Auteur/autrice : CH91

 

Les fragments d’une couronne brisée par Raymond E. Feist

Fiche de Les fragments d’une couronne brisée

Titre : Les fragments d’une couronne brisée (Tome 4 sur 4 – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1998
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de Les fragments d’une couronne brisée

« On frappa à la porte.

— Entrez, ordonna le roi de la Triste Mer.

Ce faisant, il leva les yeux d’une note écrite à la hâte que venait juste de lui remettre Kahil, le capitaine de son service de renseignement.

Le général Nordan entra et brossa son manteau pour en ôter la neige.

— C’est une terre bien froide que vous avez trouvé à gouverner, Majesté, commenta-t-il en souriant.

Kahil ne reçut de sa part qu’un très bref hochement de tête.

— Il fait froid mais, au moins, cette terre nous offre de la nourriture et du bois pour nous chauffer, répliqua Fadawah. (L’ancien général en chef des armées de la reine Émeraude était devenu depuis le souverain de la cité d’Ylith et de ses environs.) Parmi les traînards qui continuent à nous rejoindre, certains viennent d’aussi loin que la Lande Noire et la description qu’ils nous font de la situation dans le royaume de l’Ouest est plutôt désespérée. »

Extrait de : R.E Feist. « Les fragments d’une couronne brisée – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor. »

La rage d’un roi démon par Raymond E. Feist

Fiche de La rage d’un roi démon

Titre : La rage d’un roi démon (Tome 3 sur 4 – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1997
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de La rage d’un roi démon

« Dans l’ancienne salle du trône de Jarwa, le dernier sha-shahan des Sept Nations saaures, le mur de pierre situé face au siège d’un pouvoir désormais vacant miroitait.

Haut de neuf mètres, il parut onduler avant de disparaître complètement au profit d’un grand trou noir et béant. D’horribles créatures dotées de crocs terribles et de griffes empoisonnées se rassemblèrent tout autour. Certaines avaient un faciès d’animal mort, alors que d’autres présentaient un aspect humanoïde. Quelques-unes arboraient fièrement des ailes, des andouillers ou des cornes de taureau. Mais, en dépit de leurs différences physiques, elles possédaient la même effroyable nature ; c’étaient des êtres aux intentions maléfiques, dotés d’une musculature puissante et capables de manipuler la magie noire. »

Extrait de : R.E Feist. « La rage d’un roi démon – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor. »

L’ascension d’un prince marchand par Raymond E. Feist

Fiche de L’ascension d’un prince marchand

Titre : L’ascension d’un prince marchand (Tome 2 sur 4 – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1995
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de L’ascension d’un prince marchand

« L’âme hurla.

Le démon se retourna. Sa gueule béante lui donnait l’air de sourire en permanence, aussi était-il difficile de deviner son humeur. Seul le léger écarquillement de ses yeux montrait à quel point il était ravi. Ses orbites noires, mornes et sans vie, semblables à celles d’un requin, contemplèrent pendant un moment le bocal qui constituait son unique bien.

L’âme enfermée à l’intérieur se montrait particulièrement active. C’était une chance pour le démon d’avoir pu s’en emparer et la garder. Il plaça le bocal sous son menton et ferma les yeux afin de laisser l’énergie qui en émanait envahir son être. Le bonheur ne faisait pas partie de la gamme de ses émotions, car il ne connaissait que la peur ou la colère. »

Extrait de : R.E Feist. « L’ascension d’un prince marchand – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor. »

L’ombre d’une reine noire par Raymond E. Feist

Fiche de L’ombre d’une reine noire

Titre : L’ombre d’une reine noire (Tome 1 sur 4 – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1994
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de L’ombre d’une reine noire

« Au milieu du fracas des tambours, les guerriers saaurs chantaient leurs hymnes, se préparant pour la bataille à venir. Des bannières en loques pendaient mollement, accrochées aux hampes des lances ensanglantées. Les visages verts, bariolés de peintures rouge et jaune, étaient tournés en direction de l’ouest. Là, les incendies projetaient des lueurs ocre et cramoisi sur l’épais linceul de fumée noire qui masquait l’orbe déclinant du soleil et la tapisserie d’étoiles familières.

Jarwa, le sha-shahan des Sept Nations, souverain de l’empire de l’Herbe et seigneur des Neuf Océans, ne pouvait détacher son regard de ce désastre. Toute la journée, il avait observé la progression des incendies dans le lointain. Malgré la distance, les hurlements des vainqueurs et les cris des victimes avaient retenti durant tout l’après-midi. »

Extrait de : R.E Feist. « L’Ombre d’une reine noire – La guerre des Serpents – Les chroniques de Krondor. »

Le boucanier du roi par Raymond E. Feist

Fiche de Le boucanier du roi

Titre : Le boucanier du roi (Tome 2 sur 2 – L’entre deux guerres – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1992
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de Le boucanier du roi

« Ghuda s’étira.

Une voix de femme s’éleva dans la pièce derrière lui.

— Sortez d’ici !

L’ancien mercenaire, assis sur une chaise sous le porche de son auberge, posa les pieds sur la balustrade. Derrière lui, la sérénade recommençait, comme tous les soirs. A Elarial, les riches voyageurs descendaient dans les grands hôtels ou dans les palaces qui bordaient les plages au sable d’argent. L’auberge du Heaume Cabossé devait se contenter de satisfaire les besoins d’une clientèle plus fruste : conducteurs de chariots, mercenaires, fermiers venus porter leur récolte en ville et soldats de la campagne.

— Dois-je appeler le guet ? s’écria la femme à l’intérieur de la salle commune.

Ghuda était un homme d’une forte carrure, mais il n’avait pas pris une once de graisse depuis qu’il était en retraite, car la gestion d’une auberge n’était pas une tâche de tout repos. Ses armes étaient toujours parfaitement aiguisées, car il avait été plus d’une fois obligé de jeter l’un ou l’autre de ses clients dehors. »

Extrait de : R.E Feist. « Le boucanier du roi – L’entre deux guerres – Les chroniques de Krondor. »

Prince de sang par Raymond E. Feist

Fiche de Prince de sang

Titre : Prince de sang (Tome 1 sur 2 – L’entre deux guerres – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 1989
Traduction : I. Pernot
Editeur : Bragelonne

Première page de Prince de sang

« Le calme régnait dans l’auberge.

Les murs noircis de suie absorbaient la lumière de la lanterne et ne renvoyaient que peu de clarté. Le feu qui se mourait dans l’âtre n’offrait guère de chaleur et encore moins de gaieté, à en juger par l’attitude de ceux qui avaient choisi de s’asseoir devant lui. Contrairement à la plupart des établissements de cet acabit, l’auberge était lugubre. Des hommes assis dans des recoins obscurs discutaient à voix basse, et il valait mieux ne pas surprendre leur conversation si l’on n’était pas concerné. Un grognement approbateur, en réponse à une proposition murmurée, ou le rire amer d’une femme à la vertu négociable étaient les seuls sons qui brisaient le silence. La plupart des clients du Docker Endormi n’avaient d’yeux que pour le jeu. »

Extrait de : R.E Feist. « Prince de sang – L’entre deux guerres – Les chroniques de Krondor. »

Terre errante par Liu Cixin

Fiche de Terre errante

Titre : Terre errante
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2000
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page Terre errante

« Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver.
Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.
Quarante-deux années avaient été nécessaires pour interrompre la rotation de la planète, soit trois de plus que dans le plan initial dressé par le gouvernement de la Coalition. Ma mère m’a raconté comment elle avait contemplé en famille le dernier crépuscule. Le soleil était descendu, lentement, comme s’il avait décidé de faire halte sur la ligne de l’horizon. Trois jours et trois nuits s’étaient écoulés avant qu’il disparaisse enfin. Bien entendu, à compter de cet instant, il n’y a plus eu ni “jour” ni “nuit”. Pendant longtemps – une décennie environ –, l’hémisphère Est a été enveloppé dans un crépuscule permanent, car le soleil n’avait pas totalement sombré derrière l’horizon : la moitié du ciel visible était encore inondée de sa lueur. C’est durant cet interminable âge crépusculaire que je suis venu au monde. »

Extrait de : L. Cixin. « Terre errante. »

L’ère de la supernova par Liu Cixin

Fiche de L’ère de la supernova

Titre : L’ère de la supernova
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2003
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page L’ère de la supernova

« En ce temps-là, la Terre était un astre dans le ciel.

En ce temps-là, Pékin était une ville sur la Terre.

Au milieu de l’océan de lumières de cette ville, il y avait une école et, dans cette école, une salle de classe et, dans la salle de classe, des élèves participaient à une cérémonie de remise
des diplômes. Comme inévitablement en ce genre d’occasion, les enfants parlaient de leurs rêves de futur.

— Moi, je veux être général ! lança Lü Gang, un gamin chétif, mais qui dégageait une sensation naturelle de puissance, rare chez les enfants de cet âge.

— Nul ! commenta un enfant. Il n’y aura bientôt plus de guerre sur la planète. Tu ne ferais rien d’autre que diriger des exercices.

— Moi, je veux devenir médecin ! fit d’une voix fluette une jeune fille nommée Lin Sha, provoquant aussitôt une salve de rires moqueurs. »

Extrait de : L. Cixin. « L’ère de la supernova. »

Des dinosaures et des fourmis par Liu Cixin

Fiche de Des dinosaures et des fourmis

Titre : Des dinosaures et des fourmis
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2003
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page Des dinosaures et des fourmis

« Si l’on condensait toute l’histoire de la Terre en une journée, une heure équivaudrait à deux cents millions d’années, une minute à trois millions trois cent mille ans et une seconde à cinquante-cinq mille.
La vie serait apparue à huit ou neuf heures du matin, quant à la civilisation humaine, elle n’aurait émergé qu’au dernier dixième de la dernière seconde de cette journée. Entre le mo­­ment où les philosophes ont dé­­battu pour la toute première fois sur les marches d’un temple de la Grèce antique, celui où les esclaves d’Égypte ont posé la première pierre de la grande pyramide de Khéops, celui où Confucius a offert son enseignement à son premier disciple dans une hutte de chaume à la lueur d’une bougie et celui où vous avez tourné la première page de ce livre, il ne se serait écoulé qu’un dixième de tic-tac de l’horloge.
Or que faisait la vie sur Terre pendant les heures ayant précédé ce dixième de seconde ? Les êtres vivants se con­tentaient-ils de nager, de courir, de se reproduire et de dormir ? »

Extrait de : L. Cixin. « Des dinosaures et des fourmis. »

Boule de foudre par Liu Cixin

Fiche de Boule de foudre

Titre : Boule de foudre
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2018
Traduction : N. Giovanetti
Editeur : Actes Sud

Première page de Boule de foudre

« Ce jour-là, c’était mon anniversaire. Ce n’est que le soir, lorsque j’ai vu papa et maman allumer les bougies du gâteau d’anniversaire, et que nous nous sommes assis tous les trois autour de ces quatorze petites flammes, que je m’en suis souvenu.
C’était une nuit d’orage. L’univers entier semblait se réduire aux éclairs qui zébraient sans arrêt le ciel et à la petite pièce où nous nous tenions. Chaque fois que fulgurait la lumière bleue d’un éclair, à l’extérieur, les gouttes de pluie se figeaient brièvement dans une clarté absolue ; elles semblaient presque solides, tel un dense réseau de cristaux étincelants suspendu entre ciel et terre. Une idée m’est soudain venue à l’esprit : ce serait très amusant si le monde était toujours comme ça. En sortant de chez soi, on marcherait tous les jours à travers un nuage de cristaux, qui bruisseraient autour de nous avec un doux son de clochettes. Mais comment un univers aussi finement ciselé pourrait-il supporter la violence du tonnerre et des éclairs ?… Le monde que je voyais avait toujours été différent du monde que voyaient les autres. J’essayais toujours de le faire changer de forme dans mon esprit. À cet âge, c’était la seule chose que je savais vraiment sur moi-même. »

Extrait de : L. Cixin. « Boule de foudre. »