Catégorie : Livres
La marotte noyée par Diana Wynne Jones

Fiche de La marotte noyée
Titre : La marotte noyée (tome 2 sur 4 – L’odyssée Dalemark)
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 1977
Traduction : L. Kiefé
Editeur : J’ai lu / Baam!
Première page de La marotte noyée
« On peut se demander comment Mitt en vint à participer au Festival Marin de Holand une bombe à la main, et ce qu’il s’imaginait y faire. Lui-même finit par se poser la question.
Né le jour du Festival, Mitt s’appelait en fait Alhammit, comme son père. À peine avait-il poussé son premier hurlement qu’il s’était trouvé confronté au rire de ses parents, réjouis de ces deux événements.
« Eh bien, il a pris son temps ! avait lancé son père. Et il a bien choisi son jour. Qu’est-ce qui l’attend, maintenant ? Devenir un homme de paille, né pour être noyé ? »
Milda, la mère de Mitt, avait ri de bon cœur, car le Festival Marin avait tout d’une plaisanterie. Chaque automne, le même jour, Hadd, le comte de Holand, devait, par tradition, endosser une tenue bizarre et se rendre jusqu’au port à la tête d’une procession, en portant un mannequin grandeur nature fait d’épis de blé tressés. »
Extrait de : DW Jones. « La marotte noyée – L’odyssée Dalemark. »
Les sortilèges de la Guiterne par Diana Wynne Jones

Fiche de Les sortilèges de la Guiterne
Titre : Les sortilèges de la Guiterne (tome 1 sur 4 – L’odyssée Dalemark)
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 1975
Traduction : L. Kiefé
Editeur : J’ai lu / Baam!
Première page de Les sortilèges de la Guiterne
« Ce n’est pas le moment de rêver, Moril ! cria Lenina.
— Costume du dimanche, ajouta Brid. On est presque arrivés à Derent. »
Moril poussa un soupir lourd de reproches. Il n’était pas en train de rêver et trouvait injuste l’accusation de sa mère. Il regardait simplement la route blanche qui remontait vers le Nord en se disant qu’il était content d’avoir repris cette direction et de bientôt quitter le Sud. On était au printemps et, déjà, il faisait bien trop chaud. Mais ce n’était pas le pire. Le pire, pour Moril, c’était cette obligation d’être continuellement sur ses gardes. Au moindre mot de trop, au plus petit faux pas, on avait peur d’être jeté en prison. La surveillance était permanente et les dénonciations fréquentes. Ça lui flanquait la frousse. Il était pourtant contrarié que, dans le Sud, son père renonce à chanter certaines chansons de crainte d’avoir l’air séditieux. D’autant qu’à son avis, c’étaient les meilleures. Elles venaient toutes du Nord. Moril lui-même était né dans le Nord, dans le comté de Hannart. Et son héros préféré, l’Adon, avait été autrefois comte de Hannart.
« Te voilà reparti dans tes rêves ! l’apostropha sèchement Lenina. »
Extrait de : DW Jones. « Les sortilèges de la Guiterne – L’odyssée Dalemark. »
Le château ambulant par Diana Wynne Jones

Fiche de Le château ambulant
Titre : Le château ambulant
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 2005
Traduction : A. Nikolavitch
Editeur :
Sommaire de Le château ambulant :
- Le château de Hurle
- Le château des nuages
- La maison aux mille détours
La maison aux mille détours par Diana Wynne Jones

Fiche de La maison aux mille détours
Titre : La maison aux mille détours (tome 3 sur 3 – Château)
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 1990
Traduction : A. Nikolavitch
Editeur : Ynnis
Première page de La maison aux mille détours
« Charmaine doit s’en charger, déclara Tante Sempronia. Nous ne pouvons laisser Grand-Oncle Guillaume tout seul face à ceci.
— Votre grand-oncle ? répéta Mme Boulanger. N’est-il pas… »
Elle toussa et baissa d’un ton, parce que dans sa tête, ce n’était pas particulièrement convenable.
« N’est-il pas… sorcier ?
— Bien sûr que si, mais il a… commença Tante Sempronia en baissant à son tour d’un ton. Il a une sorte de tumeur. Dans les entrailles. Et seuls les elfes peuvent l’aider. Ils doivent l’emmener pour le soigner, et il faut bien que quelqu’un entretienne la maison. Les sorts s’échappent si personne ne les surveille, vois-tu. Et je suis bien trop occupée pour ça. Rien que mon refuge pour chiens errants…
— Moi aussi. Nous sommes jusqu’au cou dans les commandes de pièces montées pour les mariages, ce mois-ci, ajouta Mme Boulanger à la hâte. Sam me disait pas plus tard que ce matin…
— Ce sera donc Charmaine, décréta Tante Sempronia. Elle est assez âgée pour cela.
— Euh… » hésita Mme Boulanger. »
Extrait de : DW Jones. « La Maisons aux mille détours – Château. »
Le château des nuages par Diana Wynne Jones

Fiche de Le château des nuages
Titre : Le château des nuages (tome 2 sur 3 – Château)
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 1990
Traduction : A. Crichton
Editeur : Le pré aux clercs
Première page de Le château des nuages
« Très loin au sud du pays d’Ingary, dans la ville de Zanzib, du sultanat de Rajput, vivait un jeune marchand de tapis prénommé Abdullah. Comme c’est souvent le cas chez les marchands, il n’était pas riche. Son père, qu’il avait déçu, lui avait laissé à sa mort un héritage modeste, juste de quoi acheter et approvisionner une petite échoppe dans l’angle nord-ouest du bazar. Le reste de la fortune paternelle, ainsi que le vaste magasin de tapis occupant le centre du bazar, était revenu en totalité à la famille de la première épouse de son père.
Personne n’avait jamais révélé à Abdullah pour quelle raison il avait tant déçu son père. Une prophétie remontant à sa naissance y faisait allusion, mais le garçon ne s’était pas donné la peine d’approfondir ce point. Il avait préféré, dès son plus jeune âge, en faire un sujet de rêveries. Il imaginait par exemple qu’il était en réalité le fils perdu d’un très grand prince – ce qui impliquait, naturellement, que son père n’était pas son père véritable. C’était une chimère, un château en Espagne, Abdullah le savait très bien. »
Extrait de : DW Jones. « Le château des nuages – Château. »
Le château de Hurle par Diana Wynne Jones

Fiche de Le château de Hurle
Titre : Le château de Hurle (tome 1 sur 3 – Château)
Auteur : Diana Wynne Jones
Date de parution : 1986
Traduction : A. Crichton
Editeur : Pocket
Première page de Le château de Hurle
« Dans le pays d’Ingary, où des choses étonnantes comme les bottes de sept lieues et les capes d’invisibilité existent bel et bien, c’est une véritable calamité que d’être l’aîné de trois enfants ; chacun sait que vous serez le premier à échouer, si d’aventure vous décidiez d’aller chercher fortune.
Sophie Chapelier était l’aînée de trois filles. Elle n’avait même pas la chance d’avoir pour père un pauvre bûcheron, ce qui aurait pu lui laisser quelque espoir de réussite. Ses parents étaient des commerçants aisés qui tenaient une boutique de chapeaux pour dames dans la ville prospère de Halle-Neuve. Hélas, sa mère mourut quand Sophie avait deux ans, et sa sœur Lettie un an ; leur père épousa sa plus jeune vendeuse, une ravissante blonde du nom de Fanny, laquelle donna bientôt naissance à la troisième des filles, Martha. Cela aurait dû faire des laiderons de Sophie et Lettie, mais il n’en fut rien. Les fillettes grandirent toutes les trois en beauté, même si on s’accordait à dire que Lettie était la plus jolie. En outre, Fanny traita les trois petites avec la même gentillesse, sans favoriser spécialement Martha. »
Extrait de : DW Jones. « Le château de Hurle – Château. »
Terrienne par Jean-Claude Mourlevat

Fiche de Terrienne
Titre : Terrienne
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard
Première page de Terrienne
« Étienne Virgil n’allait pas bien quand il fit la rencontre, au début de l’automne, de cette jeune fille qui s’appelait Anne Collodi.
Elle tendait le pouce sur la route départementale 8 entre Saint-Étienne et Montbrison, dans ce secteur qu’on
nomme ici la Plaine. Plus loin, vers l’ouest, il y a les monts du Forez. S’il fait beau, on les voit devant soi, à l’horizon, vert sombre et bleutés, et on se dit forcément qu’on devrait y aller, que ça a l’air très beau. Mais ce matin-là, on ne les voyait pas, le ciel était gris et bas. Il bruinait.
Elle se tenait sur le bas-côté de la route, à la sortie de Sury-le-Comtal, bien campée sur ses jambes et faisant face au trafic. Il n’avait pas l’habitude de prendre des autostoppeuses et, s’il le fit ce jour-là, ce fut parce que celle-ci avait apparemment le même âge que sa petite-fille Loïse. Il n’aurait pas aimé du tout voir l’aînée de ses petits-enfants faire de l’auto-stop toute seule sur cette route, ni sur aucune autre route d’ailleurs, et il n’eut aucune hésitation en arrêtant sa vieille Peugeot sur le bas-côté. »
Extrait de : J-C Mourlevat. « Terrienne. »
Sophie Scholl, non à la lâcheté par Jean-Claude Mourlevat

Fiche de Sophie Scholl, non à la lâcheté
Titre : Sophie Scholl, non à la lâcheté
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Date de parution : 2013
Editeur : Actes Sud
Première page de Sophie Scholl, non à la lâcheté
« Mercredi 27 janvier 1943
L’après-midi touche à sa fin. C’est la guerre et la gare principale de Munich est pleine de réfugiés, d’enfants pâles et de soldats en uniforme. Une jeune fille s’approche du guichet, une valise à la main. Son visage est doux et enfantin. Ses cheveux bruns sont rejetés vers la droite, à partir d’une raie, et retenus par une barrette. Elle porte un manteau à col rond, une robe, des chaussettes qui lui montent sous le genou et des chaussures basses. Elle s’appelle Sophie Scholl.
Quand vient son tour, elle demande un billet aller-retour pour Stuttgart, qui se trouve à trois heures de voyage par le train express. Elle devrait pouvoir le faire sans angoisse, c’est tellement naturel de dire ces mots : un aller-retour pour Stuttgart s’il vous plaît, mais au moment de parler, il lui semble que sa voix se trouble et la trahit. Que sa démarche, son regard, sa respiration la désignent. C’est à cause de son cœur qui cogne et de son estomac qui se vrille. Elle doit se battre chaque fois avec la même incontrôlable peur. »
Extrait de : J-C Mourlevat. « Sophie Scholl : « Non à la lâcheté ». »
Mes amis devenus par Jean-Claude Mourlevat

Fiche de Mes amis devenus
Titre : Mes amis devenus
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Date de parution : 2016
Editeur : I2N
Première page de Mes amis devenus
« Sur le ferry qui relie Le Conquet à l’île d’Ouessant, nous ne sommes pas plus de vingt passagers, et la plupart somnolent en cabine malgré le temps clair. C’est le milieu de l’après-midi, un samedi d’octobre. La mer est étale, je la regarde scintiller, appuyé au bastingage. Naviguer vers une île, même si c’est pour un simple saut de puce, me remplit d’allégresse, sans doute parce que je suis un enfant de l’intérieur des terres, et que rien ne m’est aussi exotique, rien ne me parle autant de liberté que le grondement sourd d’un moteur de bateau, le vent marin et le cri des mouettes. Je suppose que je suis le seul non-îlien à bord, du moins si j’en juge par le désintérêt que les autres portent à la traversée.
Au port du Stiff, j’avise un taxi et lui demande s’il connaît M. Pâques. Bien sûr que je connais Joseph, me répond le chauffeur, c’est pour la clé, j’imagine. Vous avez loué la maison d’à côté ? Il a raison. »
Extrait de : J-C Mourlevat. « Mes amis devenus. »
Le combat d’hiver par Jean-Claude Mourlevat

Fiche de Le combat d’hiver
Titre : Le combat d’hiver
Auteur : Jean-Claude Mourlevat
Date de parution : 2006
Editeur : Gallimard
Première page de Le combat d’hiver
« Sur un signe de la surveillante, une fille du premier rang se leva et alla tourner le bouton de l’interrupteur métallique.
Les trois ampoules nues éclairèrent la salle d’étude d’une lumière blanche. Depuis longtemps déjà, on pouvait à peine lire tant il faisait sombre, mais le règlement était strict : en octobre, on allumait les lampes à dix-huit heures trente et pas avant. Helen patienta encore une dizaine de minutes avant de prendre sa décision. Elle avait compté sur la lumière pour dissiper cette douleur qui logeait dans sa poitrine depuis le matin et remontait maintenant dans sa gorge, une boule oppressante dont elle connaissait bien le nom : tristesse. Pour avoir déjà éprouvé cet état, elle savait qu’elle ne pourrait pas lutter et qu’attendre ne ferait qu’aggraver le mal.
Alors oui, elle irait voir sa consoleuse, et tant pis si on était seulement en octobre et que c’était très tôt dans l’année. Elle arracha une demi-feuille à son cahier de brouillon, et écrivit dessus : Je veux aller voir ma consoleuse. Tu veux bien m’accompagner ? Elle jugea inutile de signer. Celle qui lirait ces mots reconnaîtrait son écriture entre mille. Elle plia le papier en huit et inscrivit le nom et l’adresse de la destinataire : Milena. Rangée fenêtre. Troisième table. »
Extrait de : J-C Mourlevat. « Le combat d’hiver. »