Auteur/autrice : CH91

 

Avec ses yeux par Liu Cixin

Fiche de Avec ses yeux

Titre : Avec ses yeux
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2011
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Bélial

Première page de Avec ses yeux

« Après plus de deux mois de travail ininterrompu, j’étais harassé de fatigue. Aussi demandai-je au directeur du Centre de navigation aérospatiale de m’accorder deux jours de congé, histoire de m’aérer et de me changer les idées. Mon supérieur accepta, à la condition que je prenne une paire d’yeux avec moi. J’acquiesçai et il m’accompagna jusqu’à une petite pièce au bout d’un long corridor, là où les yeux étaient entreposés. Il n’en restait qu’une dizaine de paires.

Le directeur me confia l’une d’entre elles, puis m’indiqua un immense écran mural afin de me présenter leur propriétaire. La jeune femme en question, semblant tout juste sortie de la faculté, me fixait d’un regard candide. Elle paraissait flotter dans son ample combinaison spatiale, et son air presque effaré témoignait manifestement de sa prise de conscience récente que l’espace n’avait rien du paradis romantique dont elle rêvait du temps où elle fréquentait les bibliothèques universitaires  ; elle faisait désormais face à l’infernale réalité du vide intersidéral. »

Extrait de : L. Cixin. « Avec ses yeux. »

La mort immortelle par Liu Cixin

Fiche de La mort immortelle

Titre : La mort immortelle (Tome 3 sur 3 – Le problème à trois corps)
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2010
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page de La mort immortelle

« Rassemblant ses pensées, Constantin XI Paléologue repoussa devant lui la pile de cartes des défenses de la cité, il resserra sa robe violette et attendit en silence.
Il possédait un sens du temps très précis : les vibrations retentirent au moment attendu, comme si elles naissaient dans les profondeurs de la terre, sourdes, mais violentes. Les oscillations firent fredonner le candélabre d’argent. Une volute de poussière, attendant probablement depuis un millénaire accrochée au plafond du Grand Palais, se détacha et perla sur les flammes, explosant en étincelles. L’onde de choc était provoquée par un des boulets de granit de deux cents livres qui frappait les murs de Constantinople toutes les trois heures – le temps nécessaire aux Ottomans pour recharger le gigantesque canon imaginé par l’ingénieur Urbain. Ce que bombardait ce canon, c’étaient les murs les plus résistants du monde : bâtis sous le règne de Théodose II au ve siècle, ils n’avaient cessé d’être étendus et renforcés au fil du temps et constituaient aujourd’hui la principale défense des Byzantins contre leurs ennemis. Mais les boulets creusaient maintenant des trous dans ces remparts, comme si ces derniers étaient lentement grignotés par un géant informe. »

Extrait de : L. Cixin. « La mort immortelle – Le problème à trois corps. »

La forêt sombre par Liu Cixin

Fiche de La forêt sombre

Titre : La forêt sombre (Tome 2 sur 3 – Le problème à trois corps)
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2008
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page de La forêt sombre

« La fourmi brune avait déjà oublié que ce lieu avait jadis été son foyer. Pour la Terre et pour les étoiles qui venaient tout juste de poindre dans le ciel vespéral, cette période n’avait été qu’une dérisoire parenthèse mais, pour la fourmi, cela frisait l’éternité. En ces temps reculés, son monde avait été renversé. La terre s’était envolée et, à sa place, avait surgi un gouffre vaste et profond, puis la terre était revenue dans un bruit de tonnerre et le gouffre avait disparu. À ce qui avait été l’une de ses extrémités se dressait maintenant une butte noire et solitaire. Ces événements se produisaient souvent sur cet immense territoire, la terre se volatilisait avant de faire son retour, des gouffres s’ouvraient avant d’être recouverts, puis s’ensuivait la naissance d’une butte solitaire, témoin visible de chaque nouvelle catastrophe. Sur le chemin du soleil couchant, la fourmi brune et ses centaines de sœurs escortaient la reine survivante à la recherche d’un lieu où fonder un nouvel empire. »

Extrait de : L. Cixin. « La forêt sombre – Le problème à trois corps. »

Le problème à trois corps par Liu Cixin

Fiche de Le problème à trois corps

Titre : Le problème à trois corps (Tome 1 sur 3 – Le problème à trois corps)
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2006
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Première page de Le problème à trois corps

« L’assaut de l’Union rouge contre le quartier général de la brigade du 28 Avril durait depuis déjà deux jours. Tout autour de l’édifice, les drapeaux de la brigade claquaient au vent, telles des torches attendant d’être ravivées.

L’officier en chef de l’Union rouge était terriblement inquiet, non qu’il ait peur des miliciens en faction dans la tour – les deux cents et quelques hommes de la brigade du 28 Avril ne pesaient pas bien lourd face aux gardes rouges de l’Union, fondée au début de l’année 1966 et dont la puissance économique et militaire était sans rivale. Ce qu’il craignait, c’étaient les quelques dizaines de fours de métal en fusion entreposés à l’intérieur du bâtiment. Ceux-ci, reliés par des détonateurs électriques, étaient pleins à ras bord d’explosifs. Il ne pouvait les voir, mais il pouvait sentir leur présence magnétique. Un doigt sur un bouton et tous seraient réduits en cendres. »

Extrait de : L. Cixin. « Le problème à trois corps. »

Les migrants du temps par Liu Cixin

Fiche de Les migrants du temps

Titre : Les migrants du temps (Tome 2 sur 2 – Nouvelles complètes)
Auteur : Liu Cixin
Date de parution :
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Sommaire de Les migrants du temps

  • Les hommes et le dévoreur
  • Le nuage de poèmes
  • La gloire et le rêve
  • Le canon de la Terre
  • Les penseurs
  • Les bulles de Yuanyuan
  • Le miroir
  • Prendre soin des Dieux
  • L’hymne à la joie
  • Prendre soin des hommes
  • La montagne
  • Nuit de lune
  • 1er avril 2018
  • Dialogue avec un foetus
  • Pour l’amour de Taiyuan
  • Les migrants du temps
  • Le cercle

Première page de Les hommes et le dévoreur

« Bien qu’il fût tout proche, le colonel était incapable de discerner le cristal translucide qui flottait dans le ciel noir d’encre, aussi invisible qu’un morceau de verre plongé dans un étang profond. Il détermina sa position en se basant sur la déformation de la lumière stellaire, mais en perdit rapidement la trace sur la voûte clairsemée d’étoiles. Soudain, le lointain Soleil se distordit, sa lueur éternelle devint vacillante ; il fut très surpris, mais lui qu’on surnommait le “flegmatique de l’Orient” ne poussa aucun cri d’épouvante, à la différence de la dizaine de collègues qui flottaient à proximité. Il comprit très rapidement que le cristal se trouvait précisément sur la trajectoire entre le Soleil et leur emplacement, à cent millions de kilomètres de ce dernier, et à une dizaine de mètres d’eux. Au cours de la période de plus de trois siècles qui suivrait, cette étrange scène lui reviendrait souvent à l’esprit, et il se demanderait si ce n’était pas un présage du destin de l’humanité… »

Extrait de : L. Cixin. « Les migrants du temps. »

L’équateur d’Einstein par Liu Cixin

Fiche de L’équateur d’Einstein

Titre : L’équateur d’Einstein (Tome 1 sur 2 – Nouvelles complètes)
Auteur : Liu Cixin
Date de parution : 2002
Traduction : G. Gaffric
Editeur : Actes Sud

Sommaire de L’équateur d’Einstein

  • Le chant de la baleine
  • Aux confins du microscopique
  • L’effondrement
  • Avec ses yeux
  • Le feu de la Terre
  • Terre errante
  • L’instituteur du village
  • Le micro-âge
  • La mer des rêves
  • L’ère des anges
  • L’équateur d’Einstein

Première page de Le chant des baleines

« Le vieux Warner était debout à la proue du navire. Pensif, il contemplait les eaux calmes de l’Atlantique. Il ne prenait que rarement le temps de méditer ainsi. D’ordinaire, il savait toujours comment agir, sans avoir besoin de réfléchir ; et il agis­sait d’ailleurs en se passant de toute réflexion. Mais la situation était aujourd’hui plus complexe.
L’apparence physique du vieux Warner ne correspondait pas à l’image démoniaque véhiculée par les médias. Il ressemblait plutôt à un genre de père Noël. En dépit de ses yeux ai­­guisés, son visage rondelet arborait en permanence un sourire affable et généreux. Il ne portait pas d’arme sur lui, à l’exception d’un petit couteau au manche délicatement ouvragé, dissimulé dans la poche de sa veste, et dont il se servait alternativement pour éplucher des fruits ou pour égorger ses ennemis. Mais dans le premier cas comme dans le second, il ne se départait jamais de son sourire. »

Extrait de : L. Cixin. « L’équateur d’Einstein. »

Jimmy les mains vives par Raymond E. Feist et Stephen Michael Stirling

Fiche de Jimmy les mains vives

Titre : Jimmy les mains vives (Tome 3 sur 3 – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist et Stephen Michael Stirling
Date de parution : 2003
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Jimmy les mains vives

« Des hommes se battaient en jurant.

Sur le quai plongé dans la pénombre, Jimmy les Mains Vives se faufilait telle une anguille entre les groupes de combattants. L’acier luisait à la lueur des torches et des lanternes et décrivait parfois un arc rougeâtre étincelant lorsque les cavaliers abattaient leurs épées sur les Moqueurs agiles qui s’efforçaient de les retenir. Le prince Arutha et la princesse Anita n’avaient besoin que de quelques secondes supplémentaires pour s’enfuir, et la bataille avait atteint ce pic de violence frénétique caractéristique du désespoir. Des hurlements de rage et de douleur déchiraient l’air nocturne, accompagnés par le fracas des armes et le martèlement des sabots ferrés qui projetaient des étincelles en retombant sur les pavés.

Face aux soldats de métier, il n’y avait que des gredins et des bandits. Mais les chevaux des militaires glissaient sur les planches et les pierres lisses des quais, et la lumière tremblotante était plus incertaine encore que leur équilibre. »

Extrait de : R.E Feist + S.M Stirling. « Jimmy les Mains Vives – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor. »

Meurtres à LaMut par Raymond E. Feist et Joel Rosenberg

Fiche de Meurtres à LaMut

Titre : Meurtres à LaMut (Tome 2 sur 3 – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist et Joel Rosenberg
Date de parution : 2002
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Meurtres à LaMut

« C’était une nuit noire et venteuse.

Ce qui convenait très bien à Durine.

En même temps, la déesse Killian, qui contrôlait le climat, ne lui demandait pas son avis. Les autres dieux et les mortels non plus, d’ailleurs.

Depuis plus de vingt ans qu’il exerçait tantôt comme soldat, tantôt comme mercenaire, et même dans ses vagues souvenirs de sa vie d’avant, peu de gens étaient venus le consulter avant de prendre une décision.

Et ça lui convenait très bien aussi. Le bon côté d’une vie de soldat, c’était qu’on pouvait se concentrer sur les petits détails importants (où enfoncer la pointe de son épée, par exemple) et laisser les grandes décisions aux autres.

De toute façon, se plaindre ne rendrait pas la nuit plus chaude. Râler n’empêcherait pas la neige fondue de l’aveugler à moitié. Et pester ne le débarrasserait pas de la glace qui alourdissait son pardessus en toile tandis qu’il remontait la rue boueuse. »

Extrait de : R.E Feist + J. Rosenberg. « Meurtres à LaMut – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor. »

Un valeureux ennemi par Raymond E. Feist et William R. Forstchen

Fiche de Un valeureux ennemi

Titre : Un valeureux ennemi (Tome 1 sur 3 – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist et William R. Forstchen
Date de parution : 2001
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Un valeureux ennemi

« Il ne pleuvait plus.

Messire Brucal, maréchal des armées de l’Ouest, entra dans le pavillon de l’état-major et s’ébroua comme un cheval de guerre en jurant dans sa barbe.

— Foutu climat, marmonna-t-il.

Le vieux général, encore bien bâti et en forme pour son âge, passa une main gantée sur son front pour écarter ses cheveux humides de ses yeux.

Borric, duc de Crydee et commandant en second du général, regarda son vieil ami avec un sourire ironique. Brucal était un solide guerrier et un allié de confiance sur l’échiquier politique du royaume des Isles. Sur le champ de bataille, c’était un commandant de premier ordre. Mais il souffrait d’une certaine vanité, et le fait que sa majestueuse crinière soit à présent plaquée sur son crâne devait sûrement l’agacer.

— Toujours malade ?

Borric était un bel homme d’âge moyen dont les cheveux et la barbe noirs étaient légèrement saupoudrés de gris. »

Extrait de : R.E Feist + W.R Forstchen. « Un valeureux ennemi – Légendes de Krondor – Les chroniques de Krondor. »

Krondor la larme des dieux par Raymond E. Feist

Fiche de Krondor la larme des dieux

Titre : Krondor la larme des dieux (Tome 3 sur 3 – Legs de la Faille – Les chroniques de Krondor)
Auteur : Raymond E. Feist
Date de parution : 2000
Traduction : I. Pernot
Editeur : Milady

Première page de Krondor la larme des dieux

« Le temps empirait.

Des nuages noirs s’amoncelaient tandis que de violents éclairs déchiraient le ciel et illuminaient la nuit. La vigie perchée dans le mât le plus haut de L’Aube d’Ishap crut apercevoir un mouvement dans le lointain et plissa les yeux pour percer l’obscurité. Il leva la main pour essayer de se protéger de l’écume ainsi que du vent glacial et mordant qui le faisaient larmoyer et il battit des paupières pour chasser l’humidité. Mais le mouvement qu’il avait cru apercevoir avait disparu.

La nuit et la menace de tempête forçaient la vigie à monter la garde dans des conditions exécrables, au cas improbable où le capitaine perdrait son cap. Ce n’était guère possible, songea la vigie, car le capitaine était un marin expérimenté, choisi pour son habileté à éviter le danger, entre autres qualités. »

Extrait de : R.E Feist. « Krondor : la Larme des dieux – Legs de la Faille – Les chroniques de Krondor. »