Auteur/autrice : CH91
L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça par Catherine Dufour

Fiche de L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça
Titre : L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2012
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça
« Au premier abord, l’histoire de France n’est pas facile à raconter. Et pour cause : c’est toujours la même chose. Des rois, encore des rois, une bonne centaine de rois qui s’appellent presque tous Louis.
Alors, plutôt que de prendre cette histoire comme un pensum, prenons-la comme un voyage. Embarquons sur un beau trois-mâts fin comme un oiseau, et descendons le fleuve du temps en braquant nos jumelles sur les rives des siècles.
Une croisière demande un peu de préparation. Commencez par dérouler sur la table cette carte IGN au 1/100 000e : « Histoire de France : de l’an zéro à l’an 2000 ». Cherchez un petit port nommé « An zéro », tout en haut de la carte. C’est notre point de départ. Suivez du doigt le long fleuve qui le relie à une métropole nommée « An 2000 », en bas de la carte. C’est notre arrivée.
Voici notre itinéraire : nous larguerons les amarres à « An zéro » et le fleuve nous mènera rapidement à « An 500 ». Autant vous prévenir tout de suite : la côte est extrêmement brumeuse, nous ne verrons pas grand-chose. N’espérez pas entrevoir les rives de la France avec vos jumelles, elle n’existe pas encore. »
Extrait de : C. Dufour. « L’Histoire de France pour ceux qui n’aiment pas ça. »
L’arithmétique terrible de la misère par Catherine Dufour

Fiche de L’arithmétique terrible de la misère
Titre : L’arithmétique terrible de la misère
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2020
Editeur : Bélial
Sommaire de L’arithmétique terrible de la misère :
- L’arithmétique de la misère
- Oreille amère
- Une fatwa de mousse de tramway
- WeSiP
- La mer monte dans la gamelle du chat
- Tate moon
- Sans retour et sans nous
- Bobbidi-Boo
- Sensations en sous-sol
- Pâles mâles
- Enemy Isinme
- En noir et blanc et en silence
- Un temps chaud et lourd comme une paire de seins
- La tête raclant la lune
- La vie sexuelle d’Alfred de M.
- Coucou les filles
Première page de L’arithmétique de la misère
« Bootz chaussa ses lunettes VR qui déployèrent devant lui, sur cent vingt degrés, une mosaïque de vignettes. Suspendues dans les airs, elles caviardaient son salon de fenêtres ouvertes sur d’autres mondes. Tendant le doigt, Bootz alluma sa cam :
Rec.
Il se pencha sur ses propres genoux.
[zoom sur sa main droite posée sur sa cuisse – sa propre voix en mode rauque]
« Ce que les hommes désirent, ce sont des produits adaptés à la nature de leur peau. »
Stop.
Il toussa un coup.
Efface. Rec.
« Ce que les hommes veulent, ce sont des soins ciblés pour peau exigeante. »
Extrait de : C. Dufour. « L’Arithmétique terrible de la misère. »
L’accroissement mathématique du plaisir par Catherine Dufour

Fiche de L’accroissement mathématique du plaisir
Titre : L’accroissement mathématique du plaisir
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2008
Editeur : Bélial
Sommaire de L’accroissement mathématique du plaisir :
- Je ne suis pas une légende
- Le sourire cruel des trois petits cochons
- L’immaculée conception
- Vergiss mein nicht
- La lumière des elfes
- Rhume des foins
- Le jardin de Charlith
- Mater Clamorosum
- Confession d’un mort
- Valaam
- Le cygne de Bukowski
- Kurt Cobain contre Dr. No
- Un troll d’histoire
- La perruque du juge
- Le poème au carré
- L’accroissement mathématique du plaisir
- La liste des souffrances autorisées
- L’amour au temps de l’hormonothérapie génique
- Un soleil fauve sur l’oreiller
- Mémoires mortes
Première page de Le sourire cruel des trois petits cochons
« Adeline avait toujours deux kilos à perdre, un travail à durée déterminée et des opinions bien arrêtées sur une douzaine de séries télévisées. En clair, c’était une fille terriblement banale, hors cette habitude, dont elle n’avait jamais réussi à se débarrasser, de s’endormir avec une grosse boîte à gâteaux vide serrée contre elle.
Elle parcourait ses rêves, la boîte sous le bras, et la ramenait emplie de brimborions oniriques. Une fois, c’était une canne sauteuse, une canne en bois noire ramassée dans un cauchemar idiot, qui sautillait tout le temps et qu’Adeline, à bout de patience, enterra nuitamment près d’un calvaire de Rostrenen (elle doit toujours y être). Une autre fois, c’était un bon litre d’eau de lac de fée, qu’Adeline avait mis en bouteille et posé sur sa table de nuit. On y voyait parfois passer le visage idiot d’une sirène ou le regard gélifié d’un noyé. »
Extrait de : C. Dufour. « L’Accroissement mathematique du plaisir. »
Je ne suis pas une légende par Catherine Dufour

Fiche de Je ne suis pas une légende
Titre : Je ne suis pas une légende
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2011
Editeur : Bélial
Première page de Je ne suis pas une légende
« A l’époque où Malo rencontra son premier vampire, il frôlait la dépression.
Après deux ans de bons et loyaux services en tant que Life Time Value Manager chez Johnson & Johnson, une persistante absence de cravate doublée d’une regrettable propension à quitter le bureau en sifflotant sitôt son travail bouclé lui avait valu une mise au placard définitive. Dans les premières semaines de sa relégation, il essaya d’inverser la vapeur : il mit une cravate noire imprimée de petits ours rouges et passa de longues heures supplémentaires près de la machine à café.
Peine perdue.
Il était trop tard.
Beaucoup trop tard.
Johnson & Johnson, société presque centenaire qu’aucune contradiction n’effrayait, avait eu tout le temps de se forger une personnalité aussi obtuse qu’un angle aigu et plus lourde qu’un plateau hercynien. Elle était capable de changer de directoire tous les six mois, de holding tous les ans et d’organisation interne toutes les deux semaines, son logo valsait au gré des graphistes successifs, les plantes vertes erraient de bureau en bureau et les responsabilités gambadaient sans s’arrêter d’un département à l’autre ; mais une fois qu’on était au placard, on n’en sortait plus. »
Extrait de : C. Dufour. « Je ne suis pas une légende. »
Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses par Catherine Dufour

Fiche de Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses
Titre : Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2014
Editeur : Fayard
Première page de Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses
« Dernièrement, j’ai feuilleté le catalogue Jouets d’un grand magasin. Sur fond bleu : des autos, des motos, des bateaux et des boîtes de petit chimiste amusant. Sur fond rose : des poupées qui marchent, parlent et (New !) font leurs dents, dix Barbie princesse et une Barbie passe la loque + son chariot de ménage avec de nombreux articles (seau, balai, balayette, pelle, lessive. « Facile à monter »).
Materner, c’est très bien, faire le ménage, c’est nécessaire, et s’habiller sexy peut être agréable, mais ce ne sont pas les trois seules façons pour une fille de gagner sa vie. Il y en a beaucoup d’autres, souvent bien mieux payées.
J’ai donc, afin de compléter ce catalogue, composé un Guide des métiers pour les petites filles qui compte près de 50 fiches-métier.
Chaque fiche détaille, à travers des exemples concrets, les avantages et les aléas de la profession concernée. Des indications pratiques, comme « études conseillées », « salaire en début de carrière » ou « espérance de vie », accompagnent le texte. »
Extrait de : C. Dufour. « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses. »
Entends la nuit par Catherine Dufour

Fiche de Entends la nuit
Titre : Entends la nuit
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2018
Editeur : L’Atalante
Première page de Entends la nuit
« Aujourd’hui, c’est l’automne. Il est 15 heures à l’horloge de la gare centrale d’Amsterdam. La porte du wagon se referme. Essoufflée, je colle mon front à la vitre tandis que le train démarre. Sur le quai, mes amis crient des choses que je n’entends plus. Dès que je les ai perdus de vue, je m’essuie les joues et vais me rouler en boule au fond d’un siège.
Quand le train entre en gare du Nord, la nuit finit de tomber. L’air froid sent le goudron, le chien malade et la cigarette. Bienvenue à Paris.
Au milieu d’un océan de visages, j’aperçois une petite femme aux traits tirés. Bon sang ! Ce qu’elle a vieilli. Elle m’a vue aussi et trotte vers moi avec un immense sourire. Nous nous embrassons à grands coups de joue, elle m’attrape le bras.
— Dépêche-toi ! Je suis garée n’importe comment, ma voiture va finir à la fourrière.
Je suis au bord de répondre : « Tu iras la chercher toute seule ! »
Quand je réalise avec désespoir qu’elle m’énerve déjà. Je me mords la langue juste à temps. »
Extrait de : C. Dufour. « Entends la nuit. »
Délires d’Orphée par Catherine Dufour

Fiche de Délires d’Orphée
Titre : Délires d’Orphée (Club Van Helsing)
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2007
Editeur : Baleine
Première page de Délires d’Orphée
« Le chasseur passa sa langue sur ses lèvres salées et avança un pied, doucement. Devant lui s’enfonçait un long couloir obscur, d’un noir liquoreux de vin cuit. Rien ne bougeait. Il faisait un froid d’otarie.
Le chasseur cligna plusieurs fois ses yeux brûlés par la sueur, et avança encore.
À cette heure-ci, Bedlam ressemblait à un cimetière après une tornade. Dans la pénombre infrarouge que percevaient les lunettes du chasseur, le vieil hôpital semblait plus lugubre encore qu’en plein jour. Un siècle plus tôt, ses murs épais résonnaient des hurlements des aliénés, et ils en gardaient le souvenir enroué et plaintif. Tout autour du chasseur, la pierre humide pleurait, par grandes taches sombres. Un récent incendie avait balafré le sol de coups de griffes et crevé les hautes fenêtres. Elles portaient des bandages de planches entre lesquels une lune froide passait des doigts blancs. À travers son masque, le chasseur sentait l’odeur de brûlé et celle, bien plus ancienne, du désespoir – un relent de pisse et de larmes. »
Extrait de : C. Dufour. « Délires d’Orphée (Club Van Helsing). »
Danse avec les lutins par Catherine Dufour
Fiche de Danse avec les lutins
Titre : Danse avec les lutins
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2019
Editeur : L’Atalante
Première page de Danse avec les lutins
« Longtemps, bien longtemps avant le Déluge, la Terre était habitée par la magie.
Fées des arbres et fées des neiges, fées marraines ou Carabosse, enchanteurs et sorciers quittaient volontiers leur monde magique pour venir s’encanailler sur la Terre. Ce qui n’allait pas toujours sans heurts puisqu’une fois sur Terre, il leur fallait cohabiter avec Dieu, Son armée d’anges et Sa cohorte de démons. Car Dieu, dans Son infinie Sagesse, contrôlait les deux. Pas Fou.
Les démons ne posaient guère de problème aux fées, étant plus occupés à griffonner des graffitis obscènes au bas des nuages qu’à gâcher les sortilèges féeriques. Mais les anges…
Ah ! Les anges.
Puis tout fut fini.
Puis tout recommença.
Un jour, la Terre devint laïque. Sur un coup de Tête, Dieu partit vivre Sa vie sur une comète vagabonde. Il emmena à sa suite Son petit personnel angélique et démoniaque. Au même moment, le monde magique claqua la porte, la ferma à double tour et cassa la clef dans la serrure. En une seconde, fées et magiciens, anges et démons disparurent sans retour. Ne restèrent sur Terre que peu de choses : un noyau de fer liquide, mille kilomètres d’écorce terrestre, une atmosphère riche en oxygène, un écosystème complet et, bien sûr, l’inévitable carton oublié dans la précipitation du départ : une poignée de fées des arbres, trois démons au moins, peut-être autant d’anges, hélas… et des hybrides. »
Extrait de : C. Dufour. « Danse avec les lutins. »
Au bal des absents par Catherine Dufour

Fiche de Au bal des absents
Titre : Au bal des absents
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2020
Editeur : Seuil
Première page de Au bal des absents
« Claude venait d’atteindre 40 ans. Après avoir longtemps travaillé comme opératrice de saisie sur Paris, elle avait papillonné dans un marché du travail défleuri par le numérique – en vain. Pôle emploi l’avait soutenue un moment, toujours en vain. Elle avait pourtant soigneusement suivi toutes les formations proposées, tous les ateliers, et même un séminaire de quatre jours, animé par une certaine madame Colombe Flenche-Rian et intitulé « Les principes du lobbying, du mentorat et de la cohérence cardiaque pour faire (re)décoller sa carrière ». Claude avait abouti au RSA. Le loyer de son studio d’Issy-les-Moulineaux était désormais hors de sa portée ; il fallait qu’elle s’en aille.
La destination lui importait peu. Les liens affectifs dont elle disposait étaient du genre à tolérer la distance : quelques anciennes collègues avec lesquelles elle échangeait des chats sur Facebook, et une nichée de cousins-cousines éparpillée autour de Vitry-le-François. Elle n’avait pas d’autres relations, et surtout pas sexuelles. De plus, suite à un épisode pénible, elle s’était fait ligaturer les trompes. Pour finir, elle était allergique aux poils de chat. Tout cela, bien qu’assez mélancolique, la laissait libre de toute attache. Du moins, elle tâchait de le voir comme ça. »
Extrait de : C. Dufour. « Au bal des absents. »
Ada ou la beauté des nombres par Catherine Dufour

Fiche de Ada ou la beauté des nombres
Titre : Ada ou la beauté des nombres
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2019
Editeur : Fayard
Première page de Ada ou la beauté des nombres
« En ce 2 janvier 1815, le très célèbre Lord Byron, poète débauché et ruiné, épouse à Seaham Hall, dans le nord de l’Angleterre, la très sage Annabella Milbanke. Il la surnomme la « princesse des parallélogrammes », à cause de son goût pour les mathématiques, assez rare chez les riches ladies. Un an plus tard, dans le bel appartement londonien des Byron-Milbanke, une petite fille vient au monde : Ada. Dans la pièce à côté, Lord Byron, ivre d’opium et de brandy, tire au pistolet sur le peu de mobilier que les huissiers lui ont laissé. Annabella prend son bébé et va se réfugier chez ses parents. Les deux époux ne se reverront jamais.
Vingt-cinq ans plus tard, Ada Byron, épouse King et comtesse Lovelace, déjà mère de trois enfants, se lance dans l’étude des mathématiques. Elle se hisse en trois ans à un niveau suffisant pour apprécier le travail d’un inventeur génial : Charles Babbage. Celui-ci vient de mettre au point un énorme calculateur automatique. Ada se penche sur ces rouages complexes lorsqu’une intuition lui vient : et si, au lieu de ne manier que des chiffres, cet engin traitait aussi des symboles ? Elle met son intuition au propre : ce sera la fameuse « Note G », le premier programme informatique au monde. »
Extrait de : C. Dufour. « Ada ou la beauté des nombres. »