Catégorie : Livres
Adieux et retrouvailles par Robin Hobb

Fiche de Adieux et retrouvailles
Titre : Adieux et retrouvailles (Tome 7 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Adieux et retrouvailles
« La pratique chalcédienne qui consiste, pour un propriétaire, à marquer ses esclaves d’un tatouage particulier est née d’une mode en vogue dans la noblesse. À l’origine, elle ne concernait que les sujets les plus précieux, ceux qu’on prévoyait de garder toute leur vie ; cette coutume s’est généralisée, semble-t-il, lorsque sire Grart et sire Porte, puissants aristocrates de la cour chalcédienne, ont commencé à faire assaut de fortune. Bijoux, chevaux et esclaves servaient alors d’étalon à la richesse, et sire Grart a décidé de faire marquer de façon ostensible toutes ses montures et ses domestiques asservis, dont des colonnes entières l’escortaient lors de ses sorties. On raconte que le seigneur Porte, à l’imitation de son concurrent, entreprit alors d’acheter des centaines d’esclaves à bas prix, sans valeur particulière, comme des artisans ou des érudits, dans le seul but de les tatouer de son sceau et de les exhiber. »
Extrait de : R. Hobb. « Adieux et retrouvailles – L’assassin royal. »
L’homme noir par Robin Hobb

Fiche de L’homme noir
Titre : L’homme noir (Tome 6 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de L’homme noir
« La « forgisation » constitue peut-être l’arme la plus efficace que les Outrîliens employèrent contre nous pendant la guerre des Pirates rouges. Si la technique nous en reste inconnue à ce jour, les effets n’en sont que trop familiers à beaucoup. Le terme qui la désigne vient du village de Forge, bourgade minière qui la première subit cet abominable fléau : des Pirates rouges attaquèrent de nuit et tuèrent ou prirent en otage la majorité de la population ; dans une demande de rançon qu’ils envoyèrent au château de Castelcerf, ils exigeaient de l’or sous peine de relâcher les prisonniers. Cette sommation n’avait aucun sens aux yeux du roi Subtil, alors souverain, et il refusa de payer. Alors, mettant leur menace à exécution, les pirates rendirent la liberté aux captifs apparemment indemnes et reprirent la mer le soir même.
Toutefois on s’aperçut bientôt que, par quelque magie mystérieuse, les villageois n’étaient plus eux-mêmes. Ils se rappelaient leur identité et la famille à laquelle ils appartenaient, mais ne semblaient plus y attacher d’importance ; ils avaient perdu tout sens moral, ne songeaient plus qu’à satisfaire leurs besoins immédiats et n’hésitaient pas à voler, tuer et violer pour y parvenir. »
Extrait de : R. Hobb. « L’homme noir – L’assassin royal. »
Le dragon des glaces par Robin Hobb

Fiche de Le dragon des glaces
Titre : Le dragon des glaces (Tome 5 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le dragon des glaces
« L’intention du Prophète blanc paraît simple, il souhaitait engager le monde sur une voie différente de celle qu’il suivait depuis d’innombrables cycles. Selon lui, le temps se répète et, à chaque révolution, les gens réitèrent à peu près les mêmes erreurs qu’ils commettent toujours ; ils vivent au jour le jour et se laissent aller à leurs appétits et leurs désirs, convaincus que leurs actes n’ont aucune influence sur l’ordre du monde.
D’après le Prophète blanc, rien ne saurait s’éloigner davantage de la réalité. Le plus petit geste d’altruisme oriente légèrement le monde vers un meilleur chemin, et l’accumulation de tels choix apparemment infimes peut le changer. La mort d’un seul homme peut modifier son avenir, sa survie l’entraîner sur une route imprévue. Or qui étais-je, moi, pour le Prophète blanc ? »
Extrait de : R. Hobb. « Le dragon des glaces – L’assassin royal. »
Serments et deuils par Robin Hobb

Fiche de Serments et deuils
Titre : Serments et deuils (Tome 4 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Serments et deuils
« Owan, pêcheur de son état, habitait l’île runique nommée Fedoïs. La maison des mères de son épouse, bâtie de bois et de pierre, se dressait bien au-dessus de la ligne de marée, car la mer peut monter très haut et descendre extrêmement bas en ces parages. Il y faisait bon vivre ; on trouvait des palourdes sur la grève au nord, et assez de pâture sous le glacier pour permettre à sa femme de posséder trois chèvres en propre, sur un vaste troupeau, bien qu’elle fût seulement une cadette. Elle avait donné le jour à deux fils et une fille, et tous aidaient leur père à son labeur. Ils ne manquaient de rien et cela aurait dû suffire au pêcheur ; mais il n’en était rien.
Depuis Fedoïs, par temps clair, l’œil perçant peut distinguer Aslevjal, avec les éclats bleutés de son glacier central qui scintille sous l’azur du ciel. Chacun sait que, lorsque vient la marée la plus basse de l’hiver, une barque peut se glisser sous la glace en suspens et parvenir jusqu’au cœur de l’île. Là, comme on le sait aussi, le dragon dort, son trésor autour de lui. »
Extrait de : R. Hobb. « Serments et deuils – L’assassin royal. »
Les secrets de Castelcerf par Robin Hobb
Fiche de Les secrets de Castelcerf
Titre : Les secrets de Castelcerf (Tome 3 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2003
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Les secrets de Castelcerf
« La disparition d’un compagnon de Vif est une douleur difficile à expliquer au profane. Celui qui évoque la mort d’une bête en disant : «Ce n’était qu’un chien », celui-là ne comprendra jamais ; d’autres, plus compatissants, perçoivent cet événement comme la perte d’un animal aimé ; pourtant, même ceux qui déclarent : «Ce doit être comme voir mourir son enfant ou son épouse » ne voient qu’une facette du prix à payer. Perdre la créature à laquelle on a été lié, c’est plus que perdre un ami ou une personne aimée ; pour moi, ce fut l’amputation brutale de la moitié de mon corps. Ma vue baissa, les aliments privés soudain de saveur n’excitèrent plus mon appétit, les sons me parvinrent assourdis et…
Le manuscrit, commencé bien des années plus tôt, s’achève là, parsemé de taches d’encre et des marques de mes coups de plume rageurs. Je me rappelle l’instant où je me suis rendu compte que mon récit avait insensiblement glissé des généralités à la description de ma peine personnelle. Les faux plis du parchemin témoignent du piétinement que je lui ai fait subir après l’avoir jeté par terre. »
Extrait de : R. Hobb. « Les secrets de Castelcerf – L’assassin royal. »
La secte maudite par Robin Hobb
Fiche de La secte maudite
Titre : La secte maudite (Tome 2 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2001
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de La secte maudite
« Depuis l’époque du prince Pie, l’élimination des vifiers était considérée comme une pratique aussi normale que la condamnation aux travaux forcés pour dette aggravée ou la flagellation pour vol. Le monde était ainsi, et nul ne le remettait en cause. Au cours des années qui suivirent la guerre des Pirates rouges, il ne fut donc pas étonnant que les purges aillent bon train : la Purification de Cerf avait débarrassé le pays des Pirates et de leurs créations, les forgisés, et les honnêtes gens aspiraient à éradiquer toute souillure des Six-Duchés ; certains se montrèrent peut-être parfois trop prompts à punir sans guère de preuves : pendant une certaine période, l’accusation, fondée ou non, d’avoir le Vif suffit à faire trembler pour sa vie.
Les Fidèles du prince Pie, comme ils se baptisaient eux-mêmes, profitèrent de ce climat de suspicion et de violence ; sans jamais révéler leur propre identité, ils se mirent à dénoncer publiquement des personnages en vue, qui possédaient le Vif mais refusaient de prendre position contre la persécution des plus vulnérables d’entre eux. »
Extrait de : R. Hobb. « La secte maudite – L’assassin royal. »
Le prophète blanc par Robin Hobb

Fiche de Le prophète blanc
Titre : Le prophète blanc (Tome 1 sur 7 – L’assassin royal)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 2001
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pygmalion
Première page de Le prophète blanc
« Il arriva par un jour pluvieux de la fin du printemps et déposa le vaste monde sur le seuil de ma porte. J’avais trente-cinq ans cette année-là. A vingt ans, j’aurais considéré cet âge comme le dernier pas avant le gâtisme, mais désormais je n’y voyais plus ni jeunesse ni vieillesse, seulement un état d’équilibre provisoire entre les deux ; j’avais perdu mon inexpérience d’autrefois mais je ne pouvais pas encore me targuer des excentricités d’un âge avancé. Par bien des côtés, je ne savais plus ce que je pensais de moi-même ; parfois, j’avais l’impression que ma vie disparaissait lentement derrière moi, s’effaçait comme des empreintes de pas sous la pluie, jusqu’à me convaincre peut-être que j’avais toujours été cet homme taciturne qui menait une existence banale dans une chaumière entre mer et forêt. »
Extrait de : R. Hobb. « Le prophete blanc – L’assassin royal. »
Les marches du trône par Robin Hobb

Fiche de Les marches du trône
Titre : Les marches du trône (Tome 9 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu
Première page de Les marches du trône
« Le feu de bois flotté qui brûlait dans l’âtre réchauffait tout juste la pièce dégarnie. Il faudrait du temps pour chasser le froid de l’hiver de la grande maison, restée inhabitée de longues semaines : étonnant comme le froid et l’abandon peuvent changer une maison.
Les tâches ménagères sont réconfortantes. Quand on nettoie, qu’on arrange une pièce, on peut affirmer son autorité. On peut même feindre de croire, brièvement, qu’on met pareillement de l’ordre dans la vie. Keffria se leva lentement et lâcha son chiffon dans le seau. Voilà. Elle parcourut sa chambre des yeux en massant sa main douloureuse. Les murs avaient été lessivés avec une décoction d’herbes, le plancher récuré. La poussière humide, le remugle avaient disparu… Ainsi que toute trace de sa vie passée. En rentrant chez elle, elle avait découvert que le lit qu’elle avait partagé avec Kyle, les coffres à linge et sa garde-robe s’étaient volatilisés. »
Extrait de : R. Hobb. « Les marches du trone – Les aventuriers de la mer. »
Ombres et flammes par Robin Hobb

Fiche de Ombres et flammes
Titre : Ombres et flammes (Tome 8 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu
Première page de Ombres et flammes
« Parangon, Parangon, que faut-il que je fasse avec toi ? »
Le ton de Brashen était très doux. Le bruissement de la pluie qui aspergeait le pont était plus sonore que la voix grave du capitaine. Et, de cette voix la colère semblait absente, ne se devinait que le chagrin. Parangon ne répondit pas. Depuis que Brashen avait interdit qu’on adressât la parole à la figure de proue, elle-même avait gardé le silence. Lavoy était venu à la lisse, une nuit, et avait tenté d’enjôler Parangon pour le faire sortir de son mutisme mais il était resté inébranlable dans sa résolution. Même quand le second était passé des plaisanteries à la compassion. Si Lavoy avait vraiment jugé que Brashen s’était montré injuste, il aurait essayé quelque chose. Qu’il n’ait rien fait prouvait bien qu’il était du côté du capitaine. »
Extrait de : R. Hobb. « Ombres et flammes – Les aventuriers de la mer. »
Le seigneur des Trois Règnes par Robin Hobb

Fiche de Le seigneur des Trois Règnes
Titre : Le seigneur des Trois Règnes (Tome 7 sur 9 – Les aventuriers de la mer)
Auteur : Robin Hobb
Date de parution : 1999
Traduction : V. David-Marescot
Editeur : J’ai lu
Première page de Le seigneur des Trois Règnes
« Que ressentait-on à être parfait ?
Le jour de son éclosion, elle avait été capturée avant même d’avoir pu se tortiller sur le sable et connaître la fraîche et saline étreinte de la mer. Celle-Qui-Se-Souvient était condamnée à se rappeler cette journée avec netteté, dans le moindre détail. En cela consistait toute sa fonction, sa seule raison d’être. Elle était vaisseau de souvenirs. Depuis sa formation dans l’œuf, s’emboîtaient en elle avec sa propre vie les vies de ceux qui l’avaient précédée. De l’œuf au serpent, du cocon au dragon jusqu’à l’œuf, l’entière mémoire de sa race était sienne. Tous les serpents n’étaient pas ainsi gratifiés ni accablés de ce fardeau. Ils étaient relativement rares, ceux qui portaient, gravé en eux, le passé de l’espèce, mais il suffisait seulement de quelques-uns. »
Extrait de : R. Hobb. « Le seigneur des Trois-regnes – Les aventuriers de la mer. »