Catégorie : Livres
Yurlunggur par Jeam-Marc Ligny

Fiche de Yurlunggur
Titre : Yurlunggur
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1987
Editeur : Denoël
Première page de Yurlunggur
« — J’ai vu le Python Sacré sortir de cet égout qui communique directement avec le Pays des Morts. Plus il sortait, plus il grandissait, jusqu’à être aussi haut qu’une maison. Il était rouge, rouge comme la terre de Paris, comme le sable du désert Tamani. Quand Yurlunggur fut entièrement sorti d’entre les mondes, il rampa sur une partie du chemin, puis dut se protéger des Maams et construisit une maison autour de lui. Là-dedans…
— Attends. Tu veux dire une vraie maison ? En dur comme ici ?
— Oui. Une villa de quinze pièces style Second Empire, avec autour un parc à l’anglaise. Là, donc, Yurlunggur décide de combattre la peur.
— Dans la baraque.
— Oui.
— C’est un sacré drôle de rêve, dis donc.
— N’oublie pas qu’on est en Europe. À Paris. »
Extrait de : J.M Ligny. « Yurlunggur. »
Temps blancs par Jean-Marc Ligny

Fiche de Temps blancs
Titre : Temps blancs
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1979
Editeur : Denoël
Première page de Temps blancs
« PIG CITY
C’est une grande ville en forme de pieuvre. Ses tentacules sont de béton précontraint et d’altuglas, veinés de voies express. Rien, à la surface, n’est en principe prévu pour une circulation pédestre.
Le corps proprement dit de la bête est inaccessible à qui ne possède pas la clé. Mais bien trop de gens la possèdent, justement. Bien trop.
Les yeux sont en verre véritable. Ils ont chacun trois cents mètres de haut, sont inapprochables à moins d’un kilomètre, et nul ne sait ce que cachent ces façades polarisées jusqu’à ce que ça lui tombe dessus.
Le bec, c’est Cospo Center – Cops underground. Nul n’est assuré d’en ressortir intact s’il y tombe. Vivant, certainement. Le traitement est plus… psychologique.
Le cœur est souterrain évidemment. Quelque part loin en dessous, là est le cœur. Mais quel est-il ? Un réacteur nucléaire ? Un Ordinateur central ? Un Conseil secret ?
Les entrailles ne sont normalement pas prévues pour y circuler. On ne peut guère en dire plus. »
Extrait de : J.M Ligny. « Temps Blancs. »
Mal-morts par Jean-Marc Ligny

Fiche de Mal-morts
Titre : Mal-morts
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2010
Editeur : L’Atalante
Première page de Mal-morts
« Allongée dans son lit, Élodie observe avec appréhension le halo de la pleine lune qui s’avance au bord de la fenêtre, saupoudre d’argent le bleu profond de la nuit, souligne les griffes noires de l’arbre mort tendues vers le ciel opalin.
Elle sent que c’est pour cette nuit.
Elle l’éprouve dans son corps frémissant, dans ce nœud de douleur qui naît au creux de son plexus, dans ces fourmillements au bout de ses orteils et à la racine de ses cheveux.
Elle l’entend dans les souffles, les soupirs, les râles désincarnés qui s’insinuent au sein du silence moite de la chambre, bruissent au seuil de son ouïe, apportés par un Vent des Limbes qu’elle seule sait percevoir.
Tout doucement, sans bouger, sans ciller, retenant sa respiration, réfrénant les battements de son cœur, elle tend ses muscles, bande sa volonté. Se prépare à lutter.
Elle a rouvert les volets que sa mère avait fermés, afin de les voir venir et de pouvoir s’échapper – bien qu’il n’y ait aucune fuite possible hors de sa propre peur. Elle a recraché et jeté sous le lit le somnifère et l’anxiolytique qu’elle est censée avaler tous les soirs : ils l’affaibliraient, amolliraient sa vigilance, détruiraient sa résistance. Autrement dit, l’offriraient en pâture à ceux qu’elle combat depuis toujours. »
Extrait de : J.M Ligny. « Mal-morts. »
Les chroniques des nouveaux mondes par Jean-Marc Ligny
Fiche de Les chroniques des nouveaux mondes
Titre : Les chroniques des nouveaux mondes
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : ????
Editeur : ActuSF
Sommaire de Les chroniques des nouveaux mondes
- Le voyageur solitaire
- Les chants de glace
- Survivants des arches stellaires
Le cinquième est dément par Jean-Marc Ligny

Fiche de Le cinquième est dément
Titre : Le cinquième est dément (Le Poulpe)
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 2000
Editeur : Baleine
Première page de Le cinquième est dément
« Ça vient. Lassie le sent. Dans les cuisses, l’utérus, la matrice. Ça part de sa chatte et irradie tout son corps, par vagues successives, convulsives. Ça accélère avec les coups de piston du mec qui la fourre en ahanant, rouge et suant. Pas une belle gueule, mais il a trouvé le truc. Waouh – comme un flash, en plus doux.
Lassie se met à gémir, puis à crier. Elle ne peut s’en empêcher : chaque fois qu’elle jouit, elle vocalise : des ah, des oh et des hi sur tous les tons. En général ça plaît aux clients, ça excite leur frénésie et ils ajoutent parfois un petit pourliche, parce qu’elle n’est pas obligée de jouir en plus. Toutefois Lassie ne simule pas : elle manque totalement de talent pour la comédie, quand elle n’est pas trop défoncée pour remarquer qu’elle baise – ou plutôt se fait baiser.
En tout cas, ce mec l’emmène au ciel. Classique pourtant, missionnaire de base. Un grand sourire fend ses traits de bureaucrate un peu poupins. Heureux de la voir prendre son pied, il sue et ahane avec une belle conviction, se concentre pour pas venir trop vite, bien la monter au top. Plein d’attentions, quoi. »
Extrait de : J.M Ligny. « Le cinquième est dément – Le Poulpe. »
La saga d’Oap Täo par Jean-Marc Ligny
Fiche de La saga d’Oap Täo
Titre : La saga d’Oap Täo
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1990
Editeur : ActuSF
Sommaire de La saga d’Oap Täo
- Rasalgethi
- Apex (M57)
- Bérénice
La mort peut danser par Jean-Marc Ligny

Fiche de La mort peut danser
Titre : La mort peut danser
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1994
Editeur : Denoël
Première page de La mort peut danser
« Le bûcher était dressé face à la mer, au sommet de la falaise de Ceann Boirne (qui, bien plus tard, serait nommée Black Head). Le ciel était clair pour un 1er novembre : de l’autre côté de la baie, on distinguait des fumées qui montaient dans l’air pâle du matin : celles de Gaillimh(1) – foyers ou incendies, qui savait ? Tant de malheurs étaient survenus… À l’ouest, les éminences plates des îles d’Aran s’allongeaient sur l’horizon. Au milieu, la mer étirait de longues rides rose-mauve, irisées par le soleil qui pointait à peine au-dessus des monts Gleann Eidhneach…
La petite foule hâve et déguenillée, pelant de froid et ployée par le vent, ne s’était pas rassemblée là pour admirer le paysage. Tous les regards étaient tournés vers le bûcher, gardé par une troupe de « Soldats Noirs » – des Normands. Immobiles, terrifiants, bardés de fer – heaumes, hauberts, écus d’airain – les envahisseurs. Ils étaient là pour empêcher que l’on dispersât le bûcher… Certains villageois avaient essayé durant la nuit : leurs corps gisaient au pied de la falaise, léchés par la mer et picorés par les mouettes, et leurs âmes avaient rejoint le Sid… »
Extrait de : J.M Ligny. « La mort peut danser. »
Kriegspiel par Jean-Marc Ligny et Dominique Goult
Fiche de Kriegspiel
Titre : Kriegspiel
Auteur : Jean-Marc Ligny et Dominique Goult
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Kriegspiel
« Soleil. Soleil dans le ciel délavé. Soleil sur la ville, éclatante de blancheur, carrelée d’ombres fraîches. Soleil sur les vitres, carrés en fusion. Soleil sur les places, pointillés des feuillages. Soleil sur la plage, ors couverts de corps de bronze. Soleil sur la mer, reflets étincelants.
Reflets étincelants sur la paire de jumelles, dont le regard de verre survole la ville. Le regard s’attarde sur la plage, glisse lentement d’un corps à l’autre, vise une tête rieuse sortant de l’eau, suit les rebonds d’un volant de badminton entre des raquettes maladroites.
— … responsables… tous responsables…
La voix, derrière les jumelles, est rauque, cassée, coupante comme des tessons de verre. Les jumelles tremblent un instant, se fixent encore sur la plage, devant un pique-nique : les enfants crient, la femme sourit, le mari agite des mains excédées, l’oreille collée à un transistor. »
Extrait de : J.M Ligny + D. Goult. « Kriegspiel. »
Jihad par Jean-Marc Ligny

Fiche de Jihad
Titre : Jihad
Auteur : Jean-Marc Ligny
Date de parution : 1998
Editeur : L’Atalante
Première page de Jihad
« Assis sur une pierre au pied d’un olivier tors, Ali Belkacem était occupé à bourrer son sipsi de kif quand il entendit les ronflements des hélicoptères. Avec des gestes vifs pour son âge, il rangea sa bourse, se leva et scruta le ciel chauffé à blanc à travers les branches tourmentées. Le grondement s’amplifiait, enflait derrière la montagne.
Il jeta un coup d’œil à ses moutons disséminés dans la pente, vaquant en quête d’une herbe rare et sèche entre les oliviers moribonds. Le bruit ne semblait pas les inquiéter.
Le vieux berger, si : lui savait ce qu’il signifiait.
AQMI lançait un raid sur Aït-Idja.
Ali résista à l’impulsion de détaler comme un lapin. Au contraire, il tenta de se fondre dans l’ombre falote de l’arbre. Peut-être qu’ils n’allaient pas le voir, bî din illâh, qu’ils allaient juste passer, s’éloigner vers Tizi-Ouzou… Peut-être que cette fois ils ne mettraient pas le feu à la montagne. »
Extrait de : J.M Ligny. « Jihad. »
Le temple d’os par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Le temple d’os
Titre : Le temple d’os (Tome 2 sur 2 – Le jeu des sabliers)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le temple d’os
« Depuis l’aube, la caravane serpentait parmi les arêtes de roche fondue et les cuvettes de sable rouge. Entre les aiguilles prismatiques couronnant les rochers, jaillissait par instants un arc-en-ciel qui s’évanouissait à son approche comme le linteau d’une porte interdite. Une multitude de lézards, dérangés par son passage, s’enfuyaient vers les rares zones d’ombre, leur corps iridescent accrochant de brefs éclairs qui se perdaient dans le reflet des quartz. Le silence n’était empli que de leurs crissements et du heurt régulier des pattes des montures, avec, de temps en temps, le cri d’un rapace invisible. A l’horizon, des tourbillons brûlants regroupaient les dunes en troupeaux pour les conduire vers de nouveaux pâturages de silice et d’oxyde.
Jern cheminait en arrière-garde, obéissant à l’ordre strict d’Olym de se tenir sans cesse à l’écart des caravaniers. Ses yeux protégés par des coquilles-miroirs lui donnaient un regard d’insecte. En proie à l’une de ses crises coutumières, il s’était peu à peu laissé distancer et luttait contre la tension de l’invisible fil qui s’étirait, à travers l’espace, jusqu’à sa terre natale. »
Extrait de : J.C Dunyach. « Le temple d’os – Le jeu des sabliers. »