Auteur/autrice : CH91

 

La voix des rois par Olivier Peru et Patrick McSpare

Fiche de La voix des rois

Titre : La voix des rois (tome 1 sur 5 – Les Hauts Conteurs)
Auteur : Olivier Peru et Patrick McSpare
Date de parution : 2010
Editeur : France Loisirs

Première page de La voix des rois

« Novembre 1190, Tewkesbury,
comté de Gloucestershire, royaume d’Angleterre

Vingt et un litres de bière et trois de vin. Sept volailles, quatre faisans et trois porcelets assortis d’une quinzaine de bols de soupe. Un panier de fruits et deux plateaux de fromages. Un duel d’ivrognes gagné par deux dents cassées à rien. Il était midi passé et enfin le calme revenait dans l’auberge.

Comme à son habitude, à midi comme le soir, Roland aidait son père et ses sœurs à débarrasser les tables. Empilant assiettes de bois, bols et gobelets, le garçon pensait, encore et toujours, aux discussions qu’il avait indiscrètement écoutées en servant de table en table.

Depuis peu, la Broche Rutilante, l’auberge de son père, connaissait de florissantes affaires et de plus en plus de nouveaux clients en franchissaient la porte. »

Extrait de : O. Peru + P. McSpare. « La voix des rois – Les Hauts Conteurs. »

Patrick McSpare

Présentation de Patrick McSpare :

M. Patrice Lesparre, que le monde des lettres connaît plus volontiers sous le pseudonyme à consonance anglo-saxonne de Patrick McSpare, est né au mois de mai de l’année 1964 dans la noble cité de Bordeaux. Il s’est tout d’abord illustré par un formidable coup de crayon, officiant dans le domaine des illustrés et de la bande dessinée pour des publications fort prisées par la jeunesse, tout en s’essayant, avec une verve indéniable, à la chanson et à l’animation radiophonique.

Cependant, c’est par l’usage de la plume et du verbe, en tant qu’écrivain de l’imaginaire, qu’il a véritablement conquis ses lettres de noblesse, démontrant des prédispositions exceptionnelles pour la littérature de science-fiction et de haute fantaisie (cette fameuse « fantasy »). S’associant à l’excellent Olivier Peru, il livre à l’aube des années 2010 une formidable fresque romanesque intitulée Les Haut-Conteurs. Dans cette œuvre foisonnante de merveilleux médiéval, qui connut un succès retentissant et fut couronnée par de multiples prix, la prose de Patrick McSpare se déploie avec une vigueur et un panache dignes des plus grands feuilletonistes d’antan.

Ne s’arrêtant point à ce coup de maître, il poursuit son exploration des littératures conjecturales en s’aventurant sur les terres du fantastique et de l’anticipation à rouages (que les Anglo-Saxons nomment fort curieusement le « steampunk ») avec la série Les Héritiers de l’Aube, ou encore avec le roman Victor 1889. Ce redoutable conteur y tisse des intrigues où le mystère, le frisson fantastique et les inventions scientifiques extravagantes se marient avec une maestria rare, confirmant sa capacité à bâtir des univers d’une richesse proprement stupéfiante. Patrick McSpare possède ce talent, trop rare de nos jours, de tenir le lecteur en haleine par un sens du drame aiguisé, un imaginaire foisonnant et un goût prononcé pour l’aventure échevelée, s’inscrivant ainsi dans la digne lignée des maîtres français de la science-fiction et du merveilleux.

Livres de Patrick McSpare :

Les hauts conteurs origines :

Les hauts conteurs :

Les héritiers de l’Aube :

Aelfic (2017)
Coeur de lion (2022)
Comtesse Bathory (2013)
D’Artagnan, agent secret du Roy (2023)
Harley King (2018)
Le testament de Charlemagne (2021)
Mérovingiens (2017)
Victor London (2015)

Pour en savoir plus sur Patrick McSpare :

La page Wikipédia sur P. McSpare
La page Noosfere sur P. McSpare
La page isfdb de P. McSpare

Olivier Peru

Présentation de Olivier Peru :

Né dans la belle cité de Montpellier à l’automne de l’année 1977, Olivier Peru s’est tout d’abord illustré par un formidable coup de crayon, officiant avec brio en tant qu’illustrateur et scénariste d’illustrés. Cependant, bien qu’il ait fort habilement mis en images maints univers, c’est sur son exceptionnel talent de romancier et d’écrivain de pleine autorité qu’il convient aujourd’hui d’insister.

En effet, Olivier Peru s’est révélé être un véritable architecte des mondes de l’imaginaire, excellant tout particulièrement dans ce que nos amis anglo-saxons nomment la « fantasy » (cette fameuse haute fantaisie épique) et la science-fiction. Délaissant un temps les phylactères pour se consacrer à la noblesse du grand roman, il frappe un coup de maître avec la publication de Druide au tout début de la décennie 2010. Cette fresque sombre et envoûtante, couronnée d’ailleurs par un prestigieux prix littéraire, témoigne d’une virtuosité narrative étourdissante et d’un souffle romanesque qui rappelle fort à propos les grandes heures du feuilleton d’aventures.

Ne s’arrêtant point en si bon chemin, cet écrivain prolifique nous livre ensuite le cycle de Martyrs, une épopée foisonnante où se mêlent tragédie et sortilèges, confirmant ainsi sa place de choix au panthéon des lettres de l’imaginaire francophone. Sa plume, toujours prompte à explorer de nouveaux horizons conjecturaux, s’est également illustrée avec Darryl Ouvremonde, un récit d’une formidable ingéniosité qui prouve son aisance à bâtir des univers d’une richesse et d’une cohérence proprement vertigineuses.

S’il serait dommageable d’occulter tout à fait ses talents de scénariste (notamment sur des fresques fort prisées telles que Elfes ou encore Zombies, qui lorgnent allègrement du côté de la science-fiction et de l’anticipation macabre), c’est bel et bien son statut d’écrivain de l’imaginaire qui force l’admiration. Olivier Peru possède ce don tout à fait rare de captiver le lecteur par un verbe vigoureux, un sens du drame aiguisé et une imagination sans bornes.

Livres de Olivier Peru :

Les hauts-conteurs :

Darryl Outremonde (2017)
Druide (2010)
Martyrs 1 (2013)
Martyrs 2 (2014)
Martyrs 3 (2025)

Pour en savoir plus sur Olivier Peru :

La page Wikipédia sur O. Peru
La page Noosfere sur O. Peru
La page isfdb de O. Peru

L’héritier des fées par Estelle Faye

Fiche de L’héritier des fées

Titre : L’héritier des fées
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2025
Editeur : Nathan

Première page de L’héritier des fées

« La nuit s’effilochait lentement à l’horizon des dunes. Le museau au ras du sable, les oreilles aux aguets, la gerbille solitaire profitait des derniers lambeaux d’obscurité pour lécher les précieuses gouttes de rosée au sol avant l’évaporation de l’aube. Tapi derrière un renflement de la dune, le chat des sables ne la quittait pas des yeux.

Le prédateur avait passé des heures de ténèbres à guetter le petit animal appétissant et tiède, laissant le brun clair de ses poils se confondre avec le désert, le vent glacé soulever autour de lui des volutes de poussière, jusqu’à ne faire plus qu’un avec le Rub’al Khali. Le vaste territoire aride s’étendait jusqu’aux vallées fertiles. On le disait habité par les djinns et par ces bandits nomades sombres et cruels, qui à force de courir les dunes étaient devenus eux-mêmes des ombres, des projections du soleil sur l’erg, presque des mirages armés de cimeterres et assoiffés, non pas d’eau, comme le chat ou la gerbille, mais d’or et de sang. »

Extrait de : E. Faye. « L’héritier des fées. »

Les ombres de Willowthorne par Estelle Faye

Fiche de Les ombres de Willowthorne

Titre : Les ombres de Willowthorne
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2025
Editeur : Rageot

Première page de Les ombres de Willowthorne

« Le cœur battant, de la sueur dégoulinant sur son front, Cyril se plaqua contre le mur lambrissé de chêne sombre. Le vernis sur le bois luisait dans le halo des lampes à la lueur surnaturelle, un luxe d’ordinaire réservé aux palais, ou aux hôtels particuliers des grands aristocrates. Mais Willowthorne n’était pas n’importe quelle université.

L’une des lumières vacillait pourtant, un peu plus loin dans le couloir, elle grésillait et s’éteignait par intermittence dans son globe de verre facetté. C’était la plus proche de l’ancienne bibliothèque. Cyril réprima un frisson. Un des verres de ses lunettes s’était brisé, ce qui rendait sa vision du monde légèrement confuse et, à ce moment précis, un peu plus inquiétante. Il tendit l’oreille. Des cris d’enthousiasme résonnaient dans les escaliers derrière lui, des bruits de course. Cyril déglutit. Ses bourreaux. C’étaient ses bourreaux qui se rapprochaient, ces étudiants de noble naissance qui l’avaient choisi comme souffre-douleur dès le premier jour. »

Extrait de : E. Faye. « Les ombres de Willowthorne. »

Cicatrices par Estelle Faye

Fiche de Cicatrices

Titre : Cicatrices
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2026
Editeur : Rageot

Première page de Cicatrices

« Il y a une forêt sous la mer, quelque part au nord de l’Angleterre. Des centaines de troncs d’arbres devenus fossiles, au milieu du grand calme des profondeurs. J’avais vu des images dans un reportage télé quand j’avais dix ou onze ans, de ces reportages qu’on regardait aux alentours de minuit, Annabel et moi. Ma meilleure amie Annabel.
À cette époque, nous n’étions pas censées veiller aussi tard, mais pour mon oncle c’était un soir d’inventaire. Alors, Annabel et moi, nous tirions dans le salon toutes les couettes et les couvertures, nous nous bâtissions une grotte douillette au milieu du vieux tapis élimé par le temps. Nous nous serrions l’une contre l’autre, dans le halo de lumière de l’écran, aux aguets malgré tout, prêtes à regagner notre chambre dès qu’on entendrait la camionnette cahoter dans l’arrière-­cour.
Annabel avait passé un tutu doré à paillettes par-­dessus son pyjama rose, moi j’avais un serre-­tête licorne dans les cheveux. Nous nous sentions comme deux princesses échappées de leur chambre pour aller danser au bal, et nous partagions le fond d’un paquet de barquettes à la fraise que nous avions gardé de la récré.
Je me souviens des images bleues et sereines, la caméra sous-­marine glissant entre les troncs gris et les bancs de minuscules poissons aux reflets d’argent. Je me souviens d’Annabel assise à côté de moi, fascinée, retenant son souffle, ses mains crispées sur son flamand rose en peluche – Annabel était le genre de fille à avoir un flamand rose en peluche, des robes à volants et des blousons en faux cuir. Je l’adorais et je l’admirais. »

Extrait de : E. Faye. « Cicatrices. »

L’été de la reine bleue par Estelle Faye

Fiche de L’été de la reine bleue

Titre : L’été de la reine bleue
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2024
Editeur : Nathan

Première page de L’été de la reine bleue

« Chloé. Ma Chlo. Je ne sais pas quand tu recevras ce message. Ils nous ont dit qu’on aurait pas de réseau au centre. Enfin pas toujours. À cause des orages. Je vais arriver juste au début de la saison des orages. L’été. Premier mai, début de l’été. À GP, notre Grand Paris à nous, c’est là que commence le temps des canicules, et des nuages de poussières qui teintent de jaune le marron du ciel. Tu te souviens, ma Chlo, quand on était gamines, qu’on grimpait en douce sur le toit de l’immeuble, sur le gazon sec et cramé d’une tentative de végétalisation ratée ? Quand on avait quoi, sept, huit ans, on pouvait encore voir un peu de bleu au-dessus du brun… Pourtant, je m’en rends compte maintenant, on n’a jamais pensé à partir. On rêvait, bien sûr… Tu te souviens comme on rêvait ? Que plus tard, on serait très riches, enfin riches assez pour aller vivre sous la bulle de Paris Centre, là où il y a du faux ciel clair et des vrais parcs verts avec des plantes vivantes, et de l’air filtré donc je ne cracherais pas mes poumons dès qu’il arrête de pleuvoir… Ça nous arriverait jamais, bien sûr, on en était parfaitement conscientes, alors nos rêves devenaient de plus en plus délirants, pour compenser. Même ça, on a fini par arrêter, je me rappelle plus trop comment.
C’est drôle, un peu, quand on y pense, que jamais on ait parlé de partir. »

Extrait de : E. Faye. « L’été de la reine bleue. »

L’île pirate par Estelle Faye

Fiche de L’île pirate

Titre : L’île pirate (tome 3 sur 4 – Les magies de l’Archipel)
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2023
Editeur : Nathan

Première page de L’île pirate

« Il existe une île, quelque part sur la mer Turquoise, différente de toutes les autres. Là-bas, les plages sont de sable noir et rouge. Des cactus verts et des vignes poussent sur les pentes grises des montagnes, qui sont d’anciens volcans depuis longtemps endormis. Là-bas, les couleurs sont plus étranges qu’ailleurs. On y trouve des vallées claires comme la lune, des lacs aux eaux jaune safran.

Cette île est différente aussi parce qu’il n’y a pas de roi ni de reine. Elle n’obéit ni à un calife ni à un sultan. Ses habitants choisissent librement ceux qui les gouvernent. Ses ports sont protégés par de solides fortifications de pierre, avec des canons tournés vers le large. Car ce ne sont pas de simples marins qui s’arrêtent sur ces rivages : ce sont des équipages pirates. Cette île s’appelle Kallisté.
 
C’est là-bas que se rendaient Kassem et la navigatrice Elissa. Depuis que Nour, la petite sœur de Kassem, était devenue une sirène, tous deux communiquaient à marée basse au travers des flaques laissées par la mer sur la plage. Nour le guidait dans sa recherche de trois livres anciens porteurs d’un savoir inouï. »

Extrait de : E. Faye. « Les magies de l’archipel – L’île pirate. »

Arcadia par Estelle Faye

Fiche de Arcadia

Titre : Arcadia (tome 1 sur 4 – Les magies de l’Archipel)
Auteur : Estelle Faye
Date de parution : 2022
Editeur : Nathan

Première page de Arcadia

« Nour se réveilla au milieu de la nuit, battit plusieurs fois des paupières. La lumière de la lune entrait par la fenêtre ouverte. Une légère brise gonflait les rideaux de soie. Nour descendit du lit sans bruit, avança jusqu’à l’ouverture. Elle ne devait réveiller personne, surtout pas Halima, sa nourrice, qui dormait dans la pièce à côté. Nour soupira. Elle aimait bien Halima mais, à six ans, elle n’avait plus besoin de nourrice…

La fillette repoussa les rideaux. La nuit était très douce. La vue depuis la fenêtre était vertigineuse. Nour et sa famille logeaient dans l’un des plus hauts étages du palais, juste un peu plus bas que le calife lui-même. Sa mère était archiviste, et son père, l’intendant des splendides jardins du palais. Même en pleine nuit, le parfum des fleurs, des jasmins et des volubilis montait jusqu’à la chambre de Nour. »

Extrait de : E. Faye. « Arcadia – Les magies de l’Archipel. »

Les fourneaux de Crachemort par Raphaël Bardas

Fiche de Les fourneaux de Crachemort

Titre : Les fourneaux de Crachemort
Auteur : Raphaël Bardas
Date de parution : 2024
Editeur : Mnémos

Première page de Les fourneaux de Crachemort

« Assis en tailleur sur le sable, au cœur d’un cercle d’arbres morts, desséchés par les vents tueurs venus du désert des Carcasses, l’enfant joue. Du bout d’un bâton, il malmène une motte de pierre molle, il tape, il roule, il fait une boule, puis il plante son arme en son cœur flasque. Il ne s’en émeut pas.

Son nez coule. Ses oreilles bourdonnent.

Au loin tremble le sol.

Ils arrivent.

Retentit le bruit, sonne la fureur.

Leurs ombres s’étalent alentour, l’encerclent et le recouvrent, mais lui n’en voit rien. Les échardes dans ses yeux l’en empêchent. Il n’en voit rien mais il sait tout.

Car il est l’enfant-monde. Le dieu abandonné aux yeux de ronces.

Les strégoïkas et leurs chagrins errants ont recommencé à semer la mort. Il s’en étonne et s’en émeut, car leur reine n’est plus de ce monde, elle sommeille au fond de lui. Qui a rallumé les brasiers de Crachemort ? »

Extrait de : R. Bardas. « Les fourneaux de Crachemort. »