le Capitaine Kernadec – Le Mannequin. »

La croix de Berny par Delphine de Girardin, Théophile Gautier, Jules Sandeau et Joseph Méry

Fiche de La croix de Berny

Titre : La croix de Berny
Auteur : Delphine de Girardin, Théophile Gautier, Jules Sandeau, Joseph Méry
Date de parution : 1855
Editeur : BNF

Première page de La croix de Berny

« Vous êtes une grande prophétesse, ma chère Valentine ; tout ce que vous avez prédit est arrivé : grâce à mon caractère incorrigible, me voici déjà dans la position la plus insupportablement fausse qu’un esprit raisonnable et un cœur romanesque aient jamais pu combiner. J’ai toujours été sincère avec vous, d’abord par nature et puis aussi par instinct ; il est si difficile de vous tromper, et je vous ai vue tant de fois ramener d’un seul regard dans le droit chemin de la franchise des confidences effarouchées qu’un peu de honte et d’orgueil commençaient à faire dévier. Je vous dirai donc toutes mes misères ; vos conseils peuvent encore me sauver. Vous comprendrez peut-être que je ne suis pas trop ridicule d’être si malheureuse d’un événement que tout le monde regarde comme un bonheur. Entraînée par ma faiblesse, ou plutôt par ma raison fatale, je me suis engagée… Oh ! mon Dieu ! c’est donc vrai que je suis engagée… à épouser le prince de Monbert. »

Extrait de : D. de Girardin. « La Croix de Berny. »

L’école des journalistes par Delphine de Girardin

Fiche de L’école des journalistes

Titre : L’école des journalistes
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution : 1860
Editeur : BNF

Première page de L’école des journalistes

« Le théâtre représente un salon richement meublé. Fauteuils à la Voltaire, canapés forme anglaise ; tables couvertes de journaux, de revues et d’albums. Dans le fond une grande porte à deux battants. À gauche une cheminée, à droite une porte cachée par une portière. Au milieu une table ronde.

Scène première

Deux laquais en grande tenue, livrée de fantaisie.

UNE VOIX derrière le théâtre.
Ô journal vertueux ! je bois à ta santé !
Vive la Vérité ! »

Extrait de : D. de Girardin. « L’Ecole des journalistes. »

Coffret par Delphine de Girardin

Fiche de Coffret

Titre : Coffret
Auteur : Delphine de Girardin
Date de parution :
Editeur : BNF

Sommaire de Coffret :

  • La canne de M. de Balzac
  • L’école des journalistes
  • Le vicomte de Launay
  • La joie fait peur

Le sous-marin « Jules-Verne » par Gustave Le Rouge

Fiche de Le sous-marin « Jules-Verne »

Titre : Le sous-marin « Jules-Verne »
Auteur : Gustave Le Rouge
Date de parution : 1903
Editeur : BeQ

Première page de Le sous-marin « Jules-Verne »

« Dans la chambrette, simplement meublée d’une table, d’un lit et de deux chaises, qu’il occupait au cinquième étage d’une maison de la Canebière, à Marseille, l’ingénieur Goël Mordax était en train de mettre au net une épure des plus compliquées, lorsqu’on frappa timidement à sa porte.
– Au diable le raseur ! s’écria-t-il… Il y a vraiment des gens qui ont du temps à perdre !…
Tout en maugréant, Goël avait ouvert. Sa moue rechignée eut vite fait de se transformer en un sympathique sourire à l’aspect du visiteur inattendu.
– Comment, c’est toi, mon vieux Lepique, dit-il. Il y a au moins trois semaines que l’on ne t’a vu !…
– Au moins, si tu m’apportais des nouvelles de notre belle inconnue !…
– Ah ! Ah ! s’écria le nouveau venu en souriant, il s’agit bien d’elle et de son automobile endiablée… J’ai mieux que cela à t’annoncer. »

Extrait de : G. Le Rouge. « Le sous-marin « Jules Verne ». »