Catégorie : Livres

 

Zombies contre Licornes par Holly Black et Justine Larbalestier

Fiche de Zombies contre Licornes

Titre : Zombies contre Licornes
Auteur : Holly Black et Justine Larbalestier
Traduction : A.-E. Lozano
Date de parution : 2010
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Zombies contre Licornes

  • La plus haute justice par G. Nix
  • « Love will tear us apart » par A. D. Johnson
  • Test de pureté par N. Novik
  • Bougainvillées par C. Ryan
  • Un millier de fleurs par M. Lanagan
  • Les enfants de la révolution par M. Johnson
  • Prendre soin de son bébé licorne (tueuse) par D. Peterfreund
  • Inoculata par S. Westerfeld
  • Princesse Petite-Culotte par M. Cabot
  • Les mains froides par C. Clare
  • La troisième vierge par K. Duey
  • Dernier bal par L. Bray

Eleanor par Holly Black

Fiche de Eleanor

Titre : Eleanor
Auteur : Holly Black
Traduction : J.B Dupin
Date de parution : 2014
Editeur : Bayard

Première page de Eleanor

« Poppy posa l’une des sirènes près de la portion de la route qui représentait la mer Trop Noire. C’étaient de vieilles poupées — achetées dans un dépôt-vente de charité — avec de grosses têtes brillantes, des queues de différentes couleurs et d’abondants cheveux crépus.

Zachary Barlow voyait presque leurs nageoires ondoyer tandis qu’elles attendaient l’approche du navire, cachant sous leurs sourires de plastique leurs intentions meurtrières. A la première occasion, elles attireraient le bateau sur les récifs, inciteraient l’équipage à se jeter à la mer et dévoreraient les flibustiers entre leurs dents acérées.

Zachary farfouilla dans son sac de figurines. Il en tira un pirate armé de deux sabres d’abordage, puis le plaça soigneusement au centre du bateau en papier qu’ils avaient lesté avec des gravillons pris dans l’allée. Sans cela, le vent de ce début d’automne aurait risqué d’emporter le Neptune’s Pearl. À cet instant, Zach n’était plus sur la maigre pelouse devant la maison miteuse qu’habitait Poppy, mais à bord d’un véritable navire, le visage picoté par les embruns salés, en route vers l’aventure. »

Extrait de : H. Black. « Eleanor. »

Coldtown par Holly Black

Fiche de Coldtown

Titre : Coldtown – Cité des vampires
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Rigoureau
Date de parution : 2013
Editeur : Hachette

Première page de Coldtown

« Tana se réveilla dans une baignoire. En chien de fusil, la joue appuyée au métal froid du robinet. Un filet de salive avait imbibé son haut au niveau de la clavicule et mouillé l’extrémité de ses mèches. Sinon, elle était complètement sèche, vêtements compris, ce qu’elle constata avec une espèce de soulagement. Elle avait la nuque raide, les épaules endolories. Elle contempla avec hébétude le plafond, sur lequel la moisissure dessinait des taches semblables à celles d’un test de Rorschach.

Durant un instant, elle se sentit totalement désorientée.

Dérapant sur l’émail, elle se mit à genoux et écarta le rideau de douche.

Le lavabo dégorgeait de gobelets en plastique, de bouteilles de bière et d’essuie-mains jetés à la va-vite. Le fenestron situé au-dessus des toilettes laissait passer une chaude lumière jaune d’été finissant filtrée par les ombres vacillantes des guirlandes d’ail suspendues à l’encadrement. »

Extrait de : H. Black. « Coldtown. »

Au plus profond de la forêt par Holly Black

Fiche de Au plus profond de la forêt

Titre : Au plus profond de la forêt
Auteur : Holly Black
Traduction : L. Damant-Jeandel
Date de parution : 2015
Editeur : Rageot

Première page de Au plus profond de la forêt

« Le long d’un sentier souvent emprunté s’enfonçant au cœur des bois, après un ruisseau et un tronc d’arbre creux plein de cloportes et de termites, se trouvait un cercueil de verre qui reposait à même le sol. À l’intérieur dormait un garçon à la tête cornue et aux oreilles aussi effilées que la pointe d’un couteau.

Selon Hazel Evans – elle le tenait de ses parents, qui eux-mêmes le tenaient de leurs parents –, il avait toujours été là. Et, quelle que soit la méthode employée, personne n’avait jamais réussi à le réveiller.

Il ne s’était pas réveillé les longs mois d’été, quand Hazel et son frère Ben, vautrés sur le cercueil, rêvaient de projets glorieux en l’observant à travers la paroi transparente, voilée par leur respiration. Il ne s’était pas réveillé face aux touristes qui l’admiraient, bouche bée, ni quand les fact checkers étaient venus certifier qu’il n’était pas réel. Il ne s’était pas réveillé les week-ends d’automne, quand les filles dansaient juste au-dessus de lui, tournoyant sur une musique à peine audible diffusée par une enceinte portative. Il n’avait pas remarqué Leonie Wallace qui, un soir, avait brandi sa bière comme pour saluer les créatures de la forêt. Il n’avait même pas bronché quand Jack Gordon, le meilleur ami de Ben, avait écrit au feutre sur un côté du cercueil : EN CAS D’URGENCE, BRISER LA GLACE, ni quand Lloyd Lindblad, armé d’une masse, l’avait pris au mot. »

Extrait de : H. Black. « Au plus profond de la forêt. »

Station eleven par Emily St. John Mandel

Fiche de Station eleven

Titre : Station eleven
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction : G. de Chergé
Date de parution : 2013
Editeur : Rivages

Première page de Station eleven

« Le roi se tenait, à la dérive, dans une flaque de lumière bleue. C’était l’acte IV du Roi Lear, un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto. En début de soirée, pendant que les spectateurs entraient dans la salle, trois fillettes – versions enfantines des filles de Lear – avaient joué à se taper dans les mains sur le plateau, et elles revenaient maintenant sous forme d’hallucinations dans la scène de la folie. Le roi titubant essayait de les attraper tandis qu’elles gambadaient çà et là dans les ombres. Il s’appelait Arthur Leander et avait cinquante et un ans. Des fleurs ornaient ses cheveux.
« Me reconnais-tu ? demanda le comédien qui interprétait Gloucester.
– Je me rappelle assez bien tes yeux », répondit Arthur, distrait par la version enfantine de Cordelia.
Ce fut à ce moment-là que la chose se produisit. Son visage se crispa, il trébucha et tendit le bras vers une colonne, mais, évaluant mal la distance, se cogna durement le tranchant de la main. »

Extrait de : E. St. John Mandel. « Station eleven. »

On ne joue pas avec la mort par Emily St. John Mandel

Fiche de On ne joue pas avec la mort

Titre : On ne joue pas avec la mort
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction : G. de Chergé
Date de parution : 2010
Editeur : Rivages

Première page de On ne joue pas avec la mort

« Dans l’un des bureaux d’une étincelante tour de verre aux arêtes vives, à New York, Alexandra Broden écoutait une conversation téléphonique. L’enregistrement ne durait pas plus de dix secondes, mais elle le réécouta cinq ou six fois avant d’ôter enfin son casque. Il était cinq heures et demie de l’après-midi et elle travaillait sans relâche depuis sept heures du matin. Elle ferma les yeux quelques instants, les doigts plaqués sur son front, et s’aperçut qu’elle entendait encore la conversation dans sa tête.

L’enregistrement commençait par un déclic : une femme décrochait son téléphone, lequel avait été mis sur écoute la veille du fameux appel. Une voix d’homme : C’est fait. Suit un bruit étouffé sur la bande – la femme qui retient son souffle – mais elle se contente de répondre par un simple : Merci. On se rappelle bientôt. Il raccroche et elle en fait autant trois secondes plus tard. »

Extrait de : E. St. John Mandel. « On ne joue pas avec la mort. »

Les variations Sebastian par Emily St. John Mandel

Fiche de Les variations Sebastian

Titre : Les variations Sebastian
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction : G. de Chergé
Date de parution : 2012
Editeur : Rivages

Première page de Les variations Sebastian

« Anna était tombée dans une sorte de routine, autant que cela fût raisonnablement possible pour une fugitive de dix-sept ans contrainte de vivre en cachette avec un nouveau-né. Elle séjournait chez une amie de sa sœur dans une petite ville de Virginie.

Le bébé se réveillait toujours en pleurant à quatre heures et demie ou cinq heures du matin. Anna se levait, changeait la couche de Chloe, lui préparait un biberon, la sanglait dans sa poussette, puis sortait du sous-sol de la maison et parcourait à pied les trois blocs qui la séparaient de la boutique de beignets, ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, où elle s’achetait un café avant de traverser la large rue déserte conduisant au parc. Anna s’asseyait sur une balançoire avec son premier café de la matinée pendant que Chloe, dans sa poussette, observait les nuages. Elles écoutaient les oiseaux gazouiller dans les arbres, à la lisière du parc, et les bruits de la circulation au loin. La silhouette compliquée de la pyramide de cordes se profilait sur la pâleur du ciel.

Un sac d’épicerie en plastique était fixé avec du ruban adhésif en dessous de la poussette. Il contenait un peu moins de cent dix-huit mille dollars en espèces. »

Extrait de : E. St. John Mandel. « Les Variations Sebastian. »

La vagabonde par Emily St. John Mandel

Fiche de La vagabonde

Titre : La vagabonde
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction : G. de Chergé
Date de parution : 2012
Editeur : Rivages

Première page de La vagabonde

« À la mort de son mari, Zoë décida de voyager. Elle avait vingt-huit ans, connaissait très peu le monde extérieur, et le moment lui semblait particulièrement propice pour quitter le Michigan. Une amie des beaux-arts, qui était allée naguère dans l’Arctique en été, avait parlé à Zoë des paysages à la beauté limpide, des fleurs sauvages, des lacs bleu glacier, des montagnes couleur d’ardoise. On n’était pas en été, mais c’était presque un argument supplémentaire. Zoë prit toute une série d’avions à destination des Territoires du Nord-Ouest et se retrouva dans une région lunaire, un royaume d’ombres et de glace, un paysage décapé. Le soleil se comportait étrangement. Les journées étaient courtes.

— Tu essaies de te perdre ? lui demanda son frère quand Zoë l’appela d’un hôtel d’Inuvik pour lui dire où elle était partie.

Peter, le mari de Zoë, était mort depuis quatre semaines. Elle avait résilié le bail de leur appartement, vendu ou donné toutes ses affaires. Son entourage se faisait du souci. »

Extrait de : E. St. John Mandel. « La Vagabonde. »

La mer de la tranquillité par Emily St. John Mandel

Fiche de La mer de la tranquillité

Titre : La mer de la tranquillité
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction : G. de Chergé
Date de parution : 2022
Editeur : Rivages

Première page de La mer de la tranquillité

« Edwin St. John St. Andrew, dix-huit ans, traîne le poids de son nom doublement sanctifié à bord du bateau à vapeur qui traverse l’Atlantique. Les yeux plissés contre le vent qui souffle sur le pont supérieur, il se cramponne au bastingage de ses mains gantées, impatient d’avoir un aperçu de l’inconnu, s’efforçant de discerner quelque chose – quoi que ce soit ! – au-delà de la mer et du ciel, mais il ne voit que des dégradés de gris sans fin. Il est en route vers un monde différent. Il se trouve plus ou moins à mi-chemin entre l’Angleterre et le Canada. J’ai été envoyé en exil, se dit-il, conscient d’être mélodramatique, même s’il y a un fond de vérité dans cette formule.

Edwin compte parmi ses ancêtres Guillaume le Conquérant. Lorsque son grand-père mourra, son père deviendra comte, et Edwin a fait ses études dans deux des meilleures écoles du pays. Cependant, il n’a jamais eu un grand avenir en Angleterre. Il existe bien peu de professions que peut exercer un gentleman, et aucune d’elles n’intéresse Edwin. »

Extrait de : E. St. John Mandel. « La mer de la tranquillité. »

L’hôtel de verre par Emily St. John Mandel

Fiche de L’hôtel de verre

Titre : L’hôtel de verre
Auteur : Emily St. John Mandel
Traduction :
Date de parution : 2020
Editeur : Rivages

Première page de L’hôtel de verre

« 1
Commençons par la fin : je dégringole du pont du navire dans les ténèbres tempétueuses, le souffle coupé par l’effroi de la chute, ma caméra s’envolant sous la pluie…

2
Envolez-moi. Des mots griffonnés sur une vitre quand j’avais treize ans. Je me suis reculée, laissant tomber le marqueur, et je me rappelle encore l’exubérance de cet instant, cette sensation dans ma poitrine, semblable à un reflet de lumière sur du verre brisé…

3
Suis-je remontée à la surface ? Le froid est paralysant, il n’y a rien d’autre que le froid…

4
Souvenir étrange : à l’âge de treize ans, sur le rivage de Caiette, je tiens entre mes mains ma caméra vidéo toute neuve, contact frais et encore peu familier. Je filme les vagues par séquences de cinq minutes et, tout en filmant, j’entends ma propre voix murmurer : « Je veux rentrer chez moi, je veux rentrer chez moi »… mais où est-ce, chez moi, sinon ici ? »

Extrait de : E. St. John Mandel. « L’hôtel de verre. »