Catégorie : Livres

 

Trolls & Licornes par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Trolls & Licornes

Titre : Trolls & Licornes (Anthologie des Imaginales 2015)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2015
Editeur : Mnémos

Première page de Trolls & Licornes

  • Jötnar par J.-A. Debats
  • La chasse à la licorne par E. Faye
  • Ekasrinn par P. Bordage
  • Bienvenue à Magicland par L. Davoust
  • Touellerezh par O. Paquet
  • Le troll médecin par S. Edgar
  • Le double destin du taquin, ou comment parfois reculer par R. Albert
  • Les yeux du troll par S. Jomain
  • Trolls, licornes et bolognaise par A. Tomas
  • Dans la tête de Georg Trollevitch par S. Miller & P. Ward

Trois hourras pour Lady Évangeline par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Trois hourras pour Lady Évangeline

Titre : Trois hourras pour Lady Évangeline
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2019
Editeur : L’Atalante

Première page de Trois hourras pour Lady Évangeline

« Le Temps Incertain était l’un des plus puissants bâtiments militaires de sa catégorie. Il mit quatorze heures à mourir.
Son équipage n’avait pas l’intention de déclencher une guerre. Le vaisseau avait simplement choisi d’émerger dans une zone non cartographiée au voisinage d’Esméralda, pour y larguer un chapelet de balises de repérage censées faciliter le transit jusqu’à la planète nouvellement peuplée. Les rides de l’espace-Tau annoncèrent sa venue et froissèrent temporairement l’espace local. Si un quelconque caillou errant avait été assez gros pour endommager le vaisseau, il aurait été repoussé hors de portée.
Mais ce qui se tenait là était trop minuscule pour être affecté.
Du moins au début.
 
— Activation des tuyères principales. Accélération à 1,8 g pendant quarante-cinq secondes. Déployez les déflecteurs de poussée.
Avec lenteur, le vaisseau émergea dans l’espace normal. Les remous de son sillage se dissipèrent en gerbes de lumière froide, tandis que la déchirure de l’espace-Tau se refermait derrière lui comme des lèvres après un baiser. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Trois hourras pour lady Évangeline. »

Roll over, Amundsen ! par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Roll over, Amundsen !

Titre : Roll over, Amundsen !
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1993
Editeur : Fleuve noir

Première page de Roll over, Amundsen !

« Avant de commencer, je veux qu’une chose soit bien claire : Freeky est cinglé. Je veux dire vraiment cinglé. Un artiste dans son genre. La plupart du temps, ça reste au niveau subvocal, dans la poubelle qu’est devenue sa tête depuis les bombardements japonais. On voit clignoter « SYSTEM ERROR » au fond de ses yeux comme sur un terminal déréglé, puis les fusibles sautent. À ce moment-là, il suffit de se garer pour vingt-quatre heures et de s’assurer que le bar est plein. Il m’arrive même de lui piquer des trucs. Après tout, le cinglé officiel, c’est moi. Avec une scène sous les pieds et une bonne sono, je peux être aussi dingue que n’importe qui. La différence, c’est qu’on me paie pour ça.

La tournée d’automne venait de se terminer. Plutôt mal. Freeky avait absolument voulu finir par la côte ouest. C’est par là qu’étaient arrivés les missiles et la Californie avait reçu un traitement de faveur. À New-York, au moins, il reste des gens. Les deux tiers de mon public de L.A. ne ressemblait à rien de connu et le fric là-bas était tellement radioactif que je n’osais pas le sortir du coffre plombé. Quant aux rares Japs qui surveillaient le secteur, ils ne quittaient jamais leur combinaison anti-rads, même pour dormir. Pas le genre à traîner dans les concerts après le couvre-feu. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Roll over, Amundsen !. »

Le papillon tatoué par Philip Pullman

Fiche de Le papillon tatouéue du diable

Titre : Le papillon tatoué
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1992
Editeur : Rivages/Noir

Première page de Le papillon tatoué

« Chris Marshall rencontra la fille qu’il allait tuer par une douce soirée de début juin, le jour où un des collèges d’Oxford organisait son bal d’été. Les étudiants faisaient une dernière folie avant de quitter l’université pour devenir banquiers, diplomates ou publicitaires. Ils payaient cher pour pouvoir assister à ce genre de bals : une centaine de livres sterling, voire plus dans certains cas. En échange d’une telle somme, ils attendaient beaucoup et le comité d’organisation se démenait pour les satisfaire : pistes de danse sous des tentes, buffets avec champagne, groupes à la mode et anciens orchestres célèbres, spectacles de cabaret originaux… Bref, toutes les formes de divertissement en vogue, coûteuses et disponibles.
Ce collège-ci était situé sur un terrain qui bordait un étang. Il y aurait un feu d’artifice, un orchestre style années folles sur une plate-forme flottante et un spectacle de cirque sous un chapiteau. Ce serait une soirée tout à fait spectaculaire, qui incarnait aux yeux des étudiants la richesse et la magnificence qui leur étaient dues, à cette époque, dans ce pays. »

Extrait de : P. Pullman. « Le papillon tatoué. »

La mécanique du diable par Philip Pullman

Fiche de La mécanique du diable

Titre : La mécanique du diable
Auteur : Philip Pullman
Traduction : A. Piganiol
Date de parution : 1996
Editeur : Flammarion

Première page de La mécanique du diable

« À l’époque où se passe cette histoire, on mesurait le temps avec des horloges. Je veux dire de vraies horloges, avec des ressorts, des roues dentées, des engrenages, des balanciers, etc. On pouvait les démonter pour voir comment elles marchaient et puis les remonter. Aujourd’hui, il existe des horloges électriques, des horloges à quartz et Dieu sait quoi encore. On peut même acheter des montres à panneau solaire qui se règlent automatiquement par signal radio et n’ont jamais une seconde de retard. Allez donc y comprendre quelque chose… Pour moi, c’est de la sorcellerie.
L’horloge mécanique est déjà bien assez mystérieuse. Prenez, par exemple, un ressort de réveil. Il est fait d’une lame d’acier trempé, tranchante comme un rasoir, et si vous le tripotez sans faire attention, il est capable de vous sauter à la figure comme un serpent et de vous crever un œil. Ou bien imaginez un poids, vous savez, ces poids en fer qui font avancer les grosses horloges des clochers… Eh bien, si par malchance vous en receviez un sur la tête, il vous écrabouillerait la cervelle. »

Extrait de : P. Pullman. « La mécanique du diable. »

La communauté des esprits par Philip Pullman

Fiche de La communauté des esprits

Titre : La communauté des esprits (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2019
Editeur : Gallimard

Première page de La communauté des esprits

« Pantalaimon, le dæmon de Lyra Belacqua, devenue Lyra Parle-d’Or, était allongé sur le bord de la fenêtre de la petite chambre-bureau de Lyra au collège Sainte-Sophia, dans un état aussi éloigné que possible de la réflexion. Il avait conscience du courant d’air froid qui entrait par la fenêtre à guillotine mal ajustée, de la douce chaleur de la lampe à naphte posée sur le bureau, sous la fenêtre, du grattement du stylo de Lyra sur le papier, et de l’obscurité au-dehors. Le froid et la nuit étaient les deux choses auxquelles il aspirait le plus à cet instant. Alors qu’il était couché là, roulant sur lui-même pour sentir le froid tantôt sur son dos tantôt sur son ventre, le désir de sortir l’emporta sur son refus d’adresser la parole à Lyra.
– Ouvre la fenêtre, demanda-t-il finalement. J’ai envie de sortir.
Le stylo de Lyra s’arrêta ; elle repoussa sa chaise et se leva. Pantalaimon la voyait se refléter dans la vitre, comme suspendue au-dessus de la nuit d’Oxford. Il distinguait même son expression de contrariété rebelle. »

Extrait de : P. Pullman. « La trilogie de la Poussière – La communauté des esprits. »

La belle sauvage par Philip Pullman

Fiche de La belle sauvage

Titre : La belle sauvage (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la poussière)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2017
Editeur : Gallimard

Première page de La belle sauvage

« Au bord de la Tamise, à cinq kilomètres en amont du centre d’Oxford, à l’écart de l’endroit où les grands collèges Jordan, Gabriel, Balliol et deux douzaines d’autres s’affrontaient dans des courses nautiques, là où la ville n’était qu’un ensemble de tours et de flèches au loin, au-dessus des nappes de brouillard de Port Meadow, se dressait le prieuré de Godstow, occupé par de gentilles bonnes sœurs qui vaquaient à leurs saintes occupations, tandis que sur la rive opposée se trouvait une auberge baptisée La Truite.
Cette auberge était une vieille construction de pierre confortable, pleine de coins et de recoins. Il y avait une terrasse, qui surplombait le fleuve, sur laquelle deux paons (nommés Norman et Barry) se déplaçaient d’un air hautain parmi les clients qui se désaltéraient, n’hésitant pas à voler des amuse-bouche et levant parfois la tête pour pousser des cris féroces, sans aucune raison. »

Extrait de : P. Pullman. « La Belle Sauvage – Trilogie de la poussière. »

La princesse de Razkavie par Philip Pullman

Fiche de La princesse de Razkavie

Titre : La princesse de Razkavie (Tome 4 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1994
Editeur : Gallimard

Première page de La princesse de Razkavie

« Intelligente, gaie et pauvre, Rebecca Winter avait atteint l’âge de seize ans sans avoir jamais vu exploser une seule bombe. Ce n’était pas très difficile : en 1882, Londres n’était pas une ville plus explosive qu’aujourd’hui, mais pas moins non plus, car la dynamite constituait déjà un vigoureux adjuvant de la politique.

Mais, en cette belle matinée de mai, Becky ne pensait pas aux bombes. Le soleil brillait, le ciel était constellé de petits nuages blancs semblables à des flocons sur un lavis outremer et la jeune fille marchait dans une rue bordée d’arbres du quartier de Saint John’s Wood, au nord de Londres, en pensant à la grammaire allemande. Elle était sur le point de faire connaissance avec sa nouvelle élève – sa première élève, à dire vrai – et elle tenait à faire bonne impression. »

Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La Princesse de Razkavie. »

La vengeance du tigre par Philip Pullman

Fiche de La vengeance du tigre

Titre : La vengeance du tigre (Tome 3 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1991
Editeur : Gallimard

Première page de La vengeance du tigre

« En cette matinée ensoleillée de l’automne 1881, Sally Lockhart regardait sa toute petite fille jouer dans le jardin, et elle se disait que tout allait pour le mieux.

Elle se trompait, mais elle ne devait s’en apercevoir qu’une vingtaine de minutes plus tard. L’homme qui lui prouverait qu’elle avait tort était encore en chemin. Pour le moment, elle était heureuse, et surtout, chose plus rare, elle en avait conscience ; elle était habituellement trop occupée pour s’en rendre compte.

La vue de sa maison la remplissait de bonheur : c’était une grande demeure située à Twickenham et baptisée Orchard House, le Verger, une construction de style Régence, vaste et aérée, avec des balcons en fer forgé et une véranda au toit de verre qui donnait sur le jardin. Celui-ci, entouré par un mur de briques patinées, se composait d’une grande pelouse ensoleillée, agrémentée de parterres de fleurs, d’une vigne grimpante et d’un figuier adossé à un des murs, sans oublier le bosquet de vieux pommiers et de pruniers qui donnaient son nom à la maison. »

Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – La vengeance du tigre. »

Le mystère de l’Étoile polaire par Philip Pullman

Fiche de Le mystère de l’Étoile polaire

Titre : Le mystère de l’Étoile polaire (Tome 2 sur 4 – Sally Lockhart)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 1986
Editeur : Gallimard

Première page de Le mystère de l’Étoile polaire

« Au printemps de l’année 1878, par une matinée ensoleillée, le bateau à vapeur Ingrid Linde, fierté de la Compagnie de navigation Anglo-baltique, disparut en mer Baltique.

Il transportait de Hambourg à Riga des pièces de machines et un ou deux passagers. Le voyage s’était déroulé sans encombre jusqu’à présent ; vieux de deux ans seulement, le navire était bien entretenu et capable de tenir la mer.

Le lendemain de son appareillage, il fut aperçu par une goélette qui faisait route dans la direction opposée. Les deux bateaux échangèrent un signal. Une barque qui se trouvait dans la même zone aurait dû apercevoir l’Ingrid Linde deux heures plus tard, si celui-ci avait poursuivi sa course. Mais la petite embarcation ne croisa aucun navire. »

Extrait de : P. Pullman. « Sally Lockhart – Le mystère de l’Étoile Polaire. »