Catégorie : Livres

 

Le nombril du monde par Roland C. Wagner

Fiche de Le nombril du monde

Titre : Le nombril du monde
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1997
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Le nombril du monde

« Le menhir solitaire se dresse dans la nuit tiède, au creux d’un repli de terrain situé non loin de la route goudronnée qui sinue à travers les bois de Meudon et de Clamart. Il doit être près de minuit, mais il n’y a pas si longtemps que l’obscurité a étendu son voile sur la forêt paisible, car la conjonction de l’approche du solstice et de l’heure d’été allonge démesurément les soirées. Sur l’étang voisin, dans lequel les pêcheurs banlieusards viennent tremper leurs lignes durant la journée, un couple de canards somnole, à peine dissimulé dans les roseaux qu’aucune brise ne vient agiter.

Soudain, des pas se font entendre sur l’allée de terre qui traverse la forêt en direction du Bas-Meudon et de la Fontaine Sainte-Marie. Les arrivants, au nombre d’une demi-douzaine, portent de longues robes blanches munies de capuchons qu’ils ont rabattus sur leurs crânes, comme s’ils voulaient dissimuler leurs traits à d’éventuels observateurs. Leurs pieds sont chaussés de sandales et leurs mains gantées de tissu blanc. »

Extrait de : R.C Wagner. « Le nombril du monde. »

Alcatraz Smedry par Brandon Sanderson

Fiche de Alcatraz Smedry

Titre : Alcatraz Smedry – intégrale
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2013
Traduction : J. Saumande
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de Alcatraz Smedry

  • Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires
  • Alcatraz contre les ossements du scribe
  • Alcatraz contre les traîtres de Nalhalla
  • Alcatraz contre l’ordre du verre brisé

Le chant du cosmos par Roland C. Wagner

Fiche de Le chant du cosmos

Titre : Le chant du cosmos
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1999
Editeur : L’Atalante

Première page de Le chant du cosmos

« Yeff marqua une pause devant la porte vitrée qui le séparait encore de Diasphine, de la réalité de ce monde si différent de celui où il avait grandi. Il ressentait un pincement au creux de la poitrine et ses jambes avaient du mal à le porter. Un effet de la gravité inhabituelle ; sa valise ne lui avait jamais paru peser aussi lourd.

Il prit une lente inspiration, réunissant ses forces avant de repartir. Les battants transparents maculés de boue s’écartèrent avec un grincement. La mécanique ne devait pas bénéficier d’un entretien régulier ; Diasphine était un monde pauvre, encore en train de chercher une voie de développement tout à la fois rentable et raisonnable sur le plan de l’Éthique. Découverte lors de la Seconde Expansion, elle se trouvait à mille huit cents années de lumière d’Océan, d’où venait le jeune homme.

D’énormes nuages d’un rose passé commençaient à s’agglutiner dans le ciel verdâtre, voilant le disque orangé du soleil qui ne tarderait plus à plonger derrière les montagnes proches. Ce n’était pas très différent de certains crépuscules océaniens, songea Yeff avec une poussée de nostalgie. »

Extrait de : R.C Wagner. « Le chant du cosmos. »

Vent et vérité 2 par Brandon Sanderson

Fiche de Vent et vérité 2

Titre : Vent et vérité 2 (Tome 5B sur 5 – Les archives de Roshar)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2024
Traduction : M. Fazi
Editeur : Le livre de poche

Première page de Vent et vérité 2

« À l’arrivée de Nale, Szeth devint un tout autre homme. Tandis qu’ils se préparaient pour la journée, Kaladin tenta d’engager la conversation avec lui, mais ne reçut que des réponses très simples prononcées sur un ton monocorde. Puis ils volèrent pendant une grande partie de la matinée, mais atterrirent pour parcourir à pied le reste du trajet vers le monastère des Tisseflamme – qui représentait le milieu de leur voyage. Szeth persistait à penser qu’ils attireraient moins l’attention s’ils approchaient en marchant.

Kaladin le suivait donc en avançant péniblement dans la terre, son sac pesant lourdement dans son dos. Le sol était devenu de plus en plus terreux et poussiéreux à mesure qu’ils progressaient vers le nord, l’air moins humide, et les nuits mêmes étaient d’une chaleur inconfortable.

Ici, les plantes étaient d’une nature plus… proche des mauvaises herbes. La petite route de terre qu’ils empruntaient avait cédé la place à une artère bien plus large, poussiéreuse malgré les pluies de la veille. Kaladin ne parvenait pas à se représenter ce lieu rempli de gens et de charrettes. »

Extrait de : B Sanderson. « Vent et Vérité 2 – Les archives de Roshar. »

Vent et vérité 1 par Brandon Sanderson

Fiche de Vent et vérité 1

Titre : Vent et vérité 1 (Tome 5A sur 5 – Les archives de Roshar)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2024
Traduction : M. Fazi
Editeur : Le livre de poche

Première page de Vent et vérité 1

« Gavilar Kholin était à deux doigts de l’immortalité.
Il lui suffisait de trouver les Paroles adéquates.
Il décrivit un cercle autour des neuf Lames d’Honneur, plantées pointe en bas dans le sol de pierre. L’air empestait la chair brûlée ; il avait assez souvent assisté à des bûchers funéraires pour connaître intimement cette odeur, quoique ces corps n’aient pas été brûlés après le combat, mais pendant.
— On l’appelle Aharietiam, dit-il tout en marchant lentement autour des Lames, laissant sa main s’attarder sur chacune. (Lorsqu’il accéderait au statut de Héraut, sa Lame deviendrait-elle comme celles-ci, imprégnées de pouvoir et de légende ?) La fin du monde. Était-ce un mensonge ?
Beaucoup de ceux qui le nommaient ainsi y croyaient, répondit le Père-des-tempêtes. »

Extrait de : B Sanderson. « Vent et vérité 1 – Les Archives de Roshar. »

La sinsé gravite au 21 – intégrale par Roland C. Wagner

Fiche de La sinsé gravite au 21 – intégrale

Titre : La sinsé gravite au 21 – intégrale
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1991
Editeur : ActuSF

Sommaire de La sinsé gravite au 21 – intégrale

  • Une biopuce nommée Ganja
  • Les luttes invisibles
  • Une approche difficile
  • Spirit of America
  • Nieuw-Amsterdam

Première page Une biopuce nommée Ganja

« — Vous savez que ce livre représente près d’un an de loyer ? voulut m’épater le gérant.
Il referma avec précaution l’édition originale de Tintin au pays des Soviets avant de la replacer dans la crypte portable NT, puis tourna vers moi son visage inexpressif.
Je me fendis d’un sourire entendu. Tout le monde considérait les Xawor comme des maniaques, dont l’échelle de valeurs ne correspondait à celle d’aucun peuple connu. Là où les Qîmks ou les Ssellnoorr exigeaient des lingots d’uranium enrichi ou du minerai de tungstène, les pointilleux Xawor aux ocelles pédonculés demandaient de vieux albums de bandes dessinées. Naguère, leur préférence allait aux splendides bas-reliefs des lents artistes nemquars, à qui il fallait mille ans pour chaque œuvre, mais l’accession de la Terre au rang de Puissance radiante leur avait permis de découvrir la BD – dont ils étaient aussitôt devenus des inconditionnels. »

Extrait de : R.C Wagner. « La Sinsé gravite au 21. »

L’île de Noirebraise par Brandon Sanderson

Fiche de L’île de Noirebraise

Titre : L’île de Noirebraise (Tome 5 sur 5 – Cosmère)
Auteur : Brandon Sanderson (illustrations par Esther Hi‘ilani Candari)
Date de parution : 2025
Traduction : S. Guillot
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’île de Noirebraise

« Alcyone sautillait d’un pied sur l’autre, en tenant ouverts les rideaux de la porte-fenêtre qui donnait sur son balcon. Elle fixait le sombre horizon, n’osant même pas cligner des yeux de peur de la manquer.
L’aube. Quand l’aube allait-elle se décider à se lever ?
Elle avait à peine dormi – tout juste si elle avait essayé, pendant au moins une demi-heure. Alcyone était tout simplement trop surexcitée pour fermer l’œil, aussi avait-elle passé la nuit à tenter – vainement – de se distraire avec un livre.
Dans le lointain, au-delà des forêts vallonnées de Yolen, les ténèbres semblaient s’estomper. Est-ce que ça comptait, ça ? Ce n’était pas encore vraiment de la lumière. Il faisait juste… moins sombre.
Elle se mit quand même à courir. Toujours vêtue de sa chemise de nuit, elle s’élança dans le couloir qui longeait les appartements qu’elle occupait dans le manoir de son oncle. Elle passa à toute vitesse devant des domestiques souriants. Alcyone appréciait sincèrement la plupart d’entre eux – et faisait semblant avec les autres. C’était là ce que son oncle lui avait enseigné : toujours chercher le meilleur côté des gens et des situations. »

Extrait de : B. Sanderson. « L’Île de Noirebraise. »

La saison de la sorcière par Roland C. Wagner

Fiche de La saison de la sorcière

Titre : La saison de la sorcière
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2003
Editeur : Les moutons électriques

Première page de La saison de la sorcière

« Paris, 5:00 du matin.

La routine, encore la routine.

Toujours les mêmes gestes, renouvelés à l’infini de matin en matin. Tendre la main vers le radio réveil pour couper le sifflet à un prétendu journaliste débitant comme chaque jour un bulletin de désinformation visé par quelque comité de censure. Tâtonner dans le noir à la recherche de l’interrupteur. Serrer les paupières pour lutter contre la morsure cuisante de la lumière trop vive. S’asseoir au bord du lit. Regarder la chambre sans la voir avec des yeux mi-clos, mi-éblouis.

Trois quarts d’heure pour se préparer avant de partir au travail. Pour se laver, se raser, se coiffer, s’habiller et avaler n’importe quoi avec le café, juste histoire de ne pas sortir le ventre vide.

Mais avant, ouvrir les volets. Laisser entrer la lumière de l’aube afin de chasser, peut-être, la vague nausée persistant au creux de l’estomac – conséquence d’un verre ou d’un cachet de trop la veille au soir, ou peut-être d’un cauchemar par bonheur déjà oublié. »

Extrait de : R.C Wagner. « La saison de la sorcière. »

Un paradis à défendre par Brandon Sanderson

Fiche de Un paradis à défendre

Titre : Un paradis à défendre (Tome 0 sur 4 – Skyward)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2008
Traduction : S. Guillot
Editeur : Le livre de poche

Première page de Un paradis à défendre

« La femme se tortillait en tous sens sur le lit d’hôpital, prise de convulsions. De la sueur collait ses cheveux noirs à son crâne, ses mouvements erratiques évoquaient une crise d’épilepsie. Ses yeux, cependant, ne présentaient pas la sauvagerie de la démence – bien au contraire, ils étaient concentrés. Déterminés. Elle n’était pas folle, c’était simplement qu’elle ne parvenait pas à contrôler ses muscles. La malheureuse ne cessait de brandir maladroitement ses mains devant elle, des mouvements que Jason trouvait étrangement familiers.

Et tout cela elle le faisait en silence, sans prononcer un mot.

Jason éteignit l’holovid, puis s’adossa à sa chaise. Il avait regardé la vid une bonne dizaine de fois, mais elle continuait à le troubler. Cela étant, il ne pouvait rien faire avant d’atteindre Mélopée – ne lui restait donc plus qu’à attendre son heure.

*

Jason Write avait toujours éprouvé de l’empathie pour les Plateformes Extérieures. Il y avait quelque chose de touchant dans leur façon de flotter seules dans l’espace, sans qu’aucune planète ou étoile ne les revendique. Elles n’étaient pas seulement isolées – elles étaient… solitaires. Autonomes. »

Extrait de : B. Sanderson. « Skyward – Un paradis à défendre. »

La dernière charge de la Morve d’or par Roland C. Wagner

Fiche de La dernière charge de la Morve d’or

Titre : La dernière charge de la Morve d’or
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1989
Editeur : Shayol Free Presse

Première page de La dernière charge de la Morve d’or

« Depuis près de douze heures, les barbares étaient à ses trousses ; depuis près de douze heures, il fuyait à travers la plaine, monté sur un cheval couvert d’écume dont le souffle se faisait plus court à chaque inspiration. Menée à un train d’enfer depuis l’aube, la bête ne tarderait plus à s’effondrer dans la poussière, son élan brisé, ses pattes battant l’air en un ultime mais inutile galop. Alors les barbares encercleraient Elric le Nécromancien, dernier prince de Melniboné, et ce serait l’hallali.

Sans cesser d’éperonner sa monture faiblissante, Elric leva les yeux vers le soleil qui tardait à se coucher, œil sanglant voilé par les brumes vespérales. Ce n’était pas une prière, mais un défi muet.

— Tu ne me verras pas mourir, gronda l’albinos.

Sa main enserra la poignée de Stormbringer, l’épée enchantée qui lui donnait force et lucidité, et la caressa avec douceur en s’attardant sur le pomeau. Le sauverait-elle une fois de plus ? Elric en doutait. Sa situation lui apparaissait comme sans issue. Mais le glaive lui permettrait de retarder l’instant de sa mort et de mettre à mal bon nombre de ses adversaires. »

Extrait de : R.C Wagner. « La Derniere Charge de la Morve d’Or »