Catégorie : Livres
L’île du destin par Pierre Bottero
Fiche de L’île du destin
Titre : L’île du destin (Tome 3 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot
Première page de L’île du destin
« — Bjorn, est-ce normal qu’il neige en été ?
Le chevalier gratta sur son menton les quelques poils qu’il essayait de transformer en barbe.
— Je n’en sais rien, Ewilan, je n’en sais fichtre rien ! déclara-t-il finalement. Nous arrivons dans les Marches du Nord, le pays des Frontaliers. De nombreuses légendes courent au sujet de cette contrée, mais une chose est sûre, rien n’y est comme ailleurs.
Camille soupira et un nuage de vapeur se forma devant son visage, avant d’être balayé par la bise qui soufflait des montagnes. Elle avait beau être emmitouflée dans une épaisse cape de laine, la tête couverte d’une capuche fourrée, le froid la transperçait, et elle était certaine qu’au moindre choc ses doigts allaient se briser en mille morceaux.
Devant elle, la couleur de l’herbe et des arbres s’estompait sous une fine couche de neige encore diaphane. Le ciel était sombre et le soleil totalement voilé. Les premiers flocons s’étaient mis à tomber en début d’après-midi, achevant d’accorder le paysage à son humeur. »
Extrait de : P. Bottero. « L’île du destin – La quête d’Ewilan. »
Les frontières de glace par Pierre Bottero
Fiche de Les frontières de glace
Titre : Les frontières de glace (Tome 2 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot
Première page de Les frontières de glace
« — Jeunes gens…
Doume Fil’Battis posa ses mains sillonnées de rides sur le pupitre de pierre. Cela commençait mal…
— Jeunes gens, s’il vous plaît, pourriez-vous vous asseoir et faire silence ?
Le brouhaha assourdissant qui montait de l’amphithéâtre ne décrut pas. Aucun des candidats ne lui accordait la moindre attention.
— J’aimerais que tout le monde s’asseye et se taise…
Sous sa barbe drue, le visage de Doume Fil’Battis vira soudain au rouge.
— Assis, bon sang, et la ferme !
Le hurlement accompagné d’un violent coup de poing sur le marbre du pupitre fit l’effet d’un ouragan. Un silence de mort s’installa que le vieil homme apprécia d’un hochement de tête.
— C’est mieux, commenta-t-il en toisant du regard l’assemblée maintenant attentive. Je suis Doume Fil’Battis, chroniqueur de l’Empire, et si vous ne vous tenez pas correctement, je veillerai à ce que la seule académie à laquelle vous puissiez prétendre soit celle des balayeurs d’Al-Poll. Compris ? »
Extrait de : P. Bottero. « Les frontières de glace – La quête d’Ewilan. »
D’un monde à l’autre par Pierre Bottero
Fiche de D’un monde à l’autre
Titre : D’un monde à l’autre (Tome 1 sur 3 – La quête d’Ewilan)
Auteur : Pierre Bottero
Date de parution : 2003
Editeur : Rageot
Première page de D’un monde à l’autre
« Camille était âgée exactement de quatre mille neuf cents jours, soit un peu plus de treize ans, la première fois qu’elle effectua « le pas sur le côté ».
Elle en était certaine, puisque c’est au moment où elle entreprenait des calculs savants pour connaître son âge avec précision qu’elle descendit du trottoir sans s’en rendre compte et se retrouva au milieu de la chaussée face à un énorme camion. Elle fut tirée de sa rêverie mathématique par le mugissement du klaxon.
Le poids lourd fonçait droit sur elle, tous freins bloqués. Les pneus malmenés hurlaient, leur gomme fumante essayant vainement d’arrêter les trente tonnes du monstre. »
Extrait de : P. Bottero. « D’un monde à l’autre – La quête d’Ewilan. »
Le destin de l’épouvanteur par Joseph Delaney
Fiche de Le destin de l’épouvanteur
Titre : Le destin de l’épouvanteur (Tome 8 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2011
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard
Première page de Le destin de l’épouvanteur
« Poussé par une bonne brise, le petit bateau de pêche où nous avions pris place voguait en direction de l’ouest, tanguant doucement vers le rivage qui se dessinait au loin. Je m’emplissais les yeux des vertes collines d’Irlande avant que la lumière ne baisse. Dans une vingtaine de minutes, il ferait nuit.
L’air s’emplit tout à coup d’un hurlement menaçant, et le pêcheur leva la tête avec inquiétude. Le vent violent qui s’était mis à souffler amenait une masse de nuages noirs venue du nord. Des éclairs fourchus zébrèrent le ciel ; la mer enfla, écumante, et secoua dangereusement notre embarcation.
Nos trois chiens loups commencèrent à gémir. Même par beau temps, Griffe, Sang et Os, qui par ailleurs ne connaissaient pas la peur, n’appréciaient guère les voyages en mer.
Je m’agrippai à la proue. Le froid me pinçait les oreilles, les embruns me piquaient les yeux. L’Épouvanteur et mon amie Alice s’accroupirent contre le plat-bord. »
Extrait de : J. Delaney. « Le Destin de l’epouvanteur. »
Le cauchemar de l’épouvanteur par Joseph Delaney
Fiche de Le cauchemar de l’épouvanteur
Titre : Le cauchemar de l’épouvanteur (Tome 7 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2010
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard
Première page de Le cauchemar de l’épouvanteur
« L’Épouvanteur, Alice et moi franchissions la crête de Long Ridge pour retourner à Chipenden, tandis que les trois chiens, Griffe, Sang et Os, bondissaient joyeusement à nos côtés.
Il avait plu tout l’après-midi, puis le ciel s’était dégagé, nous offrant une belle soirée d’automne finissant. Une petite brise fraîche jouait dans nos cheveux. C’était un temps parfait pour marcher. Je me souviens d’avoir pensé combien cette région était paisible.
Or, arrivés au sommet, nous eûmes un gros choc. Une fumée noire montait à l’horizon, au-delà de la lande. Caster brûlait. La guerre nous avait-elle rattrapés ?
Quelques années plus tôt, plusieurs nations s’étaient alliées pour nous envahir en débarquant sur la côte sud du pays. Depuis, en dépit des efforts combinés de tous les comtés pour la repousser, l’armée ennemie progressait régulièrement vers le nord.
L’Épouvanteur se tirailla la barbe, visiblement préoccupé :
— Comment ont-ils pu avancer aussi loin sans que nous le sachions ? La nouvelle a pourtant dû circuler, on aurait dû être au courant. »
Extrait de : J. Delaney. « Le cauchemar de l’épouvanteur. »
Le sacrifice de l’épouvanteur par Joseph Delaney
Fiche de Le sacrifice de l’épouvanteur
Titre : Le sacrifice de l’épouvanteur (Tome 6 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2009
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard
Première page de Le sacrifice de l’épouvanteur
« Un désagréable sentiment d’insécurité me tira brusquement du sommeil. Un éclair illumina ma fenêtre, accompagné presque aussitôt d’un coup de tonnerre assourdissant. J’étais accoutumé aux orages du Comté, ce n’était pas cela qui m’avait réveillé. Non, une menace rôdait. Je sautais au bas du lit quand le miroir posé sur ma table de nuit se mit à briller ; un visage s’y refléta un bref instant, mais j’avais eu le temps de le reconnaître : c’était celui d’Alice.
Bien qu’elle ait été élevée pendant deux ans par une sorcière, Alice était mon amie. Après que l’Épouvanteur l’eut bannie de chez lui, elle était retournée à Pendle. Elle me manquait. Fidèle à la promesse faite à mon maître, j’avais ignoré toutes ses tentatives pour prendre contact avec moi. Cette fois, c’était différent. Ayant soufflé sur le verre du miroir, elle venait d’écrire un message dans la buée, et je ne pus éviter de le lire avant qu’il se soit effacé : »
Extrait de : J. Delaney. « Le sacrifice de l’épouvanteur. »
L’erreur de l’épouvanteur par Joseph Delaney
Fiche de L’erreur de l’épouvanteur
Titre : L’erreur de l’épouvanteur (Tome 5 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2008
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard
Première page de L’erreur de l’épouvanteur
« J’entrai dans la cuisine pour y prendre un sac. Il ferait nuit dans moins d’une heure ; j’avais juste le temps de descendre au village et d’en rapporter nos provisions de la semaine. Il ne nous restait que quelques œufs et une petite portion de fromage.
Deux jours plus tôt, l’Épouvanteur était parti dans le sud du Comté pour mettre fin aux agissements d’un gobelin. C’était la seconde fois en un mois que mon maître s’en allait sans moi, et cela me contrariait. Dans l’un et l’autre cas, il avait prétendu qu’il s’agissait d’un travail de routine, qui ne m’apprendrait rien de nouveau. Selon lui, il m’était plus utile de rester à la maison, à bûcher mon latin. Ça ne m’enchantait guère, mais je n’avais pas discuté. En vérité, je le savais, il cherchait à me protéger.
À la fin de l’été, l’obscur fait chair, le Diable en personne, avait surgi dans notre monde à l’évocation des sorcières de Pendle. Pendant deux jours, il avait dû se soumettre à leur volonté, et elles l’avaient lancé à mes trousses avec l’ordre de me détruire. Je n’avais trouvé le salut qu’en me réfugiant dans la chambre que maman avait préparée pour moi. »
Extrait de : J. Delaney. « L’erreur de l’épouvanteur. »
Le combat de l’épouvanteur par Joseph Delaney
Fiche de Le combat de l’épouvanteur
Titre : Le combat de l’épouvanteur (Tome 4 sur 16 – L’épouvanteur)
Auteur : Joseph Delaney
Date de parution : 2007
Traduction par : M.-H. Delval
Editeur : Bayard
Première page de Le combat de l’épouvanteur
« La sorcière était à mes trousses et, à chaque seconde, elle gagnait du terrain.
Je courais à perdre haleine, sous l’obscurité des arbres, cherchant désespérément à lui échapper. Les branches me fouettaient le visage, les ronces me déchiraient les jambes. La poitrine en feu, je forçai encore l’allure, dans l’espoir de sortir du bois. À partir de là, je n’aurais plus qu’à dévaler la pente menant au jardin de l’Épouvanteur, celui situé à l’ouest. Si j’atteignais ce refuge à temps, j’étais sauvé.
Je n’étais pas tout à fait sans défense. Je tenais dans ma main droite mon bâton en sorbier, particulièrement efficace contre les sorcières ; dans la gauche, je serrais ma chaîne d’argent, enroulée autour de mon poignet. Mais aurais-je une chance de m’en servir ? Pour cela, il me fallait suffisamment de recul, et la sorcière était sur mes talons.
Soudain, je n’entendis plus ses pas derrière moi. Avait-elle abandonné ? Je continuai ma course. La lumière de la lune décroissante traversait le feuillage, formant sur le sol des flaques pâles. Le bois s’éclaircissait ; j’arrivais presque à la lisière. »
Extrait de : J. Delaney. « Le combat de L’épouvanteur. »
Dewi et ses soeurs par Serge Lehman et Yann Legendre

Fiche de Dewi et ses soeurs
Titre : Dewi et ses soeurs
Auteur : Serge Lehman et Yann Legendre
Date de parution : 2025
Editeur : Albin Michel
Une des premières pages de Dewi et ses soeurs

L’inversion de Polyphème par Serge Lehman

Fiche de L’inversion de Polyphème
Titre : L’inversion de Polyphème
Auteur : Serge Lehman
Date de parution : 1997
Editeur : Bélial
Première page de L’inversion de Polyphème
« Ça fait trois jours que Mick m’a appris la mort de Paul Venditti, et trois jours qu’elle me harcèle pour que je raconte son histoire. J’ai beau lui répéter que j’ai un roman à finir, une conférence à préparer, des épreuves à corriger, elle ne veut rien entendre. Hier, elle a même trouvé un nouvel argument : « Tu es écrivain. Je suis médecin-légiste. Notre travail, c’est de faire parler les morts. Où est le problème ? »
Le problème, c’est que la seule idée de m’assoir à ma table et de commencer à écrire me donne la chair de poule. J’avais treize ans quand Paul est devenu fou. J’en ai trente-deux aujourd’hui, mais ça ne rend pas les choses plus faciles. La bande n’existe plus, c’est vrai. Francis est reparti au Portugal. Mick habite à Grenoble. Mais pour moi, rien n’a changé. Je vis toujours ici, aux Loges, dans la maison de mon père. Je n’ai pas décroché les posters de Science-Fiction Magazine des murs de ma chambre, ni enlevé les vieux Fleuve Noir de mes étagères. Et même si j’ai fini par acheter un Macintosh, je continue d’écrire mes trucs sur des cahiers d’écolier. »
Extrait de : S. Lehman. « L’Inversion de Polyphème. »