Catégorie : Livres

 

Dormir dans un océan d’étoiles par Christopher Paolini

Fiche de Dormir dans un océan d’étoiles

Titre : Dormir dans un océan d’étoiles (Tome 2 sur 2 – Idéalis)
Auteur : Christopher Paolini
Traduction : E. Moreau
Date de parution : 2020
Editeur : Bayard

Première page de Dormir dans un océan d’étoiles

« Kira ouvrit brusquement les yeux.
Pourquoi s’était-elle réveillée ? Un changement dans l’environnement avait troublé la Lame souple, qui l’avait tirée du sommeil. Quelque remous presque imperceptible dans les courants d’air qui circulaient à travers l’Hélix. Un lointain vrombissement de machines. Une légère baisse de la température par ailleurs étouffante. Quelque chose.
Inquiète, elle jeta un coup d’œil dans le sas. Itari s’y trouvait encore, enfermé dans sa gangue, à peine visible à la lueur rouge de la longue nuit artificielle.
Kira relâcha son souffle, soulagée. Elle n’avait aucune envie d’affronter la medz. »

Extrait de : C. Paolini. « Idéalis – Dormir dans un océan d’étoiles. »

À la lueur d’une étoile inconnue par Christopher Paolini

Fiche de À la lueur d’une étoile inconnue

Titre : À la lueur d’une étoile inconnue (Tome 1 sur 2 – Idéalis)
Auteur : Christopher Paolini
Traduction : E. Moreau
Date de parution : 2020
Editeur : Bayard

Première page de À la lueur d’une étoile inconnue

« La géante gazeuse orange, Zeus, immense et basse sur l’horizon, luisait d’une demi-clarté rougeoyante. Autour d’elle, un vaste champ d’étoiles scintillait sur le fond noir du cosmos, tandis que sous le regard implacable de la planète s’étendait un désert gris zébré de roche.

Seul un petit groupe de bâtiments rompait la monotonie de cette surface désolée. Dômes, tunnels et enclos vitrés, lieu de vie isolé au cœur de l’environnement inhospitalier.

Dans le labo exigu du complexe, Kira bataillait pour sortir le séquenceur ADN de sa niche dans le mur. Sans être volumineux, l’appareil était lourd et ne lui offrait pas de bonnes prises.

– Bordel ! pesta-t-elle avant de rajuster sa position.

La majeure partie de leur matériel allait rester sur Adrastée, la lune de taille terrestre qu’ils prospectaient depuis quatre mois. La majeure partie, mais pas la totalité. Le séquenceur ADN faisait partie du kit élémentaire de l’exobiologiste, et, où qu’elle aille, il la suivait. En outre, les colons qui allaient bientôt arriver à bord du Shakti-Uma-Sati disposeraient de modèles plus récents et plus performants que ce bazar portatif à bas coût que la compagnie lui avait fourni. »

Extrait de : C. Paolini. « Idéalis – À la lueur d’une étoile inconnue. »

Murtagh par Christopher Paolini

Fiche de Murtagh

Titre : Murtagh et le monde d’Eragon (Tome 5 sur 5 – Héritage)
Auteur : Christopher Paolini
Traduction : M.-H. Delval, E. Moreau
Date de parution : 2023
Editeur : Bayard

Première page de Murtagh

« Au commencement étaient les dragons…

Fiers, féroces et libres, ils étincellent de toutes leurs écailles, et leur terrible splendeur désespère quiconque porte le regard sur eux.

Pendant des âges sans nombre, ils sont les seuls occupants d’Alagaësia. Jusqu’au jour où le dieu Helzvog crée, avec des pierres prises au désert du Hadarac, les nains robustes et trapus.

Et les deux peuples se font la guerre.

C’est alors que les elfes, traversant la mer d’Argent, voguent jusqu’aux rives d’Alagaësia. Eux aussi combattent les dragons. Plus puissants que les nains, ils pourraient anéantir les dragons, comme les dragons pourraient anéantir les elfes.

Une trêve est donc signée, un pacte scellé. Ainsi est créée la caste des Dragonniers, et la paix règne pendant des siècles sur le pays.

Puis les humains débarquent à leur tour, et les Urgals cornus, et les Ra’zacs qui chassent dans l’ombre et se nourrissent de chair humaine. »

Extrait de : C. Paolini. « Murtagh et le monde d’Eragon. »

Les héritiers par Bertrand Passegué

Fiche de Les héritiers

Titre : Les héritiers (Tome 2 sur 2 – Rétis Galactica)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 2015
Editeur : Editions Critic

Sommaire de Les héritiers

  • Le constructeur
  • Le maître du réseau

Première page de Les héritiers

« Leur race était déjà sur le déclin bien avant que les premiers frémissements de la vie ne se manifestent sur la Terre mais, à l’apogée de leur puissance, les Constructeurs avaient acquis la maîtrise des forces de l’espace et du temps. C’est alors qu’ils avaient édifié le Réseau, cette formidable armada de milliers de vaisseaux plongeant au cœur des flux d’énergie de l’hyperespace pour parcourir la galaxie tout entière.
Pour administrer le Réseau, ils avaient arraché un planétoïde à son orbite afin de le placer au Point Nodal, là où convergeaient les lignes de force de l’univers et tout autour, ils avaient construit des myriades de quais d’où partaient leurs navires.
Les derniers Constructeurs s’étaient éteints depuis longtemps. Pourtant, le Réseau continuait inexorablement de croître, siècle après siècle, et les vaisseaux déserts poursuivaient sans relâche leur course inutile d’un monde à l’autre. »

Extrait de : B. Passegué. « Retis Galactica – Les Héritiers. »

Le monolithe noir par Bertrand Passegué

Fiche de Le monolithe noir

Titre : Le monolithe noir (Tome 1 sur 2 – Rétis Galactica)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 2015
Editeur : Editions Critic

Sommaire de Le monolithe noir

  • Le monolithe noir
  • MétaCentre

Première page de Le monolithe noir

« — Sacré truc…
Contrarié, Ross Fergusson se retourna, le temps de jeter un rapide coup d’œil sur le gros type à chemisette fleurie qui cherchait à engager la conversation. Un touriste.
— Ouais…, répondit-il d’un ton aussi neutre que possible en se replongeant ostensiblement dans la contemplation de la gigantesque colonne translucide.
Derrière lui, le gars se racla la gorge pour remettre ça, mais sans lui laisser le temps d’ouvrir la bouche, Ross se détourna brusquement et s’éloigna en fendant la foule clairsemée jusqu’aux barbelés qui entouraient le camp militaire aux tentes impeccablement alignées. Il obliqua sur la gauche et marcha d’un pas rapide jusqu’aux premiers vallonnements de l’ancienne mine. L’endroit était désert. Il escalada la pente à grandes enjambées en luttant contre l’impulsion qui le poussait à tourner la tête, se forçant à attendre jusqu’à ce qu’il ait atteint le sommet de la levée de terre. Alors seulement il laissa son regard se poser de nouveau sur la paroi diaphane. »

Extrait de : B. Passegué. « Retis Galactica – Le Monolithe noir. »

Argyll (le dieu du Delta) par Bertrand Passegué

Fiche de Argyll (le dieu du Delta)

Titre : Argyll (Tome 2 sur 5 – Bêta IV Hydri)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 2016
Editeur : Editions Critic

Première page de Argyll (le dieu du Delta)

« C’était encore le même rêve.

Il commençait toujours de la même manière. Un bourdonnement léger dans le silence profond, un petit projectile noir virevoltant devant son visage. Puis un autre, et encore un, et des dizaines, des centaines, volant en tous sens, tandis que le grondement devenait plus grave, plus intense.

Au début, il avait cherché à lutter. Au réveil, la bouche amère après les quelques heures de mauvais sommeil qui succédaient au cauchemar, il avait cherché par où ils pouvaient bien passer pour se répandre ainsi dans la petite chambre, mais il n’avait rien trouvé. Normal. Ce n’était qu’un rêve.

Et cette fois encore, il s’y retrouvait plongé, revivant avec la même intensité chacune des étapes trop connues. Car le rêve se déroulait toujours de la même manière. Immuablement. Cela commençait avec ce ballet désordonné des petites formes noires trop rapides pour qu’il puisse voir à quoi elles ressemblaient vraiment, puis, lorsqu’elles paraissaient sur le point de remplir la pièce, une certaine organisation commençait à se manifester. »

Extrait de : B. Passegué. « Argyll – Bêta IV Hydri. »

Sierra brûlante par Pierre Pelot

Fiche de Sierra brûlante

Titre : Sierra brûlante (Tome 21 sur 22 – Dylan Stark)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1971
Editeur : Gallimard

Première page de Sierra brûlante

« Comme une lave, le soleil avait coulé derrière cette grande mesa1 qui bouche l’horizon à l’ouest Alors, pour un court moment, la plaine était devenue tout à fait rouge. Et puis le soir s’était mis à descendre.

C’était maintenant la nuit.

Oola regardait la nuit.

Oola était un homme maigre, comme une grande racine sèche. De corps, d’allure, Oola ressemblait presque à un vieux. Mais il n’était pas vieux. Simplement, il venait de vivre trois années dans la réserve de Bosque Redondo.

Il était assis dans les caillasses rêches qui ourlent le pied de la mesa, au milieu d’un foisonnement sauvage d’épineux. Il ne bougeait pas. Il était assis, les bras sur ses genoux relevés, les mains pendantes et molles. Un petit vent de rien, levé avec la nuit, jouait dans les mèches de ses cheveux coupés court. Dans l’ombre dure du chapeau à bord plat, le regard de Oola brillait.

Il regardait la nuit.

Il regardait la masse sombre de la ferme, là, dans la vallée baignée d’une pénombre métallique. »

Extrait de : P. Pelot. « Dylan Stark – Sierra brûlante. »

Autoportrait par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Autoportrait

Titre : Autoportrait
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1986
Editeur : Denoël

Sommaire de Autoportrait

  • Autoportrait
  • Masse critique
  • Univers-code
  • Le temps, en s’évaporant
  • Les nageurs de sable
  • Je joue de la harpe des morts
  • Flying Romanis
  • Détails de l’exposition
  • Dans les jardins Médicis

Première page de Autoportrait

« Le jour où Dorian fit don de son pénis au musée de la ville, j’étais seul à l’accompagner. Sa popularité subissait depuis quelques semaines une baisse inexplicable, à moins qu’il n’ait lui-même souhaité cet instant d’éclipse pour se renouveler, loin de la foule de ses admirateurs. Ceux-ci étaient au courant de son projet mais, par une de ces bizarreries qui le caractérisaient, il ne s’était jamais donné la peine de fixer une date d’exécution précise. Je lui en avais fait le reproche en plaisantant, et un nuage avait assombri ses magnifiques yeux gris. Il m’avait alors proposé de faire route avec lui jusqu’au musée.
Il nous fallut plus d’une heure pour l’atteindre. Le trajet me parut interminable. Des rides profondes s’étageaient en vagues sur le front de Dorian, sans que je puisse deviner la nature des pensées qui l’agitaient. Les yeux mi-clos, il mordillait son pouce avec acharnement, et je voyais luire ses dents blanches à chaque éclat du soleil. À aucun moment il ne fit attention à moi ; les regards que je lui jetais se heurtèrent au miroir de ses paupières lisses. Quand notre véhicule s’arrêta, il s’ébroua, comme au sortir d’un rêve, et resserra les pans de sa tunique autour de lui. Je restai quelques mètres en arrière pour mieux suivre des yeux sa silhouette en contre-jour. »

Extrait de : J.C Dunyach. « Autoportrait. »

L’empire du troll par Jean-Claude Dunyach

Fiche de L’empire du troll

Titre : L’empire du troll (Tome 3 sur 3 – Troll)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2021
Editeur : L’Atalante

Première page de L’empire du troll

« Les choses les plus dangereuses commencent en douceur : les avalanches, les gueules de bois. On aurait le temps de les voir venir si on regardait au bon endroit, mais pas de les empêcher. Le sol glisse sous nos pas et on part pour un long voyage, sans savoir à quoi le monde ressemblera quand on aura fini de chuter.
 
J’ai retrouvé mon ancien bureau avec soulagement. Sur la porte, en grosses lettres dorées à l’or fin, il y a écrit « Contremaître troll en chef ». Comme je suis le seul contremaître troll de la mine, ça veut dire que je ne suis que le chef de moi-même. C’est une lourde responsabilité !
Le côté doré à l’or fin, c’est juste pour épater la galerie. Mais au fond d’une mine, c’est important. Les nains ont voulu me faire plaisir avec ce qu’ils avaient sous la main. Ils ont même reconstitué ma réserve de pierres précieuses, pour les petits creux.
Le problème, c’est qu’il y en a trop. Une poignée d’émeraudes ou de saphirs étoilés soustraits des stocks, c’est amical et ça ne prête pas à conséquence. Un sac entier de chaque, c’est de la corruption. Je ne critique pas le principe, notez bien. Je dis juste que je vais devoir le payer, un jour ou l’autre.
Je pioche machinalement une douzaine d’escarboucles luisantes comme des larmes de sang. Pendant que je mastique, j’essaie de deviner ce qui se trame, mais j’ai du mal à réfléchir la bouche pleine. Mes pensées dérivent un peu trop facilement, ces temps-ci. »

Extrait de : J.C Dunyach. « L’empire du Troll. »

L’enfer du troll par Jean-Claude Dunyach

Fiche de L’enfer du troll

Titre : L’enfer du troll (Tome 2 sur 3 – Troll)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 2017
Editeur : L’Atalante

Première page de L’enfer du troll

« Il y a une limite au nombre de salles de bains qu’on peut ajouter à un salon de coiffure. J’ai beau soigner les détails, sculpter des cascades de marbre et des nains difformes dont la bouche laisse échapper des filets d’eau en gargouillant, j’ai fini d’aménager l’étroite gorge qui mène jusqu’à l’entrée en moins de dix jours. Ma trollesse a épuisé sa liste de choses à me faire faire et elle aussi commence à s’ennuyer.

— L’oisiveté est la mère de tous les divorces, lâche-t-elle pensivement au bord du lac glaciaire où nous avons choisi de nous installer pour la soirée.

— On n’est pas mariés.

— Justement ! (Elle se tortille dans la neige jusqu’à ce que seules ses collines dépassent.) Qu’est-ce qui nous empêche d’être libres ?

— Pour faire quoi ?

— Tout ce qui nous passe par la tête. Ou plutôt, tout ce qui nous passerait par la tête si quelque chose nous passait effectivement par la tête.

— Pas compris…

— Tu es décourageant. (Elle observe du coin de l’œil l’arrivée d’un front de nuages qui dévale le long du col, précédé par des tourbillons de blizzard.) La tempête sera sur nous d’ici une heure ou deux. »

Extrait de : J.C Dunyach. « L’enfer du troll. »