Auteur/autrice : CH91
Le totem du peuple sans ombre par Michel Honaker

Fiche de Le totem du peuple sans ombre
Titre : Le totem du peuple sans ombre (tome 4 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2013
Editeur : Flammarion
Première page de Le totem du peuple sans ombre
« Chicago, février 1872
La victime était étendue dans le caniveau face contre terre.
À en juger par le filet de sang qui sinuait sur la terre détrempée, l’agression s’était produite quelques instants seulement auparavant. Deux policiers en uniforme se tenaient penchés au-dessus du corps avec la nonchalance de ceux qui sont habitués à ce genre de macabre découverte. Les flammes du Grand Incendie survenu à l’automne précédent avaient peut-être réduit en cendres une grande partie du Patch, ce quartier déshérité bordant Randolph Street… Il n’en restait pas moins un creuset de violence où l’on jouait encore du poignard et du pistolet. Tripots et maisons de tolérance, propices à tous les trafics et à toutes les rivalités de territoire, s’étaient relevés des décombres plus vite que les autres commerces.
Un cercle de badauds commençait à se former autour du corps abandonné aux premières ombres du crépuscule, sans que les deux constables ne prennent la peine de les éloigner. Ces derniers se souciaient peu de recueillir les indices susceptibles de mener au coupable. »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le totem du Peuple sans Ombre. »
Le complot de la dernière aube par Michel Honaker

Fiche de Le complot de la dernière aube
Titre : Le complot de la dernière aube (tome 3 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2012
Editeur : Flammarion
Première page de Le complot de la dernière aube
« Colombie-Britannique, Canada
Mars 1871
Le blizzard dévala des hauteurs sans crier gare. En quelques instants, il répandit son haleine laiteuse parmi les sapins avec la vigueur d’une avalanche. En dépit de nos manteaux en peau de castor, nous nous retrouvâmes d’un coup fouettés et griffés par des houppelandes de minuscules cristaux de glace. Plus question de continuer. Il fallait rapidement trouver un refuge. Les chevaux que nous menions par la longe renâclèrent avec force et il fallut les convaincre de nous suivre à l’abri d’un rocher qui émergeait non loin de là. Comme s’il ne suffisait pas que la neige nous monte jusqu’à mi-cuisse et que ce maudit froid s’insinue jusqu’à la moelle de nos os…
Le décor de montagnes et de forêts s’effaça autour de nous et nous courbâmes l’échine face à ce déferlement imprévu. Le Wild ne se laissait pas si facilement explorer. No, Sir. Le Wild. Ce seul nom… »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le complot de la dernière aube. »
Le rituel de l’ogre rouge par Michel Honaker

Fiche de Le rituel de l’ogre rouge
Titre : Le rituel de l’ogre rouge (tome 2 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de Le rituel de l’ogre rouge
« Au nord de l’État de Californie
Printemps 1870
Aussi loin que je me souvienne, jamais je n’eus aussi froid qu’en poussant mon cheval dans les derniers lacets menant à Trader Camp. Le crépuscule m’avait pris de vitesse et répandait ses encres sur les versants escarpés des monts Klamath. Des neiges résistantes nacraient les rochers drus et l’air giflait mon visage aussi durement qu’une cravache en cuir. C’est qu’ici l’hiver refusait de donner libre cours au renouveau des saisons. Il s’accrochait à chaque escarpement, chaque combe, avec la férocité d’un ours refusant de partager son butin.
J’avais passablement sous-estimé les rigueurs du climat de la Californie du Nord.
J’aurais dû plier sous une fourrure d’ours et porter un bonnet en bonne vieille peau de castor, mais non : cette marotte de toujours vouloir m’habiller avec élégance, en toutes circonstances, l’avait emporté sur la prudence la plus élémentaire. »
Extrait de : M Honaker. « Agence Pinkerton – Le rituel de l’ogre rouge. »
Le châtiment des hommes-tonnerres par Michel Honaker

Fiche de Le châtiment des hommes-tonnerres
Titre : Le châtiment des hommes-tonnerres (tome 1 sur 4 – L’Agence Pinkerton)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2011
Editeur : Flammarion
Première page de Le châtiment des hommes-tonnerres
« Salt Lake City, États-Unis
Hiver 1869
Quand les trois hommes montèrent à bord du Transcontinental pour Sacramento, le moins prévenu des observateurs aurait immédiatement deviné qu’ils appartenaient à « l’Agence ». Certes, ils n’arboraient aucun insigne officiel mais une foule de détails concordants ne laissait planer aucun doute sur le sujet. D’abord, ils étaient tirés à quatre épingles, costumes sombres, gilets de soie passés sur chemises blanches, chapeaux ronds à bords roulés, sortant à l’évidence de la même boutique de confection. Au-delà de cette élégance, ils soignaient visiblement leur hygiène, vertu étonnante à cette époque où le bain était encore un luxe bourgeois. Mais c’était surtout leur posture qui ne prêtait à aucune confusion, cette manière inimitable d’être sur le qui-vive, l’œil mobile, la main ballant le long de la cuisse, prête à dégainer les revolvers Remington Model Army qui s’y trouvaient accrochés. »
Extrait de : M. Honaker. « Agence Pinkerton – Le chatiment des hommes-tonnerres. »
Paul J. McAuley

Présentation de Paul J. McAuley :
Né le 23 avril 1955 en Angleterre, Paul J. McAuley présente cette particularité, fort appréciable dans le domaine de l’anticipation, d’allier les lettres aux sciences dures. En effet, avant de se consacrer pleinement à la littérature d’imagination au tournant des années 1990, ce charmant romancier fut chercheur et professeur en botanique et en biologie. Il a notamment exercé ses talents au sein de la prestigieuse université d’Oxford.
Cette solide formation scientifique irrigue l’ensemble de son œuvre, lui conférant une rigueur et une vraisemblance tout à fait remarquables. L’on parle à son sujet de hard science-fiction, une ramification du genre où les spéculations s’appuient sur des connaissances scientifiques exactes.
Paul J. McAuley a fait une entrée pour le moins fracassante dans la république des lettres avec son premier roman, Quatre cents milliards d’étoiles, qui lui valut de remporter l’illustre prix Philip K. Dick. Mais c’est sans conteste avec Féerie (Fairyland), couronné par le prestigieux prix Arthur C. Clarke en 1996, qu’il a imposé sa vision singulière. Dans cet ouvrage d’une terrifiante acuité, il délaisse la quincaillerie spatiale pour nous plonger dans une Europe du futur ravagée par les manipulations génétiques et les nanotechnologies, donnant ainsi ses lettres de noblesse à un sous-genre que les exégètes nomment parfois le « biopunk ».
Fort d’une plume prolifique, l’auteur ne s’est point cantonné à ces sombres visions dystopiques. Il a également offert à ses lecteurs de vastes fresques spatiales, à l’instar du remarquable cycle de La Guerre tranquille (The Quiet War), où se joue une lutte politique et militaire impitoyable entre la Terre, dominée par de puissantes oligarchies écologistes, et les colonies rebelles établies sur les lunes de Saturne et de Jupiter. Paul J. McAuley y excelle dans la description d’écosystèmes extraterrestres terraformés, témoignant une fois de plus de son amour immodéré pour les sciences de la vie.
L’on trouve également chez lui un attrait indéniable pour l’uchronie et l’histoire alternative, comme en témoignent d’autres ouvrages de sa foisonnante bibliographie, toujours rédigés avec une élégance de style et une intelligence de propos qui forcent le respect.
C’est une œuvre exigeante, certes, mais infiniment stimulante pour l’intellect, qui saura, je n’en doute point, charmer le vôtre.
Livres de Paul J. McAuley :
Jackaroo :
- non traduit
- Le choix (2011)
Quatre cents milliards d’étoiles :
- Quatre cents milliards d’étoiles (1988)
- non traduit
- La lumières des astres (1991)
Austral (2017)
Cowboy angels (2007)
Féerie (1995)
Glyphes (2005)
L’Homme (2012)
La guerre tranquille (2008)
Les conjurés de Florence (1994)
Les diables blancs (2004)
Sable rouge (1993)
Une invasion martienne (2001)
Une seconde peau (1997)
Pour en savoir plus sur Paul J. McAuley :
La page Wikipédia sur P. J. McAuley
La page Noosfere sur P. J. McAuley
La page isfdb de P. J. McAuley
Philip Reeve

Présentation de Philip Reeve :
Né le 28 février 1966 dans la riante cité balnéaire de Brighton, Philip Reeve appartient à cette belle lignée d’hommes de lettres britanniques pourvus d’une fantaisie débordante. Il convient de souligner que ce charmant romancier n’a point commencé sa carrière la plume à la main, mais bien le pinceau au poing ! Avant d’embrasser le métier d’écrivain, il s’est en effet illustré durant de nombreuses années comme dessinateur de talent, mettant son coup de crayon au service d’ouvrages destinés à la jeunesse.
C’est au tout début de notre millénaire que Philip Reeve a véritablement secoué le monde des lettres de l’imaginaire avec la parution de sa fresque majeure : Mécaniques fatales (Mortal Engines dans la langue de Shakespeare). L’auteur y déploie une imagination que l’on qualifiera sans peine d’ébouriffante. Imaginez un peu : dans un avenir fort lointain et passablement dévasté par un cataclysme d’antan, les villes d’Europe ne sont plus immobiles. Métamorphosées en de gigantesques mastodontes sur chenilles, les métropoles telles que Londres sillonnent des terres désolées pour traquer, harponner et dévorer les bourgades plus modestes, dans le but de s’approprier leurs précieuses ressources.
Philip Reeve baptise ce système cruel et fascinant le « darwinisme municipal ». Bien que l’on y retrouve indéniablement cette plaisante saveur de ferraille, de cuivre et de vapeur propre à la mouvance « steampunk », l’auteur britannique y insuffle une envergure tragique, des machinations politiques diablement bien ficelées et une noirceur tout à fait remarquables.
Si cette tétralogie, de même que les récits qui la précèdent (tels que Fever Crumb), s’adresse de prime abord à un jeune lectorat, il serait fort fâcheux de s’y arrêter. Les esprits adultes et curieux y trouveront une lecture d’une grande richesse allégorique. Philip Reeve a également prouvé la redoutable polyvalence de son talent avec d’autres ouvrages d’anticipation tels que L’Étoile noire (Railhead), qui nous convie à un voyage étourdissant à bord de trains interstellaires doués de conscience.
Livres de Philip Reeve :
Le monstre des abysses :
Mécaniques fatales :
- Mécaniques fatales (2001)
- L’or du prédateur (2003)
- Machinations infernales (2005)
- Plaine obscure (2006)
Pour en savoir plus sur Philip Reeve :
La page Wikipédia sur P. Reeve
La page Noosfere sur P. Reeve
La page isfdb de P. Reeve
Stations des profondeurs par Michael Swanwick

Fiche de Stations des profondeurs
Titre : Stations des profondeurs
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1991
Traduction : E. Wessberge
Editeur : J’ai lu
Première page de Stations des profondeurs
« Le bureaucrate tomba du ciel.
Pendant un instant, il aperçut l’étendue bleu et blanc de Miranda, avec ses calottes polaires gonflées, prêtes à fondre, puis il fonça vers le sol. Il passa à grande vitesse au-dessus des plaines rocailleuses du Piedmont et atteignit Port Richmond, terminus de l’aérostat, qu’il quitta par le premier vol. Le Léviathan le haussa à la verticale des chutes, puis survola les forêts et les collines madréporiques de Vive Eau. L’écosystème, anticipant la grande marée du jubilé et ses mystérieuses mutations, était en pleine effervescence. Dans les villages délabrés et les plantations éparses, les gens faisaient provision de marchandises variées en vue de l’évacuation.
Le salon du Léviathan était désert. Mains jointes derrière le dos, le bureaucrate regardait d’un air maussade à travers les baies vitrées. À l’horizon, la ligne trouble et bleutée du Piedmont annonçait le front d’un orage. »
Extrait de : M. Swanwick. « Stations des profondeurs. »
Le baiser du masque par Michael Swanwick

Fiche de Le baiser du masque
Titre : Le baiser du masque
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1985
Traduction : M. Lederer
Editeur : Denoël
Première page de Le baiser du masque
« Keith Piotrowicz était au marché italien quand il vit passer le monstre janusien. C’était la veille de la Fête des Masques, et la 9e Rue grouillait de gens qui, se bousculant sur trois files, effectuaient leurs achats entre les quatre rangées d’éventaires.
La patrouille qui avait tué le monstre ramenait son corps à l’Hôtel des Masques. Le cadavre, tel un trophée, était suspendu à deux longues perches croisées à hauteur de son dos et il se balançait juste au-dessus de la tête des passants.
Les marchands se détournaient de leurs étalages de légumes ou cessaient de se chauffer les mains aux flammes des poubelles pour contempler le spectacle. Les enfants ramassaient des pommes de terre pourries et des feuilles de laitue noircies parmi les ordures jonchant le sol pour les lancer vers le monstre avec des cris et des quolibets. Les Masques réagissaient par de larges sourires, bombant le torse. Le béret blanc incliné, l’air désinvolte, ils échangeaient des plaisanteries avec les badauds, feignant en riant de précipiter le corps dans leur direction. »
Extrait de : M. Swanwick. « Le baiser du masque. »
Jack Faust par Michael Swanwick

Fiche de Jack Faust
Titre : Jack Faust
Auteur : Michael Swanwick
Date de parution : 1997
Traduction : JP Pugi
Editeur : Payot
Première page de Jack Faust
« Au début de ce siècle, Wittenberg était un microcosme, une ville fortifiée dont les six mille âmes doublaient pendant l’année universitaire, une île coupée du reste du monde par ses douves et par l’Elbe, indifférente à tout ce qui se situait au-delà de ses remparts, aussi inique, dévote et surpeuplée que partout ailleurs sur la Terre et aussi avariée qu’un fruit blet. Toutes les croyances étaient irrationnelles. Artisans et ouvriers respectaient des rituels non parce qu’ils étaient convaincus de leur efficacité, mais parce qu’ils leur avaient été enseignés par leurs aînés, qui les tenaient eux-mêmes de leurs aînés, perpétuant une transmission ininterrompue du savoir qui durait depuis l’Antiquité. On fermait les mines aux filons épuisés pour laisser aux gisements d’or et de diamant le temps de se reconstituer. La croyance populaire voulait qu’on pût inséminer des juments sans étalon, qu’il suffisait pour cela d’orienter leur croupe vers un vent d’ouest régulier. Rien de nouveau n’avait été découvert aussi loin que remontaient les souvenirs des hommes et tout restait à comprendre. »
Extrait de : M. Swanwick. « Jack Faust. »
La machine de Lord Kelvin par James Paul Blaylock

Fiche de La machine de Lord Kelvin
Titre : La machine de Lord Kelvin (tome 2 sur 8 – Langdon St. Ives)
Auteur : James Paul Blaylock
Date de parution : 1992
Traduction : S. Salvetti
Editeur : Bragelonne
Première page de La machine de Lord Kelvin
« La pluie tombait depuis des heures et la route du Nord n’était plus qu’un ruban de boue dans les ténèbres. La berline rebondissait et tanguait d’un bord à l’autre de la chaussée, cependant Langdon St. Ives répugnait à ralentir l’allure. Il tenait les rênes d’une main ferme et scrutait la nuit par-dessous le rebord de son chapeau qui dégoulinait d’eau. Ils étaient à deux miles de Crick, où ils pourraient trouver des chevaux frais – si cela s’avérait encore d’utilité une fois là-bas.
Les nuages masquaient la lune, et la nuit était terriblement noire. St. Ives essayait de percer l’obscurité, cherchant du regard l’attelage qui filait devant eux. Ils avaient une chance de rejoindre celui-ci avant d’atteindre Crick, et s’ils y parvenaient, ils n’auraient alors plus besoin de chevaux de rechange ; un cercueil suffirait.
Son esprit vagabonda, il se savait épuisé, et seules la haine et la peur l’animaient désormais. Il s’efforça de concentrer son attention sur la route. Faisant passer les rênes dans sa main gauche, il essuya la pluie de son visage et secoua la tête pour essayer de s’éclaircir les idées. Il se sentait tout de même vaseux, comme drogué. Il ferma les yeux avec force, remuant de nouveau la tête, et manqua de tomber de son siège quand un vertige soudain s’empara de lui. Que lui arrivait-il donc ? Était-il souffrant ? Il envisagea un instant de passer la main à Hasbro, son valet. N’aurait-il pas mieux fait de jeter l’éponge pour cette nuit, et d’essayer de prendre un peu de repos dans la voiture ? »
Extrait de : JP Blaylock. « La Machine de Lord Kelvin. »