Auteur/autrice : CH91
L’ivresse des providers par Catherine Dufour
Fiche de L’ivresse des providers
Titre : L’ivresse des providers (Tome 2 sur 3 – Quand les Dieux buvaient)
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2001
Editeur : Nestiveqnen
Sommaire de L’ivresse des providers :
- La fée dans la basse souche
- Du rififi au Jockey club
- Et pour quelques molécules d’épinard
- Le Père Noël noir
- Le dernier dragon
- Literary virus
- Le blues de l’orang-outang garou
- Le feu dans les modules de drivers
Première page de La fée dans la basse souche
« Il est généralement admis qu’à une époque lointaine la Terre était plate.
Elle flottait dans les abîmes insondables de l’espace comme une pièce de monnaie lancée en l’air qui n’aurait jamais réussi à retomber côté pile, ni côté face, ni sur la tranche.
La probabilité pour une pièce de monnaie de réussir un coup pareil étant incroyablement faible, la Terre se voyait, par un retour tardif de la Logique, encombrée de créatures dont les probabilités d’exister relevaient du même ordre de grandeur : faunes, nymphes, chimères, elfes, lutins et farfadets.
S’y ajoutaient un grand choix de dieux, à peu près autant de diables, des bataillons de paladins flamboyants armés d’épées névropathes, des ribambelles de hautes tours ténébreuses auxquelles les règles les plus élémentaires de l’architecture et de la gravité déniaient tout droit à l’existence (et qui traversaient quand même les siècles dans un ricanement rebelle), et enfin des escadrons de trucs volants : tapis, anges, grenouilles, fées, gragons, cités dans les nuages et oiseaux à quatre yeux dont deux derrière la tête – il fallait bien ça pour la survie de l’espèce. »
Extrait de : C. Dufour. « L’ivresse des providers – Quand les Dieux buvaient. »
Blanche Neige et les lance-missiles par Catherine Dufour
Fiche de Blanche Neige et les lance-missiles
Titre : Blanche Neige et les lance-missiles (Tome 1 sur 3 – Quand les Dieux buvaient)
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de Blanche Neige et les lance-missiles :
- Une omelette de cul d’ange
- Au commencement étaient les méthodes
- Psychopathologie traumatique du miroir magique
- Les grands alcooliques divins
- Une cure de pommes furieuses
- Le sexe des anges
- Le dernier paillasson avant la fin du monde
Première page de Une omelette de cul d’ange
« Les Uckler formaient un peuple industrieux, gai et généreux.
En général.
Ils se levaient tôt d’un air content, sifflaient en travaillant et avaient toujours un morceau de pain à donner à plus pauvre qu’eux – le quignon rassis de la veille bien sûr, car « généreux n’est pas neuneu » disait souvent la grosse Couette.
Pourvu cependant que le plus pauvre qu’eux soit le beau-fils de la sœur de la nièce de l’oncle du cousin. Ou le beau-père du frère du neveu de la tante par alliance. Ou quelque chose d’approchant. Car les Uckler avaient un défaut : quand ils voyaient un étranger, un vrai, qui échappait à toute généalogie même de la main gauche, ils le tuaient d’abord, ensuite ils ne se posaient aucune question.
Ce qui ne contribuait pas peu à préserver cet équilibre psychologique qui leur faisait au matin l’œil frais et l’air content.
Bref, c’était un sacré foutu ramassis de salauds. »
Extrait de : C. Dufour. « Quand les dieux buvaient – Blanche Neige et les lance-missiles. »
L’immortalité moins six minutes par Catherine Dufour
Fiche de L’immortalité moins six minutes
Titre : L’immortalité moins six minutes (Tome 0 sur 3 – Quand les Dieux buvaient)
Auteur : Catherine Dufour
Date de parution : 2007
Editeur : Nestiveqnen
Première page de L’immortalité moins six minutes
« Dans le ciel au-dessus de la Terre plate, le soleil se baignait. Il faisait la planche sur la brume matinale, et buvait la rosée du bout de ses innombrables pailles d’or.
Zoom.
Brillant comme le dos d’une anguille, un fleuve filait entre deux plaines vallonnées. On y voyait quelques prairies chargées de moutons et quelques champs cultivés, comme de petites pièces de coton vert tendre ou jaune paille cousues sur un épais tissu de forêts. Des aigrettes de fumée indiquaient ici un village nain, enfoui sous le chaume, là un village ogre, massif et fortifié.
Zoom.
Au bord de la grand’route qui traversait la région d’outre en outre, à deux kilomètres du dernier village nain avant le grand’pont sur le grand’fleuve, poussait un petit bosquet de noisetiers. Il était en fleurs et, parmi les chatons blancs, un couple d’oiseaux bleus échangeait des roucoulades.
À dix mètres de là, les deux pieds dans la gadoue, Pistou le nain aboyait des injures :
« J’en ai ras le bonnet, moi, des double-mètres !
Pistou piétinait la bouillasse devant le peu qui subsistait de sa charrette. »
Extrait de : C. Dufour. « L’immortalité moins six minutes – Quand les Dieux buvaient. »
Micro par Michael Crichton et Richard Preston

Fiche de Micro
Titre : Micro
Auteur : Michael Crichton et Richard Preston
Date de parution : 2011
Traduction : C. Bouchareine
Editeur : Robert Laffont
Première page de Micro
« Il suivait le Farrington Highway, à l’ouest de Pearl Harbor, et longeait les champs de canne à sucre d’un vert sombre sous le clair de lune. Cette partie d’Oahu, longtemps consacrée à l’agriculture, commençait à changer. Sur sa gauche, il aperçut les toits métalliques et plats du nouveau parc industriel de Kalikimaki, d’un éclat argenté sur le vert environnant. Mais Marcos Rodriguez savait que cet endroit n’avait de parc industriel que le nom : il comprenait surtout des entrepôts d’un loyer modique. Il s’y trouvait également un magasin d’accastillage, quelques ateliers mécaniques, un ferronnier. C’était à peu près tout… sans compter, bien sûr, la raison de sa visite ce soir : Nanigen MicroTechnologies, une nouvelle société venue du continent, installée dans un grand hangar, à l’extrémité du parc.
Rodriguez quitta l’autoroute et roula entre les bâtiments silencieux. Il était presque minuit ; le parc industriel était désert. Il se gara devant Nanigen. »
Extrait de : M. Crichton + R. Preston. « Micro. »
Eruption par Michael Crichton et James Patterson

Fiche de Eruption
Titre : Eruption
Auteur : Michael Crichton et James Patterson
Date de parution : 2024
Traduction : C. Gaillard-Paris, S. Guillot, R. Morin
Editeur : Robert Laffont
Première page de Eruption
« Rachel Sherrill, qui allait fêter ses trente ans quelques jours plus tard, était titulaire d’un master de Stanford en biologie de la conservation et une étoile montante dans son domaine, et se voyait toujours comme la plus intelligente de sa classe. De toutes les classes, d’ailleurs.
Mais ce jour-là, au Jardin botanique de Hilo, elle jouait le rôle de la prof remplaçante cool auprès d’un groupe d’élèves de CM2 venus du continent, des enfants agités et aux yeux grands ouverts.
Tôt ce matin même, le directeur général du Jardin botanique, Theo Nakamura, lui avait dit : « Voyons les choses en face, Rachel. Faire visiter les jardins à ces touristes miniatures te permettra de mettre ton immaturité à profit.
— Vous sous-entendez que je me comporte comme une enfant de dix ans ?
— Dans les bons jours », avait répondu Theo. »
Extrait de : M. Crichton + J. Patterson. « Eruption. »
Le mystère Lyphine par Ayerdhal

Fiche de Le mystère Lyphine
Titre : Le mystère Lyphine (Tome 2 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le mystère Lyphine
« Kristen Maleg n’avait jamais rencontré Lodève Dalellia et, pour ce qu’il en savait, elle n’avait jamais entendu parler de lui, mais il la connaissait mieux que personne, mieux même que feu Vernang Lyphine. En fait, il lisait en elle comme dans un livre ouvert, aussi aisément que son ordinateur affichait les millions d’informations qu’il possédait sur elle. Le directeur de la Sefali avait beaucoup de mépris pour la xénologue de l’IGC, or – et elle l’ignorait –, il était son ennemi.
Bien sûr, il n’était pas le seul, ni probablement le plus acharné (Maleg n’avait pas besoin de s’acharner), mais il était celui qu’elle cherchait, ou qu’elle aurait dû chercher si elle avait eu un tant soit peu de jugeote, ou qu’elle chercherait, d’ici peu, quand de fil en aiguille un concours de circonstances lui offrirait son nom. »
Extrait de : Ayerdhal. « Le mystère Lyphine – Le chant du Drille. »
Le syndrome des baleines par Ayerdhal

Fiche de Le syndrome des baleines
Titre : Le syndrome des baleines (Tome 1 sur 2 – Le chant du Drille)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le syndrome des baleines
« D’abord, le ciel est magenta, uniformément, avec pour tout décor la piécette pourpre de la naine aurorale quand, pour quelques heures, elle règne, seule et timorée, sur le monde. Depuis qu’elle s’est levée, aux pieds des arbres et des roches se devinent des flaques d’ombre d’ombres, plus éthérées encore que celles des lunes qui déchirent la nuit. Tout paraît sépia ou, comme l’eau, d’un violet très sombre, et l’œil doit s’adapter avant de distinguer les bistres, les ocre-rouille, les brique et toutes les confusions brunâtres aux dominantes de chaque couleur primitive. L’air est vibrant d’émois pépiés, d’appétits gazouillants, de bourdonnements et de caquètements affairés, d’un million de sons qui se fondent ou se heurtent dans un chœur allègre et léger.
C’est l’instant quotidien du Chant du Drille.
L’atmosphère est à la balade, le regard pèlerin, et soudain l’on s’arrête, le cœur se ralentit sensiblement, l’esprit ne demande qu’à s’asseoir sur cette souche moussue et l’on prend enfin conscience d’une mélodie cristalline et syncopée. C’est un soprano limpide qui s’envole au-delà des tympans humains et les silences de ces ultrasons brisent le Chant d’une arythmie dont le cerveau s’abreuve jusqu’à l’ivresse. Une deuxième voix s’insinue dans les aigus, sur un autre thème, selon une autre mesure, comme s’il n’existait aucune relation musicale entre les deux ménestrels. D’autres timbres jaillissent, d’autres harmoniques viennent se confondre et donnent à l’air la consistance des songes. Un compositeur, soit-il de génie, s’en arracherait l’imaginaire ! Le Chant du Drille est un délire d’individualités sonores dont chaque mélodie est délicieuse et entière, et dont le tout est le plus cohérent des univers musicaux. »
Extrait de : Ayerdhal. « Le syndrome des baleines – Le chant du Drille. »
Ely, l’esprit-miroir par Ayerdhal

Fiche de Ely, l’esprit-miroir
Titre : Ely, l’esprit-miroir (Tome 4 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ely, l’esprit-miroir
« Cette fois, Ylvain jouait seul ; c’était sa décision, sa colère et sa partie, il avait préparé son action froidement et il l’accomplissait froidement. Pour commencer, il avait écarté ses amis et les avait placés sous la protection d’Ely. Personne sur Terre ne savait où ils étaient, personne ne pouvait les localiser, parce qu’il avait contraint sous faisceaux une équipe d’informaticiens à shunter tout ce qui concernait leur situation dans l’Ordinateur Central.
Ylvain s’était promené une semaine entière sans cesser de projeter des hallucinations ; en une semaine, il avait fait disparaître tous ses proches, un véritable hôpital mobile, deux navettes spatiales, plusieurs agraves et de quoi défendre une forteresse. Il avait agi seul, ne confiant à Ely que le rôle de cerbère. Ely avait protesté, puis râlé, puis elle s’était rendue à la raison d’Ylvain. Elle avait de toute façon fort à faire avec leurs blessés et, même si Lovak officiait comme infirmier et Jed comme assistant technique, elle ne manquait pas d’occupations. Son tour viendrait… »
Extrait de : Ayerdhal. « Ely l’Esprit-Miroir – La bohême et l’ivraie. »
La Naïa, hors limites par Ayerdhal

Fiche de La Naïa, hors limites
Titre : La Naïa, hors limites (Tome 3 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Naïa, hors limites
« Dix-huit jours qu’ils étaient là, dix-huit jours, et la situation était devenue incontournable… Non : elle avait toujours été incontournable, c’était lui qui s’était réfugié dans l’espoir d’une issue facile et sereine. Mais cette fois, même lui était à bout de confiance. Il n’existait qu’une solution, qu’un choix et, de bien des façons, c’était la guerre… ouverte. Pourquoi avait-il autant de mal à l’admettre ? Il avait toujours su que cela finirait ainsi, ou commencerait… Et Made avait toujours eu raison, et tout le monde le savait, et il allait la laisser faire… « Enfin ! dirait-elle.
Une dernière fois, pour se laisser une chance de ne pas plonger tout de suite, Ylvain ressassa les événements de ces dernières semaines.
*
Il y avait eu l’atterrissage et, déjà, cela s’annonçait mal : on avait parqué leur astronef dans un recoin de l’astroport, entre de petits appareils militaires, près de la caserne.
— C’est pas bon ! avait commenté Djian Dju Yoon.
Djian savait de quoi il parlait : avant de travailler en indépendant, il avait servi comme astropilote dans la garde homéocrate. »
Extrait de : Ayerdhal. « la Naïa, hors limites – La bohême et l’ivraie. »
Made, concerto pour Salmen et Bohême par Ayerdhal
Fiche de Made, concerto pour Salmen et Bohême
Titre : Made, concerto pour Salmen et Bohême (Tome 2 sur 4 – La bohême et l’ivraie)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir
Première page de Made, concerto pour Salmen et Bohême
« Neuf jours qu’ils étaient revenus sur Chimë ! Neuf jours, et le Conseil ne se réunissait que maintenant ! Elle avait déjà attendu trois jours avant qu’Ennieh la reçût, en coup de vent et en dilettante : une demi-heure à l’écouter d’une oreille distraite, à l’interrompre tous les vingt mots et à répéter : « Nous verrons cela au Conseil. » Et là, dans la salle des maes, elle était obligée d’attendre encore son tour, contrainte de subir la bêtise bêlante des conseillers, la stupidité de Lagedt et la sénilité d’Anadar, et encore la bêtise d’un maes ou d’un autre. Dix fois qu’elle demandait la parole, dix fois qu’Ennieh ignorait le signal du tableau d’interventions pour la donner à d’autres. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus ; que s’était-il produit, que s’était-il abattu sur Chimë pour que l’Institut s’enlisât tout à coup dans cette torpeur bureaucrate et inepte ? Qu’était-il arrivé à Ennieh ? Se pouvait-il qu’Ylvain, par sa seule démonstration, chamboulât à ce point l’école et des siècles de bon fonctionnement ? »
Extrait de : Ayerdhal. « Made, concerto pour Salmen et Bohème – La bohême et l’ivraie. »