Catégorie : Livres

 

Les âmes croisées par Pierre Bottero

Fiche de Les âmes croisées

Titre : Les âmes croisées (Tome 7 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2010
Editeur : Rageot

Première page de Les âmes croisées

« Elle avait cinq ans la première fois qu’elle vit une Armure.

Comme à chaque nouvelle lune chaude, elle avait accompagné ses parents au palais pour le Symposium. Elle détestait ces interminables réunions durant lesquelles les Robes les plus influentes du royaume dissertaient sur l’avenir des douze cités mais sa mère se montrait inflexible quant à sa présence, et son père, indolent partisan du confort domestique, lui donnait toujours raison.

Ce jour-là toutefois, la duègne chargée de la surveiller s’était endormie sur sa chaise et elle avait réussi à se faufiler hors de la salle des Hypothèses sans que personne la remarque.

Elle avait emprunté un couloir aussi large que sa chambre, caressant les murs lambrissés de bois précieux, observant avec défiance les tableaux de femmes imposantes et d’hommes sévères, tous des Robes, qui y étaient accrochés, admirant les vitrines et les legs des Anciens qu’elles abritaient.

Un bruit de voix l’avait arrachée à la contemplation d’un cône métallique environné d’un nuage de particules bleutées en suspension. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – Les Âmes Croisées. »

La huitième porte – L’Autre par Pierre Bottero

Fiche de La huitième porte

Titre : La huitième porte (Tome 3 sur 3 – L’Autre // Tome 6 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2007
Editeur : Rageot

Première page de La huitième porte

« Elio quitta le chemin pour se faufiler derrière un gros rocher.

Les buissons épineux qui poussaient là jouaient à la perfection leur rôle dissuasif, mais il avait découvert un passage.

Un passage secret.

En se plaquant contre le tronc de l’arganier qui montait la garde près du rocher, en se baissant puis en rampant sur quelques mètres, on parvenait à un éboulis qu’il était facile de descendre.

Tout au fond, une source chuintante emplissait d’eau claire une vasque qu’un farfadet avait taillée dans la roche. Une toute petite vasque, contenant juste assez d’eau pour se désaltérer. Hors de question d’y tremper les pieds et encore moins d’y prendre un bain mais l’endroit était magnifique, ombragé par les branches courageuses d’un pistachier rabougri, invisible du chemin, à l’abri du vent et des regards…

Un refuge idéal pour un aventurier de huit ans.

Elio cachait son trésor dans une anfractuosité près de la source : un caillou transparent à l’éclat rosé — du quartz, lui avait appris son père — une mue de serpent, une plume d’aigle et une molaire de chèvre. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – L’Autre – La Huitième Porte. »

Le maître des tempêtes – L’Autre par Pierre Bottero

Fiche de Le maître des tempêtes

Titre : Le maître des tempêtes (Tome 2 sur 3 – L’Autre // Tome 5 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2007
Editeur : Rageot

Première page de Le maître des tempêtes

« Confortablement installé dans un fauteuil de cuir sombre, l’homme approcha son verre de ses lèvres. Il but une gorgée de bourbon puis reporta son attention sur l’écran plat accroché au mur. Le reportage exposait les conséquences dramatiques du raz-de-marée qui avait déferlé sur l’île de Kyushu au Japon. Des milliers de morts, des dizaines de milliers de disparus, la ville de Miyazaki rayée de la carte…

L’homme appuya sur un bouton de la télécommande.

L’épidémie de choléra qui avait débuté en Bolivie avait désormais rang de pandémie et ravageait la moitié de l’Amérique du Sud. Le vibrion responsable de la maladie se montrait résistant à toutes les souches d’antibiotiques testées jusqu’à présent et le nombre de victimes s’élevait déjà à plusieurs milliers…

L’homme appuya sur un bouton de la télécommande.

Les inondations en Europe de l’Est prenaient un tour catastrophique. Des digues cédaient, des villes étaient évacuées et les pluies torrentielles qui s’abattaient sur ces régions ne cessaient pas. Les météorologues se demandaient si ces précipitations d’une amplitude jamais vue étaient en rapport avec la tempête qui, depuis quelques jours, dévastait la péninsule ibérique et le Sud-Ouest de la France…

L’homme éteignit la télévision. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – L’Autre – Le Maître des Tempêtes. »

Le souffle de la hyène – L’Autre par Pierre Bottero

Fiche de Le souffle de la hyène

Titre : Le souffle de la hyène (Tome 1 sur 3 – L’Autre // Tome 4 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2006
Editeur : Rageot

Première page de Le souffle de la hyène

« Natan feinta sur le côté, fit passer le ballon dans son dos, le reprit au ras du parquet avant de pivoter pour bloquer de l’épaule le joueur qui le marquait depuis le début du match.

Le type, un grand costaud qui lui rendait au moins trente centimètres, tenta de franchir le barrage en force. Natan se baissa, l’esquiva sans peine et se dégagea. Il se déplaçait avec une rapidité sidérante, le ballon collant à sa main comme s’il était un prolongement de son corps.

Natan partit en dribble vers l’aile droite puis repiqua vers le centre. Il avait déjà inscrit douze paniers pour son équipe, mais cela ne suffisait pas. Les autres avaient encore un point d’avance et le match s’achevait dans une poignée de secondes. Trois défenseurs se précipitèrent, lui interdisant de pénétrer dans la raquette. Natan chercha ses partenaires des yeux. Aucun n’était en position de shoot. Il s’y attendait.

Arthur, le seul qui, selon Natan, jouait de manière potable et aurait pu le soutenir dans une contre-attaque éclair, était marqué de près. Il tenta de décrocher mais, malgré la passe parfaite de Natan, la pression défensive était trop forte et il ne réussit pas à se saisir du ballon qui fut intercepté par un joueur adverse. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – L’Autre – Le Souffle de la Hyène. »

Le pacte des Marchombres – Ellana par Pierre Bottero

Fiche de Le pacte des Marchombres – Ellana

Titre : Le pacte des Marchombres – Ellana (Tome 3 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2012
Editeur : Rageot

Sommaire de Le pacte des Marchombres – Ellana

  • Ellana
  • Ellana, l’envol
  • Ellana, la prophétie

Première page de Le pacte des Marchombres – Ellana

« — Pourquoi les nuages vont dans un sens et nous dans l’autre ?

Homaël Caldin éclata d’un rire tonitruant.

— Parce que nous ne sommes pas des nuages, Grenouille ! s’exclama-t-il en ébouriffant les cheveux de la fillette assise à côté de lui.

Celle-ci fit la moue. Elle adorait son père, ses gestes tendres et rudes à la fois, sa voix forte et son inaltérable bonne humeur. Elle aimait moins qu’il ne réponde jamais à ses questions.

Elle leva les yeux vers le ciel, contemplant les nuages qui filaient vers le sud alors que la caravane dont faisait partie leur chariot progressait vers le nord. Elle sentait qu’il y avait une explication à ce phénomène mais, à cinq ans et des poussières, les mots pour exprimer son trouble lui manquaient cruellement.

La bâche s’entrouvrit dans son dos et sa mère se glissa près d’elle. Fine, légère, toute de douceur et d’intuition. L’opposé de son époux.

Et son parfait complément.

— Maman, pourquoi les nuages vont dans un sens et nous dans l’autre ?

Isaya sourit, caressa la joue de sa fille du bout des doigts. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – Le Pacte des Marchombres. »

Les mondes d’Ewilan par Pierre Bottero

Fiche de Les mondes d’Ewilan

Titre : Les mondes d’Ewilan (Tome 2 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2011
Editeur : Rageot

Sommaire de Les mondes d’Ewilan

  • D’un monde à l’autre
  • L’oeil d’Otolep
  • Les tentacules du mal

Première page de Les mondes d’Ewilan

« Le garçon se plaqua au sol, le nez dans la boue, tentant désespérément de disparaître sous l’épaisse couche de feuilles mortes gorgées d’eau, toute sa volonté concentrée sur un seul objectif : devenir invisible. Inaudible. Inodore. C’était une question de vie ou de mort.

Non. Pas de vie ou de mort. Bien plus que ça.

Un froid glacial s’infiltrait au travers de ses vêtements trempés et la blessure à sa cuisse irradiait une douleur presque insupportable. Il se mit à grelotter, incapable de maîtriser les tremblements de ses membres, le claquement de ses dents.

Les pas se rapprochèrent sans qu’il parvienne à en localiser l’origine avec certitude. Si c’était un garde, même accompagné d’un chien, il avait une chance de s’en sortir.

Si c’était…

Il ferma les yeux, se concentrant sur son image à Elle. Pas l’image qui l’avait révolté quelques jours plus tôt quand il avait enfin réussi à l’apercevoir – cet être décharné au regard éteint n’était pas la fille qu’il aimait – mais celle qui le hantait depuis le début et lui donnait la force de poursuivre. La force de survivre. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – Les Mondes d’Ewilan. »

La quête d’Ewilan par Pierre Bottero

Fiche de La quête d’Ewilan

Titre : La quête d’Ewilan (Tome 1 sur 7 – Gwendalavir)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2010
Editeur : Rageot

Sommaire de La quête d’Ewilan

  • D’un monde à l’autre
  • Les frontières de glace
  • L’île du destin

Première page de La quête d’Ewilan

« Une histoire est un moment de vie.
Qu’elle s’étende sur trois heures, dix ans ou cinq générations, il y a toujours un « avant » et un « après ». Je n’évoque pas là un avant et un après la lecture de l’histoire mais bien un avant et un après l’histoire elle-même.
Certaines fois, cet « avant » et cet « après » demeurent discrets, comme s’ils avaient conscience de ne pas être assez importants pour être racontés. L’auteur ne songe pas à les écrire et le lecteur ne les demande pas. L’histoire est achevée et ne se ramifiera plus, du moins sur le papier.
D’autres fois, au contraire, ils revendiquent leur existence. Enfin, surtout l’« après » qui joue avec cette envie de toujours plus qui vit en chacun de nous. L’auteur ne parvient pas à quitter ses personnages, le lecteur désire les retrouver, une suite est en train de naître. Qu’elle soit publiée ou non, qu’elle connaisse le succès ou pas, cela n’a aucune importance. L’« après » a gagné le droit d’exister.
Les « avant » sont plus réservés que les « après ». La plupart du temps parce que l’auteur a offert assez d’informations au lecteur pour que celui-ci n’ait pas envie de se retourner. Le but d’une histoire n’est-il pas d’entraîner le lecteur à tourner les pages, à regarder loin devant ?
Il suffit toutefois d’une phrase, innocente ou calculée, pour que le lecteur se retourne et jette un coup d’œil en arrière, il suffit d’un rêve un peu trop prégnant pour que l’auteur se pose la question fatidique : et avant ?
Tout peut alors basculer. »

Extrait de : P. Bottero. « Gwendalavir – La Quête d’Ewilan. »

Le secret de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de Le secret de l’épouvanteur

Titre : Le secret de l’épouvanteur (Tome 3 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2006
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de Le secret de l’épouvanteur

« La nuit de novembre était froide et venteuse. Je me tenais dans la cuisine, près de la cheminée, en compagnie d’Alice et de
l’Épouvanteur. Le temps se détériorait, et je savais que, d’un jour à l’autre, mon maître déciderait de rejoindre sa « maison d’hiver », sur la morne lande d’Anglezarke.

Je n’avais aucune envie d’aller là-bas. Je n’étais l’apprenti de John Gregory que depuis le printemps, et je ne connaissais pas la maison d’Anglezarke ; mais je n’étais pas dévoré de curiosité, c’est le moins que l’on puisse dire. J’appréciais le confort de la demeure de Chipenden, et c’est là que j’aurais souhaité passer la mauvaise saison.

Je levai les yeux du manuel de verbes latins que je tentais d’apprendre, et le regard d’Alice accrocha le mien. Elle était assise sur un tabouret bas, tout près du foyer, le visage baigné par le chaud rougeoiement du feu. »

Extrait de : J. Delaney. « Le secret de L’épouvanteur. »

La malédiction de l’épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de La malédiction de l’épouvanteur

Titre : La malédiction de l’épouvanteur (Tome 2 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2005
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de La malédiction de l’épouvanteur

« Lorsque les cris s’élevèrent, je me détournai et pressai les mains contre mes oreilles à m’en briser les tempes. Dans l’immédiat, il n’y avait rien que je puisse faire. Mais cet appel au secours d’un homme torturé retentit longtemps, avant de s’éteindre, au loin.

Je restai donc dans l’obscurité de la grange, parcouru de frissons, à écouter la pluie tambouriner sur le toit en m’efforçant de reprendre courage. C’était une sale nuit, et le pire restait à venir.

Dix minutes plus tard, le terrassier et son aide se présentèrent, et je me précipitai à la porte pour les accueillir. Je leur arrivais à peine à l’épaule tant ils étaient grands.

— Eh bien, mon gars ! Où est M. Gregory ? demanda le patron, une note d’impatience dans la voix.

Il leva sa lanterne et promena autour de lui un regard inquisiteur. Ni lui ni son compagnon ne paraissaient du genre à s’en laisser
conter. »

Extrait de : J. Delaney. « La Malédiction De L’épouvanteur. »

L’apprenti épouvanteur par Joseph Delaney

Fiche de L’apprenti épouvanteur

Titre : L’apprenti épouvanteur (Tome 1 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2004
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard

Première page de L’apprenti épouvanteur

« Lorsque l’Épouvanteur se présenta, le jour commençait à baisser. Une longue et dure journée de travail s’achevait et je m’apprêtais à souper.

— Vous êtes bien sûr que c’est un septième fils ? demanda-t-il en m’examinant d’un air dubitatif.

Papa acquiesça.

— Et vous étiez vous-même un septième fils ?

Papa hocha de nouveau la tête et se mit à danser nerveusement d’un pied sur l’autre, éclaboussant mon pantalon de boue et de purin. Sa casquette trempée dégoulinait. La pluie n’avait pratiquement pas cessé depuis un mois. Les arbres commençaient à bourgeonner, mais le printemps tardait à venir.

Mon père était fermier, comme son père avant lui. Et le premier souci d’un fermier est de conserver ses terres. Pas question de les
partager entre ses enfants ! Les parcelles se réduiraient à chaque génération jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Un père lègue donc sa ferme à son fils aîné et place les autres en leur trouvant autant que possible un bon métier. »

Extrait de : J. Delaney. « L’apprenti-épouvanteur. »